Histoire de Dangeul
(Extraits
Th.Cauvin 1829)
Dangeul,
Domniolum , Dangeolum ; à 5,kil. t 0. de Marolles; 14,4 S. 0. de Mamers ; 28,8
N. N: E. du Mans.
Commune
arrosée par les ruiss. de Nouans et de Dangeul au N. et à l'0., de Dissé à
l'E. Bornés : René et Toigné au N. , Marolles-les-Braux à l'E., Disse et
Ponthouin au S. , Nouans à l’O. Terrain : calcaire jurassique; à l'extrémité
du territoire, fontaine minérale ferrugineuse .
Surface
assez égale. Sol argileux et argilo-calcaire, très fertile. Taillis ; 52 hect.
Industrie
: Elèves de chevaux et de bestiaux; engrais de bétail et de cochons.
Population
: 1114 hab.
Contributions
: fonc. 7500 fr. person. et mob. 561 fr. port. et fen. 221 fr. pat. 7 r fr. Toi.
S353 fr..
Le
Bourg, situé sur le ruiss. de Dangeul , renferme environ 90 feux
avec une église sous l'invocation de St. Georges. La route du Mans à Mamers le
traverse. Avant 1790 il y avait une autre paroisse , St.-Martin , dont l'église
vient d'être démolie. L'abbé de St.-Vincent nommait le curé de la première,
et l'évêque celui de la seconde.
Le
château, bâti sur une élévation d'où l'on jouit d'une très belle vue , est
entouré de larges douves.
Historique
: Vers 1096 , Guillaume Braitel fils du vicomte Geoffroy donne, en présence de
l'évêque Hoel, au monastère de St. Vincent dans lequel son père est inhumé,
l'église de St. Martin de Dangeul avec ses dépendances, et l'autorise à
recevoir tout ce que les chevaliers tenant quelque chose de ladite église, lui
donneront ou vendront, pourvu que son service n'en souffre point. Hugues et
Geoffroy ses frères approuvent celle donation. Le premier cependant la conteste
bientôt et enlève la dixme du vin. Mais après de longs débats, il s'arrange
avec l'abbé Ramnulfe et se désiste de l'opposition. Celui-ci lui fait présent
d'un beau cheval de la valeur de 10 liv., à Béatrix sa femme, d'un lit (
Culcitram ), et donne à chacun de ses trois enfans 4 déniers, L'arrangement eut lieu à Ballon, dans la maison
de Hugues. (Mart. Ampl. Col. l , 56 t ).
1098.
Hélie de la Flèche, pour arrêter les excursions de Robert Talvas, bâtit une
forteresse à Dangeul. Le duc de Normandie et le comte de Bellême se présentent
devant la place pour s'en emparer , mais le comte du Maine avait si bien pris
ses mesures, qu'ils sont contraints de s'éloigner. Peu de temps après, Hélie
s'étant écarté de sa troupe, tombe dans une embuscade; ses gens sont taillés
en pièces et lui-même, fait prisonnier par Robert , est conduit à Rouen
devant le roi d'Angleterre et renfermé dans la grosse tour de cette ville. ( Le
Corv. 396 ).
La
seigneurie, annexée au château, avait le titre de châtellenie. Elle fut possédée
dans le 17 ème siècle par la famille d'Angennes de Rambouillet. En 1655, AngéliqueClarisse
d'Angennes et Julie sa sœur femme de Charles de Ste-Maure, chevalier , seigneur
de Montausier, font au duché de Beaumont hommage de la châtellenie terre et
seigneurie de Dangeul et de la Sergenterie Fayée qui en dépend. Cette terre
passa dans la famille de Vassé, qui la vendit à N. Plumard. Vers 1777, M. de
Bizeul en fit l'acquisition. Elle était alors composée de 8 fermes produisant
13000 liv. de rente, avait la seigneurie des deux paroisses. plusieurs fiefs,
haute moyenne et basse justice dans l'étendue de 8 paroisses. La juridiction
reportait à Beaumont et ensuite à la Flèche. ( Noms féod. 19. -Le Paige. -
Affiches du Mans ).
L'abbaye de St. Vincent possédait la terre et châtellenie de la Meignane située à quelque distance au S. E. du clocher ; elle jouissait aussi des 213 des grosses dixmes de la paroisse St. Martin. ( Le Paige ). On remarquait encore les terres seigneuriales de Méfossé , de la Coulée et de Mignerolle. La maison de Méfossé était entourée de douves. ( Le Paige ).