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LA LEGENDE DES SOURCES DE
SAINT-GEORGES
Dites "sources de la Georgette"

( Croquis d'Alexandre Aubry )
La
légende qui nous lie à son mystère nous attache à sa splendeur. Majestueuse,
poursuivant sa dynamique, elle nous entraîne vers la
féerie d'un Noël d'espérance à jamais gravé en ces lieux et qui
poursuit chaque visiteur de ces sources.
« Dans la sérénité de ce soir d’hiver,
le village de Saint Georges, plein d’enthousiasme, le cœur rempli de joie, fêtait
Noël. Suivant une coutume maintenant millénaire, l’office de minuit
rassemblait dans la petite chapelle, l'ensemble des fidèles. Selon la tradition
de l’année liturgique chrétienne, on chantait à pleine voix, les louanges
à ce Dieu qui allait naître. Minuit s'annonçait ! Les cloches égrenaient
leur carillon que modulaient agréablement les arbres de cette campagne calme et
silencieuse. Dans cette merveilleuse quiétude, quelques longues minutes s'écoulèrent.
Avant que ne survienne la tragédie. Tel l’éclatement d’un astre, la chute
d'un météorite, telle une épée gigantesque mue par la rapidité et force
d'une puissance infernale et aveugle, les foudres du ciel s’abattirent sur
cette « maison de paix ». Le
tonnerre et des éclairs de feu déchirèrent un ciel noir devenu brusquement
menaçant.
Dans un bruit terrifiant venant de ses entrailles la terre se mit à trembler,
les murs de la chapelle se disloquèrent avec fracas. Malgré le souffle glacial
qui entrait maintenant dans l’édifice, les fidèles n'en continuaient pas
moins leurs chants. C'est dans cet esprit de communion divine que l’assistance
sentit le sol se dérober sous ses pieds, sans aucun recours. Lentement le sol
s'affaissa, dans un mouvement de vaste rotation, la petite chapelle bascula,
engloutie avec les fidèles, par une énorme trombe d'eau. Avec une rapidité
incroyable, d’importantes quantités d eau s’échappèrent de l’ouverture
béante de la terre. Événement marqué sans cri de douleur, ni de plainte,
aucun signe de vie ne subsista, aucune bâtisse ne demeura apparente. Bientôt,
il ne resta plus rien de Saint Georges, que trois gouffres tantôt avalant,
tantôt refoulant une eau trouble et boueuse. »
Voilà,
la légende s'achève, avec elle, le rêve...
Inconnus
de ces lieux, s'il arrivait que vous passiez par là, une nuit de Noël, ne vous
éloignez pas. Lorsque dans le lointain de ce passible Saosnois, minuit
appellera les fidèles à leur devoir divin, vous entendrez peut-être encore,
montant des profondeurs de ces gouffres, le son cristallin des cloches de
Saint Georges et le Gloria éternel des chrétiens, mêlés au clapotis des eaux
devenus claires et limpides et qui, bien que moins abondantes, sont garantes
d'eau pour la commune et les environs.
Certains
lecteurs sceptiques pourront penser : « Que peut on en croire ? Quoi,
de nos jours, peut justifier ces déclarations ? »
Nous avons laissé à M. Aubry le soin de répondre à ces dernières questions et c'est avec une certitude absolue qu'il a dit :
« Que
les sceptiques sachent qu’ils pèchent gravement sur le dogme incontestable de
l’infaillibilité des « commères
». Car si l'Histoire pouvait s’inscrire en ces lieux, si les légendes étaient
toutes simples, claires et sans mystères, qui donc serait tenté d'y croire et
d y prendre plaisir ».