FrancitéRetour

LES COMPTES DE FABRIQUE de 

LA PAROISSE DE COURGAINS 

AU XVéme SIÈCLE     (Extraits,Par L.Froger) 

Nous avons analysé ailleurs les comptes de fabrique de la paroisse de La Quinte, nous examinerons aujourd'hui ceux de   Courgains. Ces études particulières permettront quelque jour de généraliser le sujet, et de montrer comment, dans ces agglomérations rurales où l'administration communale n'existait pas, la population pouvait néanmoins agir collectivement vis-à-vis de l'autorité générale, religieuse ou séculière, et pourvoir aux services locaux, très peu compliqués d'ailleurs. Les documents auxquels nous nous référons sont les comptes rendus aux      habitants par le procureur de la fabrique, de 1415 à 1426, d'abord, puis de 1454 à 1482.    


LA FABRIQUE 

Courgains, commune de 916 habitants, dépendant de l’arrondissement de Mamers et du canton de Marolles Les Braults, formait au xv° siècle, une communauté d'habitants comprenant environ 120 feux (1), ce qui, à une époque où les familles étaient généralement bien pourvues d'enfants, suppose une population totale de 800 personnes au moins. Professant toutes la même religion, elles étaient groupées en une seule paroisse, comprise dans le doyenné du Sonnois. Elles se réunissaient, pour remplir leurs devoirs religieux, dans une église située au bourg, dédiée…

 

(1)     Nous nous sommes arrêté â ce chiffre, en nous basant sur le montant des cotisations dites «  droitures de Pâques » qui étaient payées par chaque famille.


…à saint Pierre, et desservie par un curé, nommé par l'abbé de la Couture, au Mans, et institué par l'évêque de cette ville. Ce groupe paroissial qui, au point de vue civil, se rattachait à la vicomté de Beaumont, Fresnay et Sonnois, était représenté, vis-à-vis de l'autorité religieuse et séculière, par la fabrique.  

Ci-contre, pour exemple, le coffre de la fabrique de Monhoudou, visible dans son église.

La fabrique, corps constitué, jouissant de la personnalité civile, apte par conséquent à acquérir (1) et à posséder, disposait d'un budget alimenté par les ressources suivantes : En première ligne, venaient les rentes perpétuelles (2), léguées sans doute à la fabrique, mais à une époque que nous ne saurions indiquer, et qui étaient payées tous les ans par les détenteurs des immeubles sur lesquels elles étaient assises. En 1415, ces rentes produisaient une somme de quatre livres, trois sols, trois deniers. En 1463, elles s'étaient légèrement accrues et donnaient une somme de quatre livres, dix-huit sols, un denier.

Sous un second chapitre, se rangeaient les revenus des terres appartenant à la fabrique (3), et qui étaient affermées par bail, pour un laps de temps plus ou moins considérable, mais dépassant rarement neuf années (4). Ces fermages rapportaient, en 1415, cent dix-sept sols, deux deniers oboles ; en 1464, cent quinze sols, trois deniers. Plusieurs de ces domaines qui, avant…

 

(1) « Pour XII s. t. de rente acquis de Jehan Gastel et de sa femme, de la paroisse de Thoigné, de quoy led. procureur a poyé en monnoye de blans de X d. la somme de VII. t. ». Comptes de 1417‑t8.« Item, pour une pièce de terre qui fut achetée de Louys Godefray contenant deux bouesseaux et demy semeure, qui cousta sinquante soux. » Comptes de 1468‑69.(2) Sur les comptes de la fabrique, elles sont désignées par ces mots : «  Rentes ordinaires au jour de la Toussaint. »

(3) Elles sont inscrites sous cette rubrique : «  Rentes des terres baillées â fermes muables. »

(4) Nous ignorons le plus souvent comment ces terres étaient devenues propriétés de la fabrique. Nous savons cependant que, de ces immeubles, l'un avait été légué par une dame de Concé : « Jehan Bellanger, pour le cloux de La Tremblaye que lessa feu Jehanne Pezas, jadis dame de Concé, Xs. » (Comptes de 1422‑23) ; l'autre, par Denis Guy: « De Mathe Maquayre pour le cloux de La Percevallière que lessa feu Denis Guy, III s., IIII d. » (mêmes comptes) ; un troisième, par Denis Huet et son épouse : « Item, de Estienne Fouaynon pour la terre que feu Denys Huet et feu sa femme donnèrent à lad. fabrice. » (Comptes de 1473‑74) ; un quatrième, par une dame de Concé : « Jehan Gaignant pour le cloux de Champroux que lessa la feue dame de Concé, XII d. » (Comptes de 1454‑55).


…l'invasion anglaise, paraissent avoir trouvé facilement preneurs, furent ensuite laissés en friche (1); on dut alors les faire valoir à moitié. La part des produits revenant à la fabrique était vendue publiquement aux enchères (2). 

Des rentes foncières de peu d'importance, ‑ elles ne dépassaient pas cinq sols, ‑ formaient un troisième groupe de valeurs, affectées à un service spécial, dit « la charité de la mikaresme (3) », sur lequel nous aurons à revenir. 

A ces revenus fixes, ou du, moins peu variables, s'ajoutaient ceux qui, changeant tous les ans, progressaient ou s'abaissaient, suivant le plus on moins d'aisance et de tranquillité dont jouissaient les paroissiens. On peut les classer en six catégories.

Dans la première, entraient les cotisations dites « droitures de Pâques », que chaque ménage payait à cette échéance, à raison de trois deniers par famille. Ces « droitures » qui s'élevaient, en 1415, à vingt-huit sols, trois deniers, tombèrent en 1419, à vingt-trois sols, puis, en 1424, à douze sols, trois deniers. En 1464, elles remontèrent à trente sols, huit deniers oboles, et se maintinrent telles ou à peu prés (4) dans la suite. 

La seconde comprenait les aumônes versées par les habitants dans la « boueste Nostre-Dame ». En 1413, on y trouva pour toute l'année, douze sols; en 1420, quarante-cinq sols; en 1426, vingt-cinq sols; en 1463, cinquante-cinq sols, vingt deniers. Rarement donnaient-ils leurs offrandes en nature. Dans ce cas, elles étaient vendues au profit de la fabrique (5). 

(1) « Le patilz de La Coudamière vacque pour ce qu'il n'y a rien qui l'exploicte.

« Le cloux de la malladerie de Courtgain vacque pour ce qu'il n'a point este  baillé. » Comptes de 1454‑55.

(2) « Item, fait mencion led. procurous que il a prins et levé oud. cloux (Mouette) demy bousseau de pouays et demy de fevez lesquieux Michel Marin avoit fait à moitié de lad. fabrice, qui furent vendus II sols. » Comptes de 1465‑66.

(3) Dans les comptes, elles sont inscrites sous ce titre : « Aultre recepte de rentes qui sont pour la charité de la mi‑karesme. » Elles étaient payées par neuf débiteurs.

(4) Ces « droitures » furent longtemps perçues gratuitement. A partir de 1466, le clerc chargé de les recueillir reçut dix deniers pour salaire. Il est aussi question des « droitures », dans le Règlement d'un sacriste manceau.

(5) «  Item », pour ung bousseau de froment qui fut donné à la boueste et fut vendu à Jehan Jousse, onze blancs. » Comptes de 1473‑74.

 


…La troisième se composait des redevances payées pour les inhumations faites dans l'église. Un droit fixe de douze sols, six deniers, pour chaque sépulture d'enfant (1), et de vingt-cinq sols pour celle des adultes, était alors perçu au profit de la fabrique (2). 

La quatrième groupait toutes les sommes provenant de la vente des fruits ou des arbres du cimetière (3), ainsi que des objets qui, après avoir été à l'usage de l'église, s'étaient détériorés et étaient tombés hors de service (4).                  

(1) « Item, pour l'enterraige de la demoiselle à la dame de Concé, XII s. .VI d. » Comptes de 1417‑18.

(2) « Pour l'enterraige dou feu seignour de Biars, XXV s. » Comptes de 1418‑19.

« Recette des corps ensepulturés en l'église. De feu Estienne Louvel XXV s. De la feue femme Guillot Rogier, XXV s. » Comptes de 1422‑23.

« Item, receu de demoyselle Marie de Rougelay pour la sépulture de feue sa mère, XXV s. » Comptes de 1461‑62.

(3) « De Colin Motereul pour les ulmeaux de la Malladrerie quia achattez de lad. fabrique, XXXV II s. VI d.» Comptes de 1419‑20.

« Item, dit celluy procureur qu'il vendit à Jehan Furet les pommes du pommier du semetière la somme de XVIII s. » Comptes de 1481‑82.

(4) « Item, du veil psautier vendu à Jehan Etaisse, XXV s.

« Pour les veilles mesures vendues à Estienne Launay, XV d. » Il s'agit des meures pour le sel. Comptes de 1415‑16.

« Item, pour la velle huche qui fut vendue à ban d'iglese, IX s. b Comptes de 1468‑69.

« Item, pour les vellez ferrousres des portes que led. procurous a vendues à ban d'iglese au plus oufrant, VIII s. » Comptes de 1475‑76.


…Les deux dernières catégories figuraient très irrégulièrement  sur le budget ; Elles se composaient, l'une, des legs en argent laissés accidentellement par divers bienfaiteurs (1) ; d'autre, du «  taux «   (2) , que les paroissiens s'imposaient à l'occasion de dépenses extraordinaires (3). 

Sans être traitée en mineure, la fabrique restait cependant sous certains rapports, en tutelle, ou du moins, elle était soumise, de la part de l'autorité religieuse, à un double… 

(1) « Item, du les que lessa vénérable homme feu messire Jehan Vallette, jadis curé de lad. paroisse, C s. »

« Item, d'un les que lessa feu Jehan Hubert à lad. fabrice XII s. VI d. » Comptes de 1419‑20.

(2) Nous croyons retrouver un taux d'une nature particulière dans l'article suivant des comptes de 1421‑22. « Item, des droytures de Pasques de quoy chacun mesnaige poye III d., et nonobstant chacun mesnage poya I groux pour ce que la monnoye estoit foyble et aussi parce que l'en n'avoit pas bien de quoy querir le luminaire a lad. feste, vallant en somme de groux, VIII I. »

(3) « Aultre recepte pour ung taux que les paroyssiens me firent sus chacun mesnage, de deux sous six deniers et les demys mesnages quinze deniers, qui se monte en toute somme de monnoye, XIII I. VI s. III d. » Comptes de 1424‑25.

« Aultre recepte sus ung taux que Jehan Sohier et Michel de La Croix ont levé en la parroysse lequel fut fait pour le salayge de Alenson et pour La Ferté-Bernart, dont ils l'ont rabessé de XL s. » Comptes de 1424‑25.

« Item pour le taux du saint qui n'estoit pas plen, cair il fut dit et acordé par ceux qui firent le taux que le colitor (collecteur) prendret vingt sous sus le reste des comptes Louys de Lespinay. » Comptes de 1468‑69.

« Item, pour ceux qui furent amoderez devant le deyen, dud. taux. » Mêmes comptes.

Il semble par cette dernière mention que les paroissiens qui se trouvaient trop chargés par les répartiteurs du taux, pouvaient réclamer près du doyen du Sonnois. 


…contrôle, celui de l'archidiacre, représentant plus immédiatement l'évêque du diocèse, et celui. du doyen (1 ). Ces deux dignitaires ecclésiastiques, escortés chacun d'un clerc, et parfois d'une suite, plus nombreuse, exerçaient, chaque année, leur droit de visite, à des époques variables. Nous avons constaté que, le mobilier de l'église était souvent renouvelé après leur passage dans la paroisse.

 

DE LA COMPETENCE ET DES ATTRIBUTIONS DE LA FABRIQUE

 

Les ressources, fixes ou non, que nous venons d'énumérer, faisaient face à des dépenses, les unes, relatives au culte, les autres, qui n'y touchaient ni de près ni de loin. 

Parmi les premières, il convient encore de distinguer celles qui se reproduisaient tous les ans, et , qui reparaissaient sur chaque budget. Elles avaient pour but de pourvoir aux frais que nécessitait l'achat des objets indispensables à la célébration des offices et à l'administration des sacrements. 

La fabrique fournissait au prêtre qui desservait la paroisse, le luminaire (2), l'encens (3), le saint chrême (4), le vin à laver les autels le Jeudi-Saint (5), celui que l'on donnait aux paroissiens qui communiaient aux fêtes solennelles de Pâques, (6) de la… 

(1) Parfois l'évêque exerçait lui‑même son droit de visite, ou le faisait exercer par son vicaire; c'est ce dont témoignent les deux actes suivants : «  Item, pour la visitation de Monsr du Mans, II s. IX d. » (Comptes de 1461‑62). «  Le XVIIIème jour de may l'an dessus d. (1463), que le vicaire de Mons du Mans vint visiter... » (Comptes de 1462‑63). Il ne s'agit pas de l'archidiacre, car la visite de ce dernier est notée à part.

(2) Item, pour deulx poz de euylle à mettre es lampes pour toute l'année, XII s.

Item, pour les chandellez des ténèbres, XX d. (Comptes de 1425‑26). Nous ne pouvons noter ici toutes les dépenses relatives au luminaire; nous observerons du moins, qu'elles se produisent seulement a l'occasion des fêtes.

(3) « Item, pour fournir de encent pour toute l'année, IIs. «  (Comptes de 1425-26).

(4) «  Item, pour aller quérir du cresme au Mans, IIIs. » (Comptes de 1455‑56).

(5) « Item, pour le vin du jour de Pasques et pour celui a laver les autel: « (Comptes de 1454-55).

(6) «  Une pièce de terre size au mont de la Garde qui souloit estre en vingne dont ledit Marin est tenu faire sinch soux à ladite fabrice et vingt potz de vin par chacun an et doit led. Marin rendre les vingt potz de vin à l'iglese de Courgayng le jour des grans Pasques par chacun an pour donnez à bevre à ceulx qui vont à la table. » (Comptes de 1466‑67), 


…Toussaint ou de Noël (1). Elle prenait à sa charge certaines décorations destinées à rehausser l'éclat des cérémonies religieuses (2). Parmi les dépenses ordinaires, il convient de placer encore les indemnités versées â l'archidiacre et au doyen, à l'occasion de leurs visites annuelles, et qui étaient, tantôt de cinq, tantôt de dix sols, pour le premier (3) de sept a neuf sols, pour le second (4), non compris leur nourriture et celle des personnes qui les accompagnaient (5). 

Si le curé n'avait à se préoccuper en rien de tout ce qui était proprement culte public, par contre, il ne paraît pas qu'on soit jamais venu à son aide pour les offices qui n'étaient pas d'obligation. Il devait donc acquitter lui-même les frais de sa messe quotidienne. 

A côté de ces charges qui variaient peu, se plaçaient celles qui provenaient de l'acquisition ou de l'entretien du mobilier de l'église et des réparations de l'édifice lui-même. 

Ce mobilier comprenait les vêtements liturgiques tels que les aubes (6), les amicts, les chasubles (7).

  

(1) Item, pour deux choppines de vin pour ceulx qui recevprent a la Toussains et à Nouel, V d. «  (Comptes de 1479‑8o).

(2) « Item, pour la faczon de la chapelle de dessus le grant autel, III s. »

« Item, pour les cordes à pendre lad. chapelle, XX d. «  (Comptes de 1454‑55)

(3) Item, quant monsr l'acediacre vint visiter, Vs. » (Comptes de 1454‑55).

« A l'assediacre pour sa visitation, Xs. «  (Comptes de 1461‑62).

(4) « Item, à monsr le doien, le IXe jour de may quand il vint visiter, VIIs IX d.

(Comptes de 1454‑55)‑ « Au doyen pour sa visitacion,IXs. «  (Comptes de 1461‑62).

(5) « Item, quant le vicaire de Mons l'asdiacre vint visiter lad. fabrice poya aud. vicaire: Vs. Item, au paige dud. vicaire, Xd . Item, en despense de pain et de vin ovec led. vicaire, le curé et aultres en leur compaignie, Vs. Item, pour ung bouesseau d'avenne pour les chevaulx du d. vicaire, VI Id . a (Comptes de 1463‑64).

« Item, pour la despense dud. doyen et de ceux qui estoient en compaingnie. IIIs VI d.

Item pour l'avaine à lours chevaux, ‑VIId . » (Comptes de 1474‑75)

(6) « Item, pour une aulbe et ung sourpeliz que led. procurous fist faire, Xs. » (Comptes de 1475‑76).

(7) « Item, pour la faczon des chasubles, Ls.

« Item à l'ouvrier qui a fait lesd. chasubles quant il vint querir son paiement, pour le souper, VIs IIId »

« Item, le lendemain qu'il eut fait lesd. chasubles, à desieuner,.IIs VId . »

« Item, pour porter benistre su Mans lesdites chasubles et les touailles de l'église, IIs II d. (Comptes de 1461‑62). «  


…Ils étaient ordinairement confectionnés sur place, avec l'étoffe achetée dans le pays . On se procurait par le même moyen les enseignes ou les bannières (1). Les croix de procession (2), les vases sacrés (3), les bénitiers (4), et, pensons-nous, les encensoirs venaient des ateliers du Mans. Par contre, les meubles où l'on renfermait tous ces objets, étaient l’œuvre des artisans du bourg (5). Les livres étaient marchandés à des clercs, habiles dans l'art de la calligraphie (6). Des ouvriers dont la résidence n'est point indiquée, façonnaient les images (7) ou les statues (8), qui ornaient les autels, ou garnissaient de verrières les fenêtres (9) qui éclairaient l'église.

Mais ce qui, en ces temps troublés, grevait surtout le budget de la fabrique, c'était la réfection sans cesse renouvelée de la maison de Dieu. Nous indiquerons rapidement , les travaux dont elle fut l'objet, au cours du XVème siècle. 

(1) « Pour vin de marché de quant l'en marchanda o le paingtre de Moncé de paingdre l'ensaigne, XVd. Pour la paingture, poyé aud, paingtre, Xs.

Pour faire doubler l'ensaigne, V d.  (Comptas de 1415‑15).

On les faisait aussi venir du Mans, témoin l'article suivant des mêmes comptes : Item, pour aller au Mans an senne de Pentecoste pour quérir des estolles et phanons et une ensaigne, pour despense dud. procureur et de son cheval, IIs VId.

En achat de II estolles et II phanons et une enseigne achatées 'a lad. ville du Mans, XIIs VId .

(2) « Item quant led. procureur fut envoyé au Mans pour parler ovec l'orfèvre qui doibt faire la croues, IIIs.(Comptes de 1463‑64).

(3) «  Item, pour achat du galice d'estaign, XIIs XI d.» (Comptes da 1418‑19).

(4) « Item, pour le benaistier, XXIIs ». (Comptes de 1468‑69).

(5) « Item, pour une huche que led. procurons acheta de Denis Fouaynon pour mettre les livres de l'iglese, XXIIIs . (Comptes da 1468‑1469). .

(6) c Item, au chapelain du Plesseis qui a relié le légendiez et mis en point, par finayson faite des paroissiens et dud. procureur ovec led. chapelain, pour toutes chouses, LXs.  (Comptes de r463‑64).

« Item pour l'abillaige desd. livres et faczon des respons et. . . faczon de la feste de la Transfiguration et. . . Nostre‑Dame, en somme LIIs VId .

« Item pour ung cuir de truye â couvrir led. livre, Vs u. (Comptes de 1481‑82).

(7) « Item, pour les ymayges que led. procurons acheta par le conseil des paroissiens qui furent mis à l'autel Noustre‑Dame, XIIId . ob).(Comptes (le t472‑73).

(8) « Item, pour les despens dud. procurons cant il ala queriz le tondis pour le moulle du saint, VIs « . (Comptes de 1468‑69).

(9) «  Pour rappareiller les victres, payé au victrier, XXXVs. »

Pour despence don d. procureur de deux journées qu'il fut o led. victrier, IIs (Comptes de 1415‑16). 


…En 1415, les vitres des fenêtres furent réparées. On venait, en 1418, de clôre la nef par une porte neuve (1), quand elle est brisée, d'abord en 1420, par les Anglais qui s'étaient rendus maîtres de la région, puis, en 1421, par les Ecossais qui combattaient pour le Dauphin (2). On cache à la hâte les ornements, mais les meubles où ils étaient habituellement renfermés sont rompus. Ce pillage ne trouble pas les paroissiens qui, en 1424, s'associent pour la reconstruction d'un porche ou ballet, qu'un charpentier élève devant leur église (3).

Par les réparations qui y furent faites après le départ de l'ennemi, on peut estimer les dégâts qu'il y avait commis, de 1426 à 1450...

(1) « Item, pour un huys achaté tout fait de Robin Voel pour le bout de l'église, . XVs

Item, pour vin de marché doudit huys, XVd

Item, pour la ferroure doudit huys achaté de Philipot Le Fèvre, XIs IIId . (Comptes de 1417‑18).

(2) «Item, pour Jehan de Sillié qui remenda et apparoillea les huys et les huges de l'église que les Escoz desrompirent quant ils vindrent a Bellesme... lIs VId « (Comptes de 1421‑22. Cf. L'Union historique, t. I, p. 219).

(3) « Item, en despense o le cherpentier qui vint faire le devis du ballet, IIs VId . Item, pour ferre ledit ballet et later et couvrir et fayre la goutière à la tour, IXd, Xs » .

Item, en despense o Guillaume Trouyllart, forestier, de quant je marchande le boys dudit ballet; Vs. Item, en achat dudit boys, XVs.”

Item, pour la despense du cherpentier, du forestier et de moy que je mene ouyst hernoys et le cherpentier vint pour choysiz le boys en la forest, Item, pour achat de troys miliers de tuylle pour couvris led. ballet, VI. » Comptes de 1424.25).


En 1462, on pave à nouveau l'édifice, dont l'une des fenêtre est aussi refaite (1). En 1467, on le couvre de tuile, et cette même année, on reprend par le pied la chapelle Notre‑Dame (2). En 1473, plusieurs fenêtres sont meublées de verrières (3). En 1741 l'évêque du Mans consacre à nouveau les autels (4).

L’année suivante, on garnit les portes de ferrures nouvelles (5).  

(1) « Pour reffaire le pavé de l'église, pour journée et despens, IIs ». (Comptes de 1461-62)

Item, pour le souper du vitrier quant il vint asseoir la vitre, XXd . Item pour lad. vitre, XXXs. Item, pour la ferrure de ladite vitre, XXIId . Item, pour la faczon de la fenestre de dessus les fons, XIId.

Item, à Guillaume  Lescureul pour la massonnerie de la vitre de dessus les fons, XXVIIIs VId ». (Mêmes   comptes).

 (2) Item, cant on ala queriz la tieule que monsr de Biars donna à l'iglese,

ledit procurons pouya pour la despensse de ceux qui alérent, XXIIId « . (Comptes de 1465‑66).

Item, fait mencion ledit procurons que il ala a Saint‑Ayngnen pour achetez du  bouays pour faire la chapelle devant Noustre‑Dame et le chandelier devant monsr Saint‑Père et mena ledit procurons Denis Fouaynon o luy, despendirent XVd .

Item, cousta ledit bouays, en argent, XIIIs IId .

Item, tant ledit procurons marchanda o les cherpentiers pour faire ladite chapelle devant Nostre‑Dame... en vin de marché, IIIs.

Item, pour une journée que ledit procurous ala à Beaumont pour marchandez …

Item, pour deux journées que ledit procoreur fut au Mans pour queriz msr Juré qui viendroit visitez la besongne de l'iglese  IIIId

Item, pour le salaire du juré ly pouya ledit procurous en argent, XIIIIs IIId. Comptes (de 1466‑67).

(3) « Item, pour les vistrez de darère le grant autel qui coustérent sept livres dont monsr de Biars en pouye sinch livres qu'il a données à ladite fabrice et ledit procurons en a pouyé III .

Item, pour les pierres des maynneaux pour lesdites vistrez et pour la fasson à Guillaume Lescureul, XXXVIS « . (Comptes de 1472‑73).

(4) « Item pour une autre journée que ledit procurons fut envouyé â Saint‑Calez  et depuis à Sonne, pour alez queriz de l'eau grégorienne pour benaistre les autieulx pour journée et despens, XXd .

Item, le XXIXé jour de juillet que l'évesque vint benaistre les autieulx, pouya  ledit pour la despense dudit esvesque et de ses gens, et de prestres qui aidèrent à dire le servige, tant pour les chevaux que pour autres chouses, XXIs.

Item, à l'évesque deux esculz pour benaistre l'autel de Noustre‑Dame et l'autel de monsr Saint Louys, valent à XXVIIIs IIIId pour escu, III XVIs V IIId ». (Comptes de 1473‑74).

(5) « Item, cant ledit procurous balla à faire la ferroure desdites portes ly cousta o vin, XIIId.

Item, pour les bendes et ferroures desdites portes coustérent envers le serrourier, III ». (Comptes de 1474‑75). 


…En 1476, on travaille à la tour (1). Outre les dépenses relatives au culte, il y avait, nous l'avons dit, celles qui ne s'y rapportaient pas. Comme la fabrique jouissait de la personnalité civile, elle devait , ainsi que tout propriétaire d'immeubles, payer aux seigneurs de fief, les cens qui leur étaient dûs, et de ce chef, elle déboursait annuellement une somme de cinq sols six deniers oboles, repartie entre neuf seigneuries (2). De plus, ses domaines étant biens de main‑morte, elle était tenue d'acquitter certains droits d'amortissement , rigoureusement réclamés par l'autorité royale (3).

Pour la confection des comptes‑rendus tous les ans, on donnait  au clerc qui les rédigeait, les rôles de papier dont il avait besoin, et des honoraires (4) qui variaient d'une année a l'autre.

Ces frais incombaient tout naturellement à la fabrique. On s'étonnera peu de la voir chargée d'oeuvres charitables. Le cas échéant, elle supportait la dépense causée par l'épreuve du « mésel » ou lépreux (5). Tous les ans, elle faisait distribuer aux indigents des secours en pain, pour lesquels elle avait été dotée de rentes foncières (6). 

(1) «  Item, cant ledit procurous et Guillaume Lescureul et Jehan Furet, ballèrent au cherpentier, à faire le nou de la tour, ly cousta en despense VIs.

Item, a pouyé ledit procurous au cherpentier qui a fait le nou de la tour, IIId . (Comptes de 1475‑76).

(2) Nous nous contenterons de les indiquer : le seigneur de Biars, celui de Brestel, celui du Plessis, la dame de Conçé, le prieur de Courgaing, Jehan de La Croix, Jehan Trepaust, Jehan Torret, Denis Godefroy.

(3) « Item, le IIIe iour de may l'an dessus dit (1465), ledit procureur fut au Pont‑de‑Gennes pour se comparoistre devant les commissaires du Roy pour les nouveaulx dons legs ou aquests, ly cousta pour l'ajournement, XXIId .

Item, pour son avocat dudit jour, XId .

Item, le XIXé four de may que ledit procureur retourna au Mans pour apointer o lesdits commissaires…  pour tout le veaige, IIIs Vd .

Item, cellui jour ledit procureur apointa o lesdits commissaires pour les choses dessus dites à la somme de XXXIIIs « . (Comptes de 1464‑65).

(4) «  Item, pour papier et clerc à fere ces presens comptes, XXs

Et pour despence ad ce fere, Xs « . (Comptes de 1419‑20).

(5) «  Item, quant ledit procureur mena la Portesse à l'eprouve, pour toutes depenses et mises, XXIIs VId « . (Comptes de 1456‑56).

(6) « Pour acomplir la charité de la me‑karesme, Vs Xd «  . (Comptes de 1416‑17).

Item pour achat de pain pour achever la charité de la my‑karesme, en icelle monnoye de groux, XXs . (Comptes de 1421‑22).  


…Elle avait alors des attributions qui sont maintenant réservées au conseil municipal. Elle finançait en cas d'imposition de guerre sur la commune (1). Elle paraît avoir été responsable d'un impôt, la gabelle, qui atteignait non pas chaque habitant en particulier, mais la paroisse collectivement (2). Du moins, elle était tenue de posséder la mesure dont on se servait pour repartir le sel entre les paroissiens (3). Elle payait les pièges à l'aide desquels on essayait de se débarrasser des loups qui infestaient la région (4). Elle pourvoyait à l'entretien du franc archer, et ce n’était pas petit embarras. En instituant cette milice communale par ses lettres données à Montilz‑les‑Tours, le 28 avril 1448(5); Charles VII avait ordonné, que dans « chacune paroisse du royaume, » il y aurait un archer qui se tiendrait « continuellement en habillement suffisant et convenable  de salade, dague, espée, jaque ou hucque de brigandine » (6).

Louis XI, par une ordonnance non datée, mais que l'on peut…

 

(1) «  Item, fait mencion le procureur que il fut areté à Alenson, de Perrin,  capitayne, lui et Michel de La Croix, pour les indempnitez que on demandoy aux

procureurs dont il dépendit XVIIId « . (Comptes de 1425‑26, Cf. L'Union historique, t. I, p, 218).

(2) «  Item, pour une creue du sallaige du IIIIé de juillet  baillé aux colleteurs, par le général des paroissiens affin que le taux demorast en l'estat qu'il estoit, XVs Vd». (Comptes de 1416).

« Item, fays mencion que le cel de quoy nous debvions avoir XI minoz pour la

somme de vingt et deux escuz, fut amenuysé a six minoz qui ont cousté XIIII escuz

et pour ce reste sus le celeteurs, ouyst escuz ». (Comptes de 1424‑25).

(3) Item, pour les mesures à sel de lad. paroisse, XXd . « Item, pour le marc,

et essef desd. mesures du sel, IIIs IX d .

Item, pour despense de moy et de ma beste pour aller à Alençon les fere mercher, XXd .

Item, pour les fere mercher à ladite ville d'Alençon, IIIIs IId ». (Comptes de 1415‑16).

(4) «  Item, pour achat d'un boisseau de froument pour bailler au cordier de Reyné pour payer des cordes qu'il avait faites pour les laz aux loups, pour ce V s. (Comptes de 1422‑23).

 (5) Sur le franc archer, Cf. Boutaric, Institutions militaires de la France, in 80 p. 317‑326.

(6) » Item, pour adoubez les garde‑braz et les ganteletz du franch archer  XXd . ‑ Item, pour deux douzainnez d'aguillettez au franch archer, IIs.

Item, cant on marchanda ovec Pelevert pour fourbir le harnais du franch archer, IIsVId « . (Comptes de 1468‑69). 


…rapporter à l'année 1469, modifia l'armement et le costume de cette troupe. En 1475, il enjoignit à chaque ville ou village, de donner à chaque archer un hoqueton du prix de vingt sous, tous les deux ans, une pique et une voulge ; quinze archers avaient droit à une charrette pour transporter leurs bagages; ils fournissaient les chevaux, les harnais et le charretier, mais les paroisses devaient leur procurer le véhicule (1).

Un agent du roi, l'Elu, choisissait ces soldats parmi les habitants « les plus droits et aisez pour le fait et exercice de l'arc, sans avoir égard ne faveur à la richesse et aux requestes que l'on pourroit sur ce faire «  .

Nous inclinons à croire que, malgré ces prescriptions, on n'allait point chercher le franc archer parmi les paroissiens les mieux notés. Nous nous souvenons avoir encore vu, en 1869 et en 1870, errant dans les rues d'une petite ville de province, des hommes désoeuvrés, des vendus, comme on les appelait alors, qui, si l'autorité militaire les acceptait, contractaient dans l'armée un engagement de sept ans, moyennant une prime plus ou moins élevée, payée par ceux qu'ils remplaçaient. S'ils tardaient trop à être admis, on s'en apercevait vite aux rixes qui s'engageaient entre eux, à leurs réunions tumultueuses tenues devant la demeure du « marchand d'hommes «  , qui les raccolait. Pour les calmer momentanément, il leur avançait quelque argent, plus vite dépensé qu'obtenu. Les comptes de Courgains nous laissent suppoposer que le franc archer ne valait guère mieux. Aussi que de difficultés il causait à la fabrique.

Tantôt il refusait de partir, un bon repas l'y décidait; tantôt il réclamait plus qu'il ne lui était dû, et l'on allait prendre conseil à Mamers, pour être fixé sur le taux de l'indemnité qui lui…

 

(1) x Item a pouyé ledit procureur pour la brouette des franchs archers, IIIIs VIId « . (Comptes (de 1473‑74).

(2) « Item cant ledit procurous ala parlez au franch archer à son hostel ovec que Guillaume Lescureul, pour ce qu'il ne voloit partir ny alez dehors, s'il ne avoit tout ce qu'il demandoit, pouya ledit procurons en despence, IIs VIIId ». (Comptes de 1471‑72). .

Item le XIIIIè iour d'outoubre ledit procurous porta les abillements au franc archer au Mes, cant il devait partir pour alez dehors, et fallit que ledit procurous ly pouyast son déjeuner, XIIId ». (Comptes (le 1473‑74). 


…était réellement allouée (r), ou l'on s'arrangeait à l'amiable avec lui (2) Quand il revenait au village, il y était libéralement traité (3) ; on pensait à l'avenir, et, vraisemblablement, pour pareil motif, or. se gardait de le laisser aller à la « monstre » ou revue, sans sou ni maille (4).

Ces dépenses ne laissaient pas d'être onéreuses, néanmoins on savait compter à Courgains et le budget se soldait rarement en déficit. Dans ce cas, on aurait su d'ailleurs à qui s'en prendre, car la fabrique avait un comptable, le procureur, dont nous allons maintenant étudier le rôle.

 

(1) «  Item, cant ledit procurous se conssailla à Memers ovecque d'autres des  paroisses a savoir sy le franch archer devoit ung stier de froment lequel il demandoit en oultre l'esdit du Roy, ly cousta, XId ». (Comptes de 1476-77).

(2) « Item, cant le franc archer revint de Chartres pour venir querir de l'argent pour retournez à Chartres, il demandit ung escu ou XXs, les paroissiens finèrent o luy à Xs que led. procurous pouya.

Item, en despensse du franc archer et de ceux qui apointérent ovecque luy,  en pouya le procureur, IIIs VId ». (Comptes de 1465‑66).

(3) «  Item, cant le franch archer revint de Picardie ledit procurous mena déjeunez ledit franch archer par commandement des paroissiens  XXd .

Item, depuis que ledit franch archer rapporta les brigandinnes et les autres abillements et les livra aux paroissiens, pouya ledit procurous en despence, Xd ». (Comptes de 1471‑72).

(4) «  Item, le jour de la Noustre‑Dame de mars balla ledit procurous au franch

archer pour aller aux monstres à Vivaing et en despence, VIIs‑VIIId ». (Mémes comptes). 


LE PROCUREUR DE LA FABRIQUE

 

Il était le mandataire des habitants, élu par eux tous les ans, ou plus exactement par un certain nombre d'entre eux, ceux probablement que nous nommerions aujourd'hui les plus imposés (1). Il lui était permis de commettre un autre personnage à sa place, tout en restant personnellement responsable (2). II entrait en fonctions, le jour de Pâques, et sortait de charge, l'année suivante, à pareille fête.

Nous ne saurions dire exactement sur quelles personnes le choix des électeurs se portait. Une seule fois, la qualité  sociale de l'élu est indiquée, et ce dernier exerçait alors le métier de boucher. On devait, selon toute apparence, nommer un homme possédant une certaine surface, et capable, le cas échéant, de répondre sur sa propre fortune, des dépenses dans lesquelles il engageait les paroissiens. II ne recevait d'ailleurs aucune rétribution, …

 

(1) «  Compte fait et rendu par Michel Raoul, procurous commis par aucunes gents de la paroisse de Courgaing pour la fabrice de monsr saint Pierre dudit lieu de Courgaing pour ung an entier commenssant le jour de Pasques mil cccc LXIX et finissant le semblable jour mil cccc LXX... »

(2) «  Compte fait et rendu par Guillaume Beaufix procurous commis par Roullet Beaufrére pour la fabrice de monsr saint Pierre de Courgaing pour une an entier comenssant le jour de Pasques mil cccc LXXII et finissant le semblable jour mil cccc LXXIII, car ledit Roullet estoit procurous pour ledit an, et pour ce que ledit Roullet ne povoit entendre ny ocupez pour lad. fabrice il a commis ledit Beaufix pour servir lad. fabrice ». 


…mais on l'indemnisait pour les pertes de temps que lui  imposait l'exercice de sa charge. Ce n'était point une sinécure. Aucune terre n'était louée, nul produit n'était vendu, rien n'était  acheté ni entrepris, aucun travail ne s'exécutait, que le procureur n'y fût présent. Il est curieux de le voir à l’œuvre. Enfourchant sa monture (1) dès que la course est un peu longue, il s'en  dans les villes voisines, marchandant avec ouvriers et entrepreneurs, s'abouchant avec les avocats, s'il a quelque procès à soutenir, quelque assignation à lancer. Ses procédés nous paraissant autre âge. Il n'entreprend nulle affaire sans avoir essayé au préalable de s'assurer la bienveillance de ceux avec lesquels il aura à traiter. S'il s'agit d'un achat de bois, il porte au maître des eaux et forêts, une demi‑douzaine de poulets (2). A l'occasion, comment dirons‑nous, il graisse la patte du recors envoyé pour exécuter un mandat (3). Il offre à l'archidiacre, un chevreau (4), aux gens d'armes, des chapons (5). C'est l'époque des «  épices » comme à d'autres moments, celle des pots de vin,  mais les épices ne coûtaient guère, et de plut, on les inscrivait  loyalement au budget. A plus forte raison, quand le pays est  envahi, use‑t‑il de pareils expédients avec les capitaines des …

 

(1) Item, en despence de moy et de mon cheval pour aller fere ledit lumynaire IIs Id . » (Comptes de 1415‑16).

Item, pour les despens dudit procureur et de son cheval pour II jours et une nuit qu'il fut au Mans, pour avoir ladite commission, Xs. (Comptes de1415‑16).

Item, pour une citacion que je fus quérir a Mamers sus Louis Levoier et sus Jehan Regnart pour avoir le gallice, duquel il l'avoient levé le taux et pour ce, IIIId . (Comptes de I424‑25).

(2) «  Item, pour demy douzainne de polletz que ledit procurons donna au mestre des eaux et des forets pour avoyr ledit bouays et qu'il en faist millour marché,

IIs IIId ». (Comptes de 1466‑67).

(3) Item, fa mention ledit procurons que Guillaume Le Fevre, sergent ordinaire de Sonnois, ly balla ajournement pour la fabrice a l'asize de Sonnois, par le conssaill de plusieurs des paroissien, mena boire ledit procurous ledit sergent, et pouya en despence ledit procurons dix‑sept deniers et ung grant blanc en la main dudit sergent, sont pour tout, IIIs IIId «  (Comptes de 1473‑74).

(4) a Item, celui jour fut donné un chevreau à l'asediacre, qui cousta IIs Vid ».

(Comptes de 1455‑56).

(5) « Item, pour six chapons que ledit procurons acheta de Jehanne Dejoue pour portez aux gentsdarmes à Memers pour avoir scureté, qui coustèrent Xs » . (Comptes de 1465‑66. )


…garnisons voisines (1). C'est du reste à lui qu'ils s'en prenaient. Comme il représente les habitants, et qu'on se doute bien qu'ils ne le laisseront pas dans l'embarras, on le saisit à tout instant comme otage; Français comme Anglais trouvent le procédé commode. Une imposition n'est‑elle point pavée, vite le procureur est jeté en prison (2). Quand on l'en a tiré, à son tour il s'emploie à faire mettre en liberté ceux de ses compatriotes que pareille mésaventure a atteints. Il s'en va, souvent au loin, à Mondoubleau, à Langeais et à Châteaurenault, les réclamant et finissant par obtenir leur délivrance(3). Encore si on lui en avait su gré, mais il ne rentrait pas même toujours dans les frais dont ces voyages étaient l'occasion. Peut‑être, et véritablement il était excusable, peut-être n'avait‑il pas, avant de s'y engager, pris l'avis de ses commettants. Légalement, il ne devait en effet entreprendre rien d'important sans, au préalable, les avoir consultés, et d'ordinaire, il n'y manquait pas (4), Peu de temps après l'expiration de son mandat, il rendait ses comptes devant un nombre restreint d'habitants (5). On ne les examinait point à la légère et quand certaines dépenses ou certains achats n'étaient pas suffisamment justifié;, on les laissait à sa charge (6).

 

(1) «  Item fait mencion ledit proculleur qu'il a poié à Jehan Pignart un pourcel qui fut porté à Fresné, Vils VId .

Item, a payé ledit proculleur à jehan Marin, des Hays, ung aygnel qui fut porté à Fresné, qui vaut V s. (Compte de 1425‑26). Dans une autre circonstance, on avait offert des bartavelles.

(2) « Item, fait mencion ledit proculleur qui l'a esté à La Ferté‑Bernard en prinson pour la paroisse, XIX jours, qui vallent chacun vingt deniers, le tout vaut en somme XXXIs VIIId ». Cf. Union Historique, t. I, p. 250.

(3) Voir L'Union Historique, t, I, p. 248, 250, 251.

(4) « Item fist assemblez ledit proculleur partie des paroissiens pour avoir leur avis et consail de procedez en oustre ou de demourez, de quoy ledit proculleur dependit en leur compagnie, VII; VId" (Comptes de 1425‑26).

(5) En 1421, on cite nommément 14 paroissiens avec cette mention «  et plusieurs aultres ». Les comptes de 1425‑26 ne furent, par exception, vérifiés qu'en 1430. Voici en quels termes le procureur s'exprime : « Le segont jour de may l'an mil IIIIc et XXX conta Jehan Furet, ia piessa proculleur de la fabrice de l'église de Courgaingn, ovec la plus grant et saine partie des paroissiens d'icelle ». Suivent dix‑neuf noms.

(6) Il en fut ainsi des dépenses que jehan Furet avait faites, en 1425, en allant à la recherche de ses compatriotes, à Langeais et à Châteaurenault. 


...Dans ces conditions, la situation de procureur ne devait guère exciter l'envie. De fait, chaque année, on voit entrer en charge de nouveau titulaire. A la fin du XVe siècle seulement, et quand les temps sont devenus moins troublés, le même personnage est réélu trois ans de suite (1).

Nous terminerons cette étude en y ajoutant un règlement, rédigé en 1749 et pour la paroisse de Challes. Rien ne saurait mieux révéler quelle idée élevée nos ancêtres avaient des fonctions procureur de la fabrique, et quelle honnêteté ils exigeaient de mandataire.

 

DEVOIRS GÉNÉRAUX DU PROCUREUR

 

Comme le procureur est nommé de la communauté pour gérer les affaires de la fabrique, il le doit faire avec toute la prudence dont il peut être capable. S'il pense qu'il est obligé de s'en, acquitter en homme d honneur, il doit penser encore plus sérieusement, que sa conscience l'engage à soutenir les intérêts de ladite fabrique contre toutes personnes, de quelque condition elles soient, qui voudraient usurper les fonds, ou autres de biens.

Il aura soin de consulter le général dans les affaires embarrassantes.

Il entretiendra l'église en bon état, du côté des réparations, tant de couverture que du pavé et vitrage.

Il fera aussi faire les réparations du bordage de la Brosse et de la maison du vicariat.

Il se rendra maître des ornemens, de l'encens et du luminaire de ladite église.

Il ne souffrira point qu'on se serve des beaux ornemens, les jours ouvriers.

Il aura soin de recommander au sacriste de ne point donner la chasuble de soye à fleurs que le jour des Roys, de la Saint‑Jean, et les dimanches où on célèbre la fête des saints Confesseurs. Il la donnera aussi le jour de saint Louis. Cette chasuble ne doit servir que pour les fêtes où on a coutume en ce diocèse de se servir de vert.

Il emportera tous les dimanches la clef où se met le fil de la quenouille de la sainte Vierge.

Si, par cette juste conduite, il est en butte au mépris, à la calomnie ou même à la haine de quelqu'un, il doit penser qu'il faut plutôt obéir à Dieu qu'aux hommes.

A la plus grande gloire de Dieu

(Titre papier : Archives de la fabrique de Challes).

(1)Jehan Monguillon exerça la charge de procureur de 1479 à 1482. 


Retour