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La famille Pollin-Biseul

Origine de l’info (pour laquelle nous le remercions vivement):

Serge Salitot, 269 rue de Malouy 27160 St Ouen d’Attez. T : 02 32 32 22 12 Portable 06 08 49 56 99
Maire de sa commune. Email : ssalitot@wanadoo.fr


Gratien Pollin (Bailleul 22.08.1764 / Ste Croix près le Mans 02.05.1834) Inhumé dans le cimetière de Saint-Ouen-d’Attez.(Dpt 27)

             Sa marraine : Françoise Renée Froudière de Bois Rioult, son parrain :

 Jacques de Thieulin – Père absent au baptême. 

 

 

 

 

Gratien, est le troisième enfant et unique garçon du couple Pollin - Froudière.

 
Blason d'alliance Pollin-Froudriére

Il épouse à Sainte-Croix près le Mans, le 18.05.1802 

Louise Marie-Madeleine de Biseuil, (Saint-Jamme -Sarthe 02.03.1775 / Paris 1er 05.10.1838) Inhumée à Saint-Ouen-d’Attez



Lors de son mariage, sa mère qui vit alors à Mauny, lui fait don du domaine de Mauny représentant moins du quart disponible de la succession. La future épouse apporte sa part de l’héritage de sa mère ainsi qu’une somme de
36 000 francs.

               

                Louise Marie Madeleine est la troisième et dernière fille de Jean François Gabriel de Biseuil, né vers 1740, écuyer, secrétaire du roi à la maison couronne de France - Maître des forges d’Antoigné et de Louise Charlotte Pinceloup de Lamoustière, (V 29.04.1783).


Le vieil Antoigné à Ste Jamme
(Ajout de D.van der Haeghen)

                 M. de Biseuil, possède à Dangeul (Sarthe) des biens provenant de son épouse : un étang et 3 métairies : le grand Chevreuil, la Guinochère et le Hulon. En l’An II, lors d’un partage anticipé Mme de Mauni obtient une partie de l’étang, une partie de la Guinochère et la métairie  Hulon.

                Les deux autres filles de M. de Biseuil, ont pour époux :

L’aînée, Jeanne Marie est mariée à Charles, Maréchal de Lucé et vit à la Flèche.

La seconde, Charlotte Catherine, est l’épouse de Pierre Charles Noël de Perrochel qui porte le titre de Marquis. Ils demeurent le domaine de Grandchamps près de Beaumont-sur-Sarthe. Les archives départementales de la Sarthe conservent dans un fond privé[1] le chartrier de Grandchamps comprenant une abondante correspondance entre Mme de Perrochel et sa famille, lettres adressées à ces proches - père, tantes, sœurs- Les écrits traduisent les inquiétudes de santé des uns pour les autres, les préoccupations de logement liées à la vie mondaine, militaire et conjugale de cette famille, les difficultés financières, mais des événements politique de cette époque rien !

 

                C’est ainsi que nous apprenons que M. de Mauni est très souvent enrhumé et qu’il prend une potion prescrite par son beau-père. De même, son épouse est femme bien délicate et a besoin de grand ménagement.

Leur fils, Alfred, alors à l’école militaire de Saint-Cyr, est fort dissipé et n’est pas toujours bien élevé. Ces notes, sans être très bonnes en général, elles ne sont pas mauvaises.

                Dans l’une d’elles [2], M. de Mauni, fait référence à sa ferme de Mauny et à son juste attachement pour son fermier de Mauny, Michel Courtin. Il demande à M. de Perrochel, alors à Paris, d’acheter un bandage pouvant contenir deux hernies - la grosseur des reins de l’homme prise avec un ruban est de vingt neuf pouces - et de le faire parvenir à M. Alexis Follet, aubergiste à «L’image Saint-Martin» à Verneuil.

                Dans une autre, M. de Mauni retrace son voyage : «Ayant fait ma route avec une promptitude étonnante et sans aucun accident ... Je partis de chez mon carossier [Versailles] le mardi à huit heures du matin, et fus coucher à Houdan, seize lieues de poste [3], j’en partis le lendemain et fus coucher à mauni où j’arrivai de très bonne heure, encore seize lieues de poste. J’y passai le jeudi et le vendredi je fus coucher à Bellesme, quatorze lieues et demie, et le samedi j’arrivai à Coudoye pour diner à cinq heures, quatorze lieues encore ...»

 Cette correspondance s’arrête en 1825, année où les de Mauni reviennent s’installer près du Mans à Coudoye [4]Etats de service [5] :     
Entré au service de sa Majesté Louis XVI le 19 mars 1779 comme volontaire au Régiment du Camp Général des Dragons. Il passa, le 1er juin 1784 avec Monsieur le Duc de Luynes au Régiment du Colonel Général des Dragons, ou il fut promu sous lieutenant le 3 août 1784, Lieutenant en second le 17 juillet 1787, Lieutenant à la formation le 1er mai 1788.
Lorsque éclate la Révolution, son régiment est cantonné à Valenciennes. A la demande des Princes de Lambesc et de Vaudemont, il reste à Valenciennes jusqu’à la fin avril 1792. Comme il était fort aimé de son régiment, il devait y rester le plus longtemps possible. Puis, il accepta une place d’adjoint aux adjudants généraux de l’Armée du Nord, à laquelle le nomma M. le Mal de Rochambeau. Ce poste le mît à portée de connaître des projets avec tant de justesse, qu’il put avertir, à propos, le général Baron de Baulieu, de la première invasion et contribua sous ses ordres et ceux du Duc de la Châtre à repousser les assaillants. 

                Il fait la campagne de 1792 dans l’Armée des Princes . Cantonné à Ath , sous les ordres du Duc de la Châtre, il se distingue en tant que chef de brigade à la bataille de Quiévrain - à l’ouest de Mons, Belgique - où il sauve le pays bas lors de la première invasion puis il se retire en Hollande où il est choisi pour commander une Légion. En 1794, il passe en Angleterre.

                Lors de la campagne de 1792, il eut l’honneur d’être présenté à sa Majesté (futur Louis XVIII) à Coblentz ainsi qu’à son Altesse Royale, Monsieur, comme le sauveur des Pays-Bas. Sa Majesté voulut bien à cette occasion lui faire un accueil si flatteur qu’il ne l’oubliera jamais et daigna lui assurer, lorsqu’il eut l’honneur de lui être présenté le 2 juin 1814 qu’elle s’en rappelait parfaitement. 

                En septembre 1796 (fructidor An IV), un certificat, transcrit sur le registre des émigrés de Hambourg, atteste de sa résidence dans cette ville[6].

                Rentre en France à la fin de 1796 pour servir dans l’Armée Royale de Normandie sous les ordres de M. de Courteilles.

Il est alors nommé (sans précision de date[7]), par M. le Marquis de Williamson, chef de la division de Conches de l’Armée Royale de Normandie où il servira jusqu’à la pacification générale de 1800. Ce poste lui est contesté par les autorités militaires chargées d’établir sa pension.

Il resta chez lui, inactif, jusque en 1814 où le retour de sa Majesté combla ses vœux et lui permit de se consacrer de nouveau, à son service. Il entre alors, et dès leur création, à la 2ème Compagnie des Mousquetaires de la Garde du Roi comme Porte Etendard.

A cette même époque, il est nommé, par acclamation, au Mans pour porter au pied du trône l’adresse des habitants du département de la Sarthe.

Il est fait Chevalier de Saint-Louis le 22 août 1814. Le lundi 20 mars 1815, il escorte leurs Altesses Royales jusqu’aux frontières. Le 31 décembre 1815, il obéit, avec regret, au licenciement ordonné par leurs Altesses Royales et se retire dans sa province du Maine presque toute dévouée au Roi, à qui il restera fidèle et sans tâche, jusqu’à son retour. Le 26 janvier 1816, il est choisi par le roi pour passer à l’état major général de la 1ère division militaire à Paris. Il est envoyé à Saint-Denis pour commander le plus pénible des postes de surveillance qui furent établis autour de cette ville. Ensuite, il est en poste à Versailles pour y commander la place et former le Dépôt de recrutement de la Garde Royale.

Puis comme quantité de personnes de son opinion, il est mis en non activité.

Il est réformé par ordonnance le 7 mars 1817. 

Lors d’une inspection en 1819, il est signalé âgé de 55 ans, demeurant à Versailles, de bonne éducation, possédant des connaissances et de fortune médiocre. 

Nommé Chevalier dans l’Ordre Royal de la Légion d’honneur le 25.04.1821[8]. Il est à cette date Lieutenant colonel de cavalerie en non activité, percevant une demi solde de 2 350 francs par an.

 

Un jugement du 26.11.1825 autorise l’ajout de Mauni au nom Pollin. 

                                              

De son mariage avec Louise de Biseuil est issu :

 

Alfred Gratien de Pollin (Le Mans 19.06.1803 /Brunoy 18.08.1882), Inhumé dans le cimetière de Saint-Ouen-d’Attez. 

Taille de 1,685 m,  les cheveux  et les sourcils châtains, les yeux bleus, le visage rond, la bouche petite, le front bas, le menton rond, le nez moyen.           

                Il est parrain de la petite cloche de l’église de Saint-Nicolas, en 1824. A cette cérémonie, il est représenté par son père, Gratien. Il est alors officier au régiment de carabiniers de S.A.R Monsieur frère du Roi. 

                En août 1839, arrivant d’Angleterre où il résidait depuis 5 mois, il déclare au Maire de Saint-Nicolas son intention de fixer son domicile en son château de Mauny.

                Un an plus tard, en juillet et août 1840, il vendra par une adjudication volontaire l’ensemble de son domaine de Mauny.

                Une première vente a lieu le 12 juillet et concerne les meubles et objets se trouvant à l’intérieur du château.

                Le domaine est divisé en 44 lots et mis en adjudication le 30 août. Seuls 13 lots trouveront preneur. Dans les jours qui suivent, Louis Noël Chauvin, fermier, acquiert 27,73 hectares de labours et de bois pour la somme de 34 200 francs. Le reste du domaine sera vendu en novembre à l’exception de 2 lots (les N° 18 et 19) qui resteront propriété de M. de Mauni et lui assureront le titre de Baron.

                Le château, sera vendu pour 5100 F à Messieurs Roger et Cauvry. Charge à eux de le démolir et d’utiliser les ciments et autres matériaux pour combler les caves.

                Cette vente, mobilier inclus, apportera 169 589 francs au jeune Baron.

 

                C’est grâce aux documents établis par Nicolas Ribot, géomètre des forêts du Roi, que nous connaissons avec précision la composition du domaine de Mauny. C’est aussi sur ce plan, en couleur, conservé aux archives départementales de l’Eure qu’il y a la représentation du château. C’est à notre connaissance la seule reproduction de cette demeure datant du XVe siècle.  

                Alfred Gratien, épouse à Paris 1er, le 11 février 1845

Marie Sophie Caroline de Couessin du Bois Riou[9] (Neuville/Loire 03.09.1822 /Paris 08.03.1891

De cette union naîtront 3 enfants : 

1.        Louise Caroline, qui fera l’objet d’une autre étude.

(les Escures à St Didier la Forêt (03) 18.01.1846 / Athènes 27.02.1941 – 95 ans)

Epouse le 17.10.1876 Anne Honoré Marquis de Riencourt. Une descendance existe à Genève et Paris.

 

2.        Roger Alfred Gratien, qui fera l’objet d’une autre étude.

(St Germain en Laye 7.02.1847 / Bosgouet 17.05.1921).

Epouse le 14.01.1881

Valentine Lemercier de Nerville (Amiens 19.03.1861 / Bosc Bénard Commin 24.02.1953)

Sans postérité - Dernier Baron de Mauni.

 

3.        Constance Blanche, (Neuvy/Loire 14.10.1849/ Montelimar 2.09.1925 – Inhumée à Châteauneuf du Rhône)

qui épouse le 10.05.1875 à Paris - Sans postérité.

 

Pierre Louis Guillaume Comte de Rivière de la Mure (Montélimar 14.03.1827 / 09.1895)

Fait construire entre 1876 et 1893 à Châteauneuf du Rhône, un château avec parcs, communs et fontaines pour la somme de 118 000  francs dénommé “château de la Grangette”. Bien légué par testament olographe du 20.06.1894 à ses neveux Roger et Guy Rivière de la Mure qui en héritèrent le 13.09.1895. Ce bâtiment est depuis 1990 la mairie de la commune.

Amaury de Riencourt décrit sa tante ainsi[10] :  « Elle était aussi excentrique qua sa sœur, ma grand-mère Louise. Elle avait pour habitude d’utiliser des draps « crottés »  comme sacs à habits lorsqu’elle voyageait. Aussitôt que le train stoppait, ces énormes paquets enveloppés de draps étaient propulsés par la fenêtre au grand étonnement des autres voyageurs … Elle incarnait pour les amies de ma mère la provinciale telle que les parisiennes ont coutume de l’imaginer dans sa ville de province. »


[1] AD 72 4J 22 et suivants

[2] Coudoye le 2 juin 1820.

[3] 1 lieue de poste = 3,898 kilomètres.

[4] Maison bourgeoise détruite, commune de Sainte-Croix-près-le-Mans - Source : Dictionnaire topographique de la Sarthe.

[5] Sources : SHAT - Vincennes Côte : 2Ye 3119

[6] AN : AFIII 51A – dossier 184 N° 1165. Notons que le n° suivant concerne son beau-frère André Jean Chaumontel.

[7] Le 24 juin 1814, Monsieur de Courteilles, lui délivre un certificat pour remplacer le diplôme de chef de la division de Conches, caché lors de l’arrestation de M. le Marquis de Frotté à Verneuil, et perdu. « Je soussigné ... a toujours servi dans cette division avec zèle et dévouement, que sa maison de SNA a constamment servi de retraite aux Royalistes et de dépôt pour les armes et les poudres ...»

[8] A.N. L2192079

[9] Est de par sa mère, la petite nièce du Maréchal Macdonald, duc de Tarente

[10] « A child of the century » Autobiographie 1er partie – Honeyglen publishing  LTD 1996

 


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