COURGAI
NS DANS L'HISTOIRE
par Mme Yvette Berteraut, Maire, mai 2000
Au
fil des bulletins municipaux, je vous raconterai le passé de Courgains, passé
très lointain, passé plus proche de nous, suivant le sujet que j'aborderai.
Notre
bourg subissant en ce moment des modifications, j'ai choisi de vous expliquer
comment vers 1840 il a changé complètement de visage.
A
l'aide du plan, ci-dessous, vous verrez qu'avant cette date la route départementale le
Mans-Mamers ne traversait pas le bourg en ligne droite. En haut de la côte au
niveau de la "Basse-cour" (appelée à cette époque "le Château
du Plessis"), cette route départementale empruntait l'actuelle route du
Cimetière et de la Mairie, tournait en droite ligne jusqu'à l'école et
remontait à gauche dans le chemin des Gâts. La route allant vers Marolles
passait derrière la maison de Marie-Louise BOULAY
Cette
construction de la départementale le Mans-Mamers a nécessité le déplacement
du cimetière qui se trouvait autour de l'église. Une seule place publique
existait donc avant tous ces travaux, très visible sur le plan.
Après
tous ces aménagements, le 24 mai 1840, le conseil municipal d'alors se réunit
pour délibérer sur la demande faite par M.MERCIER, propriétaire de l'Auberge
du Cheval Blanc (actuellement le Café-Bar-Epicerie de M. et Mme CLOUD) de
devenir propriétaire de la place publique.
Voici
l'arrêté qui fut pris à l'issue de cette réunion
"Considérant
que depuis plus d'un siècle les habitants ont toujours joui de la place que M.
Mercier réclame, elle est connue de tout temps par tout le monde comme place
publique de !a commune depuis et avant !a révolution; Les fêtes publiques s'y
sont faites, l'arbre de !a Liberté pendant vingt années y a existé, il a été
vendu au profit de !a commune, un carcan y était placé au milieu, !es denrées
et marchandises s'y sont toujours vendues à !a fête patronale de Saint-Pierre.
Considérant
que !a déclaration du 21 juillet 1687 dont M. Mercier prétend se servir pour
établir sa propriété est un aveu de ses ancêtres fui ne pourrait pas éprouver
de contestations puisqu'il n'est reconnu d'aucune autorité ni même de
religion.
Considérant
encore que la commune est pourvue de différents titres en sa faveur.
Pourquoi
les membres du Conseil Municipal sont d'avis à !'unanimité dans !'intérêt
des habitants de soutenir devant les tribunaux toutes actions que pourra leur
intenter !e sieur Mercier tendant à s'emparer de !a place publique de Courgains".
L'affaire
ne fut pas résolue aussitôt. Le 8 mai 1842, le Conseil Municipal demande au Préfet
une avance de 138 Francs pour dépenses extraordinaires afin de faire à l'appel
en Cour d'Angers par M. MERCIER contre un jugement rendu au profit de la commune
dans l'affaire de la place publique. Elle se dénoue en 1850.
En
mai-juin, la commune décide de vendre la place aux trois riverains. La Cour
d'Angers a donné 5 m de largeur dans la longueur de ses bâtiments à M.
MERCIER. Le Conseil décide alors de donner aux deux riverains MM. TISON et
PASSE une largeur de 5 m sur la longueur de leurs bâtiments. Le 23 juin 1850,
le Conseil, estimant que la surface restante de la place ne lui étant d'aucune
utilité, la met en vente au prix de 840 Francs. Le 29 septembre, une
proposition des riverains offrant 1 230 Francs pour devenir propriétaires de la
place est faite à la commune.
Le
Conseil donne son accord.
150
années plus tard, en 1997, la commune de Courgains redevient propriétaire de
la place pour la somme de 1 Franc.
Cette
place, comme les bâtiments qui l'entourent sont très anciens, puisque existant
déjà en 1687.
En
1656, le Seigneur Jacques Odet de Cadier, Seigneur de Courgains, avait obtenu de
créer un marché le vendredi, quatre foires annuelles et de construire des
Halles.
Ces
halles, hélas, ne furent jamais construites.
Notre
place publique a donc vu des générations de femmes, d'hommes, d'enfants s'y réunir
au cours des siècles.
Elle mérite pour cela même toute notre considération.
Yvette BERTERAUT, Maire, mai 2000