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René

           Le patrimoine de René

Articles de la "Gazette" de René + autres

Les écrits de Mr Alexandre Aubry
( l'historien de René )

Les marchés à l'ancienne Morphopsychologie du visage de Jacques Hamelin
Affiches des marchés 18-6-2000 et 15-8-2000 Les sources de St Georges (La Georgette)
Eglise St Pierre de René Epierre
Les vitraux Les blasons de Rene
Plan de l'eglise Abbé Girault
Evénements 1701 / 1709 Château du Bourchemin
Les termes anciens Trajets des Rogations
La canicule de l'Ete 1701 Les Rogations
Le terrible hiver de 1709 Origine du nom de "Courceboeuf"
Plan de René vers 1910 La Croix du Saule
Les célébres HALLES Les trois Croix
Histoire de René par Mr Klötgen Les Uhlans de la mort 1870-1871
Lettre de l'Atelier Avice, sur les vitraux de l'église
Etude Historique de Franck Chirat 1996-1998

Textes provenant du bulletin municipal de René « La Gazette,  n°9 , 30» aimablement communiqué par Claude Maupay, maire de René (17/01/2000)  

 

Plan de René avec son artisanat et ses commerces vers 1910-1920

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A propos de l'église St Pierre de RENE   Haut de Page

L'Edifice date probablement pour l'essentiel des environs de 1535 et 1537 , date à laquelle il , fut également "restauré " grâce à Jacques Hamelin dont on retrouve les armes sculptées sur le mur sud du chœur.

 Le bénitier en pierre situé à l'entrée occidentale sous le clocher date de cette époque .  

Blason de Jacques Hamelin

Eglise dédiée à St Pierre aux liens

De cette période faste l'église de René a conservé plusieurs objets mobiliers dont certains sont de tout premier ordre.

Les stalles en bois classées comme monument historique au titre des objets mobiliers depuis 1905 ont déjà suscité beaucoup d'interrogation Divers hypothèses ont été avancées quant à l'origine notamment qu'elles ,viendraient de l'abbaye de Perseigne qu'elles auraient été données par la comtesse Françoise d'Alençon , Baronne du Saosnois à Jacques Hamelin à l'occasion de sa nomination comme Evéque de Tulle en 1535 Aucun document jusqu'à présent n'a permis de l'attester Cependant , on ne peut qu'admirer la très grande qualité artistique de la sculpture des panneaux , la maîtrise parfaite du vocabulaire décoratif de la Renaissance qui laisse supposer l'intervention d'un atelier de très grande envergure . Jacques Hamelin , 1er aumônier du roi François 1er , pouvait faire appel aux meilleurs artisans du royaume. Les stalles de la cathédrale St Julien au Mans malgré l'ampleur de leur programme sont loin d'égaler la qualité de celles-ci . Seules les stalles de l'église Notre-dame de Sillé le Guillaume mériteraient de leur être confrontées .

On remarquera que ces dossiers n'ont visiblement pas été fabriqués pour leur emplacement actuel au contraire du reste des stalles encore pénétrées de l'art gothique si plein d'humour comme en témoigne la caricature d'un contemporain au nez coiffé d'une paire de bésicles . On retrouve une caricature comparable sur une miséricorde des très célèbres stalles de St Claude (Jura). Si les deux pèlerins de St Jacques que l'on peut voir sur l'un des panneaux sont peut-être une allusion au prénom de Hamelin, seul l'identification des deux armoiries sculptées sur deux autres panneaux des dossiers de ces stalles permettraient probablement de reconstituer la véritable histoire de ces stalles.  

La nef

Les éléments de bordure de vitraux dans les baies du chœur ainsi que la tête de Vierge (voir ci-dessous) sont eux aussi des témoignages de cette "restauration". On retrouve notamment deux dates 1535/1537 et des hameçons morceaux des armoiries de Hamelin . (voir ci-dessous)

Le regard douloureux du visage de la Vierge fait regretter que davantage d'éléments des vitraux anciens n'aient pas subsisté .  

 

Le Christ en pierre au-dessus de la porte d'entrée dans le bras Nord du transept proviendrait selon l'ancien curé de René l'abbé Girault de la chapelle Saint Denis d'Epierre aujourd'hui disparue . Propriété des prieurs de Vivoin cette chapelle fut un constant objet de conflits . Les archives départementales gardent notamment la trace d'un procès en 1224 opposant le prieuré de Vivoin et le curé de René pour savoir à qui revenait les offrandes faites le jour de la Saint Denis , patron de la chapelle : le prieur obtint les deux tiers.  

 

 

              

  

Le Christ en bois polychrome dans la nef du XV/XVIème siècle exprime par une facture populaire la souffrance du Christ. 

Le groupe sculpté en terre cuite du XVIIème siècle représentant "L'Education de la Vierge" manifeste toute une conception de l'éducation dans la famille Chrétienne à travers une codification des gestes des attitudes et des expressions comme le rappelle Madame Ménard dans son livre. La Vierge est l'archétype de l'enfant entièrement et parfaitement soumis aux dessins de Dieu . La modestie de la Vierge est toute intérieure sans effet théâtral . Sainte Anne est le modèle des femmes dévotes dont elle reprend le costume le grand manteau brun à capuchon relevé . D'une main posée sur l'épaule , elle encourage la Vierge , de l'autre , elle lui indique le chemin tandis qu'elle contemple la destinée de la Vierge.  

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Tableau de l'éducation de la vierge, vers 1864, de Pierre Chadaigne. (Ste Anne et la Vierge)

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Dans la même chapelle du bras sud du transept la statue de Saint Vincent en terre cuite du XVIIème siècle témoigne d'une époque où le curé de René dépendait de la puissante abbaye Saint Vincent au Mans.  

 Dans le Chœur trois statues représentant St Pierre Saint Paul et un évêque (Peut-être St-Julien) affirment l'autorité de Rome et de l'évêque face au protestantisme et au Jansénistes qui restent influents jusqu'au milieu du XVIIIème siècle dans le diocèse. De la fin du moyen age , l'église de René conserve une élégante paire de pique cierges en bronze.  

   Saint vincent

            

Les époques suivantes ont laissé à René également de très beaux témoignages : Le Christ figuré sur le vitrail de la chapelle nord-est est l'un des rares témoignages de l'art du vitrail du XVIIème siècle . C'est le seul vitrail entier subsistant dans le département de la Sarthe . Monsieur Alliou , maître verrier au Mans , rappelait notamment que l'on a fabriqué des vitraux dans la Sarthe jusqu'au XVIIIème siècle et que le schéma iconographique de ce vitrail sera repris lors des premières recréations de vitraux à Paris en 1815 D'autre part , il a attiré l'attention sur le fait que la bordure bleue a permis la réutilisation de vitraux plus anciens . Seul le démontage du vitrail permettrait une étude approfondie de l’œuvre. Cependant , au-delà des considérations techniques , il faut se laisser pénétrer par la lumière spirituelle qui émane de l’œuvre Le sujet du Christ est un excellent reflet de la foi du XVIIème siècle , qui se traduit souvent dans les oeuvres par une tension vers la croix . La souffrance du Christ , n'est plus traduite par la débauche de sang et de blessures , comme chez Grünewald , mais par une souffrance d'abord spirituelle celle du Fils de Dieu qui vient sauver l'humanité et qui est rejeté par les hommes . La lumière divine est transmise au fidèle à travers le corps souffrant du Fils de Dieu . Le vitrail retrouve là sa vocation première celle faire entrer la lumière divine dans l'église (terme pris dans son double sens).  

L'art du XVIIIème siècle est fort bien représenté dans l'église de René non seulement par le grand Christ en bois du Chœur mais surtout par le rétable de la chapelle nord ou l'on peut voir une peinture d'une très belle qualité représentant la Sainte Famille , image terrestre de la Sainte Trinité. Cet enfant Jésus lisant les écritures sur les genoux de la Vierge , les regards croisés de St Joseph et de la Vierge , le sourire esquissé de Marie , l'éclairage si habilement dosé , l'attitude dynamique des corps qui se combinent pour donner au groupe un savant équilibre , tout dans cette toile témoigne d'une main fort habile . Malheureusement , la toile fortement dégradée aurait besoin d'une habile restauration pour retrouver tout son éclat.  

 

Provient du calvaire de 1930

                                   

      Textes de  Julien Guilbault le 22 Décembre 1990. Communiqués par C.Maupay


Quelques détails trés particuliers des vitraux !

Les vitraux de l’église de René  

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RENE Cité de Jacques Hamelin Aumônier de FRANCOIS ler . 

Dans l'histoire de l'art du vitrail en France, les vitraux sont en général peints. On trouve généralement des personnages religieux de l'Ancien ou du Nouveau Testaments ou des Evangiles et parfois des donateurs.

A partir du XVIe siècle, une nouvelle mode va surgir dans l'art du vitrail , c'est l'éclaircissement des verrières, c'est à dire que l'on va concevoir des verrières les plus claires possible pour éclairer au maximum l'église. Elles ne comporteront plus sur toute leur surface des verres colorés mais souvent une bordure colorée entourant une nappe en géométrique sans couleur.

Plusieurs facteurs vont conjuguer cet éclaircissement :

Le premier c'est avant tout en raison de l'édification de retables à l'intérieur de l'église. Le ou les donateurs vont vouloir beaucoup de lumière pour mettre en valeur ce retable, ainsi que les détails de l'architecture.

Le second est l'art de la peinture à l'huile qui va demander aussi beaucoup de lumière pour faire ressortir les tableaux.

Le troisième est une envie de changer. Lors du Concile de trente un certain discrédit est jeté sur l'art du vitrail.

Le quatrième point est dû à la diffusion des livres. Les fidèles assistants aux offices, demandent de pouvoir lire les évangiles.  
L'ensemble de ces facteurs va pousser les commanditaires vers la fabrication de ce type de verrières, mais cette demande ne sera pas une règle, car de nombreux vitraux peints seront encore fabriqués en France et dans notre région comme dans les verrières hautes de l'église Notre-dame des Marais à la Ferté Bernard.  
Le premier exemple que nous citions auparavant dans les modèles d'éclaircissement des verrières est celui des deux remarquables baies de l'église de Courgenard datées de 1559 et 1560.  
L'autre citation sur le plan national est celle des deux verrières de la Cathédrale de Sens datée sans autre précision de 1542 ou 1556.  
Avec les verrières du chœur de l'église de René la date est inscrite plusieurs fois dans les verres : 1537. Nous sommes donc devant les premières verrières françaises à éclaircissement.  
La merveilleuse étude  faite par Monsieur Alexandre Aubry concernant Jacques Hamelin est là pour conforter nos recherches. Il souligne bien que Jacques Hamelin, aumônier de François l' est à l'origine du nouvel aménagement de l'église de René, cité où il est né et où il avait gardé des attaches familiales. Il fit plusieurs séjours à René.

On peut donc comprendre que l'influence de ce grand personnage de la cour royale soit à l'origine de cette nouveauté de création de vitraux. Ses voyages avec le roi François 1er tant en France qu'à l'étranger, lui ont permis d'acquérir une nouvelle vision de l'aménagement de son église et d'être le précurseur d'un nouveau style de vitraux.

 Plan de l'église:  

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Les halles de René  

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1515 ? Vous vous souvenez sûrement : Marignan bien sûr

François 1er, roi de France, défait l'empereur d'Autriche dans la plaine du Pô. 20 ans plus tard, sous le règne du même roi de France, à René et en 1535, s'édifient celles qui restent aujourd'hui les plus anciennes halles de la Sarthe. Leur histoire s'arrêterait là, qu'elle apparaîtrait déjà fort respectable. Cinq siècles moins 42 ans de survie à travers les vicissitudes de l’histoire démontrent une forte propension à défier les siècles, surtout pour un monument somme toute usuel. Mais, dans leurs pérégrinations à travers le temps, nos halles, comme bon nombre de celles qui résistent encore en Sarthe, racontent des tranches entières de la vie des villes et villages qui les abritent. Faisons ensemble cette lecture passionnante.

 

Eh bien ! En toute modestie, c'est un Renéen, confesseur de notre François 1er, qui les fit ériger en 1535. Une ascension sociale remarquable propulsa ce fils de marchand drapier jusqu'au cœur de la cour de France. Jacques Hamelin, né en 1488, pris en main et en âme par son oncle curé de la paroisse, devient rapidement chanoine du Mans, puis de la Sainte Chapelle, avant d'être nommé premier aumônier du roi en 1524. Il a alors 36 ans et l'oreille du roi. Soucieux du développement économique de sa terre natale, il obtient l'autorisation de construire les halles de René et le privilège fort recherché d'y tenir foires et marchés : sans doute le premier supermarché de la région !

Au fil des ans et des siècles, cette création conforta le rôle économique de René et lui permit un notable développement : la taille de son église, l'architecture des maisons du bourg, la présence de très nombreux corps de métier, attestent de cette grandeur. Privilège constamment disputé par d'ambitieux voisins et que la paroisse, puis la commune, défendirent becs et ongles. En effet, tour à tour et jusqu'au siècle dernier, Alençon, Marolles Les Braults et même Saint rémy du plain et maintes autres communes, tentèrent vainement de réduire, voire de supprimer cette concurrence jugée déloyale.  

En 1831, forte de 1.623, âmes, René est à l'apogée de sa population. Le déclin pointe sous la forme de l'ouverture d'un chemin de grande communication qui frôle les halles et nécessite la suppression d'un des bas-côtés. C'est en 1889 que le conseil municipal envisage la démolition du bâtiment devenu obsolète. Un premier vote ne partage pas partisans et adversaires de sa destruction. La question est reprise le 22 mars 1890 ; par 6 voix contre la démolition et 5 voix pour, elles échappent à la solution finale !  

Renaissance

Le XXe siècle leur sera beaucoup plus favorable. Un événement d'ampleur redonne aux halles leur notoriété passée : leur 444' anniversaire, une trouvaille fertile et grosse de promesses. Autour de cette date, leur « découvreur », Roger Maupay Maire, crée l'événement médiatique qui focalise l'attention et l'intérêt de ses concitoyens et du département. Nos halles reprennent espoir.

Les halles branchées...

Peu de temps après, grâce à un concours lancé par E.D.F., « Faites les sortir de l'ombre », concours remporté par les élèves du collège AIbert‑Camus du Mans, les halles de René bénéficient d'un somptueux éclairage qui met en valeur leur superbe charpente.

... sortent de l'ombre !

La cure de jouvence se poursuit. Depuis 3 ans, elles accueillent à nouveau des marchés : marchés à l'ancienne, marchés des produits du terroir, qui attirent Ici foule et animent le village. En 1992, se crée une association des villes et villages pourvus de halles : « Patrimoine de la Sarthe » dont le 1er objet est de valoriser cet élément clé des cités... qui en possèdent encore.

L'avenir du passé ! ...

Enfin, un projet d'aménagement embellissement se mitonne, qui permettra de les mettre en valeur au sein d'un environnement villageois revigoré, rajeuni, embelli. Cela ne peut que les réjouir ! Cœur de bourg, les halles deviennent point d'appui et symbole d'un avenir prometteur. Une vieille maison voisine, juste en face d'elles, une vénérable, ne vient elle pas d'avoir une idée ! Laquelle donc ? Celle de devenir « La maison des halles » du département de la Sarthe. De beaux projets, de belles rencontres en perspective... Quelle histoire

Claude MAUPAY Maire de René


Nous remercions tout particulièrement M. Claude Maupay, le maire de René, qui nous permet de découvrir l'histoire de ces halles si belles...

Nos remerciements s'adressent également aux éditeurs de l'affiche qui nous ont permis de la faire paraître dans notre Revue, en dernière page : le Conseil général, l'Association des halles et patrimoine de la Sarthe, l'Association du pays d'accueil maine-normand, ainsi que le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement de la Sarthe.


PAROISSE DE RENÉ DÉBUT DU XVIIIe siècle QUELQUES EVEVEMENTS REMARQUABLES

(Textes d'époque !)    

relevés de M. Sylvain GRASSIN CGMP 2529  

Notes contenues dans les registres paroissiaux de la commune de René, écrites par M. NEGRIER, Curé de la paroisse, relatant quelques événements remarquables entre 1707 et 1729.

 1.De la chaleur en 1701                                        Haut de Page

 L'an 1701, le Vingtième Juillet et le jour suivant il fit une chaleur si grande que non seulement on ne pouvoit pas travailler, mais même qu'on ne pouvoit presque pas demeurer dehors. Il mourut beaucoup de personnes en plusieurs endroits qui tomboient morts sans avoir senti aucun mal ni aucune autre infirmité que celle de l'extrême chaleur, une infinité d'autres furent obligées d'abandonner le travail, les animaux même ne pouvaient travailler, ni supporter la chaleur tant elle étoit grande. Il ne mourut cependant q’un homme dans cette paroisse.

 2. Relation de l'hiver et du froid l'an 1709                     Haut de Page

 L’an 1709 1'hiver fut long et le froid si pénétrant que de temps immémorial on n'en avoit point vu de pareil. Il commenca du dimanche 6 jour de Janvier fête de l'Epifanie par un vent si fort et si froid qua peine pouvait-on demeurer dehors, ce dura ainsi le premier jour, après quoy le froid continua pendant dix sept jours, si violent qu'un grand nombre de personnes en furent incommodées, les uns ayans une partie de pieds gelés, d autres les doigts des mains, et beaucoup ayans senti tant de froid qu ils en furent longtemps malades, perdu presque tout sentiment, particulièrement les marchands qui étaient obligés d aller par les chemins, ou Ion trouva en beaucoup d endroits des personnes mortes du froid.

Tous les ouvriers furent obligés de quitter leur travail pendant plus de huit jours, et surtout depuis le treize Janvier jusques au vingt, pendant lequel temps le froid fut si grand qu il descendit jusqu au premier degré du thermomètre, en sorte qu il ne sen falut qun degré que le froid ne fut extreme.

Les biens de la terre étoient perdus sans espérance sans que heureusement il tomba des neiges des le commencement du froid, qui continuèrent à plusieurs reprises pendant tout ce temps en si grande abondance quelles furent toujours de la hauteur d un pied ou environ, ce qui conserva les bleds, si bien que la terre ne fut gelée que environ 1'epaisseur de trois pouces.

Dans les Jardins la plus part des arbres en espalliers et en buissons furent gelés, surtout les abricottiers et les peschers dont il ne se sauva que ceux qui étoient en bon abbry; les arbres verts, les Muscats, et tous les nolliers(*) furent entièrement gelés, il fallut les recouper par le pied, d ou ils repoussèrent d'assés beau bois, mais sans aucun fruit.

Pour les Vignes, elles furent entièrement gelées, il ne se sauva que les jeunes seps, il fallut ravaller les vieux en les coupant au niveau de la terre, d ou ils avaient repoussé du bois qui ne raporta aucun fruit, et il fut si peu de vin cette année que dans beaucoup d endroits on ne vendangea point du tout, ce qui fit croire d abord que le Vin serait excessivement cher mais cela n arriva pas a cause de la grande cherté du Bled et de la rareté de l'argent.

Les arbres dans les Campagnes soufrirent beaucoup, la plus grande partie des chesnes, même les plus gros se fendirent du haut en bas, et le bruit qu'ils faisoient en se fendant se faisoit entendre de fore loin dans les bois, les fentes ou ouvertures qui se font ainsi par le grand froid font les gélivures(*) que l'on trouve dans les arbres en les débitant, car venant par succession de temps à se recouvrir d'écorce, elles demeurent ainsi cachées sans quon s en apercoive que lorsquon les veut employer. Les souches qui avoient été coupées depuis deux ans furent toutes gelées, aussi bien que les sapins dont il ne resta pas un. Il périt pres de la moitié des arbres fruitiers, surtQut des noyers qui périrent tous à la réserve des Jeunes dont il se sauva une partie en quelques endroits. Les châtaigniers et maronniers soufrirent aussi beaucoup, et il en périt la meilleure partie. Les Ronces, les houx, les genets et tous les arbustes de cette nature furent entièrement gelés.

Les sangliers, les Loups ne purent s’en garantir. Il en mourut beaucoup.Les puits gelèrent presque partout, et on ne pouvoit en tirer de l'eau qu’après avoir cassé la glace avec beaucoup de peine. Les Cidres gelèrent dans les Celiers, même le pain y geloit.

Les suites de ce grand froid furent encore plus funestes que le froid même, car au dégel, quoiqu’il arrivait fort doucement, presque tout le monde se trouva attaqué d'un rhume qui commençoit par un debord dans la tête avec de grandes douleurs, et ensuite tomboit sur la poitrine souvent avec une douleur de côté, et cette maladie fut générale.

Le temps fut asses doux pendant dix à douze jours, après lesquels le froid recommença par un Vent d'Est très violent et très froid, qui dura cinq à six jours, et fut suivy d un froid pendant environ quinze jours qui fut grand quoique a la moitié moindre que la première fois, et ce froid fit grand tore aux bleds, qui cependant n avoient pas été entièrement perdus, sans qu’après un second dégel de quelques jours, le froid recommença pour la troisième fois comme auparavant par un Vent d'Est de plusieurs jours avec une gelée qui dura environ quinze jours, moindre à la moitié que la seconde fois, mais qui fut la plus funeste, parce que le Soleil étant déjà un peu haut, les bleds qui commençoient à pousser étains fore tendres, ils furent presque tous gelés, de manière que dans les lieux qui étoient le plus à labbry, à peine en resta til la moitié, ce qui obligea les fermiers et laboureurs de rabatrè le haut des sillons et dy semer de lorge, ny étant resté que peu de bleds, dans le fond des Raises(*) . Il se trouva quelques cantons dans cette paroisse ou les bleds furent conservés, comme la pleine de Ruzé(*) et du Pommeret(*), et les pièces qui étans entourées de haies furent conservées des Vents.

Enfin la semaille des orges étant belle, et le peu de bleds qui étoit resté profitant à merveille, on espéroit encore quelque chose de la Récolte, parce que les bleds avoient repoussé si vivement du pied que l'on trouvoit des tasses(*) de froment et de seigle où il y avait jusqua cinquante épies d'une longueur et d'une force à faire plaisir, sans que les pluyes qui tombèrent sans discontinuer depuis le commencement du mais d'Avril jusqu au commencement d'Aoust, la Masne et la gasle(*) qui tombèrent en abondance les perdirent entièrement. Il n y demeura que l'écorce ce qui ne rendoit point de farine mais pour cela ils n en furent pas moins bons à semer et ce bled qui paraissoit si petit et si mauvais poussa de merveilles; pour les orges ils ne furent pas si perdus que les bleds.

On ceuillit encore dans la paroisse de René des bleds environ le quart d'une année commune, dix gerbes ne rendoient que trois quartrons(*) de bled à la mesure de Sonnois(*), et souvent moins, pour les orges il en fut raisonablement mais ils étoient menus et point nouris à cause des pluyes continuelles. 

On commença fore tard à couper les bleds ce qui les encherit si fore qua la Miaoust le Méteil(*) valloit jusqu a dix francs le boisseau(*) et l'orge sept francs, par le peu d'espérance que 1 on voyait à la levée et qu'il étoit peu de bleds de l'année précédante, ou qu'ils avoient péri aussi par les pluyes continuelles.

On prit de ce temps là partout, comme de concert, la résolution de garder le peu de bleds qu'on avoit pour semer, et de manger du pain d'orge, de sorte que cette epargne fit ramander le bled à la semaille, contre toute espérance il baissa jusqua cent sous le boisseau(*) ce qui paraissoit un prix fore modique par rapore au temps.

Tout le monde fut si consterné de voir si peu de bleds que dans les commencemens on desespéra de pouvoir semer les terres ce qui obligea le Roy(*) d'envoyer des ordres très précis pour cela, même d'envoyer des commissaires dans toutes les Villes, ce qui pour l'evenement ne servit de rien car tout le monde ensemença les terres comme on avoit de coutume, sans atendre à s’y voir contraint.

Il fut des fruits passablement, mais qui n avoient pas grossi parce que les arbres avoient trop soufert pendant 1 hiver et les pommes et poires à cidre se vendoient communément dix francs la pippe(*).

Tout le monde étoit dans la consternation de se voir à la Veille de la plus grande famine qu on eut jamais vue, mais par la providence divine le mai ne fut pas si grand quon craignoit, ce qui surprit davantage est que le bled ne fut pas la moitié si cher que 1 année précédante par la grande épargne que 1 on fit sur le commencement de 1 année 1710, car on ne donna aucun grain aux Bestiaux comme on en avoit acoutumé de faire auparavant, et on fit du pain de tous les menus grains comme avoine, pois, feves, jarosses(*), vesses(*), etc ce qui soulagea le peuple de manière qu'il se trouva du bled contre toute espérance, et qu il ne valut à la St Jean que cent sous le méteil et quatre francs l'orge, outre que plusieurs personnes avoient gardé du bled vieux, et même en avoient acheté de nouveau dans l'espérance qu'il montroit à un prix excessif, et qu'ils feroient des profits immenses, dont ils furent punis, ce qui contribua encore fut la préparation de la levée qui etoit la plus belle qu' on eut jamais vue, et la rareté de l'argent a cause des taxes continuelles dont le peuple étoit accablé pendant la guerre(*). 

NOTA : les thermomètres du XVIlle siècle que l'on voit dans les musées ou les collections portent souvent les dates des hivers remarquablement rigoureux en face des températures les plus basses observées (près de la "boule", réservoir du mercure).

Une Histoire de France Illustrée de Larousse vers 1916 indique en note page 90 du tome Il "l'hiver de 1709 fut un des plus terribles dont l'histoire fasse mention. Le froid dépassa  –23° à Paris 

NOTES                                                               Haut de Page

Bleds : blés

Boisseau : mesure de capacité de valeur très variable  16 litrons, soit 12,7 1  mais aussi à Mamers mesure rase 46 1 64 ci, mesure comble 53134 dl et à René rase 44 1 21 cl, et comble 55 1 26 ci.

Gasle : brume sèche qui passe pour amener les pucerons sur les arbres (Vendômois).

Gélivures : défauts dans le fut d'un arbre, résultant de l'éclatement du bois sous l'action de la gelée. 

Guerre (en 1709) : la guerre était à toutes les frontières : Flandres, Italie, Espagne, et les armées françaises subissaient plus de défaites qu'elle n'emportaient de victoires. 

Jarosse : (mot dialectique de l'ouest de la France) autre nom de la gesse cultivée, appelée aussi pois gras, pois breton, pois cornu.

 Masne : ? manne, accident climatique qui se produit quand la pluie tombant du ciel, le soleil qui luit corrompt les blés en les faisant noircir.

Sonnois : Saosnois, Sônois, Sonnois : région occupant le NE de la Sarthe, ayant pour chef lieu le bourg de Saône (entre René et Mamers). Les unités de mesures locales sont très variables. 

Méteil : mélange de blé et de seigle cultivés ensemble. 

Néfliers : Aurait-il voulu dire Noyers ? par ailleurs écrit avec l'orthographe correcte plus loin ?

Pippe : 1 muid 1/2, 400 à 700 litres. Autre nom pour une grande futaille.

Pommeret : Pommereil sur la carte de Cassini. Lieu dit à 1,7 km au SO de René. 

Quartron ou Quarton : Peut-être quarteron, c'est à dire le quart d'une livre. Mesure de capacité pour les grains (17 à 39 litres).

Raise: Dans l'Ouest, raie de labour laissée ouverte entre deux planches ou deux sillons. 

René Commune à 31 km au nord du Mans. Nom pouvant venir d'Arena (champ de sable) ou d'Ernel (terre en friche). 

le Roy (en 1709) : Louis XIV (1638/1715). Impôts pour la guerre et intempéries ont provoqué famines et révoltes chez les paysans.

Ruzé : Le Grand Ruzé sur la carte de Cassini. Grand et Petit Rusé sur carte IGN, à moins d'un km au SE de René. 

Tasses: touffe épaisse, de branches serrées sortant du sol, cépee. 

Vesses ? vesce : (famille des pois de senteur) il existe une variété à fleur violacées, qu'on trouve . dans les moissons. Ses graines rondes se mêlent au blé. Autrefois, pendant restrictions et famine, on les mangeait.



Textes de Monsieur Alexandre Aubry:(avec son aimable autorisation 19/01/2000)

Les trois Croix:                                                              Haut de Page

Préface:

    Avant d'entreprendre les premiers travaux de remise en ordre de cette ancienne fermette sise au hameau de « Les Trois Croix »  son récent acquéreur et présentement auteur de cette étude d'histoire locale porta de suite son attention sur l'emplacement maintenant recomblé de la mare abreuvoir , se trouvant jadis à venir frôler l'abord même de la route D 195, mare qui, sur une largeur d'environ quatre mètres allait s'étendre là à une dizaine d'enjambées jusqu'au bel approche de quelques pas d'entrée de la porte de maison d'habitation de cette vieille masure .

    C'était en Juin I967, où dans le temps de trop d'années d'abandon , une végétation sauvage avait envahi une bonne partie de la cour empierrée et , aussi mais avec beaucoup plus de vigueur la surface totale de cette mare abreuvoir qui se trouvait maintenant comblée d'ordures ménagères en provenance du service de voirie communale qui pour semble-t-il cacher ce gros méfait avait fait recouvrir le tout en surface d'une fine couche de terre argileuse venant on ne sait d'où !

    L'acquéreur Monsieur AUBRY Alexandre natif de ce hameau et revenu au pays après plus de 30 ans d'absence avait fort bien connu dans sa plus tendre enfance : " Le Père et la Mère NOIR " (Lire : MMme NOIR Edouard), qui, vers 1930 habitaient et exploitaient encore cette petite propriété Agricole  comme il connaissait aussi tous les multiples " Mystères " de ces derniers siècles encore figés là malgré le temps sur l'emplacement de ce vaste " Pâtis " triangulaire d'herbe sauvage formé ici tout proche par l'embranchement de deux voies routières . Très vaste « Pâtis » implanté dans l'espace libre d'un triangle fort bien proportionné où prennent naissance en douceur depuis la D 195 venant de RENÉ deux branches de routes se dirigeant l'une vers NOUANS au S/OUEST et la seconde vers MEURCÉ situé au N/OUEST . (VO 7)

    C'est en effet de ce " Pâtis Historique " , et de son aménagement par les anciennes populations locales de ce Point géographique de RENÉ que provient sans nul doute le nom de ce hameau : ce " Pâtis " ayant la particularité ancestrale de porter en son axe central et alignés d’EST  en OUEST : Trois Croix très hautes , taillées dans la masse d'un bois de Chêne et solidement fichées là sur un volumineux tumulus rectangulaire de terre argileuse soigneusement protégé de toute érosion par un gazon touffu (ray-grass rustique appelé  Melherbe) protecteur et, entretenu avec soin par les habitants du hameau et du cantonnier du village. 

    Ces multiples " Mystères "pour les personnes non averties n'étaient autres dans la réalité que des flashes émanant de " Mémoire Collective " conservée en vase clos depuis près de deux siècles par de pieux et féaux personnages de ce hameau fervents protecteurs de la "Communication" la plus fidèle des moments forts retenus de l'Historique de leur  terroir  natal mémoire qui , malgré la traversée de plusieurs générations , avait su garder toute sa pureté d'origine depuis ; la fin du XVIIIéme Siècle .

    C'est ainsi qu'étant " Enfant de Chœur " dès l'âge de huit ans ; le jeune adolescent qu'était alors Alexandre s'était lié d'Amitié avec une personne fort âgée , et , de plus : Doyenne du Hameau et de la commune mademoiselle Louise CHAMPROUX, qui habitait une petite maison proche de l'habitation des Parents de ce jeune garçon. Cette amitié s'était fort prolongée au cours des ans par des rencontres hebdomadaires occasionnées par la remise de quelques petits morceaux de " pain bénit " ramenés de la messe dominicale de la paroisse lorsque les intempéries , puis la santé puis la fatigue de l'âge de : cette demoiselle très pieuse ne lui permirent plus d'assister aux Offices Religieux car distante du bourg d'environ un kilomètre . Entre ces deux amis , les moments disponibles pour la conversation., se portaient toujours et volontiers sur :  La Foi , les duretés financières de la vie et surtout la  Mémoire Historique locale  qu'elle détenait tant sur l'histoire de la Commune et la Paroisse de RENÉ que sur celui de cet hameau des " Trois Croix " , hameau habité par elle-même depuis sa naissance , ses Parents et , aussi ses grands parents. Adolescent et doyenne d'âge de RENÉ trouvaient là dans ces entretiens, une vaste possibilité de s'exprimer dans l'esprit même de cette essence de pure mémoire vers la remontée du temps. 

    Pour Mademoiselle Louise CHAMPROUX le hameau de « Les Trois Croix » était bien plus qu'un simple hameau qu'un Village qu'une Ville , c'était tout un monde une véritable nécropole toujours vivante  pleine de mille souvenirs portés en elle même dans l'esprit en pro­venance de ses parents et grands parents , et de tous les anciens habitants de ce Hameau dans leurs actions et pré­sences ancestrales , leurs joies et leurs peines , face à tout ce qui créé l'histoire locale , par le temps et les évènements pour être enfin transmise à la suite de généra­tion en génération par sa Famille ayant toujours été pré­sente dans ce Hameau comme elle même : ces jours de 1935 en remontant vers le XVIII* siècle , soit l'an 1742 connu.

    " Mémoire Collective " d'Histoire de mœurs et aussi de coutumes , de travail et de vie de campagne , peines et joies de cette " France profonde " , allant de celle tragique du : XVIIIémé siècle , à celle du XXéme siècle : autant de Thèmes  que Louise recueillera tout le long de sa vie de ses parents et grands parents « mémoire » qu 'elle aimera et tentera encore de transmettre ainsi dans la continuité d'une nouvelle voire de plusieurs générations par le jeune Alexandre ami et voisin .

    Nous possédons donc là et ainsi , en provenance d'une origine la plus authentique , toute une " Mémoire "devenue viscérale en elle même et dans laquelle nous  puiserons pour ce « LIVRET du TERROIR » N° 1 , les premiers thèmes de cette série si nécessaires aux repères les plus précieux de l'Histoire locale de ce Hameau des « Trois Croix » de cette Commune de RENÉ et de son Bourg tout le long de cette période.

L'énoncé des thèmes traités se présentera donc en remontant le temps

 

PRÉFACE Les Trois Croix  et le Hameau

1871 L'arrivée des «  Uhlans de la Mort » cavaliers Prussiens venant de NOUANS par la route de Verrière  se dirigeant vers RENÉ .

1840 Les « Rogations » en paroisse de RENÉ

1793 (1942) L'origine des sauvetages de : deux éléments précieux du patrimoine de la paroisse de  RENÉ , placés en l'Église : 

(I) Sauvetage du Blason de Jacques HAMELIN Evêque enfant de la Paroisse ( XVI° ) (témoignage de l 'Abbé Léon GIREAÜLT curé de RENÉ)

(2) Sauvetage du : Christ de la Chapelle d'Epierre (XIIéme )

 (témoignage de Mademoiselle Louise CHAMPROUX)

1802 Située proche du Pâtis  du Hameau des  Trois Croix  emplacement et vestiges retrouvés d'une stèle dite : « La Croix du Saule » en reconnaissance du Christ Roi (fin de la Chouannerie dans le Haut Maine témoignage de base de Melle Louise CHAMPROUX , Thème à suivre dans le II Livret du Terroir No 2 ) 

à La reprise de cette PRÉFACE ouverte et inachevée lors des premières pages de ce : " Livret du Terroir " No I est désormais nécessaire pour présenter le dernier point des différents thèmes déjà traités dans cet opuscule d'Histoire locale de RENE , soit en particulier le : Thème relatif à : « La Croix du Saule » Thème qui sera donc exposé dans les lignes qui suivent et développé en son entier dans le prochain Livret du Terroir  N*2  

La Croix du Saule                                                       Haut de Page

 Il était connu et fréquemment rapporté en ces : milieu et fin du XIX* siècle en cette commune , qu'une stèle  sous forme d'une anonyme et simple Croix de pierre avait été placée vers 1802 au Hameau de "Les Trois Croix" en souvenir et à l'endroit même où s'était déroulé lors d'une mouvance militaire, un fait vécu de cette époque tumultueuse et révolutionnaire ( qui s'étala de 1793 à 1800 ) . Croix de pierre , fixée là en reconnaissance au Christ Roi  par un de ces soldats paysans, en réalité un chef « Chouan » de cette région du Haut Maine , fort connu et dénommé : « Le Général Charles » . Stèle croix de pierre , qui , du fait de l'action de l'évènement , sera placée sur le terrain même , pour y prendre l'appellation locale de La Croix du Saule. Dégradée effritée inévitablement par le temps et les intempéries puis disloquée dans sa ruine lors des travaux effectués sur son emplacement par la pose d'un gros poteau électrique en 1937 (année de l’électrification) aux abords de route et de cette mare recomblée par la suite  c'est sous cette apparence d'éclats de pierre taillée et de forme permettant de recons­tituer au mieux la silhouette d'une Croix latine, confectionnée dans un calcaire à granules sableux du pays que seront recueillis les vestiges de cette Croix du Souvenir par le nouveau propriétaire de cette ancienne fermette de Mme NOIR , lors du débroussaillage de cette surface en cette année de  1967 .

Rien de bien surprenant à la présence d'un tel évènement dans notre commune si l'on se souvient que le Général Charles. ( de son vrai Nom Charles GONDÉ , dit aussi Charles GONDÉ de la Chapelle ) était en fait , le Chef des Soldats Paysans " Chouans " d'une grande partie du Saosnois et du district de MAMERS , et que , celui ci avait pour observateur et actif local , un de ses subordonnés , habitant la Commune de RENÉ : dénommé familièrement : " Capitaine Francoeur " par ses Soldats Paysans en réalité Louis  . qui sera au cours de ces années de guérillas, arrêté officiellement sous le titre de : Capitaine chouans , dans les combats qu'il mena contre « les Bleus du District de MAMERS » sous les directives du  Général Charles

AUBRY Alexandre


1870/1871 LES PRUSSIENS EN SARTHE 

L'arrivée des  Uhlans de la Mort  à RENÉ     Haut de Page    

Un témoignage de Melle Louise CHAMPROUX ( 1938 )

Les combats de "retardement" du MANS Commandés par le Général CHANZY face à l'Armée Prussienne en 1870-1871 dans une manœuvre en vue d'un regroupement des Forces Françaises sur la Loire, ralentira quelque peu l'avance des troupes germaniques venant de PARIS dans leur progression vers le SUD du département de la Sarthe .

Arrivant du MANS de par : SAVIGNÈ-LÉVÉQUE après les durs combats du 2 janvier 1871 les " Uhlans " Prussiens ayant connaissance de la présence d'éléments défensifs de l'armée française en retraite , dans le petit village même de : COURCEBOEUFS (situé à environ 15 kms au N/EST du MANS) contournèrent le Bourg de la Commune pour s'y présenter de par la Route de COURCEMONT .

Malgré la neige et un temps froid , un violent combat s'en suivi mettant en prises des éléments d'infanterie et de cavaliers prussiens (dont quelques Pelotons de " Ulhans de la Mort " avec : deux Pelotons de " Dragons " de la cavalerie française protégés par le reste d'éléments : d'un Bataillon de " Francs Tireurs Mobiles de la Sarthe décimé lors des récents combats des abords du MANS et auxquels s'étaient jointes des Sections du 2* Bataillon de Mobiles de l'Orne , Commandées par le Cne MAZIERS ).

 Le combat de COURCEBOEUFS du 12 Janvier 1871 sera rude : outre les pertes de la cavalerie et des soldats mobiles de la Sarthe ( estimées a environ 20 tués ) et d'un très grand nombre de blessés de toutes armes , il faut compter aussi quelques uns de leurs Chefs qui y trouvèrent la mort tels : le Cne DEMORIEUX , le Sergent LAMPERRIERE , etc. mais ce n’ est là que le résultat d ' un seul contact , l’après midi les combats s'étendirent dans les environs , avec la présence de près de 2000 combattants .

A la nuit tombante les Français avaient maintenu leur position mais a quel prix : près de 250 Franc Tireurs Mobiles, soldats et cavaliers étaient tués où blessés .

Le glissement de retraite des éléments Français engagés aux combats de COURCEBOEUFS et de ses environs se fera: (suite à la puissance des forces Prussiennes en présence)le lendemain en direction de : BALLON et de BEAUMONT S/Sarthe sous le Commandement du Cne COLLIN dans le but de joindre ALENCON par l'importante voie routière : Le MANS-ALENCON en vue de se regrouper à un nouveau point défensif établi par les Mobiles Français de l'Orne , aux environs d'ARCON­NAY , situé au SUD de la Ville d' ALENCON .

Il faut donc supposer que ces cavaliers " Ulhans de la Mort " Prussiens venant de NOUANS et ayant stationnés au Pâtis des " Trois Croix ", suivaient un axe de progression BALLON, LUCÉ, NOUANS, RENÉ, GRANDCHAMP, LOUVIGNY, ANCINNES et ALENCON‑EST ce qui situe donc l'intéressant témoignage de Mademoiselle Louise CHAMPROUX développé ci après :vers la date du 14 Janvier 1871 puisque les combats aux environs d'ALENCON se déroulèrent du 15 au 17 Janvier .

L'arrivée des Prussiens au Hameau des « Trois Croix » 14 Janvier 1871

  Souvenir d'enfance de Melle Louise CHAMPROUX cette petite fille de 7 ans qui à la main de sa douce Maman sortant toutes deux de façon impromptue d'un petit et profond chemin creux du hameau des " Trois Croix " ( maintenant disparu et au bord duquel et à 60 m de la route se trouvait une ancienne et vieille bâtisse d'habitation en torchis servant de débarras et appartenant aux Parents de Melle Louise CHAMPROUX) virent arriver puis passer devant eux car venant de NOUANS par la Route de  Verrière un important peloton de cavaliers Prussiens .  

Cavaliers : Ulhans de la Mort coiffés de casques impressionnants armés de longues lances à oriflammes et porteurs depuis leurs chevaux de longs sabres qui , frôlaient le sol harnachés et sanglés de tous leurs paquetages , avançaient à grande allure dans un bruit infernal de martèlement des sabots ferrés de leurs chevaux sur la route empierrée .

A la vue de cette troupe inattendue ma mère se dégagea vers la berne de route et l'on se plaça en attente dans le fossé.

Ce passage près de nous dit elle , se fera comme celle d'une grosse machine diabolique soufflant reniflant ,haletant  ...

Lorsque toute cette cavalerie sera passée , ma mère et moi répriment la route du retour vers notre maison .... mais , à son grand désarroi semble t il , les Cavaliers s'arrêtèrent au complet des voix rudes et énergiques venaient d'ordonner un arrêt de marche malgré le grand froid de ce jour là .

 Un rassemblement de tout le Peloton de ces « Ulhans de la Mort » se formait sur le vaste Pâtis en vue d'une pose de repos sur le gazon gelé où maintenant tous ces cavaliers ayant mis pied à terre encerclaient désormais le tumulus porteur des Trois Croix « clé notre petite .... Patrie » .

Longeant la berne de route , dans une marche à petits pas et bredouillant à demi voix je ne sais quelle prière , regardant le sol et me tenant fermement la main , maman continua à nous diriger vers la maison et nous passâmes donc ainsi proche de ce Pâtis devenu tant redouté . (maison d'habitation des parents de Melle Louise CHAMPROUX  )

Nous entendions le cliquetis des armes , déposées en faisceaux et quelques brouhahas parmi les cavaliers exprimant sans doute quelques fatigues et courbatures ...... aucune voix ne nous interpella et grâce à Dieu nous rentrâmes à la maison saines et sauves de toute nouvelle peur.

Les deux battants de porte furent vite refermés , sans doute en protection et attente de je ne sais quoi ...... nous nous blottîmes dans la petite « venelle » entre le lit de mes parents et le mur proche .

Après un quart d'heure d'attente ainsi , des bruits de sabots ferrés de chevaux au petit trop nous informaient : que le peloton avait repris sa progression sur la route proche , et qu'il descendait la « Côte des Trois Croix ».

S'approchant de la fenêtre avec hésitation , maman eut juste le temps d'apercevoir les derniers cavaliers prussiens de ce peloton , qui en toute évidence se dirigeait vers le bourg de RENÉ. Le calme revenu , nous fîmes toutes deux notre prière comme nous avions l'habitude tous les soirs : c'est à dire , à genoux sur le bord de l'âtre de notre cheminée à feu de bois.

Environ une semaine plus tard , mon père nous apprit que plusieurs pelotons de : Ulhans de la Mort Prussiens, avec l'aide d'Infanterie et d'artillerie de campagne , avaient dû livrer de violents combats aux abords immédiats d'ARCONNAY , face à une ligne défensive en bordure de la Ville d'ALENCON , tenue par des Francs Tireurs de l'Orne, de Sarthe et des Mobiles Bretons .

 

Origine du Nom du Village de COURCEBOEUFS  

(de Mr GUITTON Georges Historien , Le MANS)      Haut de Page

 COURCEBOEUFS et BEAUMONT pied de Bœuf n’ont rien à voir avec les bovins ,que ce soit pour la course la valeur culinaire et aussi en ce qui concerne le " Grand Chemin de MONTFORT " qui se trouvait jadis sur l'itinéraire des troupeaux de bétails et de bovins en marche vers la capitale pour l'alimentation en viande de PARIS et de ses banlieues. D'après les plus anciennes archives de la Sarthe il faut remonter au temps de CLOVIS et de ses Francs pour situer l'origine de ce Nom :

An 774 : CURTIS-BOSANAE et CURTIS-BOT en 1073 ( Textes Évêché du MANS et Abbaye de St VINCENT ) .

Passant par CURTIS-BODIS et CORUS-BOIS , il faudra plus de 1000 ans pour devenir : COURCEBOEUFS , COURCEBOEUFS .

En conclusion , avec les mots :

CURTIS = Ferme et BODIS = BOIS l'origine du Village de COURCEBOEUFS semble se situer géographiquement sur le terrain au lieu dit « La Motte »et où sur les cadastres de 1836 La parcelle section A N°651 était dénommée « La Butte » . Ces « Mottes » et « Buttes » étant généralement l'empreintes d'anciennes fermes fortifiées dans les périodes allant des : VI° au IX siècle .  


Les « Rogations » et les « Reposoirs » de plein air. 

Les Pèlerinages et les Saints secourables invoqués dans la Paroisse de René 

Les Rogations     Haut de Page

Les " Rogations " étaient des cérémonies religieuses , chrétiennes , de prières publiques effectuées par les paroissiens des villages de campagne de la France profonde qui en processions suivaient le prêtre " Bénissant " dans la nature et sur le terrain même  les prés, les champs et les vergers de nos campagnes en demandant la protection de Dieu et du ciel pour les récoltes, leurs vergers et leurs bestiaux d'élevages.

Ces " Rogations " comportaient plusieurs sorties aux différents hameaux du village toujours tôt en début de matinée et selon les régions de différentes plantations de culture se trouvaient effectuées entre la St Marc ( 25 avril et l'Ascension du mois de  Mai) .

En paroisse de RENÉ au milieu du XIX° siècle les cérémonies s'étalaient sur : 4 sorties dont en réalité 3 sorties importantes à l'extérieur du Bourg et la 4ème dans le Bourg même et ses abords proches .

Les Cérémonies de " Rogations " les plus connues et mémorables furent celles des années de : 1840 à 1870 sous la présence de l'Abbé RICHARD qui desservit la paroisse de RENÉ de : 1831 à 1873 .

Cela venait il  de cet abbé ou des paroissiens de cette époque ... ?  toujours est il qu'une certaine tradition , sera développée par les habitants des différents hameaux de cette paroisse soit de :

Les Trois Croix ,  Lombray,  Epierre, Les 3 Journaux .

Tradition qui sera celle de participer activement à cette procession et de préparer avec soins , l'emplacement où s'effectuera la halte de cette procession religieuse en y confectionnant un : "reposoir " ( petit autel de plein air ) destiné à recevoir avec , ferveur , éclat et  piété , les différents  instruments  du culte , lors de cette halte d'invocations et de Prières prononcées par le prêtre et les fidèles , face à la nature et ses éléments .

Les Trois Croix : 

Les Trois Croix avec la venue de la " Procession " depuis le Bourg par la Route de DANGEUL puis la " Côte des Trois Croix " en direction de NOUANS , jusqu'au centre du hameau , là même sur le Pâtis  où se trouvent les trois hautes croix  de bois fichées sur le tumulus ; Deux grandes arcades garnies de feuillages de fleurs de lierre et de rubans , étaient implantées et confectionnées sur place , l'une au NORD en transversale de l'alignement des : Trois Croix et sous lequel arche d'Honneur passeront lors de leur arrivée depuis le Bourg : le prêtre les enfants de Chœur , les paroissiens de cette procession , et , la seconde arcade située elle : au SUD de cette même transversale sera elle , empruntée lors du retour de cette Procession vers le Bourg . 

Un petit autel  agrémenté de lierre de fleurs , et de fines pièces de broderies , réalisé depuis une petite table , était placé à L'OUEST proche du tumulus : faisait fonction de  reposoir  destiné aux instruments religieux de ce culte chrétien le temps des Incantations , Prières, Chants et Cantiques , élevés vers le Ciel. depuis ce cadre naturel magnifique et champêtre présenté dans cet écrin de bocage du Saosnois . Bénédiction oh! combien émouvante et belle dirigée vers les prés et vergers et aussi vers ces champs porteurs de toutes les semailles d'automne ; en résumé de cette nature en vif éveil , avant le retour de la procession , en direction du Bourg de RENÉ .

Mais il faut dire aussi que lors des prières effectuées à la halte du reposoir près des trois grandes croix de bois , on priait : Ste Hélène (Sainte Hélène , Impératrice de JÉRUSALEM , décédée vers l 'an 328 est fêtée le 18 août), mère de l'Empereur Adrien de Jérusalem qui, convertie au christianisme malgré l'opposition de son fils , fit effectuer des fouilles et recherches afin de retrouver la " Sainte Croix " du Christ , cette croix retrouvée ainsi que les clous et l'écriteau porté par la croix du christ ( I.N.R.I.) ; On vénérera ainsi celle-ci par sa répartition dans le Monde entier sous forme de reliques dont on commença la dévotion vers le V° siècle .

C'est aussi , à cause de ces recherches à épisodes , à données historiques mouvementées que vient la présentation des calvaires du Mont Golgotha , sous une apparence de ces croix au nombre de trois , la croix centrale , celle de la crucifixion du christ , se voulant toujours être la plus haute .

Sur les anciennes croix de nos calvaires celles-ci portaient en plus du panneau : (I.N.R.I) les outils qui symbolisent l'emblème de la Passion tels : clous, lances,  marteau, pinces,  pomme à vinaigre, épée , liens ... etc.... 

Lombray : 

La Procession quittant le Bourg, et après son passage à « Pinçon » s'arrêtait à un  Reposoir  confectionné par les paroissiens de la partie haute de l'entrée de ce hameau, sur un petit Pâtis, formé par l'embranchement des actuelles routes : D 129/D 29 où se trouvait à l'époque une haute et imposante Croix de bois (C'est approximativement à l'emplacement de cette ancienne grande croix, et suite à sa dégradation au cours des années, qu'a été érigé au début de ce XX* siècle, une petite chapelle dédiée à la Sainte vierge sous la nomination de : Notre-dame de LOURDES)

C'est sans nul doute la présence de cette ancienne grande croix de bois, qui donna jadis le nom de La Croix à une ferme proche : Cet embranchement de routes est dit: aussi "Les Partiaux" distant de 1 km du Bourg.

Si les Invocations et prières des « Rogations » se voulaient être les mêmes pour tous les hameaux les paroissiens de " Lombray " avaient la traditionnelle particularité de  s'approprier  volontiers la fréquentation de la petite chapelle de St Gilles  distante de 1 km et érigée vers le XI* siècle en souvenir du passage de ce saint évangéliste, chapelle située au NORD proche, sur le territoire du village de CHERANCÉ .

Les Paroissiens du Hameau de Lombray , de RENÉ et des villages voisins, ont toujours conservé avec foi, les invocations adressées avec beaucoup de piété aux : 3 Saints évangélistes, patrons de la chapelle de " St Gilles " , qui par leurs prédications,  sermons et exhortations, lors de leurs passages dans cette contrée entre les VI° et IX° siècle, effectuèrent de nombreuses guérisons par des procédés de " toucher " des malades et l'appui de la prière . ( procédé transmis et témoignage actif de Mme Louise AUBRY , née DROUIN (Grand-mère de l'auteur "Touchant " au Nom de  St Gilles cette guérisseuse  très largement connue et encore de mémoire dans la région a été fréquemment sollicitée au cours de toutes les années de 1905 à 1950 , se rendant chaque f in de semaine à la chapelle même de  St Gilles , soit à l'occasion d'offices religieux , soit pour y effectuer elle-même ses propres évocations de prières et d'expressions votives des litanies d'intercession auprès de ce Saint , accompagnée d'enfants ou de personnes à " protéger " ou à " guérir " des maladies signalées ci-dessus; auxquelles elle ajoutera des dons particuliers pour guérir les "écrouelles" et les brûlures)  

Lombray Chapelle N.D. de Lourdes 

A ce sujet, il est à signaler une très heureuse initiative prise par les paroissiens de RENÉ, qui, à dater d'août 1994 lancent la tradition d'effectuer une messe de plein air près de ce Pâtis à l'occasion du jour de l'Assomption de la Sainte vierge, le 15 août. 

Les Saints guérisseurs de la Chapelle de St Gilles 

Saint Gilles surtout pour les maladies des enfants pour le mal caduc, la « Danse de St Guy » et les différents méfaits des maladies nerveuses, telle : l'épilepsie ( dit aussi : le Haut-mal)--( Reliques de ce saint en l'église du Pré et l'église de TOULOUSE  VII° siècle.)

La population de la contrée conservera toujours une grande confiance envers " La Mère Louise " ( ainsi dénommée familièrement ) qui obtiendra quantité de résultats probants , par ses prières et des " Attouchements " de signes de croix à ses malades avec de l'eau bénite ayant éteint des charbons ardents de bois vert carbonisé le saint jour de Pâques. 

St Louis de GONZAGUE     

Celui-ci étant plus un grand spirituel qu'un évangéliste, était prié pour la protection de la jeunesse et des jeunes en général : pour la sauvegarde de la pureté et pour le développement de leur sensibilité envers le secours du prochain ( Reliques en Cathédrale du MANS XVI* siècle

Saint Stanislas  

A cause de ses innombrables visions, on le prie pour éviter : les railleries de soi, les mauvais traitements d'autrui et les incompréhensions de son entourage ( il est le Saint Patron de la Pologne ) . 

A ces Saints guérisseurs il faut ajouter: 

Saint Maurille: Patron de l'église paroissiale de CHÉRANCÉ et invoqué pour les ennuis de surdité et de troubles malentendants.

Lombray 

Chapelle N.Dame de Lourdes

Cette Chapelle dédiée à Notre Dame de Lourdes à fait l'objet ces dernières années d'une attention particulière de la part du Comité des cérémonies et fêtes de la commune qui organise le jour de la mi­-août , ou le dimanche le plus proche une Messe de plein air ( dite par l'Abbé BELLANGER , Curé de la Paroisse ) où les Paroissiens se ras­semblent sur le Pâtis et les abords immédiate du pré voisin , pieuse idée reprenant des anciennes traditions . l'office achevé , c'est le retour à la Mairie et le dépôt d'une gerbe au Monument aux Morts de la Commune et le Souvenir de la Libération .

Cérémonies suivies d'un vin d'honneur au café de « la maison des halles »

Avec  St Gilles  et sa Chapelle de « La Croix de CHÉRANCÉ », il apparait qu'avec N.Dame de Lourdes  de « Lombray », soient les 2  « Protecteur» dans l'union ancestrale de ces deux hameaux très proches géographiquement. 

Saint Marcoufle  

Pour les maladies concernant les humeurs froides et les goîtres ainsi que les brûlures (mort en 558 les reliques de ce Saint se touvent en l'Église du Pré au MANS et à celle de CORBENY près de 02-LAON) 

Epierre 

Il n'est pas connu de confection de " Reposoir près de la " Croix de St Marc " (« Croix de St Marc »Cette croix dite de St marc mise en valeur dans sa présentation par les riverains maintient la très ancienne présence Historique de ce Hameau d'Epierre .) mais seulement une halte  de présentation de la procession, avec incantations et prières devant cette « Croix » fleurie à cette occasion. 

 Cette " Croix " de pierre, dédiée à st marc , placée sur un socle de pierre calcaire tendre, représentant une face plus proche d'une ancienne sépulture funéraire, que d'un Ecus blason portant un matériel de supplice de crucifixion, est , peut-être le seul vestige de ruine resté sur place de l'ancienne Chapelle dédiée à St Denis ainsi que du propre et particulier Cimetière des Moines Laboureurs de la Ferme ancienne et voisine de La Grouas ancienne propriété du Prieuré de VIVOIN .

Parfois vu la distance de " La Croix de St Marc ", lorsque le ciel était pluvieux ou la crainte d'intempérie  venant du bourg, on ne se hasardait pas jusqu'au hameau d'Epierre , mais jusqu'à une grande croix  située à l'embranchement des Voies communales VI/V2 au lieu dit  " La Maison Neuve , en direction de ce Hameau , et où l'on effectuait là , les Prières et Incantations destinées aux terres de ce Hameau distant de 1,5 km environ .

Les dévotions à St Marc étaient fort pratiquées dans le Saosnois, car spécifiques à l'obtention des biens spirituels et temporels, aussi, dans beaucoup de villages était il vénéré dans de petites chapelles où l'on venait le solliciter par des prières et processions extraordinaires en dehors des rogations traditionnelles .

En plus d'une procession annuelle dédiée à St Marc, la paroisse de RENE , effectuait chaque année ( ainsi qu 'une trentaine de paroisses des diocèses du MANS et de SÉES ( 61-orne ) de grands pèlerinages qui s'étalaient du jour de Pâques au 02 juillet, jour de fête de la visitation de la Ste Vierge , à Notre-dame de toutes aides à St REMY du PLAIN, où les Pèlerins venaient y présenter leurs enfants ainsi que les jeunes adolescents lors de la Confirmation de leur Première Communion .

Ce jour là, les Pèlerins à la sortie de la Chapelle de « N.D. de Toutes Aides » effectuaient également leurs traditionnelles dévotions à St Marc Evangéliste, dans une petite chapelle proche qui lui était dédiée et située à 1 km environ au N/OUEST du bourg de St REMY du PLAIN (devenu : St REMY du VAL )  au lieu dit : « La Maladrerie » devant la statue de bois de ce Saint accompagné de son Lion symbolique .

St Marc mourut martyr en l'an 68 en Egypte, converti par St Pierre, il écrivit son Evangile à ROME ( il existe une relique de ce saint à : N.D. de la Couture , au MANS ).

Le jour de la St Marc le 25 Avril, il était de coutume de manger des oeufs cuits durs, en dévotion, afin, de lutter contre la fièvre .

Epierre et sa chapelle St Denis

La Chapelle d'Epierre Jusqu'à sa destruction en 1793 

Sera dédiée à St Denis , Evêque de PARIS et martyr. Il est probable que la chapelle d'Epierre fut érigée vers le XI* siècle, époque à laquelle la petite Chapelle d'Aillières, en bordure de la forêt de Perseigne ainsi que l'Église même de l'Abbaye de Perseigne furent dédiées à st Denis, avec une dévotion particulière à N.D. de Perseigne pour cette Abbaye de Forêt (Patrimoine préservé : Christ de la Chapelle St Denis , d'Epierre).

On prie St Denis pour lui demander d'intercéder pour la cessation des transes des enfants peureux pour des faits injustifiés, pour l'obtention de grâces temporelles ainsi que de la lutte contre les obsessions et les sortilèges .

" Les Rogations " vers la  Croix  de St Marc

Lors de la procession vers  La Croix de St Marc , à Epierre il était fait une halte à La Croix de Maison Neuve (embranchement des Vo I/Vo 2) La grande Croix qui se trouvait placée au centre visuel de  4 gros peupliers vers 1930 à disparu avec ceux-ci  pour être remplacée par une « Croix » plus petite .  

Les Trois Journaux 

Comme signalé ci dessus, la 4ème et dernière sortie de procession des " Rogations " s'effectuait dans les rues du bourg et des petits quartiers environnants, en passant toujours par le calvaire , Le Thuret, le passage à Gué de l'Horthon, avec un petit trajet vers « La Sème rie » en direction du village de THOIGNÉ

Les bénédictions étaient destinées, aux lopins de terre  et vergers, situés aux abords immédiats du bourg, avec aussi une pensée et souhait de prospérité en direction de l'imposante et vieille halle communale, pour la protection et l'abondance de toutes les récoltes du Saosnois dans leur commercialisation dans les foires et marchés de RENÉ .

Par temps favorable la procession se poursuivait sur la D 26 ( en direction de THOIGNÉ ) bien au delà des allées d'entrée des fermes de « La Sèmerie » et de « La Folie » pour arriver à l'extrémité N/N/EST de la Commune à " La Croix de Bois " du Lieu dit " Les Trois Journaux " (côte 104 ) qui marque l'embranchement d'un petit chemin rural N014 (Ancien Chemin Rural N014 qui , du Bray SUD du Bourg de RENÉ  reliait jadis : VIVOIN à THOIGNÉ en prolongement du C.R. N*8 venant de MEURCÉ , un tronçon de l'actuelle D 195 jusqu'à l'embranchement des : D 195/D 67 ( RENÉ-DANGEUL )) noyé dans la nature , partant de la D 26 pour se diriger vers le SUD et qui , après une bonne centaine de mètres se divise en deux voies : l'une : vers la petite ferme de « Louis » (Louis voir aussi certains écrits anciens Loïas -ancien Nom Bretonnant-) et la seconde revenant vers la ferme de " La Sèmerie " y arrivant par ses abords EST .

C'est sur cette seconde voie de cheminement champêtre qu'empruntera la procession pour son retour qui contournant la ferme de " La Sèmerie " empruntera son allée d'accès principal pour rejoindre la D 26  vers le Bourg de RENÉ. 

La Croix des Trois Journaux 

Sans doute heurtée par mégarde lors des travaux de terrassement au cours de la confection de l'aire d'approche de la sortie d'un séchoir à blé couchée sur le tapis d'une abondante végétation de millepertuis cette Croix gisant au sol est restée là semble t il , au respect de son image.

Cette " Croix " de chêne ( d'une hauteur moyenne par rapport aux anciennes croix avait une hauteur hors sol de : 2,50 m une traverse latérale de 1,25 m et une section de : 12,5 X 12,5 cm). La Croix des 3 journaux " possédait au cœur de ses branches  un petit Christ en antimoine dont il ne reste plus qu'un petit morceau. 

Le bourg 

L'Eglise de RENE est dédiée à St Pierre , Apôtre mais, comme aimait le préciser l'Abbé Léon GIRAULT , curé de la paroisse de : 1919 à 1953 , cette église est en réalité dédiée à : St Pierre aux liens interné avec St Paul sur les ordres de NERON, Prince cruel et inhumain ; St Pierre, Apôtre, demeura neuf mois en prison . Prédicateur de l'Evangile au milieu de ses liens, il convertit les principaux de ses gardes et plusieurs autres personnes, gagnant ainsi des âmes à Dieu jusqu'à la fin de sa vie . St Pierre sera crucifié sur une Croix où il sera cloué la tête en bas, comme il l'avait demandé lui-même . C'était au delà de l'An 65 . on se recommande à lui pour faire exhausser et diriger vers Jésus Christ nos actes de Pénitence. 

Résumé sur les Rogations : 

Les invocations et cantiques des paroissiens ainsi que la bénédiction des champs, prés, et vergers par le prêtre de l'église chrétienne, remplaçaient les invocations païennes des anciennes divinités de la mythologie grecque ' celles-ci d'une incomparable richesse ayant été introduites lors de l'occupation romaine de notre région.

Celles par exemple de : la déesse Flore pour les fleurs et les graines ; la déesse Pomore pour les fruits et raisins ; le dieu Priape pour les jardins et les cultures les Naïades pour les fontaines et les prés ... etc. sans oublier le Dieu Terme , préposé à la garde des limites de surface des champs et prés , ce Dieu statufié par : une pierre, un pieu ou un tronc d'arbre ne possédait que cette figure, on ne lui donnait : ni pied ni jambe afin qu'il ne puisse changer de place ....

Les Dieux : Pénates pour la protection de la famille et Lares pour la protection des maisons. 

Parlant des « rogations » de jadis, de leurs prières, les lieux de leur passage, de la rencontre de  Croix votives et de leur fonction de reposoir , on ne peut que souhaiter la conservation et la protection de ces « Croix » anciennes en rénovant celles de ce précieux patrimoine, qui tomberaient en ruines et désuétudes .

La pensée de l'église et de nos aïeux sur ce point, semble avoir pour but et repère ; non seulement le souvenir d'un évènement, mais aussi d'attirer en permanence l'attention des villageois et des voyageurs, sur l'idée du souhait de la protection divine et aussi créer un approche à la vigilance et une incitation à la prudence. 

Ces « Croix » de fer, de pierre et de bois qui, placées aux bifurcations de nos routes anciennes et ces chemins ruraux ainsi que le long des chemins creux de nos bocages , bois et forêts ont sans nul doute leurs origines aux environs des : V* au VIII* siècles ( voir même du XI* à l'époque où les moines évangélistes du christianisme ,

arpentaient  nos campagnes ; cela en est de même semble t il pour les processions des Rogations , celles-ci ayant pour but premier , de lutter contre l'animisme des anciennes populations ayant en charge de protéger les produits de leurs terroirs et de leurs élevages .

Toute cette ancienne idolâtrie de mythes désormais dégagée de la falsification de la pensée, par le bien fondé de ces

Rogations porteuses de vœux pieux et de prières adressées par ces humbles gens de la terre, de cette France profonde envers le culte d'un unique et vrai Dieu , porteur d'une table de Vie de mœurs et de morale en résumé d'une table de Loi.  

Plan des Rogations                                                         Haut de Page

 

  Itinéraire des : 4 sorties de " Rogations " depuis le Bourg de RENÉ ,vers les différents points des Campagnes environnantes , aux environs des années de 1850 . ( départ de Procession Eglise St Pierre )

(I) au SUD vers  Les Trois Croix 

(2) à 1 'OUEST vers " Lombray " , au lieu dit La Croix embranchement des Voies routières des " Partiaux " : D 26/ D 118 .

(3) au NORD/OUEST vers " Epierre " à " La Croix de St Marc " où par mauvais temps à ; la Croix de " Maison Neuve Voies Communales N°1 & N02 . «3»*, embranchement des (4) vers N/EST en direction de THOIGNÉ par la D 26 jusqu'à la croix des 3 Journaux " , puis retour vers le Bourg en empruntant Chemin Rural N914 puis l'allée de « La Sèmerie ».

Château du Bourchemin:

1868-1953 L'Abbé Léon GIREAULT

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Curé de RENÉ de : 1919 à 1952

Erudit d'histoire régionale et fervent protecteur du patrimoine local  m'a transmis en 1941 un témoignage qu'il avait lui même recueilli de source sûre , de ce que furent les grandes péripéties qui marquèrent le " Sauvetage " par une pieuse famille de paroissiens de notre village du : Blason de Jacques Hamelin, évêque. 

Origine et emplacement de ce blason:

Placé en fronton , au dessus du porche d'entrée d'un corps de bâtiment qui conduisait directement à l'habitation du château de ce fief du " Bourgchemin " situé à quelques centaines de mètres au SUD/EST du bourg de RENÉ ; et finement sculpté dans un calcaire dur (Probablement en grès de St OUEN ou de " la Persignière ») ce blason de : Jacques HAMELIN , avait été incrusté là dans la maçonnerie de ce porche probablement vers 1530 lors de l’achat du  château et des terres du Bourgchemin ,  par le souhait de Jacques HAMELIN , Evêque fief , dont il ne disposera du revenu que vers 1533 . 

Lecture du blason de Jacques HAMELIN : 

La lecture des Pièces honorables de ce blason, se présente ainsi libellée par Mr Paul CORDONNIER ( 1944 ) et P.E.R. MERCERON ( 1980): « Ecartelé au 1 et 4 à deux hameçons mis en pal , les pointes affrontées , au chef chargé de trois coquilles