MAMERS :
D’après les études de R. Verdier, Mamers
aurait pour origine une villa romaine fondée par un Mamertus (qui
n’a rien de commun avec le Saint homonyme). Installé sur une vieille
voie de rive préhistorique (suivant la Dive), l’immense domaine
de Mamertus possédait au Nord, une annexe à Jaillé
qui s’étendait sur les deux rives de la rivière. L’enceinte
ovale de fossés et de talus de la "maison du maître" (enceinte
autour de l’actuelle Place Carnot), laisserait à penser que Mamertus
était gaulois d’origine. Si les plus anciennes traces de peuplement
remontent à l’époque néolithique, les Gaulois n’ont
pratiquement laissé aucun vestige. Par contre la Période-
gallo-romaine, plus riche laisse entrevoir un peuplement sous forme de
villa. Il existe des centaines de domaines ou colonies cénomanes
portant un nom gallo-romain incontestable. Les hagiographes médiévaux
ont mêlé réalités et faits légendaires
dans la vie des saints évangélisateurs, ainsi Saint-Mamert,
Saint-Viventien, fondateur de Saint-Vincent-des-Prés (au VI éme
siècle), ou, un siècle plus tard Saint-Longis, initiateur
d’un monastère aux portes de Mamers. Pendant
que se poursuit la silencieuse pénétration des campagnes,
de nouveaux bourgs sont créés : Neufchâtel (1076),
Peray (1092) et les lignes de fortification de Mamers s’élargissent.
(en vert, l'enceinte de Robert II "dit: le diable" , en bleu, celle de Guillaume III)
Après que Guillaume III eut fondé l’Abbaye de Perseigne. Il aurait contribué à l’extension du Prieuré conventuel de Notre-Dame de Mamers auquel est attachée la cure paroissiale, l’ensemble étant depuis longtemps (présumé 878) possession de l’Abbaye de Saint-Lomer de Blois. D’abord chapelle, puis église romane (détruite), l’église actuelle date du XV éme siècle. La plus ancienne église étant Saint-Nicolas, sa tour (à l’époque sans porte extérieure) faisait partie de l’enceinte extérieure du château. Saint-Nicolas était l’église de la paroisse. Autour de cette tour et château la vie s’édifia (comme elle l’avait fait autour de la "maison du maître " sur ce même lieu) ; Les ruelles (dénommées ici coulées) qui convergent sur la place en sont une typique illustration (elles ne servirent jamais de défenses!).
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1906, retour de manoeuvres du 115ème d'artillerie |
Les halles actuelles (halles
aux grains) datant de 1818 succèdent en partie à des halles
soutenues par des piliers ou poteaux de bois, non closes, qui abritaient
pour les marchés, les marchands de grains, les bouchers, les drapiers,
les merciers et à l’étage, poste de police et baillage royal.
Une halle aux toiles et aux boucheries fut construite en 1820, puis fut
rehaussée par un théâtre à l’étage en
1851 (l’ensemble fut remodifié en 1936). Les métiers à
tisser le chanvre s’étant progressivement tus dans la seconde moitié
du XIX, siècle, la halle aux toiles s’en trouva désertée
et fut transformée en salle des fêtes au début du XX,
siècle.
Avant la guerre 1914/1918, Mamers, ville garnison, connut
une catastrophe, le 7 juin 1904 avec une inondation due au débordement
du ruisseau "la Dive", 17 noyés et d’importants dégâts
furent à déplorer. Si Mamers eut la première piscine
de l’ouest en 1934, il fallut attendre les lendemains de la seconde guerre
mondiale pour voir la ville se tourner vers le domaine industriel. Dès
1955, avec un nouvel essor à partir de 1971, la ville s’est transformée,
les constructions se sont multipliées, des établissements
industriels se sont implantés, l’activité intellectuelle
s’est développée, l’achèvement, en 1971 d’une cité
scolaire (Lycées, Collèges, L.P.). Apportant une large contribution
à ce développement. Malgré une situation géographique
défavorable " d’où l’on ne voit rien de loin ", Mamers se
développa pour connaître en 1764 une population de 4224 habitants
; Puis au début du XX, siècle : 6054 habitants. Une baisse
progressive sera enregistrée avec le minimum atteint en 1931 : 4260.
La remontée sera lente jusqu’en 1962 : 5295, puis s’accéléra
pour tendre vers les 7000 habitants actuellement.
Depuis des siècles, ce centre reste axé sur la place Carnot et la place de la République. Si la première est sans nul doute, le centre commercial, la seconde abrite l’administration et l’histoire avec la maison de Joseph Caillaux, avec le couvent de la Visitation et le Cloître devenus propriété de la Ville après la Révolution. Ces bâtiments de très belle allure, parfaitement restaurés et entretenus abritent la sous Préfecture de l’arrondissement de Mamers, le Tribunal d’Instance, le Tribunal de Commerce, l’hôtel de Ville. A Mamers, comme dans le Saosnois les loisirs respectent la tradition d’une région calme où l’on aime se divertir entre "pays". Tout en sachant recevoir, les comices agricoles en communes rurales en sont la meilleure preuve ; La mise en vedette d’un jeu ancestral : la galoche (avec un Championnat de France) en est une autre. Le Tour Cycliste du Saosnois (épreuve internationale), la " Ronde de Perseigne ", (épreuve nationale), la finale des Concours de 17 du Saosnois, l’élection de "Miss Mamers et du Saosnois" sont autant de manifestations qui soulignent l’entité de cette région. Les journées de la musique et du " Pot-au-feu " à Saint-Vincent-des-Prés, les " 2 Jours du Vairais " à Saint-Cosme et plus encore les " 3 Jours de Mamers ", au printemps, marquent l’économie du Saosnois. Les "Trois Jours de Mamers" (Information de Didier van der Haeghen (1999): 15 jours avant la Pâque), foire exposition interrégionale présentent la plus prestigieuse vitrine, avec le concours vente d’animaux de viande, avec le Concours des meilleures rillettes, concours unique en France. De nombreuses festivités d’importance : les journées du festival du cinéma sarthois et européen " donnent lieu à des concentrations sur Mamers " Capitale du Saosnois ".
MAMERS"CAPITALE DU SAOSNOIS "
Après " Mammertis, Mammerto, Mammez, Mammert", le nom devient "Mamerz" au XII éme siècle, puis " Memers " et en 1665 MAMERS, si le nom de la ville était connu depuis fort longtemps, par contre, on ne lui connaît par d’armoiries propres, MAMERS comme capitale du SAOSNOIS ayant du porter successivement les armes de ses seigneurs :des familles de Bellesme, Alençon, Châtellerault (1219), Harcourt (1310), Alençon (1376), Bourbon-Vendôme (1550). Un document de 1779 est scellé par des armoiries rappelant les familles de Navarre, Béarn et Bourbon-Vendôme dont est issu Henri de Bourbon, fils d’Antoine et Jeanne d’Albret. Henri de Bourbon fut le dernier baron du Saosnois, monté sur le trône de France sous le nom d’Henri IV, il dut réunir le Saosnois au domaine de la couronne de France en 1607.
Mais le blason actuel et officiel : " D’azur semé
de fleurs de lis d’or chargé d’un lion de même, coupé
d’argent au léopard de sable ", est formé des armes des BEAUMONT-BRIENNE
(lion sur champ fleurdelisé) et de celles de la Duchesse de BEAUVILLIERS
(léopard de sable). Il s’agit là d’un accouplement bizarre
puisque le chef nous donne Beaumont-Brienne des XIII éme et XIV
éme siècle et la pointe Beauvilliers du XVIII, siècle.
Le dessinateur aura voulu effectuer la liaison entre le XIII éme
siècle où le SAOSNOIS était une importante baronnie
du Maine, membre de la Vicomté de Beaumont, et le XVIII, avec l’abolition
des titres de la baronnie du Saosnois de la duchesse de Beauvilliers. La
maison de Brienne dite de Beaumont apporta au XIII éme siècle
un vif éclat à la nouvelle ligne des Beaumont, déjà
réputés pour leur bravoure. Les Beaumont-Brienne combattirent
courageusement au début de la guerre de Cent Ans. Louis de Beaumont
fut tué à Cocherel en 1364. Sa sœur épousa vers 1340
Guillaume de Charmaillart, Seigneur d’Anthenaise, leur fille, vicomtesse
de Beaumont se maria en 1371 à Pierre II, Comte d’Alençon
à qui Jean VI, Comte d’Harcourt, Baron du Saosnois vendit la Seigneurie
par acte du 30 décembre 1376. L’épouse de Pierre II, comte
d’Alençon en sa qualité de vicomtesse de Beaumont, Dame du
Saosnois, portait les armes des BEAUMONT-BRIENNE que l’on retrouve donc
sur le blason bien que sa famille n’ait jamais possédé le
Saosnois. Pour la famille de Beauvilliers : en 1768,
Louis XV échangea avec la veuve du Duc de Beauvilliers, la baronnie
du Saosnois et la Châtellenie de Peray. En 1794, les titres
féodaux et seigneuriaux de la Baronnie du Saosnois (dont la Duchesse
de Beauvilliers aura été la dernière titulaire) furent
brûlés à MAMERS le jour de la Fête de la Liberté.