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L'église de Courgains

(Documents communiqués par Mme Yvette Berteraut, Maire, mai 2000)

L'église de notre commune, dédiée à Saint Pierre, est la plus ancienne construction que nous possédons. Elle fut le témoin des événements qui marquèrent le développement de Courgains au cours du 2ème millénaire. Elle est donc, à elle seule, l'histoire de Courgains.

Elle existait déjà avant le premier millénaire, puisque vers 1050, un abbé de l'abbaye Saint Vincent du Mans, nommé Avesgaut, achète à Guillaume Viguier, fils de Bérard de Bélesme, l'église et la terre de Courgains (Cortgahem) que son épouse avait reçues en dot, moyennant six livres d'écus.

Telle est, dit-on, l'origine de la fondation du prieuré de Courgains. Il s'ensuit, en 1129, une action intentée en justice par l'abbé et les moines de l'abbaye de Jumièges en Normandie, qui revendiquent cette église. La décision des délégués du pape n'interviendra qu'en 1148 en faveur de l'abbaye Saint Vincent.

Un magnifique document, livre parchemin très bien conservé, archivé à l'Évêché, relate à travers les comptes de la fabrique, des événements concernant les tribulations de la commune sur la période qui va de 1415 à 1426 de 1454 à 1482, pendant la guerre de Cent Ans contre les invasions anglaises (la fabrique était un groupe de laïques chargé de gérer, acquérir des biens et recueillir des rentes permettant de subvenir aux besoins de la paroisse).

Ainsi apprend-t-on que, pendant la guerre de Cent Ans, les plus grosses dépenses servaient à la réfection sans cesse renouvelée de l'église. Voici quelques faits marquants relatés dans cet ouvrage

* En 1415, les vitres sont réparées

* En 1420, la porte neuve de la nef est brisée par les Anglais

* En 1421, à nouveau, mais cette fois par les Écossais

* En 1424, les paroissiens s'associent pour la reconstruction d'un porche,

appelé aussi "ballet", qu'un charpentier élève devant leur église (Sous ce porche, après les vêpres, avaient lieu les réunions au cours desquelles étaient prises les décisions importantes).

* En 1462, on pave l'église

* En 1467, on la couvre de tuiles

* En 1473, plusieurs fenêtres sont meublées de verrières

* En 1476, on travaille à la tour qui servait de tour de guet comme en témoignent encore les meurtrières placées de chaque côté.

Plus tard, en 1520, les religieux de Saint Vincent de Mans accordent à la paroisse de Courgains dix-huit pieds de terre du côté du prieuré pour l'élargissement de l'église. Le prieuré dont il subsiste une tour était le bâtiment où se trouve actuellement l'habitation de Mme Lécuyer.

De cette époque nous restent comme témoins un fragment de peinture murale représentant Saint Etienne, sur le mur nord de l'église, deux statues de Saint Pierre et Saint Paul posées dans le retable, faites sur place vers 1537 par René Thomas.

Et, probablement, une très vieille statue de bois polychrome représentant Sainte Emerencienne, reconnaissable au bouquet qu'elle tient à la main statue dont la base a été coupée et qui nécessite une remise en état. Elle daterait du 15éme siècle. 

Plus tard, en 1701, un incendie détruisit la toiture de l'église. Le seigneur du château du Plessis, Alexandre Le Riche de Chevaigné, participa sans doute à sa reconstruction et en remerciement une litre seigneuriale fut peinte en haut des murs représentant ses armoiries : "Coq sur chaîne d'argent". 

Un descendant direct de ce seigneur, M. Michel de Chevaigné, de passage à Courgains voilà quelques années, eût la surprise de la découvrir. Cette peinture d’une litre seigneuriale est d’après les bâtiments de France, assez rare.   

(Armes de la famille « Le Riche »:Cet écusson cy-joint contient les armes de famille réglées et fixées en 1638 et 39, sous le règne de Louis XIII, et vérifiées et enregistrées sous le règne de Louis XIV en 1700, en parlement.Règlement d'armes de famille de Pierre … Fils de jean en 1638 et 39, sous le règne de Louis XIII.Un écusson de gueulle, à un coq d'argent, creté, barbé et onglé de même, posé sur une chaîne d'or posée en fasce, ayant la patte droite levée, et regardant une Étoile d'or posée à l'angle dextre du chef de l'écusson. Timbré d'un casque de profil, orné de ses lambrequins d'or, de gueulle et d'argent.Au lieu du casque et des Lambrequins,  il a été substitué depuis peu pour support de l'écu deux sauvages.)

Après la réfection du clocher, furent installées deux nouvelles cloches. On lit sur la plus grosse:

  "J'ai été faite et bénie par René Brossard curé de Courgains, restaurateur de l'église et clocher, tombée l'an 1701 et rebâtie l'an 1704 et nommée par Messire le Riche écuyer, seigneur de Courgains". 

De cette époque date aussi le superbe mobilier sculpté de la sacristie qui aura, lui aussi, besoin de réparations. Puis vint la révolution qui vit la vente de tous les biens de la paroisse, notamment celle du prieuré, et qui vit aussi le départ du curé Verdier en exil en Espagne 

(il redeviendra curé de Courgains de 1803 à 1804). 

Comme vous l'avez peut-être remarqué sur le plan ancien de Courgains, l'église ne possédait qu'une chapelle, à gauche, celle de la Vierge. En 1838, un projet de construction de la chapelle droite fut mis en place lorsque le cimetière autour de l'église fut déplacé. II fut difficile de réunir les fonds pour cette dépense d'un montant de :3 000 F. La réalisation fût remarquable, les deux chapelles, l'ancienne et la nouvelle sont identiques. En 1870, deux fenêtres furent ouvertes côté nord.

En ce 20ème siècle finissant, ce sont les cloches de notre église qui sonnèrent le tocsin de la guerre en 1914, le glas des obsèques de tous ceux qui moururent dans cette horrible tuerie, enfin le carillon de la cessation du conflit. Et cela se répéta en 1939 et 1945.

(ci-contre, le merveilleux mécanisme de l'horloge)

Aucun changement de structure, aucun nouvel ornement ne furent apportés à l'église. Mais un entretien sérieux : réfection des toitures, restauration des vitraux, pose de gouttières et de drains d'assainissement, ravalement d'une partie des façades, réfection de l'électricité intérieure furent entrepris au cours des années. 

Des travaux indispensables pour sa conservation car elle reste le cœur de notre village, notre mémoire et maintenant notre "phare" lumineux.

                                                                  

                                                                    

 

 

 

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