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Saint-Symphorien-en-Saosnois
(Propriété privée)

 

Les promeneurs qui emprunteront certainement de plus en plus nombreux le magnifique "sentier du cœur", aménagé par la commune de Marolles et quelques villages voisins sur l'emplacement de l'ancienne ligne de chemin de fer Mamers-Saint-Calais, ne manqueront pas de remarquer les hauts frontons d'un manoir et d'une chapelle au sud de la commune.

Situés à mi-chemin entre Marolles et Dissé, quelque peu rongés par les siècles, ce sont les derniers témoins prestigieux des temps florissants d'un ancien prieuré de l'abbaye de la Couture du Mans: "Saint - Symphorien -en -Saosnois".

 

 

 

Le lieu-dit semble remonter aux temps les plus reculés du Moyen Age. "Fondé': c'est-à-dire doté à nouveau de bienfonds au début du 13e siècle, ses murs actuels datent encore du 15e siècle. C'est-à-dire de la fin du Moyen-age et du tout début de la Renaissance.

 

 

 

A l'origine, le cœur du domaine, avec sa chapelle et son manoir devait être entièrement entouré de douves et accessible par un pont-levis. La chapelle de Saint-Symphorien apparaît vers 1160 dans un acte de l'évêque Guillaume de Passavant. 

 

En, 1467 cependant, frère Jean Cousin, prieur de "Saint Cyphorien", déclare quelques années encore après la guerre de cent ans que sa chapelle, sa "maison manable", sa fuye à pigeons défençable avec la maison et la grange de la métairie sont de présent en ruines".

Mais tout semble à nouveau en état au début du 16e siècle. 

La paroisse de Peray était réunie à Saint-Symphorien ainsi que quelques lieux environnants qui en formaient le domaine : "la Védière", le "Bordage de Gaudré", la "Métairie de Bois-d'Effe", la " Cour d'Effe ", le lieu de la "Huetterie" à Peray (Bail de Paul Pichon, prêtre), etc. Sur le plan artistique et architectural, nous rencontrons à Saint-Symphorien les premières influences italiennes dans le Maine, dues sans doute au "retour d'Italie" et aux influences des Luxembourgs, évêques du Mans.

La chapelle, outre un Ecce Homo (ici à gauche) en très mauvais état, placé depuis une centaine d'années environ dans "l'oculus" du pignon Ouest, possède un très beau travail de charpente de la Renaissance naissante. 

 

 

 

 

 

Une belle piscine à plusieurs archivoltes et une porte murée dans le pignon Ouest sont de la même époque, tandis que les fenêtres ogivales sont plutôt encore de l'époque gothique finissante.

 

 

 

Le logis prieural abrite notamment une cheminée monumentale de la Renaissance, parée d'un blason couronné de lauriers ; le "cuir" du blason porte une "billette" couchée ou un "carreau" en chef et une rose en cœur.

 

 

On remarquera le travail soigné de tous les pignons et rampants des édifices, dotés de pinacles, ainsi que la fenêtre géminée du pignon du manoir, à l'intérieur un travail exceptionnel de menuisier d'une grande rareté : les portes cintrées épousant la forme ronde d'une des deux tourelles d'escalier ; deux cheminées et alcôves du 18e siècle à l'étage, et une cheminée très abîmée de la fin du Moyen Age au rez-de-chaussée.

Les quelques meurtrières sont un dernier témoignage parlant de l'époque troublée des guerres de religion, sévissant au 16e siècle dans la région.

 

 

Le hameau de Saint-Symphorien, qualifié aussi au Moyen Age de "Villa", sembla jouir d'un droit de marché et de bourg. II s'y tenait une foire tous les ans le jour de la Saint Symphorien, le 22 Août. Saint-Symphorien était par ailleurs considéré comme le patron de la chasse aux faucons.

Texte et recherches de : Mr Jürgen Klötgen, Président de la Société Historique et Archéologique du Maine, au Mans.
Photos: Didier van der Haeghen

Quelques infos supplémentaires en images...

Cadastre Napoléonien 1837

Cartes postales du début du siècle

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