René

Textes provenant
du bulletin municipal de René « La Gazette, n°9 , 30»
aimablement communiqué par Claude Maupay, maire de René (17/01/2000)
|
|
Plan de René avec son artisanat et ses commerces vers 1910-1920
A
propos de l'église St Pierre de RENE
|
|
L'Edifice date probablement pour l'essentiel des
environs de 1535 et 1537 , date à laquelle il , fut également "restauré
" grâce à Jacques Hamelin dont on retrouve les armes sculptées sur le
mur sud du chœur. Le bénitier
en pierre situé à l'entrée occidentale sous le clocher date de cette époque
. |
|
Blason de Jacques Hamelin |
Eglise dédiée à St Pierre aux liens |
De cette période faste l'église de René a conservé plusieurs objets mobiliers dont certains sont de tout premier ordre.
Les stalles en bois classées comme monument
historique au titre des objets mobiliers depuis 1905 ont déjà suscité
beaucoup d'interrogation Divers hypothèses ont été avancées quant à
l'origine notamment qu'elles ,viendraient de l'abbaye de Perseigne qu'elles
auraient été données par la comtesse Françoise d'Alençon , Baronne du
Saosnois à Jacques Hamelin à l'occasion de sa nomination comme Evéque de
Tulle en 1535 Aucun document jusqu'à présent n'a permis de l'attester
Cependant , on ne peut qu'admirer la très grande qualité artistique de la
sculpture des panneaux , la maîtrise parfaite du vocabulaire décoratif de la
Renaissance qui laisse supposer l'intervention d'un atelier de très grande
envergure . Jacques Hamelin , 1er aumônier du roi François 1er , pouvait faire
appel aux meilleurs artisans du royaume. Les stalles de la cathédrale St Julien
au Mans malgré l'ampleur de leur programme sont loin d'égaler la qualité de
celles-ci . Seules les stalles de l'église Notre-dame de Sillé le Guillaume
mériteraient de leur être confrontées .
On remarquera que ces dossiers n'ont visiblement pas
été fabriqués pour leur emplacement actuel au contraire du reste des stalles
encore pénétrées de l'art gothique si plein d'humour comme en témoigne la
caricature d'un contemporain au nez coiffé d'une paire de bésicles . On
retrouve une caricature comparable sur une miséricorde des très célèbres
stalles de St Claude (Jura). Si les deux pèlerins de St Jacques que l'on peut
voir sur l'un des panneaux sont peut-être une allusion au prénom de Hamelin,
seul l'identification des deux armoiries sculptées sur deux autres panneaux des
dossiers de ces stalles permettraient probablement de reconstituer la véritable
histoire de ces stalles.
|
La nef |
Les éléments de bordure de vitraux dans les baies
du chœur ainsi que la tête de Vierge (voir ci-dessous) sont eux aussi des témoignages de cette
"restauration". On retrouve notamment deux dates 1535/1537 et
des hameçons morceaux des Le regard douloureux du visage de la Vierge fait
regretter que davantage d'éléments des vitraux anciens n'aient pas subsisté .
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Le Christ en pierre au-dessus de la porte d'entrée
dans le bras Nord du transept proviendrait selon l'ancien curé de René l'abbé
Girault de la chapelle Saint Denis d'Epierre aujourd'hui disparue . Propriété
des prieurs de Vivoin cette chapelle fut un constant objet de conflits . Les
archives départementales gardent notamment la trace d'un procès en 1224
opposant le prieuré de Vivoin et le curé de René pour savoir à qui revenait
les offrandes faites le jour de la Saint Denis , patron de la chapelle : le
prieur obtint les deux tiers. |
|
|
|
|
Le Christ en bois polychrome dans la nef du XV/XVIème siècle exprime par une facture populaire la souffrance du Christ. |
|
|
Le groupe sculpté en terre cuite du XVIIème siècle représentant
"L'Education de la Vierge" manifeste toute une conception de l'éducation
dans la famille Chrétienne à travers une codification des gestes des attitudes
et des expressions comme le rappelle Madame Ménard dans son livre. La Vierge
est l'archétype de l'enfant entièrement et parfaitement soumis aux dessins de
Dieu . La modestie de la Vierge est toute intérieure sans effet théâtral .
Sainte Anne est le modèle des femmes dévotes dont elle reprend le costume le
grand manteau brun à capuchon relevé . D'une main posée sur l'épaule , elle
encourage la Vierge , de l'autre , elle lui indique le chemin tandis qu'elle
contemple la destinée de la Vierge. |
|
Tableau de l'éducation de la vierge, vers 1864, de Pierre Chadaigne. (Ste Anne et la Vierge) Cliquez pour agrandir, retour par votre navigateur.
|
|
|
Dans la
même chapelle du bras sud du transept la statue de Saint Vincent en terre cuite
du XVIIème siècle témoigne d'une époque où le curé de René dépendait de
la puissante abbaye Saint Vincent au Mans. Dans le
Chœur trois statues représentant St Pierre Saint Paul et un évêque
(Peut-être St-Julien) |
|
Saint vincent |
|
|
Les époques suivantes ont laissé à René également
de très beaux témoignages : |
|
|
L'art du XVIIIème siècle est fort bien représenté
dans l'église de René non seulement par le grand Christ en bois du Chœur mais
surtout par le rétable de la chapelle nord ou l'on peut voir une peinture d'une
très belle qualité représentant la Sainte Famille , image terrestre de la
Sainte Trinité. Cet enfant Jésus lisant les écritures sur les genoux de la
Vierge , les regards croisés de St Joseph et de la Vierge , le sourire esquissé
de Marie , l'éclairage si habilement dosé , l'attitude dynamique des corps qui
se combinent pour donner au groupe un savant équilibre , tout dans cette toile
témoigne d'une main fort habile . Malheureusement , la toile fortement dégradée
aurait besoin d'une habile restauration pour retrouver tout son éclat.
|
|
Provient du calvaire de 1930 |
Textes
de Julien
Guilbault le 22 Décembre 1990.
|
Quelques détails trés particuliers des vitraux ! |
|
|
|
|
Les vitraux de l’église de René
RENE
Cité de Jacques Hamelin Aumônier de FRANCOIS ler
Dans l'histoire de l'art du vitrail en France, les
vitraux sont en général peints. On trouve généralement des personnages
religieux de l'Ancien ou du Nouveau Testaments ou des Evangiles et parfois des
donateurs.
A partir du XVIe siècle, une nouvelle mode va surgir
dans l'art du vitrail , c'est l'éclaircissement des verrières, c'est à dire
que l'on va concevoir des verrières les plus claires possible pour éclairer au
maximum l'église. Elles ne comporteront plus sur toute leur surface des verres
colorés mais souvent une bordure colorée entourant une nappe en géométrique
sans couleur.
Plusieurs facteurs vont conjuguer cet éclaircissement
:
Le premier c'est avant tout en raison de l'édification
de retables à l'intérieur de l'église. Le ou les donateurs vont vouloir
beaucoup de lumière pour mettre en valeur ce retable, ainsi que les détails de
l'architecture.
Le second est l'art de la peinture à l'huile qui va
demander aussi beaucoup de lumière pour faire ressortir les tableaux.
Le troisième est une envie de changer. Lors du
Concile de trente un certain discrédit est jeté sur l'art du vitrail.
Le quatrième point est dû à la diffusion des
livres. Les fidèles assistants aux offices, demandent de pouvoir lire les évangiles.
L'ensemble de ces facteurs va pousser les
commanditaires vers la fabrication de ce type de verrières, mais cette demande
ne sera pas une règle, car de nombreux vitraux peints seront encore fabriqués
en France et dans notre région comme dans les verrières hautes de l'église
Notre-dame des Marais à la Ferté Bernard.
Le premier exemple que nous citions auparavant dans
les modèles d'éclaircissement des verrières est celui des deux remarquables
baies de l'église de Courgenard datées de 1559 et 1560.
L'autre citation sur le plan national est celle des
deux verrières de la Cathédrale de Sens datée sans autre précision de 1542
ou 1556.
Avec les verrières du chœur de l'église de René
la date est inscrite plusieurs fois dans les verres : 1537. Nous sommes donc
devant les premières verrières françaises à éclaircissement.
La merveilleuse étude faite par Monsieur Alexandre
Aubry concernant Jacques Hamelin est là pour conforter nos recherches. Il
souligne bien que Jacques Hamelin, aumônier de François l' est à l'origine du
nouvel aménagement de l'église de René, cité où il est né et où il avait
gardé des attaches familiales. Il fit plusieurs séjours à René.
On peut donc comprendre que l'influence de ce grand personnage de la cour royale soit à l'origine de cette nouveauté de création de vitraux. Ses voyages avec le roi François 1er tant en France qu'à l'étranger, lui ont permis d'acquérir une nouvelle vision de l'aménagement de son église et d'être le précurseur d'un nouveau style de vitraux.

Les halles de René
1515 ? Vous vous souvenez sûrement : Marignan bien sûr
François 1er, roi de France, défait l'empereur
d'Autriche dans la plaine du Pô. 20 ans plus tard, sous le règne du même roi
de France, à René et en 1535, s'édifient celles qui restent aujourd'hui les
plus anciennes halles de la Sarthe. Leur histoire s'arrêterait là, qu'elle
apparaîtrait déjà fort respectable. Cinq siècles moins 42 ans de survie à
travers les vicissitudes de l’histoire démontrent une forte propension à défier
les siècles, surtout pour un monument somme toute usuel. Mais, dans leurs pérégrinations
à travers le temps, nos halles, comme bon nombre de celles qui résistent
encore en Sarthe, racontent des tranches entières de la vie des villes et
villages qui les abritent. Faisons ensemble cette lecture passionnante.
Eh bien ! En toute modestie, c'est un Renéen,
confesseur de notre François 1er, qui les fit ériger en 1535. Une ascension
sociale remarquable propulsa ce fils de marchand drapier jusqu'au cœur de la
cour de France. Jacques Hamelin, né en 1488, pris en main et en âme par son
oncle curé de la paroisse, devient rapidement chanoine du Mans, puis de la
Sainte Chapelle, avant d'être nommé premier aumônier du roi en 1524. Il a
alors 36 ans et l'oreille du roi. Soucieux du développement économique de sa
terre natale, il obtient l'autorisation de construire les halles de René et le
privilège fort recherché d'y tenir foires et marchés : sans doute le premier
supermarché de la région !
Au fil des ans et des siècles, cette création
conforta le rôle économique de René et lui permit un notable développement :
la taille de son église, l'architecture des maisons du bourg, la présence de
très nombreux corps de métier, attestent de cette grandeur. Privilège
constamment disputé par d'ambitieux voisins et que la paroisse, puis la
commune, défendirent becs et ongles. En effet, tour à tour et jusqu'au siècle
dernier, Alençon, Marolles Les Braults et même Saint rémy du plain et maintes
autres communes, tentèrent vainement de réduire, voire de supprimer cette
concurrence jugée déloyale.
|
|
En 1831, forte de 1.623, âmes, René est à l'apogée
de sa population. Le déclin pointe sous la forme de l'ouverture d'un chemin de
grande communication qui frôle les halles et nécessite la suppression d'un des
bas-côtés. C'est en 1889 que le conseil municipal envisage la démolition du bâtiment
devenu obsolète. Un premier vote ne partage pas partisans et adversaires de sa
destruction. La question est reprise le 22 mars 1890 ; par 6 voix contre la démolition
et 5 voix pour, elles échappent à la solution finale ! |
Renaissance
Le XXe siècle leur sera beaucoup plus favorable. Un
événement d'ampleur redonne aux halles leur notoriété passée : leur 444'
anniversaire, une trouvaille fertile et grosse de promesses. Autour de cette
date, leur « découvreur », Roger Maupay Maire, crée l'événement médiatique
qui focalise l'attention et l'intérêt de ses concitoyens et du département.
Nos halles reprennent espoir.
Les
halles branchées...
Peu de temps après, grâce à un concours lancé par
E.D.F., « Faites les sortir de l'ombre », concours remporté par les élèves
du collège AIbert‑Camus du Mans, les halles de René bénéficient d'un
somptueux éclairage qui met en valeur leur superbe charpente.
...
sortent de l'ombre !
La cure de jouvence se poursuit. Depuis 3 ans, elles
accueillent à nouveau des marchés : marchés à l'ancienne, marchés des
produits du terroir, qui attirent Ici foule et animent le village. En 1992, se
crée une association des villes et villages pourvus de halles : « Patrimoine
de la Sarthe » dont le 1er objet est de valoriser cet élément clé des cités...
qui en possèdent encore.
L'avenir
du passé ! ...
Enfin, un projet d'aménagement embellissement se
mitonne, qui permettra de les mettre en valeur au sein d'un environnement
villageois revigoré, rajeuni, embelli. Cela ne peut que les réjouir ! Cœur de
bourg, les halles deviennent point d'appui et symbole d'un avenir prometteur.
Une vieille maison voisine, juste en face d'elles, une vénérable, ne vient
elle pas d'avoir une idée ! Laquelle donc ? Celle de devenir « La maison des
halles » du département de la Sarthe. De beaux projets, de belles rencontres
en perspective... Quelle histoire
Claude MAUPAY Maire de René
Nous remercions tout particulièrement M. Claude
Maupay, le maire de René, qui nous permet de découvrir l'histoire de ces
halles si belles...
Nos remerciements s'adressent également aux éditeurs de l'affiche qui nous ont permis de la faire paraître dans notre Revue, en dernière page : le Conseil général, l'Association des halles et patrimoine de la Sarthe, l'Association du pays d'accueil maine-normand, ainsi que le Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement de la Sarthe.
PAROISSE DE RENÉ DÉBUT DU XVIIIe siècle QUELQUES EVEVEMENTS REMARQUABLES
(Textes
d'époque !)
relevés de M. Sylvain GRASSIN CGMP 2529
Notes contenues dans les registres paroissiaux de la
commune de René, écrites par M. NEGRIER, Curé de la
paroisse, relatant
quelques événements remarquables entre 1707 et 1729.
1.De la chaleur
L'an 1701, le Vingtième Juillet et le jour
suivant il fit une chaleur si grande que non seulement on ne pouvoit pas
travailler, mais même qu'on ne pouvoit presque pas demeurer dehors. Il mourut
beaucoup de personnes en plusieurs endroits qui tomboient morts sans avoir senti
aucun mal ni aucune autre infirmité que celle de l'extrême chaleur, une
infinité d'autres furent obligées d'abandonner le travail, les animaux même
ne pouvaient travailler, ni supporter la chaleur tant elle étoit grande. Il ne
mourut cependant q’un homme dans cette paroisse.
2. Relation de l'hiver et du froid l'an 1709
L’an 1709 1'hiver fut long et le froid si pénétrant
que de temps immémorial on n'en avoit point vu de pareil. Il commenca du
dimanche 6 jour de Janvier fête de l'Epifanie par un vent si fort et si froid
qua peine pouvait-on demeurer dehors, ce dura ainsi le premier jour, après quoy
le froid continua pendant dix sept jours, si violent qu'un grand nombre de
personnes en furent incommodées, les uns ayans une partie de pieds gelés, d
autres les doigts des mains, et beaucoup ayans senti tant de froid qu ils en
furent longtemps malades, perdu presque tout sentiment, particulièrement les
marchands qui étaient obligés d aller par les chemins, ou Ion trouva en
beaucoup d endroits des personnes mortes du froid.
Tous les ouvriers furent obligés de quitter leur
travail pendant plus de huit jours, et surtout depuis le treize Janvier jusques
au vingt, pendant lequel temps le froid fut si grand qu il descendit jusqu au
premier degré du thermomètre, en sorte qu il ne sen falut qun degré que le
froid ne fut extreme.
Les biens de la terre étoient perdus sans espérance
sans que heureusement il tomba des neiges des le commencement du froid, qui
continuèrent à plusieurs reprises pendant tout ce temps en si grande abondance
quelles furent toujours de la hauteur d un pied ou environ, ce qui conserva les
bleds, si bien que la terre ne fut gelée que environ 1'epaisseur de trois
pouces.
Dans les Jardins la plus part des arbres en
espalliers et en buissons furent gelés, surtout les abricottiers et les
peschers dont il ne se sauva que ceux qui étoient en bon abbry; les arbres
verts, les Muscats, et tous les nolliers(*) furent entièrement gelés, il
fallut les recouper par le pied, d ou ils repoussèrent d'assés beau bois, mais
sans aucun fruit.
Pour les Vignes, elles furent entièrement gelées,
il ne se sauva que les jeunes seps, il fallut ravaller les vieux en les coupant
au niveau de la terre, d ou ils avaient repoussé du bois qui ne raporta aucun
fruit, et il fut si peu de vin cette année que dans beaucoup d endroits on ne
vendangea point du tout, ce qui fit croire d abord que le Vin serait
excessivement cher mais cela n arriva pas a cause de la grande cherté du Bled
et de la rareté de l'argent.
Les arbres dans les Campagnes soufrirent beaucoup, la
plus grande partie des chesnes, même les plus gros se fendirent du haut en bas,
et le bruit qu'ils faisoient en se fendant se faisoit entendre de fore loin dans
les bois, les fentes ou ouvertures qui se font ainsi par le grand froid font les
gélivures(*) que l'on trouve dans les arbres en les débitant, car venant par
succession de temps à se recouvrir d'écorce, elles demeurent ainsi cachées
sans quon s en apercoive que lorsquon les veut employer. Les souches qui avoient
été coupées depuis deux ans furent toutes gelées, aussi bien que les sapins
dont il ne resta pas un. Il périt pres de la moitié des arbres fruitiers,
surtQut des noyers qui périrent tous à la réserve des Jeunes dont il se sauva
une partie en quelques endroits. Les châtaigniers et maronniers soufrirent
aussi beaucoup, et il en périt la meilleure partie. Les Ronces, les houx, les
genets et tous les arbustes de cette nature furent entièrement gelés.
Les sangliers, les Loups ne purent s’en garantir.
Il en mourut beaucoup.Les puits gelèrent presque partout, et on ne pouvoit
en tirer de l'eau qu’après avoir cassé la glace avec beaucoup de peine. Les
Cidres gelèrent dans les Celiers, même le pain y geloit.
Les suites de ce grand froid furent encore plus
funestes que le froid même, car au dégel, quoiqu’il arrivait fort doucement,
presque tout le monde se trouva attaqué d'un rhume qui commençoit par un
debord dans la tête avec de grandes douleurs, et ensuite tomboit sur la
poitrine souvent avec une douleur de côté, et cette maladie fut générale.
Le temps fut asses doux pendant dix à douze jours,
après lesquels le froid recommença par un Vent d'Est très violent et très
froid, qui dura cinq à six jours, et fut suivy d un froid pendant environ
quinze jours qui fut grand quoique a la moitié moindre que la première fois,
et ce froid fit grand tore aux bleds, qui cependant n avoient pas été entièrement
perdus, sans qu’après un second dégel de quelques jours, le froid recommença
pour la troisième fois comme auparavant par un Vent d'Est de plusieurs jours
avec une gelée qui dura environ quinze jours, moindre à la moitié que la
seconde fois, mais qui fut la plus funeste, parce que le Soleil étant déjà un
peu haut, les bleds qui commençoient à pousser étains fore tendres, ils
furent presque tous gelés, de manière que dans les lieux qui étoient le plus
à labbry, à peine en resta til la moitié, ce qui obligea les fermiers et
laboureurs de rabatrè le haut des sillons et dy semer de lorge, ny étant resté
que peu de bleds, dans le fond des Raises(*) . Il se trouva quelques cantons
dans cette paroisse ou les bleds furent conservés, comme la pleine de Ruzé(*)
et du Pommeret(*), et les pièces qui étans entourées de haies furent conservées
des Vents.
Enfin la semaille des orges étant belle, et le peu de bleds qui étoit resté profitant à merveille, on espéroit encore quelque chose de la Récolte, parce que les bleds avoient repoussé si vivement du pied que l'on trouvoit des tasses(*) de froment et de seigle où il y avait jusqua cinquante épies d'une longueur et d'une force à faire plaisir, sans que les pluyes qui tombèrent sans discontinuer depuis le commencement du mais d'Avril jusqu au commencement d'Aoust, la Masne et la gasle(*) qui tombèrent en abondance les perdirent entièrement. Il n y demeura que l'écorce ce qui ne rendoit point de farine mais pour cela ils n en furent pas moins bons à semer et ce bled qui paraissoit si petit et si mauvais poussa de merveilles; pour les orges ils ne furent pas si perdus que les bleds.
On ceuillit encore dans la paroisse de René des
bleds environ le quart d'une année commune, dix gerbes ne rendoient que trois
quartrons(*) de bled à la mesure de Sonnois(*), et souvent moins, pour les
orges il en fut raisonablement mais ils étoient menus et point nouris à cause
des pluyes continuelles.
On commença fore tard à couper les bleds ce qui les
encherit si fore qua la Miaoust le Méteil(*) valloit jusqu a dix francs le
boisseau(*) et l'orge sept francs, par le peu d'espérance que 1 on voyait à la
levée et qu'il étoit peu de bleds de l'année précédante, ou qu'ils avoient
péri aussi par les pluyes continuelles.
On prit de ce temps là partout, comme de concert, la
résolution de garder le peu de bleds qu'on avoit pour semer, et de manger du
pain d'orge, de sorte que cette epargne fit ramander le bled à la semaille,
contre toute espérance il baissa jusqua cent sous le boisseau(*) ce qui
paraissoit un prix fore modique par rapore au temps.
Tout le monde fut si consterné de voir si peu de
bleds que dans les commencemens on desespéra de pouvoir semer les terres ce qui
obligea le Roy(*) d'envoyer des ordres très précis pour cela, même d'envoyer
des commissaires dans toutes les Villes, ce qui pour l'evenement ne servit de
rien car tout le monde ensemença les terres comme on avoit de coutume, sans
atendre à s’y voir contraint.
Il fut des fruits passablement, mais qui n avoient
pas grossi parce que les arbres avoient trop soufert pendant 1 hiver et les
pommes et poires à cidre se vendoient communément dix francs la pippe(*).
Tout le monde étoit dans la consternation de se voir
à la Veille de la plus grande famine qu on eut jamais vue, mais par la
providence divine le mai ne fut pas si grand quon craignoit, ce qui surprit
davantage est que le bled ne fut pas la moitié si cher que 1 année précédante
par la grande épargne que 1 on fit sur le commencement de 1 année 1710, car on
ne donna aucun grain aux Bestiaux comme on en avoit acoutumé de faire
auparavant, et on fit du pain de tous les menus grains comme avoine, pois,
feves, jarosses(*), vesses(*), etc ce qui soulagea le peuple de manière qu'il
se trouva du bled contre toute espérance, et qu il ne valut à la St Jean que
cent sous le méteil et quatre francs l'orge, outre que plusieurs personnes
avoient gardé du bled vieux, et même en avoient acheté de nouveau dans l'espérance
qu'il montroit à un prix excessif, et qu'ils feroient des profits immenses,
dont ils furent punis, ce qui contribua encore fut la préparation de la levée
qui etoit la plus belle qu' on eut jamais vue, et la rareté de l'argent a cause
des taxes continuelles dont le peuple étoit accablé pendant la guerre(*).
NOTA : les thermomètres du XVIlle siècle que l'on
voit dans les musées ou les collections portent souvent les dates des hivers
remarquablement rigoureux en face des températures les plus basses observées
(près de la "boule", réservoir du mercure).
Une Histoire de France Illustrée de Larousse vers
1916 indique en note page 90 du tome Il "l'hiver de 1709 fut un des plus
terribles dont l'histoire fasse mention. Le froid dépassa
–23° à Paris
NOTES
Bleds : blés
Boisseau : mesure de capacité de valeur très variable
16 litrons, soit 12,7 1 mais aussi à Mamers mesure rase 46 1 64 ci,
mesure comble 53134 dl et à René rase 44 1 21 cl, et comble 55 1 26 ci.
Gasle : brume sèche qui passe pour amener les
pucerons sur les arbres (Vendômois).
Gélivures : défauts dans le fut d'un arbre, résultant de l'éclatement du bois sous l'action de la gelée.
Guerre (en 1709) : la guerre était à toutes les frontières : Flandres, Italie, Espagne, et les armées françaises subissaient plus de défaites qu'elle n'emportaient de victoires.
Jarosse : (mot dialectique de l'ouest de la France) autre nom de la gesse cultivée, appelée aussi pois gras, pois breton, pois cornu.
Masne : ? manne, accident climatique qui
se produit quand la pluie tombant du ciel, le soleil qui luit corrompt les blés
en les faisant noircir.
Sonnois : Saosnois, Sônois, Sonnois : région occupant le NE de la Sarthe, ayant pour chef lieu le bourg de Saône (entre René et Mamers). Les unités de mesures locales sont très variables.
Méteil : mélange de blé et de seigle cultivés ensemble.
Néfliers : Aurait-il
voulu dire Noyers ? par ailleurs écrit avec l'orthographe correcte plus loin ?
Pippe : 1 muid 1/2, 400 à 700 litres. Autre
nom pour une grande futaille.
Pommeret : Pommereil sur la carte de Cassini. Lieu dit à 1,7 km au SO de René.
Quartron ou Quarton : Peut-être
quarteron, c'est à dire le quart d'une livre. Mesure de capacité pour les
grains (17 à 39 litres).
Raise: Dans l'Ouest, raie de labour laissée ouverte entre deux planches ou deux sillons.
René Commune à 31 km au nord du Mans. Nom pouvant venir d'Arena (champ de sable) ou d'Ernel (terre en friche).
le Roy (en 1709) : Louis XIV (1638/1715). Impôts pour la guerre et intempéries
ont provoqué famines et révoltes chez les paysans.
Ruzé : Le Grand Ruzé sur la carte de Cassini. Grand et Petit Rusé sur carte IGN, à moins d'un km au SE de René.
Tasses: touffe épaisse, de branches serrées sortant du sol, cépee.
Vesses ? vesce : (famille des pois de senteur) il existe une variété à fleur violacées, qu'on trouve . dans les moissons. Ses graines rondes se mêlent au blé. Autrefois, pendant restrictions et famine, on les mangeait.
Textes de Monsieur Alexandre Aubry:(avec son aimable autorisation 19/01/2000)
Les trois Croix: Haut de Page
Préface:
Avant d'entreprendre les premiers travaux de remise en ordre de cette ancienne fermette sise au hameau de « Les Trois Croix » son récent acquéreur et présentement auteur de cette étude d'histoire locale porta de suite son attention sur l'emplacement maintenant recomblé de la mare abreuvoir , se trouvant jadis à venir frôler l'abord même de la route D 195, mare qui, sur une largeur d'environ quatre mètres allait s'étendre là à une dizaine d'enjambées jusqu'au bel approche de quelques pas d'entrée de la porte de maison d'habitation de cette vieille masure .
C'était en Juin I967, où dans le temps de trop d'années d'abandon , une végétation
sauvage avait envahi une bonne partie de la cour empierrée et , aussi mais avec
beaucoup plus de vigueur la surface totale de cette mare abreuvoir qui se
trouvait maintenant comblée d'ordures ménagères en provenance du service de
voirie communale qui pour semble-t-il cacher ce gros méfait avait fait
recouvrir le tout en surface d'une fine couche de terre argileuse venant on ne
sait d'où !
L'acquéreur Monsieur AUBRY Alexandre natif de ce hameau et revenu au pays après
plus de 30 ans d'absence avait fort bien connu dans sa plus tendre enfance :
" Le Père et la Mère NOIR " (Lire : MMme NOIR Edouard), qui, vers
1930 habitaient et exploitaient encore cette petite propriété Agricole
comme il connaissait aussi tous les multiples " Mystères " de
ces derniers siècles encore figés là malgré le temps sur l'emplacement de ce
vaste " Pâtis " triangulaire d'herbe sauvage formé ici tout proche
par l'embranchement de deux voies routières . Très vaste « Pâtis »
implanté dans l'espace libre d'un triangle fort bien proportionné où prennent
naissance en douceur depuis la D 195 venant de RENÉ deux branches de routes se
dirigeant l'une vers NOUANS au S/OUEST et la seconde vers MEURCÉ situé au
N/OUEST . (VO 7)
C'est en effet de ce " Pâtis Historique " , et de son aménagement par les anciennes populations locales de ce Point géographique de RENÉ que provient sans nul doute le nom de ce hameau : ce " Pâtis " ayant la particularité ancestrale de porter en son axe central et alignés d’EST en OUEST : Trois Croix très hautes , taillées dans la masse d'un bois de Chêne et solidement fichées là sur un volumineux tumulus rectangulaire de terre argileuse soigneusement protégé de toute érosion par un gazon touffu (ray-grass rustique appelé Melherbe) protecteur et, entretenu avec soin par les habitants du hameau et du cantonnier du village.
Ces
multiples " Mystères "pour les personnes non averties n'étaient
autres dans la réalité que des flashes émanant de " Mémoire Collective
" conservée en vase clos depuis près de deux siècles par de pieux et féaux
personnages de ce hameau fervents protecteurs de la "Communication" la
plus fidèle des moments forts retenus de l'Historique de leur
terroir natal mémoire qui ,
malgré la traversée de plusieurs générations , avait su garder toute sa
pureté d'origine depuis ; la fin du XVIIIéme Siècle
C'est ainsi qu'étant " Enfant de Chœur " dès l'âge de huit ans ; le jeune adolescent qu'était alors Alexandre s'était lié d'Amitié avec une personne fort âgée , et , de plus : Doyenne du Hameau et de la commune mademoiselle Louise CHAMPROUX, qui habitait une petite maison proche de l'habitation des Parents de ce jeune garçon. Cette amitié s'était fort prolongée au cours des ans par des rencontres hebdomadaires occasionnées par la remise de quelques petits morceaux de " pain bénit " ramenés de la messe dominicale de la paroisse lorsque les intempéries , puis la santé puis la fatigue de l'âge de : cette demoiselle très pieuse ne lui permirent plus d'assister aux Offices Religieux car distante du bourg d'environ un kilomètre . Entre ces deux amis , les moments disponibles pour la conversation., se portaient toujours et volontiers sur : La Foi , les duretés financières de la vie et surtout la Mémoire Historique locale qu'elle détenait tant sur l'histoire de la Commune et la Paroisse de RENÉ que sur celui de cet hameau des " Trois Croix " , hameau habité par elle-même depuis sa naissance , ses Parents et , aussi ses grands parents. Adolescent et doyenne d'âge de RENÉ trouvaient là dans ces entretiens, une vaste possibilité de s'exprimer dans l'esprit même de cette essence de pure mémoire vers la remontée du temps.
Pour Mademoiselle Louise CHAMPROUX le hameau de « Les Trois Croix » était bien plus qu'un simple hameau qu'un Village qu'une Ville , c'était tout un monde une véritable nécropole toujours vivante pleine de mille souvenirs portés en elle même dans l'esprit en provenance de ses parents et grands parents , et de tous les anciens habitants de ce Hameau dans leurs actions et présences ancestrales , leurs joies et leurs peines , face à tout ce qui créé l'histoire locale , par le temps et les évènements pour être enfin transmise à la suite de génération en génération par sa Famille ayant toujours été présente dans ce Hameau comme elle même : ces jours de 1935 en remontant vers le XVIII* siècle , soit l'an 1742 connu.
" Mémoire
Collective " d'Histoire de mœurs et aussi de coutumes , de travail et de
vie de campagne , peines et joies de cette " France profonde " ,
allant de celle tragique du : XVIIIémé siècle , à celle du XXéme siècle :
autant de Thèmes que Louise recueillera tout le long de sa vie de ses parents
et grands parents « mémoire » qu 'elle aimera et tentera encore de
transmettre ainsi dans la continuité d'une nouvelle voire de plusieurs générations
par le jeune Alexandre ami et voisin .
Nous possédons donc là et ainsi , en provenance d'une origine la plus
authentique , toute une " Mémoire "devenue viscérale en elle même
et dans laquelle nous puiserons
pour ce « LIVRET du TERROIR » N° 1 , les premiers thèmes de cette
série si nécessaires aux repères les plus précieux de l'Histoire locale de
ce Hameau des « Trois Croix » de cette Commune de RENÉ et de son
Bourg tout le long de cette période.
L'énoncé
des thèmes traités se présentera donc en remontant le temps
PRÉFACE
Les Trois Croix et le Hameau
1871
L'arrivée des « Uhlans de la Mort » cavaliers Prussiens venant de
NOUANS par la route de Verrière se
dirigeant vers RENÉ .
1840
Les « Rogations » en paroisse de RENÉ
1793
(1942) L'origine des sauvetages de : deux éléments précieux du patrimoine de
la paroisse de RENÉ , placés en l'Église :
(I)
Sauvetage du Blason de Jacques HAMELIN Evêque enfant de la Paroisse ( XVI° )
(témoignage de l 'Abbé Léon GIREAÜLT curé de RENÉ)
(2)
Sauvetage du : Christ de la Chapelle d'Epierre (XIIéme )
(témoignage
de Mademoiselle Louise CHAMPROUX)
1802
Située proche du Pâtis du Hameau des
Trois Croix emplacement et
vestiges retrouvés d'une stèle dite : « La
Croix du Saule » en reconnaissance du Christ Roi (fin de la Chouannerie
dans le Haut Maine témoignage de base de Melle Louise CHAMPROUX , Thème à
suivre dans le II Livret du Terroir No 2 )
à
La reprise de cette PRÉFACE ouverte et inachevée lors des premières pages de
ce : " Livret du Terroir " No I est désormais nécessaire pour présenter
le dernier point des différents thèmes déjà traités dans cet opuscule
d'Histoire locale de RENE , soit en particulier le : Thème relatif à : « La
Croix du Saule » Thème qui sera donc exposé dans les lignes qui suivent
et développé en son entier dans le prochain Livret du Terroir
N*2
La
Croix du Saule
Il
était connu et fréquemment rapporté en ces : milieu et fin du XIX* siècle en
cette commune , qu'une stèle sous
forme d'une anonyme et simple Croix de pierre avait été placée vers 1802 au
Hameau de "Les Trois Croix" en souvenir et à l'endroit
même où s'était déroulé lors d'une mouvance militaire, un fait vécu de
cette époque tumultueuse et révolutionnaire ( qui s'étala de 1793 à 1800 ) .
Rien
de bien surprenant à la présence d'un tel évènement dans notre commune si
l'on se souvient que le Général Charles. ( de son vrai Nom Charles GONDÉ ,
dit aussi Charles GONDÉ de la Chapelle ) était en fait , le Chef des Soldats
Paysans " Chouans " d'une grande partie du Saosnois et du district de
MAMERS , et que , celui ci avait pour observateur et actif local , un de ses
subordonnés , habitant la Commune de RENÉ : dénommé familièrement : "
Capitaine Francoeur " par ses Soldats Paysans en réalité Louis
. qui sera au cours de ces années de guérillas, arrêté officiellement
sous le titre de : Capitaine chouans , dans les combats qu'il mena contre
« les Bleus du District de MAMERS » sous les directives du
Général Charles
AUBRY Alexandre
1870/1871
LES PRUSSIENS EN SARTHE
L'arrivée
des Uhlans de la Mort à RENÉ
Haut
de Page
Un témoignage de Melle Louise CHAMPROUX
( 1938 )
Les combats de "retardement" du
MANS Commandés par le Général CHANZY face à l'Armée Prussienne en 1870-1871
dans une manœuvre en vue d'un regroupement des Forces Françaises sur la Loire,
ralentira quelque peu l'avance des troupes germaniques venant de PARIS dans leur
progression vers le SUD du département de la Sarthe .
Arrivant du MANS de par : SAVIGNÈ-LÉVÉQUE
après les durs combats du 2 janvier 1871 les " Uhlans " Prussiens
ayant connaissance de la présence d'éléments défensifs de l'armée française
en retraite , dans le petit village même de : COURCEBOEUFS (situé à environ
15 kms au N/EST du MANS) contournèrent le Bourg de la Commune pour s'y présenter
de par la Route de COURCEMONT .
Malgré la neige et un temps froid , un
violent combat s'en suivi mettant en prises des éléments d'infanterie et de
cavaliers prussiens (dont quelques Pelotons de " Ulhans de la Mort "
avec : deux Pelotons de " Dragons " de la cavalerie française protégés
par le reste d'éléments : d'un Bataillon de " Francs Tireurs Mobiles de
la Sarthe décimé lors des récents combats des abords du MANS et auxquels s'étaient
jointes des Sections du 2* Bataillon de Mobiles de l'Orne , Commandées par le
Cne MAZIERS ).
Le
combat de COURCEBOEUFS du 12 Janvier 1871 sera rude : outre les pertes de
la cavalerie et des soldats mobiles
A la nuit tombante les Français avaient
maintenu leur position mais a quel prix : près de 250 Franc Tireurs Mobiles,
soldats et cavaliers étaient tués où blessés .
Le glissement de retraite des éléments
Français engagés aux combats de COURCEBOEUFS et de ses environs se fera: (suite
à la puissance des forces Prussiennes en présence)le lendemain en direction de
: BALLON et de BEAUMONT S/Sarthe sous le Commandement du Cne COLLIN dans le but
de joindre ALENCON par l'importante voie routière : Le MANS-ALENCON en vue de
se regrouper à un nouveau point défensif établi par les Mobiles Français de
l'Orne , aux environs d'ARCONNAY , situé au SUD de la Ville d' ALENCON .
Il faut donc supposer que ces cavaliers
" Ulhans de la Mort " Prussiens venant de NOUANS et ayant stationnés
au Pâtis des " Trois Croix ", suivaient un axe de progression BALLON,
LUCÉ, NOUANS, RENÉ, GRANDCHAMP, LOUVIGNY, ANCINNES et ALENCON‑EST ce qui
situe donc l'intéressant témoignage de Mademoiselle Louise CHAMPROUX développé
ci après :vers la date du 14 Janvier 1871 puisque les combats aux environs
d'ALENCON se déroulèrent du 15 au 17 Janvier
L'arrivée
des Prussiens au Hameau des « Trois Croix » 14 Janvier 1871
Souvenir
d'enfance de Melle Louise CHAMPROUX cette petite fille de 7 ans qui à la main
de sa douce Maman sortant toutes deux de façon impromptue d'un petit et profond
chemin creux du hameau des " Trois Croix " ( maintenant disparu et
au bord duquel et à 60 m de la route se trouvait une ancienne et vieille bâtisse
d'habitation en torchis servant de débarras et appartenant aux Parents de Melle
Louise CHAMPROUX) virent arriver puis passer devant eux car venant de NOUANS
par la Route de Verrière un
important peloton de cavaliers Prussiens .
Cavaliers : Ulhans de la Mort coiffés de casques impressionnants armés de longues lances à oriflammes et porteurs depuis leurs chevaux de longs sabres qui , frôlaient le sol harnachés et sanglés de tous leurs paquetages , avançaient à grande allure dans un bruit infernal de martèlement des sabots ferrés de leurs chevaux sur la route empierrée .
A la vue de cette troupe inattendue ma mère
se dégagea vers la berne de route et l'on se plaça en attente dans le fossé.
Ce passage près de nous dit elle , se fera
comme celle d'une grosse machine diabolique soufflant reniflant ,haletant
...
Lorsque toute cette cavalerie sera passée ,
ma mère et moi répriment la route du retour vers notre maison .... mais , à
son grand désarroi semble t il , les Cavaliers s'arrêtèrent au complet des
voix rudes et énergiques venaient d'ordonner un arrêt de marche malgré le
grand froid de ce jour là .
Un
rassemblement de tout le Peloton de ces « Ulhans de la Mort » se
formait sur le vaste Pâtis en vue d'une pose de repos sur le gazon gelé où
maintenant tous ces cavaliers ayant mis pied à terre encerclaient désormais le
tumulus porteur des Trois Croix « clé notre petite .... Patrie » .
Longeant la berne de route , dans une marche
à petits pas et bredouillant à demi voix je ne sais quelle prière , regardant
le sol et me tenant fermement la main , maman continua à nous diriger vers la
maison et nous passâmes donc ainsi proche de ce Pâtis devenu tant redouté .
(maison d'habitation des parents de Melle Louise CHAMPROUX )
Nous entendions le cliquetis des armes , déposées
en faisceaux et quelques brouhahas parmi les cavaliers exprimant sans doute
quelques fatigues et courbatures ...... aucune voix ne nous interpella et grâce
à Dieu nous rentrâmes à la maison saines et sauves de toute nouvelle peur.
Les deux battants de porte furent vite
refermés , sans doute en protection et attente de je ne sais quoi ...... nous
nous blottîmes dans la petite « venelle » entre le lit de mes
parents et le mur proche .
Après un quart d'heure d'attente ainsi ,
des bruits de sabots ferrés de chevaux au petit trop nous informaient : que le
peloton avait repris sa progression sur la route proche , et qu'il descendait la
« Côte des Trois Croix ».
S'approchant de la fenêtre avec hésitation
, maman eut juste le temps d'apercevoir les derniers cavaliers prussiens de ce
peloton , qui en toute évidence se dirigeait vers le bourg de RENÉ. Le calme
revenu , nous fîmes toutes deux notre prière comme nous avions l'habitude tous
les soirs : c'est à dire , à genoux sur le bord de l'âtre de notre cheminée
à feu de bois.
Environ une semaine plus tard , mon père
nous apprit que plusieurs pelotons de : Ulhans de la Mort Prussiens, avec l'aide
d'Infanterie et d'artillerie de campagne , avaient dû livrer de violents
combats aux abords immédiats d'ARCONNAY , face à une ligne défensive en
bordure de la Ville d'ALENCON , tenue par des Francs Tireurs de l'Orne, de
Sarthe et des Mobiles Bretons .
Origine
du Nom du Village de COURCEBOEUFS
(de Mr GUITTON Georges Historien , Le MANS)
COURCEBOEUFS
et BEAUMONT pied de Bœuf n’ont rien à voir avec les bovins ,que ce soit pour
la course la valeur culinaire et aussi en ce qui concerne le " Grand Chemin
de MONTFORT " qui se trouvait jadis sur l'itinéraire des troupeaux de bétails
et de bovins en marche vers la capitale pour l'alimentation en viande de PARIS
et de ses banlieues. D'après les plus anciennes archives de la Sarthe il faut
remonter au temps de CLOVIS et de ses Francs pour situer l'origine de ce Nom :
An 774 : CURTIS-BOSANAE et CURTIS-BOT en
1073 ( Textes Évêché du MANS et Abbaye de St VINCENT ) .
Passant par CURTIS-BODIS et CORUS-BOIS , il
faudra plus de 1000 ans pour devenir : COURCEBOEUFS , COURCEBOEUFS .
En conclusion , avec les mots
CURTIS = Ferme et BODIS = BOIS l'origine du
Village de COURCEBOEUFS semble se situer géographiquement sur le terrain au
lieu dit « La Motte »et où sur les cadastres de 1836 La parcelle
section A N°651 était dénommée « La Butte »
Les
« Rogations » et les « Reposoirs » de plein air.
Les
Pèlerinages et les Saints secourables invoqués dans la Paroisse de René
Les
Rogations
Les " Rogations " étaient des cérémonies
religieuses , chrétiennes , de prières publiques effectuées par les
paroissiens des villages de campagne de la France profonde qui en processions
suivaient le prêtre " Bénissant " dans la nature et sur le terrain même
les prés, les champs et les vergers de nos campagnes en demandant la protection
de Dieu et du ciel pour les récoltes, leurs vergers et leurs bestiaux d'élevages.
Ces " Rogations " comportaient plusieurs
sorties aux différents hameaux du village toujours tôt en début de matinée
et selon les régions de différentes plantations de culture se trouvaient
effectuées entre la St Marc ( 25 avril et l'Ascension du mois de
Mai)
En paroisse de RENÉ au milieu du XIX° siècle les cérémonies
s'étalaient sur : 4 sorties dont en réalité 3 sorties importantes à l'extérieur
du Bourg et la 4ème dans le Bourg même et ses abords proches .
Les Cérémonies de " Rogations " les plus
connues et mémorables furent celles des années de : 1840 à 1870 sous la présence
de l'Abbé RICHARD qui desservit la paroisse de RENÉ de : 1831 à 1873 .
Cela venait il de cet abbé ou des paroissiens de cette époque ... ? toujours est il qu'une certaine tradition , sera développée par les habitants des différents hameaux de cette paroisse soit de :
Les Trois Croix ,
Lombray, Epierre, Les 3
Journaux .
Tradition qui sera celle de participer activement à cette procession et de préparer avec soins , l'emplacement où s'effectuera la halte de cette procession religieuse en y confectionnant un : "reposoir " ( petit autel de plein air ) destiné à recevoir avec , ferveur , éclat et piété , les différents instruments du culte , lors de cette halte d'invocations et de Prières prononcées par le prêtre et les fidèles , face à la nature et ses éléments .
Les Trois Croix :
Les Trois Croix avec la venue de la " Procession
" depuis le Bourg par la Route de DANGEUL puis la " Côte des Trois
Croix " en direction de NOUANS , jusqu'au centre du hameau , là même sur
le Pâtis où se trouvent les trois hautes croix
de bois fichées sur le tumulus ; Deux grandes arcades garnies de
feuillages de fleurs de lierre et de rubans , étaient implantées et
confectionnées sur place , l'une au NORD en transversale de l'alignement des :
Trois Croix et sous lequel arche d'Honneur passeront lors de leur arrivée
depuis le Bourg : le prêtre les enfants de Chœur , les paroissiens de cette
procession , et , la seconde arcade située elle : au SUD de cette même
transversale sera elle , empruntée lors du retour de cette Procession vers le
Bourg .
Un petit autel agrémenté de lierre de fleurs
, et de fines pièces de broderies , réalisé depuis une petite table , était
placé à L'OUEST proche du tumulus : faisait fonction de reposoir destiné
aux instruments religieux de ce culte chrétien le temps des Incantations , Prières,
Chants et Cantiques , élevés vers le Ciel. depuis ce cadre naturel magnifique
et champêtre présenté dans cet écrin de bocage du Saosnois . Bénédiction
oh! combien émouvante et belle dirigée vers les prés et vergers et aussi vers
ces champs porteurs de toutes les semailles d'automne ; en résumé de cette
nature en vif éveil , avant le retour de la procession , en direction du Bourg
de RENÉ .
Mais il faut dire aussi que lors des prières effectuées
à la halte du reposoir près des trois grandes croix de bois , on priait : Ste
Hélène (Sainte Hélène , Impératrice de JÉRUSALEM , décédée vers l
'an 328 est fêtée le 18 août), mère de l'Empereur Adrien de Jérusalem
qui, convertie au christianisme malgré l'opposition de son fils , fit effectuer
des fouilles et recherches afin de retrouver la " Sainte Croix " du
Christ , cette croix retrouvée ainsi que les clous et l'écriteau porté par la
croix du christ ( I.N.R.I.) ; On vénérera ainsi celle-ci par sa répartition
dans le Monde entier sous forme de reliques dont on commença la dévotion vers
le V° siècle .
C'est aussi , à cause de ces recherches à épisodes
, à données historiques mouvementées que vient la présentation des calvaires
du Mont Golgotha , sous une apparence de ces croix au nombre de trois , la croix
centrale , celle de la crucifixion du christ , se voulant toujours être la plus
haute .
Sur les anciennes croix de nos calvaires celles-ci
portaient en plus du panneau : (I.N.R.I) les outils qui symbolisent l'emblème
de la Passion tels : clous, lances, marteau, pinces, pomme à vinaigre, épée , liens ... etc....
Lombray :
La Procession quittant le Bourg, et après son
passage à « Pinçon » s'arrêtait à un Reposoir
confectionné par les paroissiens de la partie haute de l'entrée de ce hameau,
sur un petit Pâtis, formé par l'embranchement des actuelles routes : D 129/D
29 où se trouvait à l'époque une haute et imposante Croix de bois (C'est
approximativement à l'emplacement de cette ancienne grande croix, et suite à
sa dégradation au cours des années, qu'a été érigé au début de ce XX* siècle,
une petite chapelle dédiée à la Sainte vierge sous la nomination de :
Notre-dame de LOURDES)
C'est sans nul doute la présence de cette ancienne
grande croix de bois, qui donna jadis le nom de La Croix à une ferme proche :
Cet embranchement de routes est dit: aussi "Les Partiaux" distant de 1
km du Bourg.
Si les Invocations et prières des « Rogations »
se voulaient être les mêmes pour tous les hameaux les paroissiens de "
Lombray " avaient la traditionnelle particularité de
s'approprier volontiers la
fréquentation de la petite chapelle de St Gilles
distante de 1 km et érigée vers le XI* siècle en souvenir du passage
de ce saint évangéliste, chapelle située au NORD proche, sur le territoire du
village de CHERANCÉ .
Les Paroissiens du Hameau de Lombray , de RENÉ et
des villages voisins, ont toujours conservé avec foi, les invocations adressées
avec beaucoup de piété aux : 3 Saints évangélistes, patrons de la chapelle
de " St Gilles " , qui par leurs prédications, sermons et exhortations, lors de leurs passages dans cette
contrée entre les VI° et IX° siècle, effectuèrent de nombreuses guérisons
par des procédés de " toucher " des malades et l'appui de la prière
. ( procédé transmis et témoignage actif de Mme Louise AUBRY , née DROUIN (Grand-mère
de l'auteur "Touchant " au Nom de St Gilles cette guérisseuse
très largement connue et encore de mémoire dans la région a été fréquemment
sollicitée au cours de toutes les années de 1905 à 1950 , se rendant chaque f
in de semaine à la chapelle même de St Gilles , soit à l'occasion
d'offices religieux , soit pour y effectuer elle-même ses propres évocations
de prières et d'expressions votives des litanies d'intercession auprès de ce
Saint , accompagnée d'enfants ou de personnes à " protéger " ou à
" guérir " des maladies signalées ci-dessus; auxquelles elle
ajoutera des dons particuliers pour guérir les "écrouelles" et les
brûlures)
Lombray Chapelle N.D. de Lourdes
A ce sujet, il est à signaler une très heureuse
initiative prise par les paroissiens de RENÉ, qui, à dater d'août 1994
lancent la tradition d'effectuer une messe de plein air près de ce Pâtis à
l'occasion du jour de l'Assomption de la Sainte vierge, le 15 août.
Les Saints guérisseurs de la Chapelle de St
Gilles
Saint Gilles surtout pour les maladies des enfants
pour le mal caduc, la « Danse de St Guy » et les différents méfaits
des maladies nerveuses, telle : l'épilepsie ( dit aussi : le Haut-mal)--(
Reliques de ce saint en l'église du Pré et l'église de TOULOUSE VII°
siècle.)
La population de la contrée conservera toujours une
grande confiance envers " La Mère Louise " ( ainsi dénommée familièrement
) qui obtiendra quantité de résultats probants , par ses prières et des
" Attouchements " de signes de croix à ses malades avec de l'eau bénite
ayant éteint des charbons ardents de bois vert carbonisé le saint jour de Pâques.
St Louis de GONZAGUE
Celui-ci étant plus un grand spirituel qu'un évangéliste,
était prié pour la protection de la jeunesse et des jeunes en général : pour
la sauvegarde de la pureté et pour le développement de leur sensibilité
envers le secours du prochain ( Reliques en Cathédrale du MANS XVI*
siècle )
Saint Stanislas
A cause de ses innombrables visions, on le prie pour
éviter : les railleries de soi, les mauvais traitements d'autrui et les incompréhensions
de son entourage ( il est le Saint Patron de la
Pologne ) .
A ces Saints guérisseurs il faut ajouter:
Saint Maurille: Patron de l'église paroissiale de CHÉRANCÉ et invoqué pour les ennuis de surdité et de troubles malentendants.
Lombray
Chapelle N.Dame de Lourdes
Cette Chapelle dédiée à Notre Dame de Lourdes à
fait l'objet ces dernières années d'une attention particulière de la part du
Comité des cérémonies et fêtes de la commune qui organise le jour de la mi-août
, ou le dimanche le plus proche une Messe de plein air ( dite par l'Abbé
BELLANGER , Curé de la Paroisse ) où les Paroissiens se rassemblent sur le Pâtis
et les abords immédiate du pré voisin , pieuse idée reprenant des anciennes
traditions . l'office achevé , c'est le retour à la Mairie et le dépôt d'une
gerbe au Monument aux Morts de la Commune et le Souvenir de la Libération .
Cérémonies suivies d'un vin d'honneur au café de
« la maison des halles »
Avec St
Gilles et sa Chapelle de « La
Croix de CHÉRANCÉ », il apparait qu'avec N.Dame de Lourdes
de « Lombray », soient les 2
« Protecteur» dans l'union ancestrale de ces deux hameaux très
proches géographiquement.
Saint Marcoufle
Pour les maladies concernant les humeurs froides et
les goîtres ainsi que les brûlures (mort en 558 les reliques de ce Saint se
touvent en l'Église du Pré au MANS et à celle de CORBENY près de 02-LAON)
Ep
Il n'est pas connu de confection de " Reposoir
près de la " Croix de St Marc " (« Croix de St Marc »Cette croix dite de St marc mise en valeur dans sa présentation
par les riverains maintient la très ancienne présence Historique de ce Hameau
d'Epierre .) mais seulement une halte de
présentation de la procession, avec incantations et prières devant cette
« Croix » fleurie à cette occasion.
Cette
" Croix " de pierre, dédiée à st marc , placée sur un socle de
pierre calcaire tendre, représentant une face plus proche d'une ancienne sépulture
funéraire, que d'un Ecus blason portant un matériel de supplice de
crucifixion, est , peut-être le seul vestige de ruine resté sur place de
l'ancienne Chapelle dédiée à St Denis ainsi que du propre et particulier
Cimetière des Moines Laboureurs de la Ferme ancienne et voisine de La Grouas
ancienne propriété du Prieuré de VIVOIN .
Parfois vu la distance de " La Croix de St Marc
", lorsque le ciel était pluvieux ou la crainte d'intempérie
venant du bourg, on ne se hasardait pas jusqu'au hameau d'Epierre , mais
jusqu'à une grande croix située
à l'embranchement des Voies communales VI/V2 au lieu dit "
La Maison Neuve , en direction de ce Hameau , et où l'on effectuait là , les
Prières et Incantations destinées aux terres de ce Hameau distant de 1,5 km
environ .
Les dévotions à St Marc étaient fort pratiquées
dans le Saosnois, car spécifiques à l'obtention des biens spirituels et
temporels, aussi, dans beaucoup de villages était il vénéré dans de petites
chapelles où l'on venait le solliciter par des prières et processions
extraordinaires en dehors des rogations traditionnelles .
En plus d'une procession annuelle dédiée à St
Marc, la paroisse de RENE , effectuait chaque année ( ainsi qu 'une trentaine
de paroisses des diocèses du MANS et de SÉES ( 61-orne ) de grands pèlerinages
qui s'étalaient du jour de Pâques au 02 juillet, jour de fête de la
visitation de la Ste Vierge , à Notre-dame de toutes aides à St REMY du PLAIN,
où les Pèlerins venaient y présenter leurs enfants ainsi que les jeunes
adolescents lors de la Confirmation de leur Première Communion .
Ce jour là, les Pèlerins à la sortie de la
Chapelle de « N.D. de Toutes Aides » effectuaient également leurs
traditionnelles dévotions à St Marc Evangéliste, dans une petite chapelle
proche qui lui était dédiée et située à 1 km environ au N/OUEST du bourg de
St REMY du PLAIN (devenu : St REMY du VAL ) au
lieu dit : « La Maladrerie » devant la statue de bois de ce Saint
accompagné de son Lion symbolique .
St Marc mourut martyr en l'an 68 en Egypte, converti
par St Pierre, il écrivit son Evangile à ROME ( il existe une relique de ce
saint à : N.D. de la Couture , au MANS ).
Le jour de la St Marc le 25 Avril, il était de
coutume de manger des oeufs cuits durs, en dévotion, afin, de lutter contre la
fièvre .
Epierre et sa chapelle St Denis
La Chapelle d'Epierre Jusqu'à sa destruction en 1793
Sera dédiée à St Denis , Evêque de PARIS et
martyr. Il est probable que la chapelle d'Epierre fut érigée vers le XI* siècle,
époque à laquelle la petite Chapelle d'Aillières, en bordure de la forêt de
Perseigne ainsi que l'Église même de l'Abbaye de Perseigne furent dédiées à
st Denis, avec une dévotion particulière à N.D. de Perseigne pour cette
Abbaye de Forêt (Patrimoine préservé : Christ de la Chapelle St Denis ,
d'Epierre).
On prie St Denis pour lui demander d'intercéder pour
la cessation des transes des enfants peureux pour des faits injustifiés, pour
l'obtention de grâces temporelles ainsi que de la lutte contre les obsessions
et les sortilèges .
" Les Rogations " vers la Croix
de St Marc
Lors de la procession vers La
Croix de St Marc , à Epierre il était fait une halte à La Croix de Maison
Neuve (embranchement des Vo I/Vo 2) La grande Croix qui se trouvait placée au
centre visuel de 4 gros peupliers vers 1930 à disparu avec ceux-ci pour
être remplacée par une « Croix » plus petite .
Les
Trois Journaux
Comme
signalé ci dessus, la 4ème et dernière sortie de procession des "
Rogations " s'effectuait dans les rues du bourg et des petits quartiers
environnants, en passant toujours par le calvaire , Le Thuret, le passage à Gué
de l'Horthon, avec un petit trajet vers « La Sème rie » en
direction du village de THOIGNÉ
Les
bénédictions étaient destinées, aux lopins de terre
et vergers, situés aux abords immédiats du bourg, avec aussi une pensée
et souhait de prospérité en direction de l'imposante et vieille halle
communale, pour la protection et l'abondance de toutes les récoltes du Saosnois
dans leur commercialisation dans les foires et marchés de RENÉ .
Par
temps favorable la procession se poursuivait sur la D 26 ( en direction de
THOIGNÉ ) bien au delà des allées d'entrée des fermes de « La Sèmerie »
et de « La Folie » pour arriver à l'extrémité N/N/EST de la
Commune à " La Croix de Bois " du Lieu dit " Les Trois Journaux
" (côte 104 ) qui marque l'embranchement d'un petit chemin rural N014 (Ancien
Chemin Rural N014 qui , du Bray SUD du Bourg de RENÉ
reliait jadis : VIVOIN à THOIGNÉ en prolongement du C.R. N*8 venant de
MEURCÉ , un tronçon de l'actuelle D 195 jusqu'à l'embranchement des : D 195/D
67 ( RENÉ-DANGEUL )) noyé dans la nature , partant de la D 26 pour se
diriger vers le SUD et qui , après une bonne centaine de mètres se divise en
deux voies : l'une : vers la petite ferme de « Louis » (Louis
voir aussi certains écrits anciens Loïas -ancien Nom Bretonnant-) et la
seconde revenant vers la ferme de " La Sèmerie " y arrivant par ses
abords EST .
C'est
sur cette seconde voie de cheminement champêtre qu'empruntera la procession
pour son retour qui contournant la ferme de " La Sèmerie " empruntera
son allée d'accès principal pour rejoindre la D 26 vers le Bourg de RENÉ.
La
Croix des Trois Journaux
Sans
doute heurtée par mégarde lors des travaux de terrassement au cours de la
confection de l'aire d'approche de la sortie d'un séchoir à blé couchée sur
le tapis d'une abondante végétation de millepertuis cette Croix gisant au sol
est restée là semble t il , au respect de son image.
Cette
" Croix " de chêne ( d'une hauteur moyenne par rapport aux anciennes
croix avait une hauteur hors sol de : 2,50 m une traverse latérale de 1,25 m et
une section de : 12,5 X 12,5 cm).
Le
bourg
L'Eglise
de RENE est dédiée à St Pierre , Apôtre mais, comme aimait le préciser
l'Abbé Léon GIRAULT , curé de la paroisse de : 1919 à 1953 , cette église
est en réalité dédiée à : St Pierre aux liens interné avec St Paul sur les
ordres de NERON, Prince cruel et inhumain ; St Pierre, Apôtre, demeura neuf
mois en prison . Prédicateur de l'Evangile au milieu de ses liens, il convertit
les principaux de ses gardes et plusieurs autres personnes, gagnant ainsi des âmes
à Dieu jusqu'à la fin de sa vie . St Pierre sera crucifié sur une Croix où
il sera cloué la tête en bas, comme il l'avait demandé lui-même . C'était
au delà de l'An 65 . on se recommande à lui pour faire exhausser et diriger
vers Jésus Christ nos actes de Pénitence.
Résumé
sur les Rogations :
Les invocations et cantiques des paroissiens ainsi que la bénédiction des champs, prés, et vergers par le prêtre de l'église chrétienne, remplaçaient les invocations païennes des anciennes divinités de la mythologie grecque ' celles-ci d'une incomparable richesse ayant été introduites lors de l'occupation romaine de notre région.
Celles
par exemple de : la déesse Flore pour les fleurs
et les graines ; la déesse Pomore pour les fruits
et raisins ; le dieu Priape pour les jardins et les
cultures les Naïades pour les fontaines et les prés
... etc. sans oublier le Dieu Terme , préposé à
la garde des limites de surface des champs et prés , ce Dieu statufié par :
une pierre, un pieu ou un tronc d'arbre ne possédait que cette figure, on ne
lui donnait : ni pied ni jambe afin qu'il ne puisse changer de place ....
Les
Dieux : Pénates pour la protection de la famille
et Lares pour la protection des maisons.
Parlant
des « rogations » de jadis, de leurs prières, les lieux de leur
passage, de la rencontre de
Croix votives et de leur fonction de reposoir , on ne peut que souhaiter
la conservation et la protection de ces « Croix » anciennes en rénovant
celles de ce précieux patrimoine, qui tomberaient en ruines et désuétudes .
La
pensée de l'église et de nos aïeux sur ce point, semble avoir pour but et repère
; non seulement le souvenir d'un évènement, mais aussi d'attirer en permanence
l'attention des villageois et des voyageurs, sur l'idée du souhait de la
protection divine et aussi créer un approche à la vigilance et une incitation
à la prudence.
Ces
« Croix » de fer, de pierre et de bois qui, placées aux
bifurcations de nos routes anciennes et ces chemins ruraux ainsi que le long des
chemins creux de nos bocages , bois et forêts ont sans nul doute leurs origines
aux environs des : V* au VIII* siècles ( voir même du XI* à l'époque où les
moines évangélistes du christianisme ,
arpentaient
nos campagnes ; cela en est de même semble t il pour les processions des
Rogations , celles-ci ayant pour but premier , de lutter contre l'animisme des
anciennes populations ayant en charge de protéger les produits de leurs
terroirs et de leurs élevages .
Toute
cette ancienne idolâtrie de mythes désormais dégagée de la falsification de
la pensée, par le bien fondé de ces
Rogations
porteuses de vœux pieux et de prières adressées par ces humbles gens de la
terre, de cette France profonde envers le culte d'un unique et vrai Dieu ,
porteur d'une table de Vie de mœurs et de morale en résumé d'une table de
Loi.
Plan des Rogations Haut de Page

(I) au SUD vers Les Trois Croix
(2)
à 1 'OUEST vers " Lombray " , au lieu dit La Croix embranchement des
Voies routières des " Partiaux " : D 26/ D 118 .
(3) au NORD/OUEST vers " Epierre " à " La Croix de St Marc " où par mauvais temps à ; la Croix de " Maison Neuve Voies Communales N°1 & N02 . «3»*, embranchement des (4) vers N/EST en direction de THOIGNÉ par la D 26 jusqu'à la croix des 3 Journaux " , puis retour vers le Bourg en empruntant Chemin Rural N914 puis l'allée de « La Sèmerie ».
1868-1953
L'Abbé Léon GIREAULT
Curé de RENÉ de
: 1919 à 1952
Erudit d'histoire
régionale et fervent protecteur du patrimoine local
m'a transmis en 1941 un témoignage qu'il avait lui même recueilli de
source sûre , de ce que furent les grandes péripéties qui marquèrent le
" Sauvetage " par une pieuse famille de paroissiens de notre village
du : Blason de Jacques Hamelin, évêque.
Placé en fronton
, au dessus du porche d'entrée d'un corps de bâtiment qui conduisait
directement à l'habitation du château de ce fief du " Bourgchemin "
situé à quelques centaines de mètres au SUD/EST du bourg de RENÉ ; et
finement sculpté dans un calcaire dur (Probablement en grès de St OUEN ou
de " la Persignière ») ce blason de : Jacques HAMELIN , avait été
incrusté là dans la maçonnerie de ce porche probablement vers 1530 lors de
l’achat du château et des terres
du Bourgchemin , par le souhait de
Jacques HAMELIN , Evêque fief , dont il ne disposera du revenu que vers 1533 .
Lecture du blason
de Jacques HAMELIN :
La lecture des Pièces honorables de ce blason, se présente ainsi libellée par Mr Paul CORDONNIER ( 1944 ) et P.E.R. MERCERON ( 1980): « Ecartelé au 1 et 4 à deux hameçons mis en pal , les pointes affrontées , au chef chargé de trois coquilles aux 2 et 3 à trois cœurs mis en fasce ».
Les deux hameçons
rappelant les deux premières syllabes de son NOM ( Ha me ). Les trois coquilles
St Jacques , celles de son Prénom. Les trois cœurs rappelant semble t il : les
3 pensées d'affection de sa vie ( peut être oserions suggérer : sa Foi
son Roi , sa Patrie et son village natal ?) .
L ' écu de ce
blason est appuyé sur une crosse d
'Evêque semble t il , et l'ensemble placé dans une couronne de lauriers . L'étude
des " émaux " de ce Blason , déjà partiellement définie par des
fragments de vitraux restés d'origine en l'église semble être très intéressante
dans ses premières ébauches .
Un Patrimoine
sauvé : le Blason de Jacques HAMELIN , Évêque
Ce " Blason
" du XVI* siècle ( dont l'origine venait de ce personnage important
d'origine de ce village , ayant réalisé et mis en oeuvre une réelle évolution
commerciale et sociale très vive auprès des négociants, artisans ,
travailleurs et habitants de la localité et des communes environnantes du
Saosnois ) devient malgré tout " indésirable " à la vue de
certains mandataires révolutionnaires qui
certes , étrangers au Village de RENE n'en ordonnèrent pas moins sa
destruction en 1793. C'est ainsi , qu'en sera envisagé , l'extraction
clandestine par des personnes habitant ce fief
du Bourgchemin auxquelles s'associeront quelques paroissiens du bourg .
L'extraction difficile de ce " Blason " magnifique , mais de fragile
sculpture sur pierre , sera donc réalisée dans le plus grand secret possible
et , malgré tout , en nocturne par une nuit de clair de lune , et , l'ouverture
béante ainsi crée dans ce mur refermée par de gros moellons de pierre de
taille lisses . Retiré donc avec
soin et sans mutilation de ce dessus de porche d'entrée la dissimulation de ce
précieux patrimoine ne sera connue que de deux paroissiens et naviguera
ces années de terreur , entre une maison du Bourg et les bâtiments du
château .
En suite la
liberté du culte et de la mémoire enfin retrouvés , ce blason
dès l'Année 1800 , " entreprendra " ces longues années
d'attente , protégé et conservé par une pieuse famille de la paroisse qui ,
de génération en génération et , pendant ainsi près de 150 ans en assurera
protection et préservation.
Blason de
Jacques HAMELIN La résurgence
Très proche de
ses paroissiens et fort estimé de ceux ci, l'Abbé Léon GIREAULT , arrivé en
la paroisse en 1919 , et aussi très connu pour l'intérêt qu'il porte au
patrimoine local de notre commune , sera " informé " vers 1939 , par
cette honorable famille , de la possession qu'elle avait ( de ce fait ) de cet
historique et précieux blason de : Jacques HAMELIN , Évêque . C'est donc avec
une grande joie et aussi une vive
reconnaissance au nom de la paroisse , que l'Abbé Léon GIREAULT réalisera les
vœux des descendants de cette
famille valeureuse , qui , souhaitant conserver un pieux anonymat en assureront
la réelle et définitive protection pour les Années à venir en offrant ce
magnifique patrimoine à la vue de tous en faisant insérer ce splendide blason
de pierre sculptée au dessus de la porte d'entrée de la sacristie de l'église
paroissiale de RENE en : 1942.
Résurgence bien
plus que " Résurrection " toujours est il que ce patrimoine cher à
notre village sera sauvé par ses paroissiens : gardons en le souvenir .
Notes sur ce
Blason :
Au cours d'un passage d'étude aux archives départementales
de la Corrèze , à TULLE en 1980 , où j'effectuais également un dépôt de
notes relatives au : Blason de Jacques HAMELIN , qui sera nommé Évêque de
cette ville de 1536 à 1539 ; une évocation s'en suivit entre autres où l'on
ne voyait dans ses attributs une
crosse d'Evêque , mais un simple qui
en outre , aurait été rapporté .
( Sur ce dernier environnant , non pas Bâton
Prioral , ultérieurement sur la sculpture originale point il n'en est
absolument rien . )
Jacques
HAMELIN , Évêque sa vie son oeuvre :
Je réalisais
donc en 1976 une sculpture sur pierre à l'échelle 1/2 , dans le respect
le plus précis des attributs de
Réfection
qui sera faite :
Depuis ce temps
de 1977 , le Blason original inséré
dans le mur au dessus de la porte d'entrée de la sacristie de l'Eglise recevra
une réfection de ses pièces
honorables et de ses attributs environnant , par des procédés de "
plastification " modernes ( sans doute par les soins des services de
la sauvegarde du patrimoine ) mettant ainsi en parfaite évidence de lecture
ce que fut celle originale de ce très beau Blason .
RENE et ses Blasons :
|
|
|
|
|
Sie |
22éme évêque de Tulle |
Blason estimé du XIX° lors régionalisation
monuments religieux de Maine & Normandie ( face transept NORD extérieur de
l'Eglise) |
| Ecartelé au 1 et 4 à deux hameçons
mis en pal , les pointes affrontées au Chef chargé de trois coquilles aux 2 et
3 à trois cœur mis de fasce " |
Blason de Jacques HAMELIN Évêque
d'après " l'Armorial des Évêques de LIMOGEs et
de TULLE Archives départementales
de Corrèze 1872: " d'Argent à deux barres de gueules " |
Blason : Quoique ayant reçu
depuis son origine , une " remise en couleurs " semble t il identique
? , lors de travaux effectués sur cette façade extérieure de l'Eglise aux
environs de 1975 , on peut le définir ainsi pour ses émaux |
Le
Christ de la chapelle : St Denis , du hameau d'Epierre , paroisse de RENÉ ,
sera sauvé de la destruction programmée en 1793 par les idées révolutionnaires
, grâce aux grands soins de : Mr François HARDOUIN et protégé jusqu'en 1942
par les générations filiales suivantes de la famille : CHAMPROUX Gervais . Le
témoignage du récit du sauvetage de ce Christ
, magnifique sculpture de pierre , m'a été transmis oralement en 1941 par
Mademoiselle Louise CHAMPROUX ( 1863-1951 ) habitant une petite maison au
lieu-dit du « Bray au Hameau » de " Les Trois Croix ".
Sauvé en 1793 ce " Christ en Croix " , sculpture estimée du
XII° siècle sera insérée en 1946 dans le mur à l'intérieur de l'église
paroissiale de RENÉ au dessus de la petite porte d'entrée OUEST , face à la
chapelle de la Sainte Vierge .
Le développement
du réçit de sauvetage du Christ ,
de la chapelle St Denis , du hameau
d'Epierre par les grands parents de mademoiselle Louise CHAMPROUX
habitant « Les Trois Croix » et communiqué par
elle même lors de nos fréquents entretiens relatifs à l'histoire
locale a également retenu toute mon attention .
L'esprit de destruction systématique de
toutes les chapelles locales votives , par la convention révolutionnaire
de ces années pénibles et sanglantes de 1793 ... , n'épargna point la petite
chapelle du paisible hameau d'Epierre situé à 1 km environ au N/OUEST du Bourg
de la commune de RENÉ, vendue avec quelques arpents de terre qui l'environnait
la chapelle
St Denis d'Epierre , sera acquise à la vente publique par un certain Sieur
COSME pour une somme modique à condition qu'il en assure fermement sa démolition
.
Les Grands Parents de Melle Louise CHAMPROUX : M&Mme HARDOUIN François ,
seront très accablés de la vente publique et de la démolition de cette
chapelle St Denis d'Epierre qu'ils affectionnaient tant .
En effet , Mr HARDOUIN possédait et cultivait à
Epierre quelques lopins de terre situés en bordure même de celle ci .
Homme très pieux , il lui arrivait fréquemment à
l'époque des travaux des champs , d'aller puiser là , dans cette chapelle ,
quelques minutes de repos de l'esprit par une prière et , aussi , le repos du
corps éprouvé par la fatigue des durs travaux manuels de la terre .
A la vente , la valeur matérielle de cette chapelle
n'était estimée qu'à la valeur de la pierre ayant servi à sa construction ,
ce qui nécessitait donc la récupération de ces matériaux pour en faciliter
la valeur de cette opération financière .
Aussi , lorsque l'acquéreur , le Sieur COSME
envisagea d'en entreprendre la démolition , aussitôt Mr HARDOUIN , homme de foi vive , lui proposa une
aide gratuite , à condition de récupérer en échange
un Christ sculpté dans la pierre , qui se trouvait placé juste au
dessus de l'Autel de cette Chapelle.
Devant ce " marchandage " , le Sieur COSME
intéressé par cette main-d’œuvre bénévole donna son accord , ne voyant
aucune valeur à cette " sculpture " estimée primaire , exigeant
toutefois en contre partie administrative pour sa propre protection , le fait
qu'il ignora ce que deviendrait cette pierre sculptée ( ce Christ et considérée
par lui , comme étant évacuée dans les déblais).
C'est ainsi , qu'un soir à la nuit tombante , de
cette période révolutionnaire : Mr HARDOUIN François , ramènera du Hameau
d'Epierre et en provenance de cette chapelle en cours de démolition : le Christ
de son Autel , soigneusement enveloppé dans une épaisse couverture de laine
crue et le cacha dans les bâtiments de sa maison d'habitation sise aux Trois
Croix.
La "cache" de ce Christ de pierre
sculptée sera confectionnée sous un assemblage de chutes de planches et placé
dans le grenier de cette petite maison dite le
« Petit Bray », située au hameau de « Les Trois Croix »
(maison sur la parcelle 313 du cadastre rénové Zone C2 § 4 page 49 ).
Des années passèrent ainsi la femme de Mr HARDOUIN
, née marie JUIGNE , prêtera une attention particulière à ce Christ sculpté
dans la pierre , évitant ainsi toute attaque des intempéries où d'accidents
malencontreux.
Enfin arrive 1802 , le concordat de Bonaparte
arrangera bien les choses de cette période pour les ayants de la Foi .
Le Droit à la pensée et à la tolérance religieuse
revenu permettra à MMme HARDOUIN et à leurs enfants de réaliser enfin leur
souhait sceller ce Christ de la chapelle d'Epierre sur le mur N/EST à l'intérieur même de leur habitation ,
à 1,70 m de hauteur et face à la porte d'entrée de la maison afin d'être vu
et contemplé de tout éventuel invité .
C'est en 1932 , que j'ai , pour la première fois
admiré ce Christ de la Chapelle
d'Epierre et ai observé le travail de sculpture de cette oeuvre
devenu un " matériel " du patrimoine local. Ce Christ semblait
attendre là , je ne sais quoi ... peut-être une demeure plus vaste , plus
claire ...plus de visite , mais recevrait il autant de prières qu'il en reçut
de cette
pieuse famille en l'espace de ces 150 ans écoulés ;
et autant que lui en a donné et donne encore en ses jours de vieillesse
mademoiselle Louise CHAMPROUX ? digne héritière d'un tel trésor de
patrimoine.
Pour ce Christ : être prié et vénéré ..oui ! être
observé dans la sculpture de sa morphologie et de son époque ... cela est
moins sur.
Mademoiselle Louise CHAMPROUX depuis bien longtemps
avait présenté à : l'Abbé Léon GIREAULT alors curé de RENÉ depuis 1919 ,
au cours de ses fréquentes visites l'origine et le grand attachement qu'elle
avait à ce Christ car , porteuse elle-même du souvenir et du souhait de sa
famille , de préserver au cours des ans : ce " Christ de la Chapelle
d'Epierre " , retiré de sa clandestinité et scellé depuis l'An 1802 ,
dans le mur intérieur de sa demeure , face à l'entrée même de sa maison .
Ce Christ
l'avait vu naître et son lit
d'enfant se trouvait près de lui ; La vie de Louise , toute entière jusqu'à
ce jour se passera près de ce Christ
, dans cette maison où elle
travaillera toute sa vie de « Bonnetière » , à la confection de
filets , de parements brodés divers et de passements effectués au crochet.
Voila pourquoi la
protection de ce Christ , trésor de sa famille , plus fort que tout
sentiment , fera que , lors d' une visite de l'Abbé GIREAULT en 1941 , Louise
conviendra d'un commun accord , que la meilleure façon de protéger ce Christ
et d'éviter toute profanation possible de celui-ci scellé dans le mur de cette
maison privée et particulière , était de le " desceller " de son
emplacement présent et de la sceller à nouveau dans un endroit choisi de l'église
soit : au dessus de la petite porte d'entrée NORD de l'église de la paroisse
face à la chapelle de la Sainte Vierge , ainsi proche du banc d'église réservé
à Melle Louise CHAMPROUX .
Le destin de
ce Christ pieux patrimoine des anciens paroissiens d'Epierre et de RENÉ sera
donc ... Qu'après avoir quitté clandestinement le hameau d'Epierre en 1793
pour venir se réfugier en cette humble petite demeure du hameau de : « Les
Trois Croix » jusque l'an 1941 , ce christ de la chapelle St Denis du
hameau d'Epierre sculpté dit-on , dans une pierre du pays , pourra être
contemplé admiré et ... prié , dans l'église paroissiale de RENE.
Oeuvre estimée du XII* siècle et aussi probablement
oeuvre d'un artiste local inconnu. Merci donc , à cette honorable famille , dévouée
pour la mémoire et la foi de notre village.
Supplément d'Information
La Chapelle St Denis d'Epierre
La statue de St Denis , le Saint Patron de la
chapelle d'Epierre , ayant été posée dit-on , par respect , après la fin des
travaux de démolition par les ouvriers eux-mêmes , sur l'emplacement de base
rasée de cette chapelle ; la tradition signale que : le Sieur COSME se trouvant
quelque peu gêné psychologiquement par le geste de piété de ces ouvriers ,
alla déposer cette statue en l'église de la commune .
Cette statue de St Denis , restera exposée en l'église
paroissiale de RENÉ , où vu sa déformation à cause de mutilations reçues en
1792 sera interdite d'exposition , et retirée le 26 juillet 1834 par ordonnance de Monseigneur BOUVIER , alors
évêque du MANS. Il est également rapporté , qu'il y avait au hameau
d'Epierre à cette époque , une autre chapelle près des bâtiments de « La
Grouas » , mais celle-ci n'est citée dans aucun texte.
L'auteur de ce livret du terroir
présume que cette chapelle pouvait être la chapelle particulière des
Moines Laboureurs de la ferme collective de « La Grouas » située à
ce même hameau et qui , à l'époque était une dépendance directe du prieuré
de VIVOIN .
Une grande partie des terres du hameau d'Epierre ,
tout en étant situées sur le territoire de la paroisse de RENÉ , furent du
XII* siècle jusqu'à la période révolutionnaire , propriété du très, vaste
domaine du prieuré de VIVOIN , ce qui explique la cause d'un " procès
" mené vers 1224 entre « Le Prieuré de VIVOIN » et la « Cure des Prieures de RENÉ » concernant
les offrandes effectuées en cette chapelle St Denis d'Epierre .
Le prieuré de VIVOIN obtenant ainsi les 2/3 des
offrandes qui seront faites le jour de la fête de St Denis , le Saint patron de
cette chapelle .
Il est
donc à noter que cette Chapelle était par dérogation diocésaine , sous la
tutelle administrative du prieuré de VIVOIN à cause de l'implantation à ce
hameau de la ferme des Moines Laboureurs citée plus haut .
Christ de « La Chapelle d'Epierre »
Christ de « La Croix des Aunaix »
Classé , l'époque du Christ de « La Chapelle
d'Epierre » est estimée du XII* siècle confectionné dans de la pierre
calcaire des environs et sculpture dit-on d'un
Artiste régional. Sans notation de liaison en ce qui concerne le support c'est
à dire la Croix de crucifixion
elle-même , ce Christ quelques
rapports de tenue de crucifié ,
avec le Christ de La Croix des Aunaix , l'une des " Trois Croix de LAUNAY
" qui en Sarthe est estimé lui aussi d'une époque des environs de l'An
1200. Seraient ce des oeuvres du même sculpteur régional ?
PRECISIONS DE L'AUTEUR
Les écrits et témoignages liés à l'histoire
locale et présentés par l'auteur dans " Les Livrets du Terroir " se
veulent être d'une authenticité historique incontestable. Les thèmes relatifs
aux : Poêmes , contes & Légendes et récits de la vie du terroir y sont
parfaitement définis et différenciés dans leur présentation .
Tout doute sur le témoignage de l'Abbé Léon
GIREAULT (1868-1953 ) , curé de RENÉ de 1919 à 1953 , profanerait sa mémoire
car témoignage recueilli et présenté tel que reçu par l'auteur concernant
l'itinéraire du blason sculpté sur pierre de Jacques HAMELIN et le souhait de
l'anonymat demandé par la Famille donatrice de cet inestimable patrimoine .
D'ailleurs , le rapport de Monsieur Paul CORDONNIER
(Pâques 1944 ) dont m'informa dès cet époque l'Abbé GIREAULT semble
confirmer face à l'origine et à l'itinéraire qui en découle dans l'existence
de cette pierre sculptée du blason de Jacques HAMELIN , la présence d'un voile
admis , qui ne fait que confirmer mes écrits sur cet itinéraire .
Il en est de même pour le témoignage de Melle
Louise CHAMPROUX ( 1863-1951 ) , recueilli également par l'auteur et présenté
tel que reçu concernant " l'itinéraire " du Christ de la chapelle St
Denis , du hameau d'Epierre , par les soins de ses Grands-parents. Les Livrets
du Terroir " N°2 , réserve quelques pages à ce sujet ; L'auteur se lie
volontiers à une réponse de complément d'information si nécessaire à
destination d'éventuels disciples de St Thomas , concernant la présentation inédite
de ces deux sculptures sur pierre : précieux patrimoine de notre paroisse.
AUBRY Alexandre , le 02 février 1996
|
|
||
|
Alexandre Aubry, ascension 1999, Un regard . . . vers le souhait réalisé ! |
|
Au nom de tous et toutes, merci Alexandre. |
(Texte
écrit par Monsieur Klötgen, dans le fascicule « Nature » pour les
anciens du canton)
Un nom
René est
un de ces pittoresques bourgs dont notre Saosnois a encore le secret. Et ce qui
ne gâte rien, René est d'une origine fort ancienne. Mais où sont les bocages
d'antan ? D'aucuns voient l'origine de son nom tirée du latin même :
"arenae" (qui veut dire en français arènes), voilà de quoi donner
des idées au très actif Comité des Fêtes de René; autre origine proposée
"ruiniacus", qui indiquerait une ancienne villa romaine en ruines :
enfin, des interprètes dynamiques ont vu dans le nom de René le mot
"renatus", qui veut dire en français "re‑né" ; ces
derniers ont vu là les restes d'une ancienne villa romaine des environs que
l'on aurait tenté de relever en ces lieux tant bien que mal de ses cendres.
D'autres
encore remarquent que René est attestée dans les écrits anciens,
essentiellement depuis le 12e siècle, sous la forme de
"Renio"/"Renaium", et ils verraient volontiers René dérivé
d'un nom gaulois (Renos/Renacus), à la manière de Renay dans le Loir-et-Cher,
Renac en Ille-et-Vilaine ou de ce joli Rennes-en-Grenouille sis en Mayenne.
Et si
notre sympathique village de 'R'néi' en Saosnois était tout simplement un
cousin germain de cette petite ville de Westphalie, l'ancien "saosnois
allemand", pays de Saint Aldric et de Saint Liboire : Rheine ? Nul ne saura
sans doute jamais.
Comme un phœnix de ses cendres
Quoi
qu'il en soit des origines,
ce. bourg de 1 700 habitants en 1825, réduit aujourd'hui à quelque 400
habitants, est frappé de plein fouet par la désertification rurale des temps
modernes et ressent de plus en plus fort un ardent désir de renaître. II y a encore de la vitalité du temps jadis
à René. Et René ne sera à nouveau René, soyons-en sûrs, qu'enfin... re-né.
Antiquités
Le
territoire de René, de temps à autre, livre parcimonieusement ses reliques les
plus anciennes : silex polis de la préhistoire ;tuiles à rebords, tessons de
poteries de l'époque romaine. Le chemin de Dangeul à René présentait en
1837, époque de réfection des chemins ruraux, dans la majeure partie de son
trajet, les traces d'un encaissement antique de quatre à cinq mètres de
largeur, datant vraisemblablement de l'époque romaine.
Vestiges
romains encore : à mi-chemin entre Dangeul et René, les terres de la source du
"Gouffre de la Georgette".
Jacques
Hamelin et ses Halles
Les
anciens du pays évoquent parfois encore la légende d'une "ville de
Tulle" engloutie dons les gouffres de ce lieu. Peut-être est-ce par
allusion à Jacques Hamelin, enfant du pays de René, et son grand bienfaiteur.
Ayant obtenu l'évêché de Tulle, il n'aurait jamais demeuré dans cette ville
épiscopale, mais dépensé tous ses bénéfices de Tulle dans le
"gouffre" de René : acquisition de maisons et de terres, une demeure
seigneuriale. restauration de l'église et du bourg.
En Février
1537, Jacques Hamelin (mort le 1 er Mai 1539 à Sens où il s'était rendu avec
le roi François ler) obtient de la Chancellerie Royale des lettres patentes
portant droit de halles, foires et marchés dans le bourg de René, lieu de sa
naissance. 11 fait construire ses halles à l'endroit où elles se tiennent
encore aujourd'hui. Elles font toute la fierté de René. Ce sont aujourd'hui
les plus anciennes halles du département de la Sarthe. Illuminées désormais
aux grandes occasions, elles entretiennent dans l’œil malicieux de tout Renéen
qui se respecte la flamme sacrée de l'amour du pays.
A maintes
reprises la question revint au Conseil de savoir s'il fallait démolir les
halles... et ce n'est que vers 1974 que la Conservation Régionale s'inquiétant
de la rareté d'un bâtiment civil de la Renaissance en une si petite commune,
propose une protection.
Le
visiteur de René reconnaîtra le blason de Jacques Hamelin au-dessus de la
porte de la sacristie de l'église Saint-Pierre de René. Ce sont des
"armes partantes" : hameçons, coquilles et cœurs. Les coquilles
rappellent sans doute Saint-Jacques, son patron. Les petits hameçons nous
donnent les premières syllabes de son nom de famille. Hamelin : Hameçons,
Hamelins. Quant au cœurs, ils nous invitent à la vertu du « cœur »:
se mettre avec cœur à l'ouvrage.
L'église de René

L'église
Saint-Pierre de René relevait jadis de l'abbaye Saint-Vincent du Mans. Elle est placée à ce titre sous la
protection du Saint-Siège dans
un privilège du Pape Innocent III (voir à gauche) en date de 1204. Le temporel de la cure, c'est-à-dire les terres labourables et
fermes ainsi que quelques maisons dans le bourg, près du pont et près des
jardins du Temple, relevait naguère de la juridiction des moines à Mayanne en
Dangeul.
Le livre
terrier de cette châtellenie monacale nous renseigne entre autres sur les
origines de notre célèbre renéen Jacques Hamelin, premier aumônier du roi
François ler, évêque de Tulle, chanoine de la Sainte-Chapelle, abbé de
Saint-Gildas dans le diocèse de Bourges, conseiller du roi : le lieu et bordage
que tenaient "anciennement lesdits Hamelins" se composait de 18
journaux et un quart de terres en plusieurs pièces et doit outre le fermage à
l'abbaye "douze deniers de cens à la seigneurie de Mayanne". Bel
exemple de réussite d'un enfant du pays aux origines modestes.
En 1531,
le seigneur de René, contemporain de Jacques Hamelin est "noble François
Levasseur, panetier ordinaire de la Reine". Un blason de couleur apposé
sur le pignon Nord de la chapelle de l'église de René rappelle encore
aujourd'hui que plusieurs membres de sa famille y ont été inhumés. Cette
famille des Levasseur, seigneurs en outre de l'ancienne commanderie des
Templiers de Cogners, près de Saint-Calais, possédait également la seigneurie
d'Aillières en Saosnois.
L'église
de René est riche en patrimoine historique : fragments de vitraux du 15e siècle
comme cette tète de la Vierge, belle et souffrante, dans la baie Ouest du
Transept Nord ; ou ce Christ en croix du 17e siècle ; une croix en pierre
sculptée venue là de l'ancienne chapelle d'Epierre après sa démolition en
1941. Une élégante grille de communion classée, du 18e siècle et comparable
à celles
de
Dangeul et de Thoigné : des statues de terre cuite et peinte, Saint-Pierre,
patron de l'église, et Saint-Paul ; des groupes en terre cuite du 17e siècle,
Sainte Anne, enseignant la Vierge, et enfin un Saint-Vincent, rappelant
l'appartenance ancienne de la paroisse de René et la grande abbaye du Mans.
Les
quatorze stalles de bois sculpté du 16e siècle sont déjà protégées depuis
1908. Le visiteur attentif en remarquera la finesse des sculptures, les blasons
et les magnifiques "miséricordes" ; sortes de petits
"assis-debout" décorés avec art. Une tête de moine porte même des
lunettes : il s'agit fort probablement de la représentation d'un
"enlumineur". Représentation rare, mais non pas unique. Nous en avons
rencontré sur une fresque de la Chaise-Dieu, mais aussi sur une tête sculptée
dans le Sud de la Sarthe. L'église se signale extérieurement par un haut
clocher massif, une porte renaissance dans le transept Nord près de la nef
principale, et un charmant petit "ballet". Gageons que le majestueux
beffroi, aux grandes occasions, donnera encore longtemps son beau son de cloche.
Une prochaine Apocalypse fera sûrement craquer les bétons et les goudrons du bourg. Et le pieux pèlerin verra surgir des fleurs au milieu des gazons, jaillir des arbres sur les places publiques, et laissera ailleurs ses chevaux-vapeur.