La carte du Saosnois, ses communes
T E R R I T O I R E
EN SAOSNOIS
Par
Mr JÜRGEN KLÖTGEN (publié par le CAUE (1/100))
Le
pays de Saosnois est mal connu. Il a du mal à plaider ses charmes. Il ne
daigne. D'autres pays peuvent s'éprendre d'une grande passion ou s'abîmer dans
l'erreur de Narcisse. Non pas le Saosnois. Vieux pays du Maine normand. Beau
pays encore ; de-ci de‑là, à l'allure de feuille morte.
II
serait plus beau encore, disent les élus avec une ou deux usines de plus et
quelques milliers d'ouvriers et d'employés, quelque grand capitaine. Car à l'évidence,
ce pays, plus peuplé, ne pourrait devenir que plus humain. Mais le Saosnois
s'est dépeuplé. Par enchantement pour ainsi dire.
Fini
le temps des brodeuses de Bourg le Roi et de Mamers ; du point de Beauvais le
point de chaînette et du filet mamertin au point de Richelieu sur mailles fines
ou moyennes en fil de lin. En 1914 il y avait encore plusieurs milliers d'ouvrières
travaillant le filet ; les vieilles faisant la maille, les jeunes la brodant.
Une heure ou deux ou trois par jour. Travaux à domicile. Brodeuses et
sabotiers, chanvre et lin. pommes, cidre, marcs et pépins, tous ainsi que le
grand Caillaux méritent leur musée sans doute.
Tenez,
la pomme. Ce fut un fruit souverain. Son agréable acidité, la sensation de fraîcheur
qu'elle répandait en longueur dans la bouche. le parfum délicat dont elle
avait le secret dans les champs avant de taquiner nos papilles, sa saveur discrètement
sucrée ont été célébrés par les poètes de l'antiquité. Avant l'âge
Golden Delicious, le Saosnois fut à la fois un pays de pommes et de cidres, de
poires et de poirés. De la pomme rien n'était perdu : le jus, fermenté,
donnait le cidre ; le marc séché alimentait les animaux de la ferme ; les pépins
même. habilement tamisés, faisaient la joie des horticulteurs jusqu'en
Californie ; ils avaient une grande valeur marchande. Le Saosnois ne produit
plus guère ses pépins, ses graines de semence, son trèfle violet ou le chènevis.
Leçon
de choses: Le chènevis est la graine fournie par les pieds femelles du chanvre.
Nous rencontrons parfois encore dans la toponymie du pays des noms de lieux
rappelant sa culture, et tel "Chêne Vert" par exemple cache souvent
une ancienne "chènevière" en fait. Parfois les choses de la nature
sont difficiles à différencier. Mais on reconnaissait aisément les pieds
femelles du chanvre : ils restent verts alors que les pieds mâles sont déjà
jaunes.
Il
pleut souvent en ce pays. Ses multiples couleurs défient les années sèches,
fréquentent les demi teintes des bonnes peintures à la détrempe. Ici tout est
petit et parfois redoutables sont les tempêtes. Mais c'est un vieux pays et
souvent à travers ses larmes il sourit. Sa modernité toute simple est un peu
gauche, maladroite en somme. C'est un pays tout nuances. Il cache ses trésors.
L'if
du cimetière de Jauzé par exemple. C'est un arbre remarquable. Il se
singularise dans le département entier par son grand âge et sa vigueur
imperturbable. Sa circonférence devrait allègrement dépasser les cinq mètres
à un mètre du sol, et l'étendue de ses branches approcher des quinze. Il a dû
voir le jour au temps de Guillaume le Conquérant ou Robert le Diable peut-être.
Je veux dire voici 900 ans. Pour éviter la pourriture venant du cœur, non pas
des racines, quelque âme charitable a maçonné, à une date lointaine déjà
et inconnue, en pierre et à la chaux l'intersection de ses deux branches
principales. L'if de Jauzé est discret. L'if est un arbre symbole. De l'éternité,
de souplesse et de vitalité. Nous ne pouvons que deviner quelle vertu chrétienne
a préservé par bonheur le monumental arbre de Jauzé de tomber sous les
foudres naturelles ou celles d'une hache par trop hardie. Son calme tout repos
lui revêt cette once de dignité sereine et de bonhomie des choses grandes, je
veux dire des choses qui durent.
Sous
ses dehors discrets, mais charmeurs tout de même. le Saosnois semblerait de nos
jours un pays exposé à la pollution croissante des eaux. En 1939, certaines de
ses collectivités distribuent subitement une eau dont la teneur en nitrates dépasse
la concentration admissible. Mais le réalisme et l'utopie avancent toujours
masqués. Ainsi, faute de lutter contre les causes du mal morbide, on
s'attaquera aux effets de la pollution nitratée : Seule la création d'une
importante unité de dénitrification s'impose et l'estimatif des travaux, 27
millions de francs hors taxes, va dès lors sonner les temps nouveaux. Un savant
mélange d'eaux sales et d'eaux pures fournira désormais des moyennes
admissibles.
Entre
René, Thoigné, Dangeul et Courgains sourdent quelques eaux souterraines, dans
les Gouffres de la Georgette et sur le penchant de la Butte de Carrouget. La
fontaine du Grand Gouffre, dont l'eau montait encore au siècle dernier. en
bouillonnant au milieu des débris séculaires se répandait dans un petit
bassin avant de former une rigole. Aux temps de grande sécheresse, 1802, 1834
et 1835, elle fournissait assez pour les besoins de plusieurs communes des
environs dépourvues d'eau courante et de bons puits. On avait remarqué que le
volume des eaux paraissait entretenir un curieux rapport avec les saisons. Et
augmenter ou diminuer en raison inverse du plus ou du moins de chaleur et de sécheresse
de l'année.
La
source dite de Carrouget, non loin de là, près de l'ancienne voie romaine de
Rouen, selon le savant Lier, s'abrite quant à elle sous un tumulus fait de main
d'homme. Sa création a dû avoir depuis la nuit des temps un motif religieux se
rapportant au culte des eaux. Elle était encore, à l'occasion des Rogations,
en grande vénération voici quelques décennies. Son eau contient en quantité
appréciable des minéraux, magnésium, fer, fluor, calcium. sans pour autant
atteindre les seuils qui en feraient une "eau minérale". Les deux
profonds bassins collecteurs, aménagés jadis à flanc de coteau sont comblés
maintenant des débris les plus actuels. L'eau cependant continue encore, vaille
que vaille. à verser sans rancune et sans le moindre doute son abondante générosité
pour rien, je veux dire pour personne. De la colline l’œil embrasse un
paysage agréable et remembré.
Pour
tout dire, notre pays de Saosnois est un berceau de l'économie politique. François
Véron de Forbonnais, gloire de Champaissant, a son amphithéâtre à la Faculté
du Mans. Parlons donc d'un sien cousin moins connu en ce pays qu'à Oxford ou à
Tokyo : Louis Joseph Plumard de Dangeul (1722 - 1777).
Les hommes, nous dit Dangeul en 1754, réfléchissent rarement sur les choses qu'ils ont l'habitude de voir. Ce qu'ils trouvent établi dans le monde et la société leur paraît l'effet du hasard ; ils n'en aperçoivent pas les causes, et d'ailleurs l'intérêt de les connaître touche si peu d'esprits !
Il est pourtant dans tout système de gouvernement une
proportion plus favorable qu'une autre de l'usage de la terre et des eaux et des
productions qu'on arrache de son sein, de la distribution locale des hommes dans
les campagnes, bourgs, villages et villes, de la distribution des différents
emplois. et de la juste répartition du produit de ces travaux. Il n'est pas
indifférent pour les hommes d'être éclairés sur cette économie. ses
proportions, ses changements et leurs suites. Car c'est du rapport parfait de
toutes ces causes entre elles que dépend pour leur propre conservation,
l'action des ressorts qu'il font mouvoir. Un seul de ces ressorts affaibli ou détruit
peut étendre ses désordres jusque sur les sources de la vie..." et ces
superbes créatures qui s'imaginent être les causes des choses terrestres, périssent
par leurs propres ouvrages et avec eux".
A
en croire M. de Dangeul les campagnes se dépeuplent déjà en son temps. Le décroissement
de la population indique la nécessité d'inviter les Étrangers, dit-il, à
venir augmenter le nombre des citoyens. "Je ne vois rien de contraire à
la Naturalisation générale, si ce n'est la résistance d'un Peuple aveugle qui
crie qu'il n'y a que trop de pauvres, et que ce serait ôter les moyens de
subsister au reste des Citoyens qui sont employés. A cela je réponds : que
s'il est effectivement un grand nombre de pauvres de bonne foi, c'est-à-dire à
qui les occasions d'emploi manquent, cela ne vient point d'une superfluité
d'habitants mais du manque de circulation du travail et du resserrement de la
consommation ; que, alors même sans exercer l'agriculture, ils contribueront à
l'étendre dans les terres incultes parleur consommation : et enfin, que (le
pays) peut aisément nourrir une moitié en sus de sa population actuelle, si
l'on en juge par ses exportations de blé et l'étendue de ses terres
incultes..." Les Remarques de Dangeul eurent un grand succès à la
ville.
Une
dernière voix du Saosnois nous vient encore des abîmes : "Pourquoi prêter
attention à un monde qui passe et qui menace sans cesse de s'écrouler sur ses
adorateurs ? Il ne faut pas aimer ce qui passe, ni étreindre ce qui fuit. Mieux
vaut s'appliquer à ce qui, pour notre bonheur, demeure". Voix d'Adam,
l'Abbé de Perseigne.
Vieux Pays. Plus que tout "axe" Manche-Bayonne j'aimerais une vraie route, à quatre voies, ouverte. au pays. J'aime à croire que "Saosnes" ne doit rien à une vague déesse des eaux du nom barbare de Sauconna. mais tout à une bonne colonie de Saxons. Vieux Saosnois. j'aime moins tes cages à lapins, porcs et poulailles que tes derniers sentiers creux et sinueux, Adam de Perseigne, l'if de Jauzé et les vieilles pierres de la Carelle, scellées à la chaux. J'aime cela parce que ça dure. pourvu que ça dure.
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Le Saosnois historique est situé dans le quart nord-est de la Sarthe. Dans un parallélépipède qui s'étend environ entre Alençon-Bléves, Ballon-La Ferté. C'était un canton particulier de la province du Maine, sur une étendue d'environ 30 lieues carrées, 68 paroisses.
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Cliquez ici-----> L'histoire du Saosnois
Les communes du Saosnois historique
Les communes actuelles du Saosnois, avec leur "pédigré"
D'après le "Bulletin du comité départemental de la Sarthe" N°1 Janv-Juin 1906 / Cahiers des plaintes et doléances des paroisses du Maine, par Julien L'hermitte. (Association ouvrière de l'imprimerie Drouin)
INTRODUCTION HISTORIQUE
La ville
de Mamers est la capitale du Sonnois, elle a un bailliage royal, connu
autrefois sous le nom de bailliage du Sonnois, et qui n'a aucun rapport avec la sénéchaussée
du Maine. Le Sonnois a presque toujours eu ses seigneurs, son Bailly, son siège
et ses juges particuliers. Il a été le théâtre de plusieurs guerres que ses
barons ont eu à soutenir contre leurs voisins.
Si quelquefois il a été réuni au comté du Maine, il est certain aussi qu'il en a été démembré et que depuis longtemps il ne le reconnaît qu'à titre de suzeraineté.
En 1150, il était possédé par Guillaume de Talvas, à cause de son épouse qui était fille de Hugues, comte du Maine (1). Il ne parait pas que depuis ce temps, il ait été, réuni au comté du Maine. Il a passé dans les mains de la maison de Lorraine, des comtes de Vendôme et des ducs d'Alençon. Le bailliage du Sonnois, en 1400, reportait à la Chambre des comtes de Vendôme qui nommait les baillis du Sonnois. En 1508, lors de la réformation de la Coutume du Maine, le Sonnois appartenait au duc d'Alençon, Geoffroy Viel assista au procès-verbal de réformation en qualité de lieutenant du bailli du Sonnois, et Michel Guillotin, en qualité de procureur de la baronnie du Sonnois.
Henri IV, possesseur de la baronnie du Sonnois
lors de son avènement
au
trône,(ci-contre,
sa signature) érigea en présidial le siège de La Flèche et lui donna pour ressort le
bailliage du Sonnois avec les justices de Beaumont, Fresnay et Sainte Suzanne,
par son édit de 1595, il créa royaux ces quatre sièges, suivant leur dénomination,
avec juridiction sur les hautes justices inférieures qui étaient dans le
ressort de chacune d'elles. Il établit royaux les officiers qui exerçaient
alors leurs offices, tant de judicature qu'autres, même les notaires et
sergents.
Enfin il créa deux offices de conseillers dans
chacun de ces sièges, avec les privilèges dont jouissaient les conseillers des
bailliages royaux.
(1)
Cette
assertion est fausse. Guillaume fil Talvas avait épousé Elle ou Alix, fille du
duc de Bourgogne, Eudes Borel, veuve de Bertrand de Toulouse, décédé en 1112
. Cf. notre Cartulaire de l'abbaye de Perseigne, p. XIII.
En 1597, Henri IV attacha au bailliage du Sonnois, séant à
Mamers, la connaissance des cas royaux par des lettres patentes qui furent
adressées au lieutenant général du bailli de Sonnois, ce qui annonce que dans
ce temps, le bailli du Sonnois était regardé comme bailli d'épée, et si dans
la suite le bailli a fait les fonctions de premier juge au bailliage de Mamers,
il n'a point cessé pour cela d'avoir la qualité de bailli du Sonnois. Les
provisions de cet office qui ont été expédiées en la grande chancellerie de
France ont toujours attribué à celui qui les a obtenues la qualité de bailli
du Sonnois séant à Mamers. Il y a au bailliage de Mamers un lieutenant général,
un lieutenant particulier, deux offices de conseillers, un avocat et un
procureur du roi. M. Pélisson de Gennes, pourvu de l'office de bailli du
Sonnois, est en cette qualité, le premier officier du bailliage de Mamers; il
le préside en robe longue Il fait toutes les fonctions de premier juge civil,
criminel et de police, soit parce qu'il en a le droit à cause de l'office de
bailli, soit parce que ses prédécesseurs ont acquis et lui ont transmis les
offices de lieutenant criminel et de lieutenant général de police. M. de
Gennes tient ces offices de M. son père. Il y a été reçu en la grande
chambre du Parlement de Paris le 7 mai 1777 et installé au bailliage de Mamers,
le 26 du même mois.
Les jugements qui s'expédient en forme par le
greffier sont intitulés ainsi : A tous ceux qui ces présentes lettres verront
Guillaume Joseph Pelisson de Gennes, seigneur du Boulay, BelleNoë, les Vallées
et autres lieux, conseiller du Roi et de Monsieur, Bailli du Sonnois, juge
royal, civil et criminel au bailliage royal de Mamers, lieutenant général de
police de la même ville, et au même siège, salut.
La ville de Mamers, capitale du Sonnois, presque ignorée au commencement de ce siècle, ne méritait point les égards auxquels son commerce et sa population lui donnent lieu de prétendre aujourd'hui. Elle peut être considérée comme la troisième ville du Maine, ou au moins elle dispute ce titre à la ville de Mayenne.
Voici la liste des paroisses concernées:
| AILLIERES | |
| ANCINNES | |
| AVESNES | |
| BEAUVOIR | |
| BERUS | |
| BETHON | |
| BLEVES | |
| BOURG-LE-ROI | |
| BRIOSNES | |
| CHAMPAISSANT | |
| CHAMPFLEUR | |
| CHENAY | |
| CHERISAY | |
| COMMERVEIL | |
| CONTILLY | |
| CONTRES-EN-VERRAIS | |
| COURCIVAL | |
| DANGEUL | |
| FYE | |
| GRANDCHAMPS | |
| JAUZE | |
| LA FRESNAYE | |
| LES AULNEAUX | |
| LES MEES | |
| LIVET-EN-SONNOIS | |
| LOUVIGNY | |
| LOUZES | |
| MAMERS | |
| MAROLLES | |
| MAROLETTE | |
| MONCE | |
| MONHOUDOU | |
| MONTIGNY | |
| MONTRENAULT | |
| MOULINS | |
| NAUVAY | |
| NEUFCHATEL | |
| NOGENT-LE-BERNARD | |
| N-D DU VAL | |
| N-D DE ST COME | |
| PETIT-OISSEAU | |
| PANON | |
| PERAY | |
| PISIEUX | |
| RENE+EPIERRES | |
| ROUPERROUX | |
| ROUESSE-FONTAINE | |
| ROULLEE | |
| SAINT-AUBIN | |
| SAINT-CALAIS-EN-SONNOIS | |
| SAINT-DENIS-DU-CHEVAIN | |
| SAINT-GERMAIN-DE-LA-COUDRE | |
| SAINT-LONGIS | |
| SAINT-PATER | |
| SAINT-PAUL-LE-VICOMTE | |
| SAINT-PIERRE-DES-ORMES | |
| SAINT-OUEN-DE-MIMBRE | |
| SAINT-REMY-DES-MONTS | |
| SAINT-REMY-DU-PLAIN | |
| SAINT-RIGOMER-DES-BOIS | |
| SAINT-VICTEUR | |
| SAINT-VINCENT-DES-PRES | |
| SONNES | |
| TERREHAULT | |
| THOIGNE | |
| THOIRE | |
| VEZOT | |
| VILLAINES-LA-CARELLE | |