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Notice concernant le manoir(1) de Verdigné

Associations : Ses propriétaires sont ouverts pour celles qui voudraient y organiser des manifestations

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Photos Aériennnes Didier van der Haeghen, Mai 2001

Le manoir de Verdigné, autrefois Verdigny, est situé sur le côté ouest du ruisseau appelé "La Gravée", à environ 400 mètres de celui-ci sur un quadrilatère plat de 100 m par 130, délimité par de grandes douves.

Plusieurs bâtiments ont disparus mais ce qui en reste de nos jours permet d’imaginer assez bien ce qu’il était après avoir été remanié vers 1580. Le tout a été inscrit en 1997 à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en raison de son architecture influencée directement par Philibert de l’Orme (v1510/1515-1570, architecte du roy).

Son origine n’est pas connue, un texte fait l’hypothèse que son nom viendrait de Viridiniaco, à l’époque gallo-romaine.

Verdigné se trouve à environ 900 mètres des " buttes " de Peray (Castrum Piréti) où l’on a trouvé au 19e siècle quantités de monnaies romaines ainsi qu’une chèvre en bronze (voir " Chardon ").

A Nauvay de nombreux objets attestant de la présence des romains ont aussi été trouvés.

Dans ces différents lieus, des haches an pierre polie et des silex taillés, ont étés découverts ceci nous indiquant que cette région est habitée depuis bien longtemps.

Il semble aussi que Robert le diable passait sur les terres de Verdigné (qui était peut-être à l’époque " le petit Verdigné " ; Aujourd’hui totalement disparu) pour rejoindre le moulin de Gravay puis la route des fossés Robert qui nous mène à Monhoudou.

Il existe une liste de propriétaires qui commence vers 1380 parmi lesquels on peut citer : de Cleraunay, du Boschet, de Mauny, de la Tour, Tragin, Bouju, Clermont de Gennes, Dodun, de Milleville etc. …

Au 16e siècle la famille Bouju en était propriétaire. D’abord Louis Bouju, marié à Françoise de Goevrot, fille de Jehan de Goevrot, conseiller et médecin de Marguerite de Lorraine, femme de René, duc d’Alençon puis de sa bru Marguerite de Valois-Angoulème mariée à leur fils Charles, dernier duc d’Alençon qui participa à la malheureuse bataille de Pavie et mourut environ 1 an plus tard.

Marguerite de Valois-Angoulème (qui était la sœur de François 1er ) épousa ensuite Henri d’Albret, roi de Navarre et devint ainsi l’aïeule d’Henri IV. Elle présenta Jehan III Goevrot à son frère François 1er, qui en fit son médecin (ce qui fit la fortune de la famille) et plus tard lui conféra la noblesse.

Peut-être n’était-il pas très beau car la duchesse disait de lui qu’il était de " mauvaise montre  mais sûr et loyal "

Après la mort de François 1er il fût médecin d’Henri II. Thibault Bouju, marié à marie Trouillard, succéda à ses parents à Verdigné, il était juge criminel au Mans. En 1562 il fût l’un des principaux chefs calvinistes avec Jean de Vignolles.

Le vendredi 3 avril 1562, Vignolles et Bouju, avec une escorte de gens armés se rendirent chez le connétable Louis Dagues, gardien des clefs des portes de la ville ( du Mans); Ce dernier étant absent, sa femme fût sommée de les livrer ; Elle le fît sans résistance. La ville fût dès lors complètement au pouvoir des huguenots. Ces soldats ( de Bellême, Mamers, Sillé le Guillaume, Dangeul, Beaufay etc.…) commirent quelques meurtres au Mans. C’est alors que commença le pillage des couvents.

Le 7 mai, Vignolles, Bouju et l’avocat du roi Taron, se rendirent à la cathédrale pour faire l’inventaire, la pesée et l’enlèvement des trésors sous le prétexte de les mettre à l’abri de l’avidité des soldats, de les conserver pour en rendre compte quand et à qui ils appartiendront.

Le 9 mai, la soldatesque venue de Mamers mit à sac, incendie et démolie le couvent des Cordeliers ; La ruine fût complète. Sur la muraille de ville d’en face, se tenait un groupe de femmes riant et faisant grande joie à la vue du spectacle, au milieu d’elles se dressait Marie Métayer, épouse de Jehan de Vignolles, le pistolet à la main, encourageant les incendiaires.

Enfin, vers la Pentecôte, eut lieu par la foule, la mise à sac complète de Saint Julien, le vol de tous les objets d’art ou de prix. Ils pillèrent aussi les autres églises et couvents de la région.

Une description de 1628 parle d’un corps de logis avec quatre pavillons aux coins, d’une galerie, d’un portail, d’un pont-levis, d’une fuie à pigeons et parle aussi du petit Verdigny qui a complètement disparu. Il est dit que cela devint une ferme au moment de la révolution.

Les bâtiments se sont beaucoup dégradés au cours des années et il y a maintenant beaucoup à faire pour leur redonner leur splendeur d’antan. 

(1)Manoir : maison forte entourée d’eau

Textes écrits ou collectés par Philippe Gagnot

Conception /photos / rédaction ã Didier van der Haeghen

juillet 1999


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