Histoire
de Courgains (72260)
Texte
d’après Th. Cauvin « Essais sur la statistique » 1829
COURGAINS :
Curtis
laboris, Curia laboris , Curie laborisa , Curs Gazeni , Curlum lucrum ,
Cortgahem ; à 5,kil 4 N. N. O. de Marolles; 9,2 S. O. de Mamers; 33,5 N. N. E.
du Mans.
Commune
arrosée du N. au S. par le Malherbe, par les ruiss. de Gravay à l'E. , des
Haies au S. E.
Bornes :
Saosne au N., St: Calais et Monhoudou à l'E., Marolles au S., Toigné à l'O.
Terrain.
calcaire. On exploite de la pierre propre à la chaux. La surface peut avoir 6
kil. de long sur 5 de large. Sol argilo-calcaire, assez productif ; prés
de bonne qualité. Taillis : 5 hect. Assolement triennal.
Industrie
: Elèves de bestiaux. Petite fabrique de toiles ( 14 à 16 métiers
). Tuilerie et chaussumerie réunies.
Moulins
: de Guette sur le Gravay ; du Plessis et de . . . sur le Malherbe.
Population
: 1311 hab., recenseur. de 1820; 1347
recensem.
de 1825. Feux ; 250. Métairies ; 15. Bordages, 73.
Contributions
: four. 6930 fr. person. et mob. 636 Frs. port. et fen. 201 fr. pat. 197 fr.66
c. Total : 7964 fr.66c.
Le
Bourg, situé sur le Malherbe , peu loin de la source de cette rivière,
comprend 70 feux et une église dédiée à St. Pierre. La route de Mamers le
traverse. Assemblée patronale le 29 juin. On remarque vers l'E. S. E. le Mont
de la Garde, que les habitants des environs appellent le "Gibet de la Truie".
Hameaux
: La Touche , le But , le Pré-Yvon , le Tertre , les Biards, les Blossiers
, les Haies , Riousse.
Le
chemin de Mamers à Beaumont passe sur le territoire.
Le
château du Plessis est situé au S. et prés du bourg; celui de Biards à 5
kil. E. du clocher ; la maison de Condé à 1 kil. N. E.
Etablissements
: chef-lieu de perception , etc. ( Mr Bouton, maire ).
Historique :
Vers
1050, Avesgaud abbé de St. Vincent, parent de l'évêque de même nom, achète,
avec la permission de Geoffroy, comte d'Anjou, et de Geoffroy, vicomte du Mans,
l'église et la terre de Courgains. Guillaume Viguier, Vicarius, fils de Berard
de Belléme, la vend moyennant six livres d'écus et la participation aux prières
de la communauté pour lui et toute sa famille.Yves évêque de Seez, ratifie,
en qualité de seigneur du Sonnons, celte vente à laquelle Guillaume son frère,
trois de ses neveux et le reste de sa famille donnent leur consentement. Havila
, épouse de Guillaume , reçoit., une autre église en échange de celle de
Courgains qui lui appas tenait ( Mart. Ampl. Coll. I, 420 ). Telle est l'origine de la
fondation du prieuré de cette paroisse estimé 1500 liv. , à la présentation
de l'abbé de St. Vincent. Les religieux de ce monastère présentaient la cure.
1076.
Roger de Montgommery, Mabile sa femme , Rotrou et ses enfants confirment à
cette abbaye les églises de Saosne et de Courgains avec toutes les terres du
domaine de Geoffroy, vicomte de Beaumont, dépendantes de Bellême ( Mart. ib.
493 ). L'abbé et des moines de
Jumièges en Normandie assignent ceux de St. Vinrent devant l'évêque du Mans
pour réclamer ces églises, et ne comparaissent point.
1148. L'affaire étant portée de nouveau au Concile de Reims, les cardinaux Jean et Jules délégués du Pape entendent les parties. Après avoir établi que les églises lui appartiennent, posé la manière violente dont les moines de St. Vincent ont éloigné ses religieux, l'abbé de Jumièges insiste sur leur restitution et présente à l'appui de sa demande un diplôme du Roi Charles, qui accorde à sa communauté les villages où elles sont bâties. Mais ce titre sans signature ne fait aucune mention des églises. II produit aussi trois témoins pour prouver sa possession et la conduite odieuse de ses adversaires. L'abbé de St. Vincent luit oppose l'acte par lequel l'évêque Hildébert a confirmé à son monastère les objets en litige , de plus, quatre témoins déclarent que dans le temps où les moines de Jumièges prétendent les avoir possédés et avoir été chassés , St. Vincent en était paisible possesseur.
Au
mois d'avril 1148, les deux cardinaux maintiennent l'abbaye de St.
Vincent dans ses droits. ( Mart. ib. 804 ).
La seigneurie de paroisse, annexée au château du Plessis, relevait de la baronnie de Sonnois. Elle appartenait en 1669, à Jacques Odet, seigneur de Fontenay; en 1698 , à Marguerite Cadier, veuve de Hugues Asselin , auditeur à la Chambre des comptes de Paris. ( Noms féod. 205, 719).
Après le milieu du 18.° siècle, elle fut acquise par la famille Pinceloup de la Mustière.
Les
autres fiefs étaient ceux de Biards, de Condé , du Prieuré.