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Les Seigneurs du Sonnois

(Extraits: Th. Cauvin, 1829)

Xéme Siècle. YVES DE CREIL, ordinairement appelé Yves de Bellême, frère de Sigenfroi, évêque du Mans., est le plus ancien Seigneur du Sonnois, dont l'histoire fasse mention. I1 donne plusieurs églises de ce pays à la chapelle ou collégiale qu'il avait fondée dans son château. Avant 994, Hugues I, comte du Maine lui enlève une portion du Sonnois, et accorde à l'abbaye de la Couture plusieurs terres de sa conquête. Yves meurt vers 997  au plus tôt en laissant de Godechilde sa femme, Guillaume qui suit; Avesgaud, seigneur du Fertois, évêque du Mans ; Yvon, seigneur de Château-Gontier; deux filles : Hildeburge et Godechilde. La première épousa Aimon de Chateau-du-Loir et fut mère de Gervais d'abord évêque du Mans, puis archevêque de Reims et chancelier de France. 

997 au plus tôt. Guillaume I succède à son père. Il oblige Herbert Eveille-Chien à évacuer le Sonnois dont ce prince voulait s'emparer , joint à la seigneurie de Bellême le comté du Perche , et reçoit de Richard Il, due de Normandie, le château d'Alençon avec ses dépendances ; il fait bâtir celui de Domfront , cède à la Collégiale établie par son père l'église de Louzes avec des terres situées près de la forêt de Perseigne, et fonde, vers 1025, l'abbaye de Lonlay. ( Bry )..

Fouques et Robert, deux de ses fils, qu'il avait envoyés à la tête d'une armée faire le dégât sur les terres de Normandie et du Maine, sont défaits dans un combat près de Blavon , que les uns croient être Ballon, et les autres Blèves. Le premier y périt, le second dangereusement blessé devient prisonnier. En apprenant cette nouvelle , le père meurt de chagrin , l'an 102.8. Guillaume était envieux et sanguinaire ; il eut encore de Mathilde sa femme Varin ou Guérin qui obtint le comté du Perche; Yves et Guillaume. 

1028. ROBERT I hérite des seigneuries d'Alençon , de Bellême et du Sonnois. A peine est-il guéri de ses blessures , qu'il continue la guerre contre Herbert Eveille-Chien et s'empare du château de Ballon. Le comte du Maine reprend cette place en 1031 , et y renferme son adversaire qu'il a fait prisonnier. Les vassaux du seigneur de Bellême ayant en vain sollicité l'espace de deux ans, sa délivrance , ont recours aux armes et battent le comte ; mais abusant de la victoire ils font pendre Gauthier de Sardéne et deux de ses fils dont ils se sont rendus maîtres dans l'action. Trois autres enfants de ce chevalier courent aussitôt 'a la prison de Robert , confié â leur garde , et par représailles lui fendent la tête à coups de hache ,. 

 1033 ou 1034 GUILLAUME II nommé TALVAS de la forme du bouclier qu'il portait , obtient l'héritage de son frère. Secondé par Guillaume Giroye , seigneur d'Echauffour il parvient à reconquérir les places que les Manceaux avaient enlevées dans le Sonnois et le Perche. Ce prince termine avantageusement la guerre qui s'était élevée entre lui et Geoffroy de Mayenne au sujet des limites de leurs seigneuries , du côté du Sonnois et de Domfront. Il paye de la plus noire ingratitude les services de Giroye. L'ayant invité à ses noces ,  il lui fait crever les yeux, couper le nez et les oreilles. Les parents et les amis de ce chevalier instruits de son malheur , se rassemblent , déclarent la guerre à Talvas, entrent sur ses terres et y portent le dégât. Les sujets et le fils même du comte révoltés par d'autres actions atroces, se joi­gnent aux mécontents et le chassent. Guillaume se retire chez Roger de Montgomery auquel il marie sa fille: Il eut deux enfants Arnoul et Mabile ( Ord. Tait. Odol. I. 121.) 

 1048. Arnoul ne jouit pas longtemps des états de son père. La même année on le trouve étranglé dans son lit. Olivier l'un de ses parents fut accusé de ce meurtre. 

 1048 Yves II évêque de Seez, fils de Guillaume il succède par droit héréditaire à son neveu et gouverne avec beaucoup de sagesse. Il donne à l'abbaye de St.Vincent l'église de Courgains ; meurt en 1070 . 

 1070. Roger de Montgomery recueille la succession de l'évêque Yves, par le droit de Mabile son épouse nièce du prélat. L'un et l'autre confirment à l'abbaye de St. Vincent la donation de Courgains , différents héritages prés St. Longis, les églises de Vezot et de Marcilly, et y joignent celle de Saône. (Mart. Ampl. Coll. I. 4q3 ), Mabile ayant repris à Guillaume Pantolf le château de Peray qu'elle lui avait donné,

 

et à Hugues de Sulgey celui de la Motte-Jalu ,  dont elle avait dépouillé la famille Giroye à laquelle il appartenait , fut assassinée par ce dernier, au commencement de décem­bre 1082 Elle eut 5 fils, dont Robert qui suit, et 4 filles. 

1082. ROBERT II, il eut presque toujours les armes à 1a main. Guillaume le Roux , duc de Normandie lui enlève Ballon et St. Cenery. 1098 ; Le seigneur de Bellême ayant fait la paix avec ce prince , en reçoit de l'argent qu'il emploie à réparer et à augmenter les fortifications de Blèves, Peray , Mont de la Nue , Saône St. Remi-du-Plain, Ortieuse ou Urson, Aillères, la Motte Gantier de Clinchamp et Mamers ; (5) il fait élever de nouveaux forts sur les terres des abbayes de la Couture et de St. Vincent ; trace une ligne de circonvallation, appellée les fossés de Robert-le-Diable ,  qui commence à Peray, passe à Marolles , Monhoudon, Saône et finit à St. Remi-du-Plain. Hélie de la Flèche ne lui donne pas le temps d'achever ces ouvrages , il marche contre lui et le bat près du ruisseau de Riolt ou Riollet , qui passe par René, Dangeul et le champ du combat , que Jaillot désigne dans la carte du Maine à 2, kil. 1 E. de René ; à r, 8 S. de Toigné , proche le lieu appelle le Taillis , et suivant Odolant,  les Planches , et le force à s'éloigner. Peu de temps après , le comte du Maine tombe dans une embuscade , est fait prisonnier et conduit .au roi d'Angleterre , ce monarque fait arrêter le comte du Perche que Louis le Gros lui envoyait en qualité d'ambassadeur. Robert est condamné à une prison perpétuelle et dépouillé dé ses biens. Il laissa d'Agnès de Ponthieu Guillaume III.

 

1102. GUILLAUME III Talvas comte de Ponthieu , devait être fort jeune lorsqu'il se mit à 1a tête des affaires de sa maison. 1119 , suivant le traité fait entre le roi d'Angleterre et le comte d'Anjou , il recouvre les états de son père , à la réserve des citadelles. 1134, Henri , mécontent de ses liaisons avec Geoffroy-Plantagenet , le cite à comparaître devant lui , et sur le refus de Talvas qui craint d'éprouver le même sort que Robert , il le dépouille des états de Normandie. Ce monarque étant mort le 2 décembre 1135 , Guillaume qui s'était retiré à Mamers et à Peray , est rétabli par Geoffroy dans la pleine jouissance du comté d'Alençon. 115 1 Jean , l'un de ses fils , livre au comte d'Anjou le château de la Nue, dont Robert de Dreux fui avait confié la garde et attire sur les terres du père les armées de Louis-le-Jeune. ( L'art de vérifier les dates ).

Les Mémoires sur Alençon e t ses Seigneurs rapportent différemment ce fait. En 1149 , Robert de Dreux surprend le château de la Nue dont la garde était confiée à eau d'Alençon ; Geoffroy d'Anjou allié de cette maison , l'ayant repris l'année suivante , Louis-le-Jeune , à la demande de son frère , envoie ( 1151 ) une puissante armée sur les terres de Guillaume. ( Odol , i. 3o5 ). Talvas meurt le 29 juin 1171. I1 avait fondé les abbayes de S.André en Gouffern ( 113o ) , . de Valoire ( 1138) , de Perseigne ( 1145) , de S.-Josse-des-Bois ( 1159) ; les prieurés de Mamers et de la Cochère. II eut d'Hélène ou Alix , fille d'Eude Borel  duc de Bourgogne , trois fils et trois filles.

1171- JEAN I succède à son père. Ce prince confirme la fondation de l'abbaye de Perseigne , dont il augmente les revenus. II meurt le 24 février tige , laissant de Béatrix d'Anjou sa femme , Jean et Robert qui suivent , Guillaume sire de la Roche-Mabile et trois filles : Philippe mariée à Robert Mallet ; Helle ou Alix épouse de Hugues II vicomte de Chatelleraut, dont sortirent Aimery III et Clémence ; Ele on Elle , dame d'Almenèches , qui vivait encore en 1239 , et mourut sans enfants. ( Gall. Christ. XI instr. col. 1700 dol. I. 314 ). 

1191 Jean II fils et successeur de Jean I , meurt le 6 mai 1191. 

1191  ROBERT III fait, le jour de l'inhumation de son frère, de grandes largesses aux abbayes de Perseigne, Tyronneau , S. Vincent du Mans , S. Martin de Seez et au prieuré de Mamers, afin que les religieux prient tous les ans pour le repos de son âme. D'ans cette distribution, les moines de S.-Vincent reçurent le droit de moutonnage que le prince levait sur les habitants du Sonnois, lorsqu'ils vendaient ou achetaient du bétail et autres marchandises. ( Mart. ampl. coll. 1. 1037 j . Ce droit fut restreint par l'acte de confirmation à la paroisse de Courgains ; et même très longtemps avant 1789 l'abbaye n'en jouissait plus. ( Hist. de S. Vinc. ).

Le bailli d'Alençon qui exerçait la justice à S.-Rémi-du-Plain, enlève à main armée deux voleurs arrêtés sur les terres de l'abbaye de Perseigne. Les religieux ayant porté plainte â la cour du roi d'Angleterre qui était au Mans , le comte s'y présente , désavoue son bailli, confirme les privilèges du monastère , et prie Richard-Coeur-de-Lion d'accorder la même faveur, ce que fait le monarque, par une charte datée du 4 avril 1 193. ( Odol. I. 320 ). r 203 , Robert excite et aide Philippe-Auguste h venger la mort d'Artur . duc de Bretagne. 1208 il entreprend le voyage de la Terre Sainte, d'où il rapporte des reliques qu'il dépose dans l'église de Perseigne. Le prince lègue à cette abbaye 2o liv. mansais de rente sur la prévôté d'Alençon , et meurt le 8 septembre 1217. Il avait eu de Jeanne de la Guerche , Jean III , mort en 12129 et Mahaud 1ère femme de Thibaud le Jeune, comte de Blois , décédés sans enfans. Emme de Laval, sa seconde femme, lui donna Robert IV. Cette dame épousa en secondes noces Mathieu de Montmorency , dit le Grand , connétable de France , veuf le 26 septembre 1220 , de Gertrude de Néelle. On ignore comment cet officier de la couronne devint possesseur de la châtellenie de Saint-Rémi-du-Plain. On pourrait croire que c'était aux droits de sa nouvelle épouse , à laquelle S.-Rémi aurait été cédé pour douaire , si l'engagement qu'il prit au mois de juillet 1218 , de remettre cette place au roi PhilippeAuguste , lorsqu'ii en serait requis., avait eu lieu .quelques années plus tard. Peut-être y a-t-il erreur dans le martyrologe de l'abbaye du Val , qui fixe la mort de Gertrude à l'an 1220. ( Hist. de Montmorency , 13 3-135,  Odolant. , I. p. 355 ). 

1217. ROBERT IV fils posthume de Robert III meurt vers la fin de 1219.

En lui finirent les anciens comtes d'Alençon. Philippe-Auguste réunit à son domaine le comté d'Alençon , les quatre paroisses situées de l'autre côté de la Sarthe Hellou , S.t-James , S.t-Germain-du-Corbie et Saint-Barthelemi ; les bois d'Ecouves, etc. , que lui cédèrent au mois de janvier 1220 ( 1221 nouveau style ), soit de gré ou autrement, Elle d'Alençon sueur de Robert III, dame d'Almenèches et Aimery vicomte de Chatelleraut. La Roche Mabile fut exceptée , mais les héritiers s'obligèrent à faire démolir les fortifications , lorsqu'il plairait au roi. ( Bry, 129.  Odol. I, 334 ). 

1219. Aimery III DE CHATELLERAUT, fils d'Alix d'Alençon recueille â droit successif et comme légataire de Robert III son oncle , la baronnie de Sonnois, Montgomery , Mesle-sur-Sarthe et la Roche Mabile. ( Gall. Christ. XI.  Odol. I , 314 ). Par son testament de l'an 1225 , il lègue à l'abbaye de Perseigne 7 livres de rente, lui confirme, au mois de mai 1235 , et en 1 ,940, tous les droits accordés par ses prédécesseurs. Aimery laissa un petit fils. ( Mém. sur le Sonnois.  Odol. 1. 315 ).

JEAN, vicomte de Chàtelleraut, succède à son aïeul. Au mois d'avril 1263, il rachète pour 4 liv. de rente sur la prévôté de Peray , les deux pêches annuelles que les religieux de Perseigne faisaient dans l'étang de Guéchaussé ; confirme, au mois de novembre 1274 , leurs possessions du Sonnois, et donne à cette abbaye , l'an 1278, pour les repos des âmes de son père et de Helle sa sœur , 5 livres de rente sur la prévôté de la Roche-Mabile. Il avait épousé Agathe de Dammartin , dont Jeanne. ( Mém. Sur le Sonnois ). JEANNE, vicomtesse de Chàtelleraut épousa :

1.0 Geoffroy de Lusignan ;

2.0 Jean II d'Harcourt , maréchal et amiral de France, qui au mois de mars 1291 , reçut 300 liv. tournois , pour confirmer à l'abbaye de Perseigne les donations faites par ses prédécesseurs. ( Mém. sur le Sonnois ). Le seigneur d’Harcourt meurt le 21 décembre 1502. Il avait eu Jean III et deux filles. Jeanne de Chatelleraut lui survécut plusieurs années. ( Hist. d'Harcourt, I ).

Vers 1310, JEAN III SIRE D'HARCOURT. Geoffroi , l'un de ses fils, auquel il paraît avoir abandonné la jouissance de St, Paul et d'autres portions du Sonnois il veut soumettre a sa juridiction l'abbaye de Perseigne et ses vassaux, qui refusent d'obéir. Pour se venger, il réunit plusieurs seigneurs et dévaste les domaines du monastère. Les religieux portent plainte au comte du Maine, Philippe de Valois , qui charge son bailli d'informer. Le lundi après la Conception 1325 , ce magistrat prononce, devant le prince, la sentence , par laquelle il annule les actes faits par Geoffroy, le condamne lui et ses complices à restituer ce qu'ils ont pris, et à rembourser les objets qu'ils ont incendiés ou détruits. Jean mourut le novembre de l'année suivante. Il laissa d'Alix de Brabant , .Jean , Louis, Geoffroy et Isabeau. ( Mém. sur le Sonnois ). 

1326. JEAN IV ,comte d'Harcourt , hérite du Sonnois , à la charge de payer à Isabeau d'Harcourt , femme de Jean de Brienne , vicomte de Beaumont , 1500 liv. de rente en terres constituées sur la châtellenie de S.-Remi-du-Plain. Louis obtint le château de Saint-Paul-le-Vicomte, qui, après sa mort , fut uni au Sonnois. Jean périt à la bataille de Crécy ( 25 août 1346 ). Isabeau de Parthenay qu'il avait épousée en 1315 , lui apporta Vibraye , Montfort , Bonnétable , etc. II en eut trois fils , dont Jean V , et deux filles. Sa femme posséda à titre de douaire la châtellenie de S.-Remi-du-Plain. ( Mém. sur le Sonnois ). 

1346 JEAN V D'HARCOURT. Ses liaisons avec Charles le mauvais, roi de Navarre , qui cherchait à exciter des troubles dans le royaume , lui devinrent funestes. Le roi de France ayant, le 5 avril 1355. surpris à Rouen, Charles, d’Harcourt et autres seigneurs à dîner avec le Dauphin, se rend maître de leurs personnes , et sans forme de procès, fait sous ses yeux, en présence de son fils aîné, depuis Charles V, trancher la tête à ces gentilshommes. Jeanne de Ponthieu que le comte avait épousée et doit il eut sept fils et quatre filles, obtint pour ses enfants la restitution des biens de leur père. ( Hist. d'Harc. - Mém. sur le Sonnois ). 

1355. JEAN VI, comte d'Harcourt. Dès qu'il fut en état de porter les armes:, il s'unit aux partisans du Roi de Navarre pour venger la mort de son père. Alors Jean ,d'Ache, surnommé le Grand Galois , entre dans le Sonnois à la tête d'une armée, où commandaient Guillaume de Cerisai , Nicolas Le Gaigné , Thomas Lequelaines, et assiège St.-Remi-du-Plain. Jean d'Espinard qui en était gouverneur, est contraint de capituler et la place est pillée. D'un autre côté, Loquet ravage le pays, pénètre dans l'abbaye de Perseigne , dévaste la maison et force les religieux de se retirer à St. Remi du Plain. Charles Dauphin de France, régent du royaume , donne le 28 mars 1358, à Louis d'Harcourt , vicomte de Chatelleraut, les biens confisqués sur Jean son neveu, entre autres la Châtellenie de St.-Remi et le Sonnois. Le même prince ayant marié le comte d'Harcourt avec Catherine de Bourbon, dont il avait épousé la scieur, annule par lettres du mois d'août 1360 les dons faits au Seigneur de Chatelleraut. Jean fut un des otages qui cette année passèrent en Angleterre. Le 11 janvier 1363, il transige à Londres avec Galois d'Aché et le décharge lui et ses adhérents des dommages qu'ils lui avaient causés à la prise de St.-Remi, jusqu'au jour où celle place l'ut rendue à Léonnet de Pierrecourt. Les malheurs survenus dans la maison d'Harcourt, et les guerres qui affligèrent le Sonnois, empêchèrent d'acquitter exactement la rente de 1500 liv. assignée sur la châtellenie de St.-Remi par le sire de Harcourt , lors du mariage d'Isabeau avec Jean de Brienne , vicomte de Beaumont. Guillaume de Chamaillart en mariant sa fille à Pierre II comte d'Alençon, déclare par ses lettres du 2o oct. 1371, qu'ayant égard à l'honneur que lui fait le prince, il lui donne et transporte tout ce que peut devoir le comte d'Harcourt, tant en principal qu'en intérêts, de la rente de 1500 liv. accordée à Isabeau, aïeule de Marie de Chamaillart. Le comte d'Harcourt pour se libérer , cède le Sonnois, le 3o décembre 1376. Jean mourut le dernier jour de février 1388. Il avait eu trois fils et huit filles. ( Odol. - Mém. sur le Sonn. ­Hist. d'Harc. ) . 

1376  Pierre de France, 2.e du nom, comte d'Alençon , du chef de sa femme vicomte de Beaumont et baron de Sonnois. 1398, il transige le 2 mai avec les religieux de Perseigne ; le 6 juillet ce prince et son épouse leur constituent une rente de 5o liv. sur le domaine du Sonnois, pour la rétribution d'une messe fondée dans l'église de l'abbaye. Pierre eut procès avec le Chapitre du Mans au sujet de plusieurs particuliers qui lui refusaient le droit de guet et de garde au château de St.-Remi du Plain , et dont les chanoines avaient pris le parti. Il obtint contre eux , te 18 août 1591 , un jugement qui le maintenait dans ses droits. Le comte d'Alençon mourut le 20 septembre 1404 Sa femme lui survécut jusqu'au 13 novembre i f-28 ; tuais comme fille était fort légère et prodigue , le roi l'avait interdite. ( Bry. -. Odolant. -Mém. sur le Sonnois ) . Jean I, comte d'Alençon prend l'administration des biens de sa mère. Le 19 mai 1405 , il rend aveu du Sonnois et de Beaumont-le-Vicomte à Louis, roi de Jérusalem et de Sicile , comte du Maine. Ayant embrassé le parti du duc d'Orléans, Jean attire dans ses états les fléaux de la guerre. Tandis que le duc d'Anjou les menace d'un côté , le connétable de S. Pol y entre de l'autre , fait investir Domfront , vient dans le Sonnois et attaque St.-Remi, dont le siège est long et, opiniâtre. Raout de Gaucourt rassemble le plus de troupes qu'il peut et vole au secours de la garnison. S. Pol quitte le siège , marche avec 1700 hommes d'élite au devant de l'armée ennemie , la joint près de l'étang de Guéchaussé , l'attaque et la taille en pièce , puis retourne à St.-Remi qui lui ouvre ses portes. Le vainqueur se dirige sur Bellême et reçoit la soumission de Mamers , qui est sur sa conte. Bientôt les Anglais descendus en Normandie reprennent les places enlevées au duc d'Alençon ; enfin la paix conclue devant Bourges le 15 juillet 1413 ramène la tranquillité dans le Sonnois. Jean périt à la bataille d'Azincourt ( 21 oct. 1415 ). Marie de Bretagne lui donna entre autres enfants. Jean II. ( L'art de vérifier les dates. Odolant. - Mém. sur le Sonnois ). 

1415. Jean II succède à son père sous la tutelle de Marie de Bretagne. Les Anglais occupent le Sonnois en 1417 Le duc de Bedfort qui prenait le litre de régent du royaume de France, confirme en qualité de conte du Maine, par lettres patentes du 25 février 1425, vérifiées à la chambre des comptes établie à Mantes, toutes les possessions des religieux de Perseigne, alors retirés à St.-Remi-du-Plain ; il ordonne qu'ils soient réintégrés dans tous les biens dont ils jouissaient avant l'arrivée des troupes anglaises. Pendant les troubles qui désolèrent plus de trente ans celte partie du royaume , les Français et les Anglais reprirent plusieurs fois les places du Sonnois. C'est dans une de ces expéditions que ces derniers brûlèrent en 1441 , le château de St.-Remi. ( mém. sur le Sonnois ). Après leur expulsion du pays l'an 1450, le comte recouvre ses Domaines. Le 13 août 1465 , Jean Auvé , seigneur de Genestel , l'ait au nom du prince, foi et hommage à Charles d'Anjou, comte du Maine, pour les terres et seigneuries de Beaumont-le-Vicomte, Fresnai et Ste.‑Susanne tenues en fiels du comté du Maine, la baronnie de Sonnois relevant de la tour d'Orinbandelle ou château du Mans; la châtellenie d'Averlon tenue en fief de la baronnie de Mayenne , les fiefs d'Antenaise et de la Briçonniére tenus de la baronnie de Château-du-Loir. ( Odol. II, 154 1. veux fois condamné à la peine capitale pour cause de félonie, ce prince mourut naturellement en 14;6, laissant de Marie d'Armagnac, René, duc d'Alençon et Catherine, que Louis XI avait mariée dès le 8 janv. 1461., à François de Laval sire de Gaure , comte de Montfort. Le roi fixa la dot â 3,ooo liv de rente, pourquoi il obligea 1e père de lui donner la terre et seigneurie de la Guerche en Bretagne , la baronnie de Sonnois et la terre de Perai ; les terre et fief d'Averton ,les fiefs d'Antenaise et quelques autres biens. ( Odol. Il, 165 ). Par des lettres particulières le futur déclara qu'il recevrait telle récompense qu'il lui serait assignée au lieu du Sonnois et de Perai , qui entraient pour 900 liv. dans la rente de 3ooo L. ; mais l'échange n'eut point lieu. ( Mém. sur le Sonnois ). 

1476. LE COMTE DE LAVAL et CATHERINE d'ALENçON prennent possession du Sonnois ou de la majeure partie : ils confirment aux religieux de Perseigne et du prieuré de. Mamers les biens qu'ils ont dans ce pays. Après la mort de son mari arrivée le 15 mars 1500 Catherine habite principalement le Sonnois , donne de grands biens à l'abbaye de Perseigne , rétablit l'église du prieuré de Mamers , fonde au lieu des Châteliers une maison pour les religieux de S. François de Paule. Ayant perdu au berceau l'enfant unique qu'elle avait , cette princesse aliéna beaucoup de portions de son patrimoine. Elle mourut le 17 juillet 1505 ( Mém. sur le Sonnois.Odol. i i , 1 65) . 

1505 Charles I, duc d'Alençon , devient, par la mort de sa tante, baron de Sonnois. Marguerite de Lorraine sa mère et tutrice confirme les privilèges de l'abbaye de Perseigne et de ses vassaux , pour en jouir jusqu'à la majorité du prince. Elle donne au monastère de S. François qu'elle fonde à Mortagne 200 liv. de rente à prendre sur le Sonnois. Les 10 octobre 1509 et 4 février 1516, le duc fait foi et hommage au Roi, de la baronnie de Sonnois, de S. Rémi-du-Plain et de Peray tenus du château du Mans ; cède en l'année 15 1 7 , à son frère naturel , Charles d'Alençon , la terre de S. Paul le Vicomte et 500 liv. de rente sur la même baronnie , et dote en biens situés dans ce pays la maison des Religieuses Pénitentes que lui et sa mère établirent à Essey , l'an I519. Mém.. sur le Sonnois. ) Charles meurt le 11 avril 1525. Le duché d'Alençon et le comté du Perche retournent à la couronne ; ses biens propres sont dévolus à ses deux sueurs, Françoise et Anne. 1529, Marguerite de Valois , sa veuve , épouse en deuxièmes noces Henri d'Albret , roi de Navarre, dont Jeanne, mère de Henri IV. 

1525. Françoise d'ALENÇON , mariée à Charles de Bourbon , duc de Vendôme , eut le vicomté de Beaumont , les baronnies de la Flèche , de Sonnois , Fresnay , Sainte-susanne , Châteauneuf-en-Thime rais et Champrond ; les fiefs de Senonches et de Brezolles, le: baronnies de la Guerche , de Pouancé , de Château­Gontier ) etc. , échurent à la marquise de Montferrat. Au mois de septembre 1543 , la duchesse de Vendôme fit ériger les seigneuries de Beaumont , Sonnois , etc. en duché pairie sous le litre de duché de Beaumont. Elle mourut à la Flèche le 14 septembre 1550. 

1550. ANTOINE DE BOURBON duc de Vendôme , son fils lui succède. Il épouse Jeanne d'Albret fille de Henri II roi de Navarre et de Marguerite de Lorraine, après la mort desquels il prend le titre de roi de Navarre. Antoine mourut le 17 août 1562. 

1562. HENRI DE BOURBON leur fils devient baron de Sonnois. I1 porte quelque terras le titre de duc de Beaumont , et le 1er août 1589, hérite du trône de France. l'or ses lettres du 13 avril i 590 et 31 décembre 1596, Henri IV déclare vouloir tenir son patrimoine distinctement et séparément du domaine de la couronne. Le Parlement fait des observations auxquelles le monarque a égard. Enfin , par édit du mois de juillet 1607 , le roi unit inséparablement son patrimoine tenu en fief de la couronne au domaine, du royaume. II avait déjà érigé en 1595 , la Flèche en présidial , Beaumont, Fresnay , Sonnois et Ste-Susanne en bailliages royaux, dont les appellations devaient ressortir à la Flèche. Depuis la réunion du Sonnois à la couronne , les rois de France en ont engagé quelques portions à faculté de rachat perpétuel , entre autres S. Paul , Saône , Saint Rémi-du-Plain , l'étang de Guéchaussé , engagés par Henri IV, sous le litre de baronnie du Sonnois, à René de S. Denis , baron de Hertré , seigneur de la Tournerie , par adjudication du 17 septembre 1594 ; Chassé, une partie de la Fresnaye à N. Boulemer de Bresteau ; les halles et la prévôté de Mamers au prince de Guémené. ( Mém. sur le Sonnois ). Louis XV , par contrat du 9 août 1768. donna à Charlotte-Suzanne Desnes, veuve du duc de Beauvilliers , les châtellenies de Sonnois et de Pray avec leurs dépendances , à l'exception de la forêt de Perseigne , des terrains vains et vagues compris dans son enclave, en contre échange de la terre de Torbéchet , des terre et seigneurie de Courtoux et du fief de lai Forêt situés dans le Bas-Maine. ( Le. Paige ).

 

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