Courgains,
le mont de la garde :
(Documents de Mme Yvette Berteraut, Maire, mai 2000)
Il s’élève à une quarantaine de mètres au-dessus de la plaine, et à 700m au S/E du bourg de Courgains. Le camp est formé d’une ellipse irrégulière, presque rectiligne à l’ouest, et formant angle à l’extrémité N/O. Cet angle porte la motte d’une cinquantaine de mètres de diamètre à la base, et d’une dizaine de mètres de hauteur. Le camp est défendu par un simple épaulement réduit actuellement à 1m/1m50 et présentant quelques traces du parapet signalé par Pesche. Au N/E, un chemin très creux devait donner accès au camp et servir de communication entre Marolles et Courgains.
Les parcelles de l’ancien cadastre indiqueraient qu’un chemin coupait autrefois en deux la surface du camp, approchant de 7 hectares, ce qui pourrait témoigner d’un camp Romain. Le nom des Haies, à l’ouest, fait penser à une extension du camp, peut-être des annexes entourées de haies défensives. Le mont de la garde s’appelait aussi « Butte du Teil » et « Gibet à la Truie ». Entre le camp du hameau des fossés et le mont de la garde, Fleury fait vaguement passer son itinéraire par Monthoudou-Bourg. (rev.hist.du Maine 1887,Planp.80).
Son plan du mont de la garde est faux ; Il prend le chemin de l’est, au sommet, pour un fossé, et ses hauteurs sont exagérées du double : 100m la colline pour 40 ; 26m la motte pour 10 ou 11, etc. Pesche préfère un itinéraire défensif par le bord des coteaux dominant le ruisseau de Gravay, rive gauche. Le trajet touche au N le mont de la garde et oblique aussitôt vers Concé, au N/N/O. Tout de suite à droite, le cadastre révèle un étrange système hydraulique, sans doute d’ancienne douves, ce que paraît confirmer le nom voisin Pontome à la terminaison insolite.
Le lieu du But a-t-il était fortifié ? Qu’est le But ? plusieurs homonymes se rencontrent dans la moitié N de la Sarthe, rarement variés en Bur. Étant donné la localisation, on penserait à un nordique « Budh » vieux danois « Bôth » abri, résidence temporaire, ce qui ne serait pas déplacé, dans la dépendance (après 1082) de Guillaume le Roux, devenu l’allié, (après ennemi) de Robert de Bellême. La région, dés cette époque témoignait déjà d’un singulier mélange ethnique ; A côté des Marolles, Saosnes, Gaulois, on notait des Verdigné, Villecharte latins, et des Mouhoudou, Courgains et Guette germaniques. Manone, important domaine que j’ai considéré ailleurs comme celtique, pourrait plutôt s’expliquer par une dérivation simple du nom germanique de personne Manno (Forstemann).
Courgains / Concé:

Concé, domaine au nom gaulois (Concius, Conciacus, cf.Holder p.1091) ou latin Contius, en tous cas gallo/romain, devenu fief, comporte une motte, autrefois accompagnée d’un petit camp retranché comme il est d’usage, camp dont on ne trouve plus trace si ce n’est la cour de la ferme actuelle.
La motte, un îlot peu élevé entouré de douves est bien conservée. Il ne porte plus trace de construction. Aux approches de Concé, le chemin des fossés présente un talus de 0,7 de haut sur le côté ouest, bordé extérieurement d’un fossé. Le côté est du chemin est bordé d’un simple fossé. Défense bien précaire, même en tenant compte de l’usure du relief. On peut en dire autant de la motte de Concé, le parcours traverse à 150m la route du Mans à Mamers, laissant à 1km à l’est le hameau de Guette, poste d’observation, et à 2 km prés de St Calez en Saosnois celui de l’Offié où Mr Triger, du Mans, voyait vers 1830, un petit fort (Pesche V,141).
Au delà de la grande route, le parcours atteint une grande plaine labourée où Pesche, mieux que nous, a relevé de nombreuses traces des fameux fossés avec références cadastrales numérotées que nous reproduisons d’après le cadastre en usage à l’époque. Là, sur 400m a d’abord été tracée la route de Saosnes, qui bifurque à gauche, tandis qu’en face nous ne trouvons plus vers la Guyonnière, la Batisse et la Touche qu’un large chemin de 7 à 8 m de large, sauf emprises, puis vers le plateau culminant, un large chemin bordé de très légers talus dont les souches sont coupées à ras de terre. Plus loin, les souches sont même arrachées, et les riverains empiètent de 2m sur le chemin. Au lieu dit « la Bigne », le chemin commence à descendre sur le bord du plateau, dominé à l’ouest jusqu’à 3m de hauteur, et surplombant à l’est, derrière un talus, d’un mètre, une pente rapide et profonde. Mauvaise position, donc, pour un ouvrage défensif. Au sortir de ce coupe gorge, le tracé rejoint la route de Saosnes qu’il avait quitté 1600m avant, et qu’il ne quittera plus jusqu’au bourg de cette commune.
Mais avant d’y parvenir, on a l’impression très nette que le fossé qui règne à droite de la route, profond de 2 à 3 m, n’est autre chose que l’ancien chemin redressé et re profilé pour obtenir la route. Les historiens ne semblent pas l’avoir compris. Ce chemin creux très profond dominé au moins à droite par un rempart atteignant jusqu’à 6m de haut sur le chemin et 2m au dessus des champs qu’il bordait, ne peut plus être considéré comme un ouvrage de défense classique, à l’envahisseur, depuis le moment où le terrain dominait le passage et où le talus changeait de côté.
Courgains / Riousse :
Entre deux chemins creux profonds de 2m environ, Riousse occupe une petite enceinte de 150m de long sur 70m en moyenne, terminé à l'est par une terrasse dominant des prairies. Ces prairies sont coupées de ruisseaux ou fossés multiples qui ont fait donner le nom à la propriété Rivucius. Le suffixe rare " ucius " qu'on trouve dans les noms gaulois sous forme latine (Catucius) est certainement fort ancien.
Le domaine est au moins roman, sinon gallo romain ; il fit extension, puisqu'il existe de part et d'autre des propriétés dont l'une porte le nom de " Bas Riousse ". Il s'étendit aussi dans les prés de l'est comme l'indique la citation Fluvius Riosce ,début XII, désignât le ruisseau de Malherbe. La forme Riostha de 1045 à 1067 est une fantaisie du scribe. Riolci Rivus XII tendrait à Rivulicius ou Rivulucius. Il existe aussi un Riousse à Dissé/Ballon, sur le même ruisseau et un Riousse à St Jean d'Assé, avec des débris gallo romain.

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