Histoire du château de Dangeul
1/ Histoire du château par F.Chirat
Lieu-dit:
LE CHÂTEAU
Localisation
A 400 mètres
à l'Ouest de l'église, le château de Dangeul est à 180 mètres à l'Ouest de
la départementale 67 menant à René. L'accès au site se fait par un chemin de
150 mètres sur un terrain quelque peu vallonné, cet endroit est à 90 mètres
d'altitude.
RÉFÉRENCES
I.G.N. n°1717
Est
Année: 1988
Coordonnées
Lambert :
AX: 445,1 AY: 1063,1
RÉFÉRENCES
CADASTRALES
Année:
1837
Section : A3
Parcelles importantes : 633-634
VESTIGES
Type : indéterminé.
État
cadastral
Nous
pouvons constater qu'il ne reste plus rien de l'ancien château, si ce n'est les
communs. Ils comprennent de nombreux bâtiments, dont la maison de maître, située
le plus à l'Ouest et orientée Est-ouest. Des jardins se sont implantés au Sud-ouest
des communs et, il ne reste aucune trace visible de l'ancienne forteresse qui,
d'après Pesche, était placée entre la parcelle 634 et la route qui mène à
René (33c). C'est d'ailleurs de l'autre côté de cette route, où est resté
le lieu-dit Saint-Martin
que se trouvait la chapelle, dépendant du château.
Contrôle
sur le terrain
Les
communs sont désormais utilisés par un club d'équitation. L'habitation
principale qui est la plus à l'Ouest est bâtie sur une vieille cave voûtée,
comportant une grande porte bouchée, qui a pu être le départ d'un souterrain
partant vers le Nord.
D'après
monsieur EPINEAU, qui est l'ancien gardien du château, aujourd'hui en retraite,
de petits restes de douves qui bordaient la route de René, furent bouchés par
ses soins, avec la terre de l'ancien cimetière de Saint-Martin, vers 1960.
C'est donc à cette date que les larges douves mentionnées par le Paige (34c),
à la fin du XVIIIè siècle, ont entièrement disparu. A l'époque de Pesche,
il ne restait déjà plus que des restes.
Le château
actuel est à près de 200 mètres à l'Ouest des communs. Il fut élevé en
1848 par l'architecte manceau Delarue, à la demande de la comtesse Françoise
de Gallwey (35c). Il comporte deux tours rondes sur la façade d'entrée et,
deux tourelles en briques sur celles de la terrasse, d'où nous bénéficions
d'un magnifique panorama, sur toute la plaine, et en particulier Nouans, René
et Thoigné.
33c Idem 15c, Tome II, p. 189.
34c Le
Paige, Dictionnaire topographique
historique, généalogique et bibliographique de la province et du diocèse du
Maine, 1777, p. 206.
35c Baret
(Chanoine René), "Le château de Dangeul et ses seigneurs", La
Province du Maine 1956,
p. 16.
DONNÉES
HISTORIQUES
L'histoire
du château de Dangeul et de ses seigneurs a été très longuement écrite par
le comte Roger de Fleurieu (36c) et, (abbé Baret en a donné un court aperçu
(37c). Cependant, nous ne savons pas grand chose sur le château primitif de
Dangeul. Selon les Actus, la "Villa" de Dangeul était au IXè siècle
une possession de l'église du Mans (38c). A la suite des invasions normandes,
elle se trouvait aux mains des laïcs. En 1090, Pesche écrit que Hélie de la
Flèche fit bâtir un château ou fortifier celui qui existait (39c). Ce château
possédait aussi une chapelle, en effet: "par acte daté du château de
Touvoie (en Sainte-Corneille) le 26 février 1360, Michel de Brèche, évêque
du Mans, permet à Denise de Beauçay, dame de Saint-Aignan et de Dangeul, et à
Patrice de Chaourses, son fils, écuyer, seigneur de Saint-Aubin, de faire dire
la messe aux cinq fêtes annuelles, dans leur chapelle du château de Dangeul,
parce que, à cause de la guerre, ils n'osaient sortir de leur demeure pour se
rendre à (église paroissiale et y assister aux offices (40c). Nous apprenons
que cette chapelle ayant pour titulaire Maître Nicolas Dohin, en 167041c fut détruite
en 1791 malgré les nombreuses lettres formulées par Jean-François-Gabriel
Biseul, et les pétitions (42c).
Pour en
revenir à des temps plus anciens, nous tenons à signaler que le château fut
pris par les anglais en 1417(43c.)
36c.Fleurieu
(comte Roger de), Souvenirs
d'un gentilhomme campagnard, 1 vol., 1957.
37c Idem 35c.
38e Busson (G.) et Ledru (A.), "Actus pontificum Cenomannis in urbe degentium", Archives historiques du Maine, tome 11, 1902, p. 37.
39c
Idem 15c,
p. 191.
40e
A.D. 72, E 271 où; Idem
9c, Tome VII, 1899, p 287. 41c
A.D. 72, E 12.
42c A.D. G 813, n°2469.
43c Revue
Historique et Archéologique du Maine, Tome XXV, 1889, p.68.
Nous
n'avons aucune description du château et, il n'existe aucune vue de l'ancien château,
ni dans Gaignières, ni dans Clairambault, ni dans la collection des Estampes.
La seule représentation que nous ayons se trouve dans l'escalier du château
actuel. Comme nous pouvons le constater, il s'agit d'une peinture romantique
portant l'inscription : "au château de Dangeul". Elle représente un
vaste bâtiment XVIIè siècle avec des tours moyenâgeuses crénelées. Il ne
semble pourtant pas qu'il faille voir là une reproduction exacte du château.
Les nombreux domestiques présents avec les animaux laissent à penser qu'il
s'agit d'un remerciement fait par un invité, suite à un bon repas.
Nous
apprenons en 1790, que
le domaine de Dangeul consistait en "un viel et ancien château ruisné par
la fortune des guerres avec les douves", en 167044c.
En effet,
dans cette lettre, il est fait référence à cet aveu. Tandis q'un acte de
vente du 30 mai 1785 nous
apprend que la terre et seigneurie de Dangeul consistaient en un corps de bâtiment
servant de logement de maître, jardin, bosquet, cour, basse-cour" ...45c.
44c
Idem 42c.
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2/ Histoire du château par le chanoine Ledru
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On trouve, au siècle suivant, le nom d'un Robert de Dangeul (Blason à gauche) (Pesche.). Celui-ci avait un frère Geoffroy de Dangeul. (Blason à droite) |
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D'après le chanoine Ledru ( Note manuscrite au château de Dangeul.), le 27 août 1238, Robert fit un accord avec le curé de Saint-Martin de Dangeul. II avait épousé Alice, dame d'Avesnes. Il est considéré comme mort en avril 1252. Leur fille Jeanne, épousa Payen de Chaources, chevalier, seigneur de Saint-Aignan, Clinchamps, etc... et apporta à cette maison Dangeul.
«
Par acte daté du château de Touvoie (en
Saint-Corneille) le 26 février 1360 (v. s. ), Michel de Brèche, évêque du
Mans, permet à Denise de Bauçay, dame de Saint-Aignan et de Dangeul, et à
Patrice de Chaourses, son fils, écuyer, seigneur de Saint-Aubin, de faire dire
la messe aux cinq fêtes annuelles : la Toussaint, Saint-Martin, Noël, la
Purification et Pâques, et aux six dimanches prohibés par les constitutions de
Château-Gontier, dans leur chapelle du château de Dangeul, parce que à cause
de la guerre, ils n'osaient sortir de leur demeure pour se rendre à l'église
paroissiale et y assister aux offices » (Archives
Sarthe, E, 271; A. Ledru, Le Maine sous Jean le Bon, Prov. du Maine, t. VII,
1899, p. 287.).
Au XIVè siècle, Dangeul appartient donc à la vieille famille des Chaources (Alias Chourses, Sourches, famille d'ancienne chevalerie, originaire. de Sourches en Saint-Symphorien, qui a possédé dans le Maine les Seigneuries de Sourches, Bernay, Brûlon, Malicorne, Saint-Mars-sous-Ballon, Saint-Aignan, etc.). Avant 1322, on rencontre : Patrice ler de Chaources, chevalier, mari de Denise de Bauçay dont nous avons parlé ci-dessus, puis Patrice II de Chaources, chevalier, fils des précédents, mari de Jeanne de Doucelles. Ces derniers n'eurent pas d'héritiers et Dangeul passa alors à l'un de leurs parents Jean d'Usages, chevalier, vidame du Mans, mari de Jeanne de Sacé, d'où plusieurs filles. Après lui, Dangeul échoit également à un parent : Jean de l'Isle, mort sans enfants. C'est alors que Dangeul revient à la famille d'Angennes. Mais avant d'aborder cette période, signalons que le bastion de Dangeul fut pris par les anglais en 1417 ( Rev. Hist, Arch. Maine, t. XXV, 1889, p. 68.).
Pendant
tout le moyen âge, Dangeul semble bien avoir joué le rôle d'un château-forteresse.
Le piton où ce dernier est situé domine en effet toute la plaine, les régions
de Nouans, René et Thoigné. Par temps clair, le regard aperçoit dans le
lointain les forêts de Sillé, Écouves et Perseigne. Le site est magnifique.
Face au Perche, Dangeul défendait évidemment les abords de la capitale du
Maine.
Blasons :
Braitel
(Bretel, Bresteau) : d'azur au lion d'or.
Chaources
(Chaourses, Sourches) : d'argent à cinq burelles de gueules.
Usages
: (?).
De
l'Isle
: d'argent au lion de sable (?).
De
la fin du XVè siècle à 1739.
Les
d'Angennes.
Jean
d'Angennes, chevalier, seigneur de Rambouillet,, est le premier possesseur de
Dangeul. Il est mort après le 16 août 1474 et avait épousé Philippe du
Bellay. D'où Charles d'Angennes, sgr de Rambouillet et de la Loupe, mort en
1514 et époux en 1491 de Marguerite de Coësmes. Dangeul passe à leur fils
Jacques d'Angennes, chevalier de l'ordre du roi, gouverneur de Metz, favori de
François ler. Mort en 1562, mari d'Isabeau Cotereau, de la famille des
seigneurs de Maintenon, d'où 12 enfants, en particulier : Nicolas d'Angennes,
marquis de Rambouillet, vidame du Mans, sgr de Dangeul, sénéchal du Maine en
1572, gouverneur de Metz conseiller d'état, lieutenant général des armées
des rois Charles IX et Henri III, ambassadeur en Angleterre, décédé en 1631.
II avait épousé Julienne d'Arquenay, dont Charles d'Angennes, marquis de
Rambouillet, vidame du Mans, sénéchal du Maine de 1598 à 1618, conseiller d'État,
colonel général de l'Infanterie Italienne, mestre de camp des armées du Roi,
maître de sa garde-robe, son ambassadeur extraordinaire en Piémont et en
Espagne, etc... décédé en 1652. De son union avec la fameuse Catherine de
Vivonne, « l'incomparable Arthénice
au salon célèbre », il eut sept enfants, dont Julie-Lucie
d'Angennes qui aidait sa mère à faire les honneurs de son salon, mariée en
1645 à Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, gouverneur du dauphin (En
1641, le duc de Montausier offrit à Julie la fameuse guirlande, composée de 76
madrigaux vantant ses perfections physiques et morales.)
et sa sœur Angélice-Clarice d'Angennes, mariée en 1658 à François-Adhémar
de Monteil, marquis de Grignan, lieutenant général de Provence. Elle mourut en
1665. Ces deux d'Angennes, nous dit M. de Linière (Armorial,
t. 1, p. 11.), furent possesseurs de la terre de Dangeul. Le même auteur
souligne que cette illustre famille « a
fourni à la province du Maine des lieutenants généraux et des sénéchaux,
deux évêques dont un cardinal »
.
Blason :
D'Angennes : De sable au sautoir d'argent.
1658-1739.
Les
Vassé.
Le
18 juillet 1658, à Paris, à l'hôtel de Rambouillet, messire François-Adhémar
de Monteil, marquis de Grignan, seigneur de Dangeul et autres lieux et dame Angélique-Clarice
d'Angennes, son épouse, vendirent à Messire Henry-François de Vassé,
chevalier, marquis dudit lieu, le tiers de la terre, fief et seigneurie de
Dangeul avec le fief de Béru (Archives du
château de Dangeul. Original parchemin.). Ils vendent également au même
le fief d'Usages auquel était attaché le titre de vidame du Mans (
C'est à partir de cette époque que les marquis de Vassé s'intitulèrent désormais
« Vidames de Vassé n.).
C'est
donc Henri-François, marquis de Vassé (1622-1684), lieutenant-général des
armées du Roi, gouverneur du château de Plessis-les-Tours, conseiller du Roi,
vidame du Mans, etc... qui fut le premier Vassé à porter le titre de seigneur
de Dangeul. Nous supposons qu'il acheta cette terre aux héritiers d'Angennes
pour arrondir la sienne, puisqu'il possédait déjà le marquisat de Ballon,
tout à côté (R. Baret, Rouessé-Vassé,
t. II, p. 26). Il avait épousé Marie-Madeleine de Luzignan de
Saint-Gelais. Leur fils Louis-Alexandre (1656-1684), leur petit-fils
Emmanuel-Armand marquis de Vassé (1683-1710), leur arrière petit-fils Charles
marquis de Vassé (1706-1711), avouent tous Dangeul comme
fief.
Charles-Armand
marquis de Vassé, gouverneur du Plessis-les-Tours vendit Dangeul le 25 juin
1739, quelques années avant de mourir (11 avril 1741) pour la somme de 70.000
livres à Louis Plumard, écuyer, conseiller du roi, maison et couronne de
France et de ses finances. Son fils Armand-Mathurin marquis de Vassé (1708-1782),
très endetté, devait à son tour, en 1762, aliéner la, terre de Ballon à
Jean Le Vayer, baron de Survilliers pour 192.400 livres.
Les
Vassé prenaient rang parmi les plus grands seigneurs du royaume tant par les
charges exercées que par leurs alliances.
Blason :
Vassé:
D'or à trois fasces d'azur.
1739-1785.
La
famille Plumard.
Dangeul
fut donc acheté par un membre de la famille Plumard. Cette. dernière tirait
son origine de Tuffé. En voici la généalogie d'après M. de Linière (Armorial,
t. II, p. 573)
I-
Louis Plumard, marchand-drapier à Tuffé, s'établit au Mans, épousa en
1693 Marie Le Villain. Juge consul, échevin en 1719 , échevin titulaire en
1724 et bourgeois du Mans.
Armes
:
de sable à trois demi-vols d'argent, posés 2 et 1 (armes parlantes)
D'où .
1)
Louis, qui suit.
2)
Joseph, sieur de Rieux, contrôleur au grenier à sel de la Ferté-Bernard et négociant
au Mans, juge consul, puis armateur-négrier à Nantes, ép. Marie Ant. Moisant
( D'où Marie-Madeleine P. de Rieux, ép. de Michel-François Banchereau, négociant;
Marthe Plumard et Joseph Plumard, écuyer, marié à Cécile Bouchaud de la
Pignonnerie, d'où Siméon Plumard, sgr de Rieux, échevin de la ville de
Nantes. armateur, négrier, ép. Marie-Jeanne Geslin; la fille de ces derniers Cécile
ép. en 1796 à Nantes Michel Colas de Brouville, chevalier, et décéda en 1803
,Voir Chercheurs et Curieux, mai 1954, col. 266).
3)
Anne-Marguerite mariée en 1721 à François-Louis Véron, sieur du Verger,
juge-consul, échevin du Mans en 1754.
II.
Louis Plumard, né à Tuffé en 1695, échevin du Mans en 1741, acquiert la
charge de conseiller-secrétaire du Roi, maison et couronne de France qui lui
confère la noblesse en 1733, achète en 1739 la terre et châtellenie de
Dangeul ép. en 1721 Marie-Louise Dutertre, fille d'un échevin du Mans, meurt
en 1753 (Ch. Girault,
La Noblesse Sarthoise,.Prov. du Maine, 1954, fasc. 3, p. 103, et de Linière,
Armorial; voir encore Chambois-Esnault, Minutes Notaires, V, P27 et suite.)
D'où
.
1) Louis-Joseph, qui suit.
2)
Marie-Françoise ép. Antoine-Louis de Bellenger, chevalier, vicomte d'Hôtel-Nampteul,
conseiller d'État, conseiller d'honneur à la Cour des Aides de Paris.
3)
Marthe ép. Louis-François-Daniel de Beauvais, écuyer, sgr du Gros-Chesnay,
etc...
4)
Louise-Madeleine ép. Ambroise Le Clerc de la Galorière, écuyer, sgr de
Sainte-Croix, procureur du Roi au siège présidial du Mans.
III.
– Louis-Joseph Plumard, chevalier, sgr de Dangeul, la Houssaye, Martes,
Courtenay, etc... publie des ouvrages d'économie politique, membre de l'Académie
des Sciences de Stockholm; auditeur, maître de la Chambre des Comptes de Paris,
secrétaire des Commandements de S. A. R. le comte de Provence, maître d'hôtel
de la Reine, gentilhomme ordinaire du Roi. Décède sans alliance, inhumé le 3
novembre 1777 dans le cimetière de Dangeul.
Louis-Joseph
Plumard laissa Dangeul à sa sœur Marie-Françoise Plumard, femme d'Antoine-Louis
Bellanger, conseiller d'État, etc... Ceux-ci revendirent Dangeul en 1785 pour
297 000 livres à Jean-François-Gabriel Biseul, écuyer, conseiller-secrétaire
du Roi, maître des forges d'Antoigné.
Blason :
Plumard : d'azur, au soleil d'or mouvant du canton dextre, au tournesol du même tigé de sinople mouvant de la pointe du flanc senestre, à la champagne d'argent chargée de deux fasces ondées de gueules (Armes des Plumard de Nantes que nous supposons identiques à celles de leur oncle de Dangeul. Cauvin, dans son Armorial, donne les suivantes : D'or à trois fasces d'azur, à la bande d'argent brochant sur le tout. II s'agit là en réalité des armes des Dangeul du moyen âge.)
1785-1956.
Biseul
-- Maréchal de Lucé -- Gallwey et de Fleurieu.

I.– Jean-François Biseul, seigneur de la Vaudorière, conseiller du roi, ancien échevin d'Alençon, maître des grosses forges d'Antoigné, de 1761 à 1769 (Voir Ledru, Les Châteaux de la Sarthe, Antoigné. Le Mans, 1909.). En 1769, il est dit « président trésorier de France, grand voyer de Normandie dans la généralité d'Alençon »
Voir notre "encadré" sur la famille Pollin-Biseul
De noble dame Catherine Collet, il eut :
II.
1° Jean-François-Gabriel de Biseul (1769-1789), écuyer, seigneur de Dangeul,
terre qu'il achète en 1785, épousa à Courgains le 3 octobre 1769
Louise-Charlotte Pinceloup de la Moustière (+ en 1783), fille de Jacques-François
Pinceloup de la Moustière, conseiller, secrétaire du roi, seigneur de
Courgains, et de Marie-Charlotte Cureau (morte au Mans en 1783).
2°
Charles-Maximilien-François Biseul de la Borderie, inhumé dans l'église de
Sainte-Jammes, le 17 avril 1761.
Jean-François
de Biseul était encore sgr de Monthibault,, à Saint-Jean-d'Assé. De son union
avec L.C. Pinceloup, il eut trois filles
III.
a) Jeanne-Madeleine, née en 1771, qui épousa Charles Maréchal de Lucé. D'où
1)
Françoise-Marie-Virginie de Lucé, épouse d'André Patrice Édouard de Gallwey
(voir plus loin) ; elle lui apporte la terre de Dangeul.
2) Louise-Madeleine, épouse de Louis-Alfred-Hippolyte de Beaunay.
b)
Charlotte-Catherine, née en 1773, épouse de Pierre-Charles-Noël, marquis de
Perrochel, aïeul des trois frères de Perrochel morts sans alliances, dont
Jules, dernier représentant du nom, décédé en 1910.
c)
Louise-Madeleine, née en 1775, épouse d'Alfred-Gratien Pollin de Mauny.
Le
portrait au pastel de ces trois sœurs groupées est à Dangeul dans la chambre
de Mme la Comtesse de Fleurieu.
Blason :
Biseul
:
D'argent au chevron de gueules accompagné de deux quintefeuilles d'azur en
chef et d'un croissant de sable en pointe.
Les
Gallwey.
I.
Jacques de Gallwey, écuyer; qui en 1688 lors de la Révolution perdit par
confiscation une grande terre dans la baronnie de Carbury au comté de Corke et
un comté dans le comté de Dublin, passa en France avec le roi Jacques, s'établit
en Bretagne, épousa Mary O'Mullan. Il eut plusieurs enfants. Son petit-fils:
III.
André de Gallwey, seigneur de Turbilly en 1772, obtint la même année une
lettre de naturalité, épousa en 1747 Hélène Kavenagh (veuve en 1785, décède
en 1792). Habitait Nantes avant d'acheter le marquisat de Turbilly en' 1781. D'où
IV.
– 1° Henri-Jacques, comte de Gallwey, chevalier, né vers 1747, mort en 1815,
enseveli dans l'église de Vaulandry, ancien capitaine au régiment de Walsh, émigra,
servit dans l'armée de Condé, lieutenant-colonel au régiment de Berwick,
chevalier de l'ordre royal de Saint-Louis, épousa Jeanne-Madeleine Fortier,
fille de noble Étienne-Jean Fortier, négociant, sgr de Chevigné (à
Saint-Georges-sur-Loire, Maine-et-loire) et de dame Marguerite-Françoise de
Rabec ; morte à Nantes en 1830.
2°
Patrice-Pierre de Gallwey, lieutenant de vaisseau, mort à la bataille de Minden
en 1793.
V.
– André-Patrice, comte de Gallwey (1790-1826), fils d'Henri-Jacques et de
Jeanne Fortier (André-Patrice de Gallwey
avait une sœur, Henriette-Pauline de Gallwey, qui épousa Alphonse-Adrien-François,
marquis de Goulaines.), capitaine au 18e chasseurs à Niort, maire de
Vaulandry, épousa à Nantes le 5 février 1807 Françoise-Virginie Maréchal de
Lucé, fille de Charles Maréchal de Lucé et de Jeanne-Madeleine de Biseul.
La
Comtesse de Gallwey, née Lucé, apporta ainsi que nous l'avons dit la terre de
Dangeul dans ses partages et la légua à son second fils. C'est elle qui fit
construire le château actuel pour son fils Édouard.
VI.
a) Henri-Édouard-Gabriel, comte de Gallwey (1819-1846), qui épousa en 1838
Marie-Louise-Pauline-Clémentine du Fresne de Beaucourt (1820‑1893)
laquelle, veuve, épousa en seconde noce Charles-Léon comte de Broc
(1800-1863). N'ayant pas eu de postérité d'Henri de Gallwey, elle fait passer
Turbilly dans la famille de Broc, grâce à une donation de son mari.
VI.
b) Édouard-Alphonse, comte de Gallwey, né à Turbilly le 30 octobre 1820, mort
à Paris le 24 mars 1889, épousa
1°
Le 12 janvier 1844, Julia-Georgina Mac Cann, de nationalité américaine (1825-1847).
Décédée à Mamers le 21 juin 1847, à l'âge de 21 ans.
2°
Marie Pineau de Viennay (1826-1884), fille du marquis, ancien garde du corps du
roi Louis XVIII et de Marie-Lucie Regnoust du Chesnay.
De
sa 1ère épouse, il eut un fils : Henri; de la 2e : Pauline.
VII.
- a) Henri, vicomte, puis comte de Gallwey (1845-1902 épousa en 1873 Madeleine
Le Coigneux de Belabre (+ en 1854).
D'où
VIII.
Patrice, dernier comte de Gallwey (1874-1909), mort sans alliance,
accidentellement.
VII.
b) Pauline de Gallwey (1851-1888) épousa le 12/8/1870 Arthur, comte Claret de
Fleurieu (1831‑1898), docteur ès sciences, maire et conseiller général.
Celui-ci
acheta Dangeul à son beau-père, le comte de Gallwey.
Le
comte de Fleurieu eut deux enfants :
VIII.
a) Robert comte de Fleurieu, né en 1873, conseiller d'arrondissement en 1913,
ensuite conseiller général de 1919 à 1944, donc en tout pendant 31 ans, maire
de Dangeul pendant 40 ans de 1904 à 1914, épousa en 1900 Élisabeth de
Froissard de Broissia.
D'où :
IX.
1. Solange, Mme de Largentaye.
2.
Marie, comtesse de Saint-Victor.
3.
Marguerite, comtesse d'Orglandes.
4.
Paule, comtesse de Goulaines.
Nous
dirons plus loin quelle part revient à M. de Fleurieu dans la restauration et
l'aménagement du château de Dangeul et de la propriété.
b)
Édouard de Fleurieu, commandant de cavalerie, né en 1875, marié à Antoinette
Silhol, veuve de M. Paul Delbet, mort sans enfant en 1912.
Blasons :
Gallwey
:
famille d'origine irlandaise, porte pour armes d'or à la croix de gueules chargée
de cinq étoiles d'argent. Sa devise est « Vincit veritas » (Voir
Ledru, dans la collection « Les Châteaux de la Sarthe », Les Perrais, La
Chevalerie, Turbilly. Le Mans, 1908, p. 63 et suiv.).
(Blason le plus à gauche sur la tapisserie)

Claret
de Fleurieu :
famille originaire du Lyonnais. D'argent à la bande d'azur chargé d'un soleil
d'or.
DEVISE : « Claret, non nocet » .
Le
château actuel.
Située
près du bourg, lequel faisait partie autrefois du Saosnois, maintenant du
canton de Marolles-les-Braults et de l'arrondissement de Mamers, la châtellenie
de Dangeul rendait aveu au duché de Beaumont, possédait haute, moyenne et
basse justice, avait la seigneurie des deux paroisses de Dangeul; elle s'étendait
sur huit autres paroisses et se composait du château et de huit fermes
produisant avant la révolution environ 13.000 livres de revenu.
(Le domaine actuel comprend encore huit fermes.).
«
La maison seigneuriale, dit Le Paige (Dict.
top. hist. généal. et biblio. dit Maine, art. Dangeul.) qui écrit à la
fin du XVIIIè est située proche l'église de Saint-Martin, sur
une élévation qui lui procure une vue charmante... Il y a plusieurs taillis ou
futaies...
Le
seigneur en a fait semer un au-dessous de sa maison seigneuriale... »
En
1831, l'historien Pesche rapporte dans son Dictionnaire
«
L'ancienne forteresse ou château, au sud
de l'église de Saint-Martin, dont un chemin seul la séparait, est entièrement
détruite. On ne voit plus que des restes des fossés qui l'entouraient. Ce
qu'on appelle encore le château n'est qu'une maison fort simple, les anciens
communs de ce manoir... »
II
existe dans l'escalier du château actuel une mauvaise peinture romantique
portant cette inscription : « Au château
de Dangeul ». Elle représente un vaste bâtiment XVIIè siècle avec des
tours moyen-âgeuses crénelées. Au premier plan de nombreux domestiques
exhibent ostensiblement gibiers, poissons, etc... Il ne semble pas qu'il faille
voir là une reproduction exacte de l'ancien château. Il s'agirait plutôt d'un
plaisant remerciement d'un hôte à l'estomac reconnaissant
( Il n'existe aucune vue de l'ancien château de Dangeul, ni dans Gaignières,
ni dans Clairambault, ni dans la collection des Estampes ou dans la publication
de Chastillon, à la Nationale à Paris.).
La
bataille du château de Dangeul (10 août 1944).
Nous
avons dit qu'au moyen-âge, Dangeul était une position clef ouvrant sur le Mans
et que le château fut longtemps une forteresse, un bastion plus qu'un château
de plaisance.
Après
dix siècles, par un curieux retour des choses, le château de Dangeul devait
récemment reprendre ce rôle durant les combats de la Libération. Le château
et ses communs étaient en effet remplis de troupes allemandes.
Les
terribles S. S. étaient commandés par un colonel à tête d'assassin du nom de
Becker. Celui-ci avait caché ses tanks sous les grands arbres entourant immédiatement
le château. Le 10 août au matin, l'arrivée des américains fut précédée de
faits particulièrement dramatiques. M. de Fleurieu trouva son vestibule tout
maculé de sang, puis il apprit que quatre allemands avaient été tués par des
nègres prisonniers. M. de Fleurieu, maire, fut tenu pour responsable de ce
massacre et consigné dans son château. Vers 3 heures de l'après-midi, il
s'enhardit et sortit pour voir à ses chiens. Les écuries de la ferme
flambaient : « C'est
moi qui ai fait mettre le feu, rugit Becker : si vous y allez voir, je vous fais
fusiller immédiatement »
Vers 5 heures du soir,
l'avant garde-américaine arrivait en vue du château par le bas du parc, en
l'occurrence trois ou quatre chars venant de Nouans. Les tanks américains tirèrent
aussitôt à coups de canons sur leurs partenaires allemands. La bataille devait
durer trois ou quatre heures. Sous les arbres, trois ou quatre tanks, les
camions allemands remplis d'essence, la cuisine roulante, les autos se mirent à
brûler. Il y avait une quarantaine de voitures devant la pelouse. Deux
transports de munitions sautèrent...
Après
un affolement compréhensible, les S. S. se ressaisirent et détruisirent trois
chars américains dont tous les occupants furent grillés à l'intérieur. Vers
10 heures du soir, tout était terminé. Les allemands, en vociférant, s'étaient
enfuis à pied en récupérant le matériel et les tanks encore intacts. Lorsque
M. et Mme de Fleurieu sortirent de leur château sous lequel ils croyaient bien
être ensevelis, tout flambait autour d'eux, la ferme, des tas de bois, les
arbres, le matériel des allemands, les tanks américains.., tous les carreaux
des fenêtres du château étaient tombés, les murs étaient endommagés. Le
lendemain matin, vers 8 heures, l'armée Leclerc, venant de Mézières où elle
s'était battue, occupait définitivement Dangeul.

M.
le comte de Fleurieu, à l'endroit où l'un des chars américains fut détruit a
fait élever une stèle qui porte ces
mots :
|
A LA MÉMOIRE DES SOLDATS FRANÇAIS ET AMÉRICAINS MORTS A DANGEUL LE
10 AOÛT 1944 POUR
LA LIBÉRATION DE LA FRANCE
|
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Tous
les ans, le 10 août, la population qui n'oublie pas, vient se recueillir devant
ce monument qu'une main experte décore à la façon d'un reposoir. Pour les
courageux châtelains, cette cérémonie évoque des heures tragiques dont
heureusement ils sortirent indemnes.
En terminant cette brève étude historique, comment n'évoquerais-je pas l'accueil délicieux qui à maintes reprises me fut réservé au château de Dangeul par M. le comte et Mme la comtesse de Fleurieu. A une époque où les vraies valeurs de l'esprit sont méconnues, c'est un rare régal de converser avec un gentilhomme à l'esprit si fin et si distingué, avec un écrivain de race...

(M. le comte de Fleurieu est l'auteur d'un Joseph Caillaux au cours d'un demi-siècle de notre histoire, Paris, Clavreuil, 1951, et de Souvenirs l'un gentilhomme campagnard dont la couverture est ci-contre)
...
et
de reconnaître avec tout un pays les bontés d'une châtelaine vénérée.
C'est avec une pensée reconnaissante que je leur dédie ces pages. 
Survivance
des Sires de Dangeul.
Alors
que je posais le point final à mon étude sur le château de Dangeul, une coïncidence
providentielle me mettait sous les yeux une généalogie inédite de cette même
maison (Catalogue Saint-Hélion, 115,
dossier no 474.). Il s'agit d'une filiation copiée sur quelques originaux
plus anciens et portant le cachet du cabinet d'Hozier. Elle est datée de juin
1733 et comporte trois pages in-folio.
Nous avons vu qu'au XIIIè siècle, les historiens manceaux connaissaient un Robert de Dangeul qui vécut vers 1238 et épousa Alice, dame d’Avesnes. Sa fille Jeanne ayant pris pour mari Payen de Chaources, fit entrer dans cette famille la châtellenie de Dangeul au Maine.
Or la généalogie
que nous possédons s'ouvre par un autre Robert de Dangeul, sans doute
petit-fils de celui que nous connaissions (Dangeul
n'existe que dans la Sarthe.). Il est dit Vicomte de Verneuil au
Perche (Eure, arr. d'Evreux. Le. Perche confine le Maine.). Son testament est daté du 19 mai 1364. Il demande d'être inhumé en l'église
des Cordeliers de Verneuil. Il eut deux fils : Jean et Robert. Dans leur
postérité, je rencontre encore un autre Robert de Dangeul qui fut évêque de
Nevers en 1401 et décéda le 22 juillet 1430 ; un Miles de Dangeul, doyen de l'Église
de Chartres, puis à la génération suivante Guillaume de Dangeul, capitaine de
Nevers, maître d'hôtel de Jean de Bourgogne, Comte de Nevers. Ce Guillaume hérita
des biens de l'évêque en Normandie (Sours, Montligeon et Chandré). Il avait
épousé Isabelle Leclerc, fille de Jean Leclerc, seigneur de Luzarche (1427).
Son fils Claude fut également maître d'hôtel du Comte de Nevers. La généalogie
se poursuit avec des alliances dans les familles de Beauvilliers, d'Orval,
etc... pour se terminer en 1733 à Anne de Dangeul, fille unique et seule héritière
de Nicolas de Dangeul, seigneur de Sours, Chandré, Montligeon, etc... et d'Anne
de Boulainvilliers (Fille de Daniel, vicomte de Dreux et de Madeleine de
Heslin.). Cette dernière représentante du nom
de Dangeul épousa maître Philippe de Montigny, gouverneur de Dieppe, dont elle
eut postérité.
Par
cette généalogie ignorée, nous avons les armes
des Dangeul, armes qui nous étaient jusqu'ici inconnues :
D'or à trois fasces d'azur, à une bande d'argent brochant sur le tout.