RetourFrancité

Lieu-dit: LES MEFOSSES

Texte de F.CHIRAT

DANGEUL

Localisation

A 1,4 kilomètre à l'Est de l'église de Dangeul, le site est bordé au Sud par la départementale 27 menant à Marolles-les-Braults et à l'Ouest par un chemin vicinal qui rejoint le lieu-dit nommé Touche à l'Aume.

A mi-chemin entre le prieuré de Mayanne et l'actuelle ferme : Huloup, Me Fossés est sur un terrain plat à 90 mètres d'altitude.

 

RÉFÉRENCES I.G.N.:         n°1717 Est         Année: 1988

Coordonnées Lambert :         AX: 446,9 AY :1062,8

RÉFÉRENCES CADASTRALES

Année: 1837         Section Al         Parcelles importantes : 134-136, 137-138

VESTIGES

Type: Maison forte avec basse-cour.

 

État cadastral :.

Nous sommes en présence de nombreux bâtiments entourés de fossés en eau. En 1837, un pont est en place entre la maison-forte et la basse-cour, il passe au-dessus des douves entre les parcelles 136 et 138. Le bâtiment le plus important mesure 33 mètres par 8 dans son exposition Est-ouest et, une autre aile de 28 mètres par 6 repart de son extrémité Ouest, étant ainsi exposée Nord-sud. A 42 mètres en face de cette aile se trouve un autre bâtiment de 38 mètres par 6. La fuie à pigeons est présente dans l'alignement de ce dernier au Nord. Dans l'autre partie du site, nous pouvons trouver l'ancienne chapelle dans le bâtiment qui forme un L, et plus précisément dans la partie orientée Nord-sud. 

Contrôle sur le terrain

De très vieilles pilasses sont encore présentes au bord de la départementale 27. Le site est séparé en deux parties; celle qui représente l'ancienne basse-cour, au Nord est aujourd'hui une grande ferme d'exploitation tandis que l'ancienne partie seigneuriale n'est plus entretenue et mise en vente. Les bâtiments présents dans cette partie sont les mêmes que ceux mentionnés sur le plan cadastral napoléonien mais, la fuie aurait bien besoin de quelques travaux de restauration. Cependant, le site est encore très bien conservé, seule la partie des fossés la plus à l'Ouest a disparu au milieu du XXè siècle, pour faciliter l'accès à la cour de la ferme et permettre la construction de hangars. Le pont séparant la parcelle 136 de la 138 a lui aussi disparu et un bâtiment servant d'étable a été construit sur l'emplacement de ce dernier. Le reste ne semble pas avoir changé, la chapelle "Saint-Jacques" (145c) est toujours existante, même si elle a été transformée en grange, ses fenêtres furent bouchées et de grandes portes ont été rajoutées. 

145c Idem 26c, E 256, article 27. 

DONNÉES HISTORIQUES 

La première mention nous attestant la présence d'une famille seigneuriale remonte à 1218 (146C). Cette charte nous apprend que l'official du Mans confirme qu'Herbert de Pinguine et son épouse, ont fait don à Saint-Vincent du tiers de leurs biens sis dans le fief de Raoual de Méfousse (Radulfi de Mefousse). Dans une seconde charte datant de la même année (147c), que le chevalier Raoul de Méfossé (de Medio-Fossato) a pour fils aîné Guérin. Ces derniers cédèrent en présence de l'official, "la possession libre et pacifique de ce qui était dans leur fief, tant de la donation que de la vente, sauf leur service, savoir : sept sous mansais pour le service d'un cheval quand il sera requis et, pour les tailles douze deniers , quand on les lèvera dans leur fief'.

Il nous faut ensuite arriver au 28 mai 1486, pour découvrir la fondation d'une chapellerie de deux messes, dans l'église de Saint-Martin de Dangeul par "damoiselle Katherine de Beauvays, alias Perrouyne, veufve de feu Guillaume Soreau, écuyer, dame de Mefoussé et du Vergier, en la paroisse de Dangeul "(148c).

Le 10 septembre 1536, noble homme Jehan Perrouyn, seigneur de Méfossé apparaît dans un aveu rendu à Montbizot à cause d'une terre sise dans cette même paroisse (149c).

En 1541, nous retrouvons Jehan de Perrouyn, seigneur de Méfossé (150c). En 1545, nous le voyons écrit : "Jean du Perroux (151c). Ce dernier va rester seigneur de Méfossé assez longtemps puisque nous le voyons encore apparaître le 10 février 1577 sous le nom de : Jehan de Peron". Il mourut en laissant deux filles, Marguerite et Jeanne. Esther de Bréchanon, sa veuve, épousa Claude de Clinchamp, seigneur de Villiers à Congé-sur-Orne. Ce dernier ayant été institué curateur des enfants de Jean de Perrouyn, vendit avant 1621 la terre de Méfossé à Paul de Bellocier, écuyer, mari de damoiselle Lucresse Le Mâle. En effet, en 1615, nous retrouvons une demoiselle Lucrèce Tahureau, fille de Monsieur de "Mefossey" (152c), alors qu'en 1621 une demoiselle Marguerite Belocier apparaît en tant que marraîne (153c). Ensuite, nous n'avons pas pu déterminer le moyen par lequel la terre de Méfossé est arrivée dans la famille de Pierrefitte. Est-ce par mariage? A-t-elle été achetée ?

La documentation nous manque pour répondre à ces questions. Cependant, dès 1653, messire Charles de Pierrefitte est : chevalier, seigneur d'Angoville, le Mesnil d'Occagne et Méfossé, en Dangeu1(154c). Son fils François est présent dans la "maison noble" de Méfossé le 23 novembre 1679 (155c). A cette date, il est dit seigneur de Méfossé alors que son père est encore vivant. En effet, Charles de Pierrefitte chevalier, seigneur de Méfossé, Gentilhomme de la chambre, conseiller et "mestre d'hostel" du Roy demeure dans son château de Méfossé, le 14 mai 1686, alors qu'il est atteint d'une maladie corporelle, le laissant saint d'esprit. Ce dernier en profite pour faire son testament de dernière volonté. II augmente le revenu de la fondation de la chapelle de Méfossé, de la somme de 200 livres à prendre annuellement et à perpétuité, après son décès, sur cette terre (156c).

Au XVIIlè siècle et, plus précisément en 1709, Marc de Pierrefitte demeure à Méfossé en tant que seigneur (157c). Il s'agit probablement du fils de François de Pierrefitte. 

146c Idem 123c, p. 214, charte 162.

147c Don Coulomb, Mémoires pour servir à l'histoire de l l'abbaye de .Saint- Vincent, Février 1866, p 251.

148c Archive du chapitre du Mans, A1 (bis), Fol. 78v.

149c A.D. 72, E 59, n°52.

150c A.D. 72, E 17, Fol. 28.

151c A.D. 72, H 126.

152c A.D. 72, E suppl. p. 266, colonne 1.

153c A.D 72, E suppl. p. 267.

154c A.D. 72, G 813.

155c Idem 128c, Tome V, p. 210.

156c A.D. 72, G 368.

157c Ibidem 155c. 

Le dernier seigneur de Méfossé qui apparaît avant la Révolution est monsieur Henry-Marin de Recalde (158c). Il est mentionné le 15 octobre 1777. Il est cependant probable que ce dernier était seigneur de Méfossé au moment ou le Paige est allé visiter le site, pour en tirer la description qu'il nous fait dans la seconde moitié du XVIIlè siècle (159c). Il nous décrit le site ainsi :"La maison seigneuriale, dans laquelle il y a une chapelle fondée sous l'invocation de Saint-Jacques, est entourée de grands fossés; on entre du jardin dans un bois de décoration, qui contient environ huit arpens, planté de chênes, frênes et ormeaux de cinquante à soixante pieds de hauteur, sans branche pour la plus grande partie ; sous cette futaie il y a un compartiment de dix à douze allées, toutes plantées de bois de quinze, à dix-huit pieds de hauteur; toutes ces allées se rendent à celle du milieu, excepté deux, qui sont derrière la maison". 

158c Archive du château de Dangeul (parchemin).

159c Idem 34c, p. 231.

annexe0030.jpg (70596 octets)  Cliquez pour agrandir, retour par votre navigateur

Retour