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Histoire du château de Dangeul

1/ Histoire du château par F.Chirat

Lieu-dit: LE CHÂTEAU

Localisation

A 400 mètres à l'Ouest de l'église, le château de Dangeul est à 180 mètres à l'Ouest de la départementale 67 menant à René. L'accès au site se fait par un chemin de 150 mètres sur un terrain quelque peu vallonné, cet endroit est à 90 mètres d'altitude.

RÉFÉRENCES I.G.N.      n°1717 Est          Année: 1988

Coordonnées Lambert :                AX: 445,1       AY: 1063,1

RÉFÉRENCES CADASTRALES

Année: 1837                Section : A3          Parcelles importantes : 633-634

VESTIGES Type : indéterminé.

État cadastral

Nous pouvons constater qu'il ne reste plus rien de l'ancien château, si ce n'est les communs. Ils comprennent de nombreux bâtiments, dont la maison de maître, située le plus à l'Ouest et orientée Est-ouest. Des jardins se sont implantés au Sud-ouest des communs et, il ne reste aucune trace visible de l'ancienne forteresse qui, d'après Pesche, était placée entre la parcelle 634 et la route qui mène à René (33c). C'est d'ailleurs de l'autre côté de cette route, où est resté le lieu-dit Saint-Martin que se trouvait la chapelle, dépendant du château.

Contrôle sur le terrain :

Les communs sont désormais utilisés par un club d'équitation. L'habitation principale qui est la plus à l'Ouest est bâtie sur une vieille cave voûtée, comportant une grande porte bouchée, qui a pu être le départ d'un souterrain partant vers le Nord.

D'après monsieur EPINEAU, qui est l'ancien gardien du château, aujourd'hui en retraite, de petits restes de douves qui bordaient la route de René, furent bouchés par ses soins, avec la terre de l'ancien cimetière de Saint-Martin, vers 1960. C'est donc à cette date que les larges douves mentionnées par le Paige (34c), à la fin du XVIIIè siècle, ont entièrement disparu. A l'époque de Pesche, il ne restait déjà plus que des restes.

Le château actuel est à près de 200 mètres à l'Ouest des communs. Il fut élevé en 1848 par l'architecte manceau Delarue, à la demande de la comtesse Françoise de Gallwey (35c). Il comporte deux tours rondes sur la façade d'entrée et, deux tourelles en briques sur celles de la terrasse, d'où nous bénéficions d'un magnifique panorama, sur toute la plaine, et en particulier Nouans, René et Thoigné.

 

33c Idem 15c, Tome II, p. 189.

34c Le Paige, Dictionnaire topographique historique, généalogique et bibliographique de la province et du diocèse du Maine, 1777, p. 206.

35c Baret (Chanoine René), "Le château de Dangeul et ses seigneurs", La Province du Maine 1956, p. 16. 

 

DONNÉES HISTORIQUES

L'histoire du château de Dangeul et de ses seigneurs a été très longuement écrite par le comte Roger de Fleurieu (36c) et, (abbé Baret en a donné un court aperçu (37c). Cependant, nous ne savons pas grand chose sur le château primitif de Dangeul. Selon les Actus, la "Villa" de Dangeul était au IXè siècle une possession de l'église du Mans (38c). A la suite des invasions normandes, elle se trouvait aux mains des laïcs. En 1090, Pesche écrit que Hélie de la Flèche fit bâtir un château ou fortifier celui qui existait (39c). Ce château possédait aussi une chapelle, en effet: "par acte daté du château de Touvoie (en Sainte-Corneille) le 26 février 1360, Michel de Brèche, évêque du Mans, permet à Denise de Beauçay, dame de Saint-Aignan et de Dangeul, et à Patrice de Chaourses, son fils, écuyer, seigneur de Saint-Aubin, de faire dire la messe aux cinq fêtes annuelles, dans leur chapelle du château de Dangeul, parce que, à cause de la guerre, ils n'osaient sortir de leur demeure pour se rendre à (église paroissiale et y assister aux offices (40c). Nous apprenons que cette chapelle ayant pour titulaire Maître Nicolas Dohin, en 167041c fut détruite en 1791 malgré les nombreuses lettres formulées par Jean-François-Gabriel Biseul, et les pétitions (42c).

Pour en revenir à des temps plus anciens, nous tenons à signaler que le château fut pris par les anglais en 1417(43c.)

36c.Fleurieu (comte Roger de), Souvenirs d'un gentilhomme campagnard, 1 vol., 1957. 37c Idem 35c.

38e Busson (G.) et Ledru (A.), "Actus pontificum Cenomannis in urbe degentium", Archives historiques du Maine, tome 11, 1902, p. 37.

39c Idem 15c, p. 191.

40e A.D. 72, E 271 où; Idem 9c, Tome VII, 1899, p 287. 41c A.D. 72, E 12.

42c A.D. G 813, n°2469.

43c Revue Historique et Archéologique du Maine, Tome XXV, 1889, p.68. 

 

Nous n'avons aucune description du château et, il n'existe aucune vue de l'ancien château, ni dans Gaignières, ni dans Clairambault, ni dans la collection des Estampes. La seule représentation que nous ayons se trouve dans l'escalier du château actuel. Comme nous pouvons le constater, il s'agit d'une peinture romantique portant l'inscription : "au château de Dangeul". Elle représente un vaste bâtiment XVIIè siècle avec des tours moyenâgeuses crénelées. Il ne semble pourtant pas qu'il faille voir là une reproduction exacte du château. Les nombreux domestiques présents avec les animaux laissent à penser qu'il s'agit d'un remerciement fait par un invité, suite à un bon repas.

Nous apprenons en 1790, que le domaine de Dangeul consistait en "un viel et ancien château ruisné par la fortune des guerres avec les douves", en 167044c. En effet, dans cette lettre, il est fait référence à cet aveu. Tandis q'un acte de vente du 30 mai 1785 nous apprend que la terre et seigneurie de Dangeul consistaient en un corps de bâtiment servant de logement de maître, jardin, bosquet, cour, basse-cour" ...45c.

44c Idem 42c.

45c Archives du château de Dangeul (parchemin).

annexe0005.jpg (66344 octets)  Cliquez pour agrandir, retour par votre navigateur


2/ Histoire du château par le chanoine Ledru

On trouve, au siècle suivant, le nom d'un Robert de Dangeul (Blason à gauche) (Pesche.). Celui-ci avait un frère Geoffroy de Dangeul. (Blason à droite)

D'après le chanoine Ledru ( Note manuscrite au château de Dangeul.), le  27 août 1238, Robert fit un accord avec le curé de Saint-Martin de Dangeul. II avait épousé Alice, dame d'Avesnes. Il est considéré comme mort en avril 1252. Leur fille Jeanne, épousa Payen de Chaources, chevalier, seigneur de Saint-Aignan, Clinchamps, etc... et apporta à cette maison Dangeul.

« Par acte daté du château de Touvoie (en Saint-Corneille) le 26 février 1360 (v. s. ), Michel de Brèche, évêque du Mans, permet à Denise de Bauçay, dame de Saint-Aignan et de Dangeul, et à Patrice de Chaourses, son fils, écuyer, seigneur de Saint-Aubin, de faire dire la messe aux cinq fêtes annuelles : la Toussaint, Saint-Martin, Noël, la Purification et Pâques, et aux six dimanches prohibés par les constitutions de Château-Gontier, dans leur chapelle du château de Dangeul, parce que à cause de la guerre, ils n'osaient sortir de leur demeure pour se rendre à l'église paroissiale et y assister aux offices » (Archives Sarthe, E, 271; A. Ledru, Le Maine sous Jean le Bon, Prov. du Maine, t. VII, 1899, p. 287.).

Au XIVè siècle, Dangeul appartient donc à la vieille famille des Chaources (Alias Chourses, Sourches, famille d'ancienne chevalerie, originaire. de Sourches en Saint-Symphorien, qui a possédé dans le Maine les Seigneuries de Sourches, Bernay, Brûlon, Malicorne, Saint-Mars-sous-Ballon, Saint-Aignan, etc.). Avant 1322, on rencontre : Patrice ler de Chaources, chevalier, mari de Denise de Bauçay dont nous avons parlé ci-dessus, puis Patrice II de Chaources, chevalier, fils des précédents, mari de Jeanne de Doucelles. Ces derniers n'eurent pas d'héritiers et Dangeul passa alors à l'un de leurs parents Jean d'Usages, chevalier, vidame du Mans, mari de Jeanne de Sacé, d'où plusieurs filles. Après lui, Dangeul échoit également à un parent : Jean de l'Isle, mort sans enfants. C'est alors que Dangeul revient à la famille d'Angennes. Mais avant d'aborder cette période, signalons que le bastion de Dangeul fut pris par les anglais en 1417 ( Rev. Hist, Arch. Maine, t. XXV, 1889, p. 68.).

Pendant tout le moyen âge, Dangeul semble bien avoir joué le rôle d'un château-forteresse. Le piton où ce dernier est situé domine en effet toute la plaine, les régions de Nouans, René et Thoigné. Par temps clair, le regard aperçoit dans le lointain les forêts de Sillé, Écouves et Perseigne. Le site est magnifique. Face au Perche, Dangeul défendait évidemment les abords de la capitale du Maine. 

Blasons :

Braitel (Bretel, Bresteau) : d'azur au lion d'or.

Chaources (Chaourses, Sourches) : d'argent à cinq burelles de gueules.

Usages : (?).

De l'Isle : d'argent au lion de sable (?). 


De la fin du XVè siècle à 1739.

Les d'Angennes. 

Jean d'Angennes, chevalier, seigneur de Rambouillet,, est le premier possesseur de Dangeul. Il est mort après le 16 août 1474 et avait épousé Philippe du Bellay. D'où Charles d'Angennes, sgr de Rambouillet et de la Loupe, mort en 1514 et époux en 1491 de Marguerite de Coësmes. Dangeul passe à leur fils Jacques d'Angennes, chevalier de l'ordre du roi, gouverneur de Metz, favori de François ler. Mort en 1562, mari d'Isabeau Cotereau, de la famille des seigneurs de Maintenon, d'où 12 enfants, en particulier : Nicolas d'Angennes, marquis de Rambouillet, vidame du Mans, sgr de Dangeul, sénéchal du Maine en 1572, gouverneur de Metz conseiller d'état, lieutenant général des armées des rois Charles IX et Henri III, ambassadeur en Angleterre, décédé en 1631. II avait épousé Julienne d'Arquenay, dont Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet, vidame du Mans, sénéchal du Maine de 1598 à 1618, conseiller d'État, colonel général de l'Infanterie Italienne, mestre de camp des armées du Roi, maître de sa garde-robe, son ambassadeur extraordinaire en Piémont et en Espagne, etc... décédé en 1652. De son union avec la fameuse Catherine de Vivonne, « l'incomparable Arthénice  au salon célèbre », il eut sept enfants, dont Julie-Lucie d'Angennes qui aidait sa mère à faire les honneurs de son salon, mariée en 1645 à Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, gouverneur du dauphin (En 1641, le duc de Montausier offrit à Julie la fameuse guirlande, composée de 76 madrigaux vantant ses perfections physiques et morales.)  et sa sœur Angélice-Clarice d'Angennes, mariée en 1658 à François-Adhémar de Monteil, marquis de Grignan, lieutenant général de Provence. Elle mourut en 1665. Ces deux d'Angennes, nous dit M. de Linière (Armorial, t. 1, p. 11.), furent possesseurs de la terre de Dangeul. Le même auteur souligne que cette illustre famille « a fourni à la province du Maine des lieutenants généraux et des sénéchaux, deux évêques dont un cardinal »  . 

Blason :

D'Angennes : De sable au sautoir d'argent. 


1658-1739.

Les Vassé.

Le 18 juillet 1658, à Paris, à l'hôtel de Rambouillet, messire François-Adhémar de Monteil, marquis de Grignan, seigneur de Dangeul et autres lieux et dame Angélique-Clarice d'Angennes, son épouse, vendirent à Messire Henry-François de Vassé, chevalier, marquis dudit lieu, le tiers de la terre, fief et seigneurie de Dangeul avec le fief de Béru (Archives du château de Dangeul. Original parchemin.). Ils vendent également au même le fief d'Usages auquel était attaché le titre de vidame du Mans ( C'est à partir de cette époque que les marquis de Vassé s'intitulèrent désormais « Vidames de Vassé n.).

C'est donc Henri-François, marquis de Vassé (1622-1684), lieutenant-général des armées du Roi, gouverneur du château de Plessis-les-Tours, conseiller du Roi, vidame du Mans, etc... qui fut le premier Vassé à porter le titre de seigneur de Dangeul. Nous supposons qu'il acheta cette terre aux héritiers d'Angennes pour arrondir la sienne, puisqu'il possédait déjà le marquisat de Ballon, tout à côté (R. Baret, Rouessé-Vassé, t. II, p. 26). Il avait épousé Marie-Madeleine de Luzignan de Saint-Gelais. Leur fils Louis-Alexandre (1656-1684), leur petit-fils Emmanuel-Armand marquis de Vassé (1683-1710), leur arrière petit-fils Charles marquis de Vassé (1706-1711), avouent tous Dangeul comme  fief.

Charles-Armand marquis de Vassé, gouverneur du Plessis-les-Tours vendit Dangeul le 25 juin 1739, quelques années avant de mourir (11 avril 1741) pour la somme de 70.000 livres à Louis Plumard, écuyer, conseiller du roi, maison et couronne de France et de ses finances. Son fils Armand-Mathurin marquis de Vassé (1708-1782), très endetté, devait à son tour, en 1762, aliéner la, terre de Ballon à Jean Le Vayer, baron de Survilliers pour 192.400 livres.  

Les Vassé prenaient rang parmi les plus grands seigneurs du royaume tant par les charges exercées que par leurs alliances. 

Blason :

Vassé: D'or à trois fasces d'azur. 


1739-1785.

La famille Plumard. 

Dangeul fut donc acheté par un membre de la famille Plumard. Cette. dernière tirait son origine de Tuffé. En voici la généalogie d'après M. de Linière (Armorial, t. II, p. 573)

I-   Louis Plumard, marchand-drapier à Tuffé, s'établit au Mans, épousa en 1693 Marie Le Villain. Juge consul, échevin en 1719 , échevin titulaire en 1724 et bourgeois du Mans. 

Armes : de sable à trois demi-vols d'argent, posés 2 et 1 (armes parlantes) 

D'où .

1) Louis, qui suit.

2) Joseph, sieur de Rieux, contrôleur au grenier à sel de la Ferté-Bernard et négociant au Mans, juge consul, puis armateur-négrier à Nantes, ép. Marie Ant. Moisant ( D'où Marie-Madeleine P. de Rieux, ép. de Michel-François Banchereau, négociant; Marthe Plumard et Joseph Plumard, écuyer, marié à Cécile Bouchaud de la Pignonnerie, d'où Siméon Plumard, sgr de Rieux, échevin de la ville de Nantes. armateur, négrier, ép. Marie-Jeanne Geslin; la fille de ces derniers Cécile ép. en 1796 à Nantes Michel Colas de Brouville, chevalier, et décéda en 1803 ,Voir Chercheurs et Curieux, mai 1954, col. 266).

3) Anne-Marguerite mariée en 1721 à François-Louis Véron, sieur du Verger, juge-consul, échevin du Mans en 1754. 

II.  Louis Plumard, né à Tuffé en 1695, échevin du Mans en 1741, acquiert la charge de conseiller-secrétaire du Roi, maison et couronne de France qui lui confère la noblesse en 1733, achète en 1739 la terre et châtellenie de Dangeul ép. en 1721 Marie-Louise Dutertre, fille d'un échevin du Mans, meurt en 1753 (Ch. Girault, La Noblesse Sarthoise,.Prov. du Maine, 1954, fasc. 3, p. 103, et de Linière, Armorial; voir encore Chambois-Esnault, Minutes Notaires, V, P27 et suite.) 

D'où .

1) Louis-Joseph, qui suit.

2) Marie-Françoise ép. Antoine-Louis de Bellenger, chevalier, vicomte d'Hôtel-Nampteul, conseiller d'État, conseiller d'honneur à la Cour des Aides de Paris.

3) Marthe ép. Louis-François-Daniel de Beauvais, écuyer, sgr du Gros-Chesnay, etc...

4) Louise-Madeleine ép. Ambroise Le Clerc de la Galorière, écuyer, sgr de Sainte-Croix, procureur du Roi au siège présidial du Mans.

III. – Louis-Joseph Plumard, chevalier, sgr de Dangeul, la Houssaye, Martes, Courtenay, etc... publie des ouvrages d'économie politique, membre de l'Académie des Sciences de Stockholm; auditeur, maître de la Chambre des Comptes de Paris, secrétaire des Commandements de S. A. R. le comte de Provence, maître d'hôtel de la Reine, gentilhomme ordinaire du Roi. Décède sans alliance, inhumé le 3 novembre 1777 dans le cimetière de Dangeul.

Louis-Joseph Plumard laissa Dangeul à sa sœur Marie-Françoise Plumard, femme d'Antoine-Louis Bellanger, conseiller d'État, etc... Ceux-ci revendirent Dangeul en 1785 pour 297 000 livres à Jean-François-Gabriel Biseul, écuyer, conseiller-secrétaire du Roi, maître des forges d'Antoigné. 

Blason :

Plumard : d'azur, au soleil d'or mouvant du canton dextre, au tournesol du même tigé de sinople mouvant de la pointe du flanc senestre, à la champagne d'argent chargée de deux fasces ondées de gueules (Armes des Plumard de Nantes que nous supposons identiques à celles de leur oncle de Dangeul. Cauvin, dans son Armorial, donne les suivantes : D'or à trois fasces d'azur, à la bande d'argent brochant sur le tout. II s'agit là en réalité des armes des Dangeul du moyen âge.)


1785-1956.

Les derniers possesseurs

Biseul -- Maréchal de Lucé -- Gallwey et de Fleurieu. 

I.– Jean-François Biseul, seigneur de la Vaudorière, conseiller du roi, ancien échevin d'Alençon, maître des grosses forges d'Antoigné, de 1761 à 1769 (Voir Ledru, Les Châteaux de la Sarthe, Antoigné. Le Mans, 1909.). En 1769, il est dit « président trésorier de France, grand voyer de Normandie dans la généralité d'Alençon »

Voir notre "encadré" sur la famille Pollin-Biseul

De noble dame Catherine Collet, il eut : 

II.  1° Jean-François-Gabriel de Biseul (1769-1789), écuyer, seigneur de Dangeul, terre qu'il achète en 1785, épousa à Courgains le 3 octobre 1769 Louise-Charlotte Pinceloup de la Moustière (+ en 1783), fille de Jacques-François Pinceloup de la Moustière, conseiller, secrétaire du roi, seigneur de Courgains, et de Marie-Charlotte Cureau (morte au Mans en 1783).

2° Charles-Maximilien-François Biseul de la Borderie, inhumé dans l'église de Sainte-Jammes, le 17 avril 1761.

Jean-François de Biseul était encore sgr de Monthibault,, à Saint-Jean-d'Assé. De son union avec L.C. Pinceloup, il eut trois filles

III.  a) Jeanne-Madeleine, née en 1771, qui épousa Charles Maréchal de Lucé. D'où

1) Françoise-Marie-Virginie de Lucé, épouse d'André Patrice Édouard de Gallwey (voir plus loin) ; elle lui apporte la terre de Dangeul.

2) Louise-Madeleine, épouse de Louis-Alfred-Hippolyte de Beaunay.

 b) Charlotte-Catherine, née en 1773, épouse de Pierre-Charles-Noël, marquis de Perrochel, aïeul des trois frères de Perrochel morts sans alliances, dont Jules, dernier représentant du nom, décédé en 1910.

c) Louise-Madeleine, née en 1775, épouse d'Alfred-Gratien Pollin de Mauny.

Le portrait au pastel de ces trois sœurs groupées est à Dangeul dans la chambre de Mme la Comtesse de Fleurieu.

 

Blason :

Biseul : D'argent au chevron de gueules accompagné de deux quintefeuilles d'azur en chef et d'un croissant de sable en pointe. 

 


Les Gallwey. 

I.  Jacques de Gallwey, écuyer; qui en 1688 lors de la Révolution perdit par confiscation une grande terre dans la baronnie de Carbury au comté de Corke et un comté dans le comté de Dublin, passa en France avec le roi Jacques, s'établit en Bretagne, épousa Mary O'Mullan. Il eut plusieurs enfants. Son petit-fils:

III.  André de Gallwey, seigneur de Turbilly en 1772, obtint la même année une lettre de naturalité, épousa en 1747 Hélène Kavenagh (veuve en 1785, décède en 1792). Habitait Nantes avant d'acheter le marquisat de Turbilly en' 1781. D'où

IV. – 1° Henri-Jacques, comte de Gallwey, chevalier, né vers 1747, mort en 1815, enseveli dans l'église de Vaulandry, ancien capitaine au régiment de Walsh, émigra, servit dans l'armée de Condé, lieutenant-colonel au régiment de Berwick, chevalier de l'ordre royal de Saint-Louis, épousa Jeanne-Madeleine Fortier, fille de noble Étienne-Jean Fortier, négociant, sgr de Chevigné (à Saint-Georges-sur-Loire, Maine-et-loire) et de dame Marguerite-Françoise de Rabec ; morte à Nantes en 1830.

2° Patrice-Pierre de Gallwey, lieutenant de vaisseau, mort à la bataille de Minden en 1793.

V. – André-Patrice, comte de Gallwey (1790-1826), fils d'Henri-Jacques et de Jeanne Fortier (André-Patrice de Gallwey avait une sœur, Henriette-Pauline de Gallwey, qui épousa Alphonse-Adrien-François, marquis de Goulaines.), capitaine au 18e chasseurs à Niort, maire de Vaulandry, épousa à Nantes le 5 février 1807 Françoise-Virginie Maréchal de Lucé, fille de Charles Maréchal de Lucé et de Jeanne-Madeleine de Biseul.

La Comtesse de Gallwey, née Lucé, apporta ainsi que nous l'avons dit la terre de Dangeul dans ses partages et la légua à son second fils. C'est elle qui fit construire le château actuel pour son fils Édouard.

VI.  a) Henri-Édouard-Gabriel, comte de Gallwey (1819-1846), qui épousa en 1838 Marie-Louise-Pauline-Clémentine du Fresne de Beaucourt (1820‑1893) laquelle, veuve, épousa en seconde noce Charles-Léon comte de Broc (1800-1863). N'ayant pas eu de postérité d'Henri de Gallwey, elle fait passer Turbilly dans la famille de Broc, grâce à une donation de son mari.

VI.  b) Édouard-Alphonse, comte de Gallwey, né à Turbilly le 30 octobre 1820, mort à Paris le 24 mars 1889, épousa

1° Le 12 janvier 1844, Julia-Georgina Mac Cann, de nationalité américaine (1825-1847). Décédée à Mamers le 21 juin 1847, à l'âge de 21 ans.

2° Marie Pineau de Viennay (1826-1884), fille du marquis, ancien garde du corps du roi Louis XVIII et de Marie-Lucie Regnoust du Chesnay.

De sa 1ère épouse, il eut un fils : Henri; de la 2e : Pauline.

VII. - a) Henri, vicomte, puis comte de Gallwey (1845-1902 épousa en 1873 Madeleine Le Coigneux de Belabre (+ en 1854).

D'où

VIII.  Patrice, dernier comte de Gallwey (1874-1909), mort sans alliance, accidentellement.

VII.  b) Pauline de Gallwey (1851-1888) épousa le 12/8/1870 Arthur, comte Claret de Fleurieu (1831‑1898), docteur ès sciences, maire et conseiller général.

Celui-ci acheta Dangeul à son beau-père, le comte de Gallwey.

Le comte de Fleurieu eut deux enfants :

VIII.  a) Robert comte de Fleurieu, né en 1873, conseiller d'arrondissement en 1913, ensuite conseiller général de 1919 à 1944, donc en tout pendant 31 ans, maire de Dangeul pendant 40 ans de 1904 à 1914, épousa en 1900 Élisabeth de Froissard de Broissia.

D'où :

IX.  1. Solange, Mme de Largentaye.

2. Marie, comtesse de Saint-Victor.

3. Marguerite, comtesse d'Orglandes.

4. Paule, comtesse de Goulaines.

Nous dirons plus loin quelle part revient à M. de Fleurieu dans la restauration et l'aménagement du château de Dangeul et de la propriété.

b) Édouard de Fleurieu, commandant de cavalerie, né en 1875, marié à Antoinette Silhol, veuve de M. Paul Delbet, mort sans enfant en 1912.

 

Blasons :

Gallwey : famille d'origine irlandaise, porte pour armes d'or à la croix de gueules chargée de cinq étoiles d'argent. Sa devise est «  Vincit veritas » (Voir Ledru, dans la collection « Les Châteaux de la Sarthe », Les Perrais, La Chevalerie, Turbilly. Le Mans, 1908, p. 63 et suiv.). 

(Blason le plus à gauche sur la tapisserie)

 

Claret de Fleurieu : famille originaire du Lyonnais. D'argent à la bande d'azur chargé d'un soleil d'or.

DEVISE : « Claret, non nocet » .

 

 

 


Le château actuel. 

Située près du bourg, lequel faisait partie autrefois du Saosnois, maintenant du canton de Marolles-les-Braults et de l'arrondissement de Mamers, la châtellenie de Dangeul rendait aveu au duché de Beaumont, possédait haute, moyenne et basse justice, avait la seigneurie des deux paroisses de Dangeul; elle s'étendait sur huit autres paroisses et se composait du château et de huit fermes produisant avant la révolution environ 13.000 livres de revenu.

 (Le domaine actuel comprend encore huit fermes.).

« La maison seigneuriale, dit Le Paige (Dict. top. hist. généal. et biblio. dit Maine, art. Dangeul.) qui écrit à la fin du XVIIIè est située proche l'église de Saint-Martin, sur une élévation qui lui procure une vue charmante... Il y a plusieurs taillis ou futaies... 

Le seigneur en a fait semer un au-dessous de sa maison seigneuriale... »

En 1831, l'historien Pesche rapporte dans son Dictionnaire

« L'ancienne forteresse ou château, au sud de l'église de Saint-Martin, dont un chemin seul la séparait, est entièrement détruite. On ne voit plus que des restes des fossés qui l'entouraient. Ce qu'on appelle encore le château n'est qu'une maison fort simple, les anciens communs de ce manoir... »  

II existe dans l'escalier du château actuel une mauvaise peinture romantique portant cette inscription : « Au château de Dangeul ». Elle représente un vaste bâtiment XVIIè siècle avec des tours moyen-âgeuses crénelées. Au premier plan de nombreux domestiques exhibent ostensiblement gibiers, poissons, etc... Il ne semble pas qu'il faille voir là une reproduction exacte de l'ancien château. Il s'agirait plutôt d'un plaisant remerciement d'un hôte à l'estomac reconnaissant 

( Il n'existe aucune vue de l'ancien château de Dangeul, ni dans Gaignières, ni dans Clairambault, ni dans la collection des Estampes ou dans la publication de Chastillon, à la Nationale à Paris.).    

 

 

 


La bataille du château de Dangeul (10 août 1944). 

Nous avons dit qu'au moyen-âge, Dangeul était une position clef ouvrant sur le Mans et que le château fut longtemps une forteresse, un bastion plus qu'un château de plaisance.

Après dix siècles, par un curieux retour des choses, le châ­teau de Dangeul devait récemment reprendre ce rôle durant les combats de la Libération. Le château et ses communs étaient en effet remplis de troupes allemandes.

Les terribles S. S. étaient commandés par un colonel à tête d'assassin du nom de Becker. Celui-ci avait caché ses tanks sous les grands arbres entourant immédiatement le château. Le 10 août au matin, l'arrivée des américains fut précédée de faits particulièrement dramatiques. M. de Fleurieu trouva son vestibule tout maculé de sang, puis il apprit que quatre allemands avaient été tués par des nègres prisonniers. M. de Fleurieu, maire, fut tenu pour responsable de ce massacre et consigné dans son château. Vers 3 heures de l'après-midi, il s'enhardit et sortit pour voir à ses chiens. Les écuries de la ferme flambaient :  « C'est moi qui ai fait mettre le feu, rugit Becker : si vous y allez voir, je vous fais fusiller immédiatement »

Vers 5 heures du soir, l'avant garde-américaine arrivait en vue du château par le bas du parc, en l'occurrence trois ou quatre chars venant de Nouans. Les tanks américains tirèrent aussitôt à coups de canons sur leurs partenaires allemands. La bataille devait durer trois ou quatre heures. Sous les arbres, trois ou quatre tanks, les camions allemands remplis d'essence, la cuisine roulante, les autos se mirent à brûler. Il y avait une quarantaine de voitures devant la pelouse. Deux transports de munitions sautèrent... Après un affolement compréhensible, les S. S. se ressaisirent et détruisirent trois chars américains dont tous les occupants furent grillés à l'intérieur. Vers 10 heures du soir, tout était terminé. Les allemands, en vociférant, s'étaient enfuis à pied en récupérant le matériel et les tanks encore intacts. Lorsque M. et Mme de Fleurieu sortirent de leur château sous lequel ils croyaient bien être ensevelis, tout flambait autour d'eux, la ferme, des tas de bois, les arbres, le matériel des allemands, les tanks américains.., tous les carreaux des fenêtres du château étaient tombés, les murs étaient endommagés. Le lendemain matin, vers 8 heures, l'armée Leclerc, venant de Mézières où elle s'était battue, occupait définitivement Dangeul. 

 

 

M. le comte de Fleurieu, à l'endroit où l'un des chars américains fut détruit a fait élever une stèle qui porte  ces mots : 

 

A LA MÉMOIRE 

DES SOLDATS FRANÇAIS 

ET AMÉRICAINS MORTS

 A DANGEUL

LE 10 AOÛT 1944

POUR LA LIBÉRATION

DE LA FRANCE 

 

Tous les ans, le 10 août, la population qui n'oublie pas, vient se recueillir devant ce monument qu'une main experte décore à la façon d'un reposoir. Pour les courageux châtelains, cette cérémonie évoque des heures tragiques dont heureusement ils sortirent indemnes.

En terminant cette brève étude historique, comment n'évoquerais-je pas l'accueil délicieux qui à maintes reprises me fut réservé au château de Dangeul par M. le comte et Mme la comtesse de Fleurieu. A une époque où les vraies valeurs de l'esprit sont méconnues, c'est un rare régal de converser avec un gentilhomme à l'esprit si fin et si distingué, avec un écrivain de race...

 

 

(M. le comte de Fleurieu est l'auteur d'un Joseph Caillaux au cours d'un demi-siècle de notre histoire, Paris, Clavreuil, 1951, et de Souvenirs l'un gentilhomme campagnard dont la couverture est ci-contre)

... et de reconnaître avec tout un pays les bontés d'une châtelaine vénérée. C'est avec une pensée reconnaissante que je leur dédie ces pages. 

 

 

 

 


Survivance des Sires de Dangeul. 

Alors que je posais le point final à mon étude sur le château de Dangeul, une coïncidence providentielle me mettait sous les yeux une généalogie inédite de cette même maison (Catalogue Saint-Hélion, 115, dossier no 474.). Il s'agit d'une filiation copiée sur quelques originaux plus anciens et portant le cachet du cabinet d'Hozier. Elle est datée de juin 1733 et comporte trois pages in-folio.

Nous avons vu qu'au XIIIè siècle, les historiens manceaux connaissaient un Robert de Dangeul qui vécut vers 1238 et épousa Alice, dame d’Avesnes. Sa fille Jeanne ayant pris pour mari Payen de Chaources, fit entrer dans cette famille la châtellenie de Dangeul au Maine.

Or la généalogie que nous possédons s'ouvre par un autre Robert de Dangeul, sans doute petit-fils de celui que nous connaissions (Dangeul n'existe que dans la Sarthe.). Il est dit Vicomte de Verneuil au Perche (Eure, arr. d'Evreux. Le. Perche confine le Maine.). Son testament est daté du 19 mai 1364. Il demande d'être inhumé en l'église des Cordeliers de Verneuil. Il eut deux fils : Jean et Robert. Dans leur postérité, je rencontre encore un autre Robert de Dangeul qui fut évêque de Nevers en 1401 et décéda le 22 juillet 1430 ; un Miles de Dangeul, doyen de l'Église de Chartres, puis à la génération suivante Guillaume de Dangeul, capitaine de Nevers, maître d'hôtel de Jean de Bourgogne, Comte de Nevers. Ce Guillaume hérita des biens de l'évêque en Normandie (Sours, Montligeon et Chandré). Il avait épousé Isabelle Leclerc, fille de Jean Leclerc, seigneur de Luzarche (1427). Son fils Claude fut également maître d'hôtel du Comte de Nevers. La généalogie se poursuit avec des alliances dans les familles de Beauvilliers, d'Orval, etc... pour se terminer en 1733 à Anne de Dangeul, fille unique et seule héritière de Nicolas de Dangeul, seigneur de Sours, Chandré, Montligeon, etc... et d'Anne de Boulainvilliers (Fille de Daniel, vicomte de Dreux et de Madeleine de Heslin.). Cette dernière représentante du nom de Dangeul épousa maître Philippe de Montigny, gouverneur de Dieppe, dont elle eut postérité.
Par cette généalogie ignorée, nous avons les armes des Dangeul, armes qui nous étaient jusqu'ici inconnues :
D'or à trois fasces d'azur, à une bande d'argent brochant sur le tout.
 


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