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AVESNES EN SAOSNOIS

Hier son histoire, aujourd'hui son patrimoine


AVESNES, Avesne, Aveisnes, Avoisne et Avenne : cette dernière manière d’écrire ce nom exprime celle dont le prononcent les habitants. Le nom de cette commune était justifié par la nature des grains qu'elle produisait.

Avesnes est un petit village du Saosnois du Canton de Marolles, 104 habitants , 568 hectares, dans le Nord de la Sarthe Elle est bornée au Nord par Monhoudou , à l’est par Moncé, au Sud par Nauvay et Peray, à l'Ouest par Marolles les Braults Sa forme est un carré long très irrégulier avec un autre petit carré en appendice. La Dive petite rivière qui passe à Mamers I'arrose. (Réf. Le Pesche)

Advenas vers 1050. Avenis vers 1095. , Avaines vers 1314, Avagnis vers 1330.

(La France féodale de Jean Favier p. 198-199)

Du Latin avena, avoine, peut prendre le sens de "terre maigre" (Larousse 1968)


Son église:

Au XIème siècle, Guillaume de Cormes fonda le prieuré de Notre Dame et de St Jean-Baptiste. Au XlIème siècle. , celui-ci dépendait de l'abbaye St Vincent du Mans.

L'ancienne église n’avait qu’une nef, un petit clocher sur le toit et un porche en bois. De l'ancienne église, il ne reste que le chevet du XVIème siècle et les fondations. L'église fut reconstruite de mai 1889 à mars 1890, on y ajouta la tour du clocher et les deux chapelles. La chapelle de gauche était appelée chapelle du château. car une balustrade la séparait du chœur et elle était à l'origine réservée aux Châtelains de Nauvay. Le vitrail de cette chapelle rappelait les prénoms de M, le Vicomte Raoul de Charencey et de sa femme, il représentait St Raoul et Ste Marie Madeleine. Les deux vitraux représentant St Louis et Ste Jeanne d'Arc avaient été offerts par M. l'abbé Louis Guérineau, Curé d'Avesnes, qui avait également créé l'école privée Ste Jeanne d'Arc. (On voit toujours la statue de la Sainte dans une niche d'une maison à côté de l'église, à l'endroit où se trouvait l'école).

Le 21 juin 1984, la foudre détruisit l'église. Après l'incendie, il ne restait que les murs. Les travaux de reconstruction commencèrent en février 1985. Pendant la restauration, M. l'abbé Ménager, Curé de Marolles, célébra la messe dans une ancienne salle de classe devenue par la suite la mairie.

Vitrail de la dormition réhabilité par l'atelier Alliou du Mans, document provenant de chez eux

Parmi les 7 ou 8 statues de l'ancienne église, il ne reste que celle de St Avertin, invoqué pour guérir les maux de tête, il est d'ailleurs toujours représenté se tenant la tête d'une main. Cette statue en pierre du XVIème siècle était posée sur l'autel au moment du sinistre et fut brisée en une vingtaine de morceaux. C'est un sculpteur sarthois qui la restaura.

Sur les 7 vitraux de l'église, seul le vitrail de la chapelle de gauche, représentant St Raoul et Ste Marie Madeleine, a été presque épargné. Il date de 1890 et a été fabriqué par l'atelier du carmel du Mans. Il ajuste été restauré par M. Alliou, maître verrier au Mans et gérant de l'atelier Avice, succédant à l'atelier du carmel.

Le vitrail de la chapelle de droite, représentant l'Annonciation, est une copie de celui qui s'y trouvait avant et qui avait également été fabriqué par l'atelier du carmel. Il a été refait en 1986 par M. Alliou.

Le vitrail du chevet, représentant la mort de la Vierge (la dormition), est également une copie du vitrail créé en 1540, restauré en 1890, classé par les monuments historiques en 1906, restauré à nouveau en 1977. Refait entièrement en 1986 par M. Alliou, le vitrail reste classé.

Les deux vitraux à droite et à gauche de la nef en entrant dans l'église représentent St Louis et Ste Jeanne d 'Arc. De 1890 à 1930, ces deux fenêtres n'avaient que des vitraux en losange. C'est l'atelier Lorin de Chartres qui fit ces vitraux en 1930 M. Alliou en refit une copie en 1986.

Les deux vitraux du haut de la nef sont une création de M.Alliou. Ils remplacent les deux verrières décoratives en grisailles qui avaient été posées en 1890 par l'atelier du carmel.

Les trois cloches de l'église ont été refondues en 1985. Lors de l'incendie, la petite, qui avait été installée en 1825, avait fondu ; la moyenne, qui avait été refondue en 1932 et remplaçait une cloche datant de 1759, était cassée ; la grosse, qui était dans le clocher depuis 1897, était fêlée.

L'inauguration de l'église reconstruite et restaurée eut lieu le 4 mai 1986. Monseigneur Gilson, Evêque du Mans, vint la bénir.

 

 

 

 

 

Note sur les blasons des vitraux de l’église d’Avesnes[1] (par Didier d'Erceville, autorisation de diffusion du 19-09-2006):

1.     Vitrail de la Dormition:

À gauche: "de gueules à trois roses d'argent posées 2 & 1": famille Gouhier de Charencey, famille normande dont le nom est éteint. Cette famille était noble "d'extraction” , c’est-à-dire avérée avant le XIII siècle. Elle est présente à l'assemblée de Normandie en 1789. Ce sont les armoiries de Raoul de Charencey qui épousa en 1880 Magdeleine Cassin de Kainlis,( 1858-1922) dont les armoiries sont peintes sur le cartouche droit du vitrail.

À droite: "écartelé aux 1 & 4 d'azur à 3 bandes d'or; aux 2 & 3 d'or au cerf passant de gueules accompagné en chef d'un croissant de mesme"

Les Cassin sont d’origine angevine. Un Jean Cassin est cité en armes au ban de la noblesse d’Angers en 1470.

2.     Vitrail de St Raoul et Ste Magdeleine :

Les armes identiques à celles de Magdeleine précédemment décrites sur le vitrail de la Dormition sont celles de son père, René Gustave, baron Cassin de Kainlis, né en 1827, officier. Il a relevé en 1866 le titre d'un ascendant maternel d'origine irlandaise, Mac Curtain de Kainlis. La devise illustrée par le bras armé: "Manu Merui Martem" signifie: "J'ai remporté le combat à la force de mon bras"  ou "à la pointe de l'épée". Il s’est  marié en 1855 à Berthe de Lassus Bizous. Les armoiries des Lassus sont "d'or à la bande engrêlée de gueules, accompagnée de deux grenades du même".

La famille de Lassus, connue dès le XVIe siècle est originaire de l'actuelle Haute- Garonne. Le frère de Berthe, Marc de Lassus,(1828-1897) maire, conseiller général et député de Haute-Garonne fut également un historien réputé du Comminges et peintre paysagiste de renom. Tous ces personnages sont les ascendants de la famille Cossé Brissac demeurant à Nauvay.

Commentaire :

On a ici un témoignage émouvant  d'affection familiale. Un jeune couple, Raoul et Magdeleine, parrainent la restauration du vitrail de la Dormition. Les  parents de Magdeleine font réaliser ceux des chapelles tout en y faisant représenter les saints patrons de Magdeleine et Raoul dans la chapelle de  gauche. Ce vitrail la a été totalement préservé de l’incendie de 1984. Il sort des ateliers du Carmel du Mans.

Il est amusant de noter qu’au fil des reprises familiales d’une part, et de la fantaisie des maîtres verriers d’autre part, un petit jeu de piste est nécessaire pour connaître l’origine exacte des blasons. Les armes Charencey sont peintes ici avec des roses d’or, alors qu’elles doivent être argent. Sur les armes Kainlis, les couleurs des émaux et du cerf ne sont pas conformes. De plus ces armes sont reprises des Mac Curtain de Kainlis et non pas identiques strictement aux armes des Cassin de Kainlis. Les armes Lassus décrivent une « bande engrêlée », ce qui veut dire festonnée en arcs de cercle ; elle est ici un peu différente : « endentée », c’est à dire en dents de scie. Peut être des petits clins d’œil pour l’imagination des visiteurs?

Didier d'Erceville


[1] Sources :

o        Didier van der Haeghen, http://www.saosnois.com/avesnes.htm

o       Famille de Cossé Brissac & François de Calonne, travaux généalogiques.

o       Didier d’Erceville, septembre 2006.


Histoire de la place publique

 

Autrefois, le "pâtis de la commune", l'actuelle place publique était un terrain sans limites précises, mal nivelé et parsemé de nombreuses douves Dans un beau désordre tout autour de ce pâtis se trouvaient une trentaine de chaumières A deux pas du château et trois pas du Manoir de Verdigné - ou se trouvaient travail et protection "champ à tous " était une aubaine pour y cultiver des fèves et y faire paître les chèvres et les brebis. Le seigneur y plantait des arbres mais les manants en disposaient librement. Au XVIème siècle le pâtis était vraiment devenu une place publique. les habitants s'y réunissaient les jours de fête et le dimanche après la messe.

En 1755, à la surprise de tous. Maître Joubert, le curé de la paroisse, annonça que le château et toutes ses dépendances faisaient l'objet d’une saisie au profit de l'abbaye à Ste Geneviève de Paris. En fait, le roi Louis XV avait fait construire à Paris une école militaire pour ses jeunes gentilshommes désargentés et il lui fallait un vaste endroit pour y faire manœuvrer ses troupes. Justement, entre l’école et la rive gauche de la Seine, il y avait un superbe terrain appartenant aux religieux de Ste Geneviève du Mont à Paris. Un simple troc : Louis XV eut son champ de Mars et en contrepartie les abbés et chanoines de Ste Geneviève devinrent propriétaires de la terre et seigneurie d'Avesnes avec ses droits de haute et basse justice et droit d'aubaine.

On peut se demander par quel hasard la terre d'Avesnes fut sortie de l'ombre...

Mademoiselle Gabrielle Thérèse de Brizay de Denonville, Dame d’Avesnes et donc propriétaire de la terre et seigneurie d'Avesnes, descendait en ligne droite des d'Argenson, seigneurs d'Avesnes au XVème siècle. Le secrétaire d'Etat à la guerre de Louis XV, celui-là même qui fonda l'école militaire en 1751 était Monsieur Marc Pierre de Voyer de Paulin, comte d'Argenson. En rapprochant les deux noms, on peut se demander si là ne se trouve pas l'explication.

Quand on afficha à l'entrée de l'église la liste des biens revenant aux religieux de Ste Geneviève, il y figurait une place appelée "la commune du bourg d'Avesnes" autrement dit le pâtis, mais personne ne s'en étonna. Et évidemment, personne n'osa élever la voix quand le sieur Jean-Baptiste Louis Plady, receveur du château, clôtura la partie la plus à l'est du pâtis en 1760. On commença à murmurer quand fut connu le bail signé entre les religieux de Ste Geneviève et le nouveau fermier du château Maître Jean-Baptiste Félix Plady en 1784. Le pâtis était compris dans le fermage. Malgré leur colère, tous durent se rendre à 1 'évidence :la place publique était devenue privée.

Le 2 novembre 1789, l'Assemblée nationale décréta que "tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la nation" et de ce fait le "pâtis de la commune" redevint place publique. Dans le cadre de la vente des biens nationaux, le château et ses dépendances sont vendus en 1790 à Monsieur Guillaume Joseph Pelisson de Gennes, procureur du roi et citoyen de Mamers.

En 1791, alors qu'il n'en avait aucunement été fait mention dans l'inventaire des biens à vendre, le bruit courut que la place publique-le pâtis avait été vendu avec les biens de la nation. Suite aux menaces d'insurrection des Avennois, Pelisson de Germes se fâcha et adressa une pétition au conseil général du district de Mamers pour revendiquer la propriété de cette place. Les Avennois réclamaient en fait tout simplement un terrain qu'ils jugeaient indispensable à la commune. Ce terrain servait de cour et d'issue à toutes les maisons du bourg et on y passait pour se rendre à Marolles, St Cosme, Mamers ou Moncé. Il n'était pas question que le pâtis soit enclos par qui que ce soit. Les administrateurs du district de Mamers reconnurent que le terrain appelé "commune d'Avesnes" n'avait pas expressément été désigné dans l'inventaire des biens nationaux mais hélas peu de temps après les administrateurs du département de la Sarthe arrêtèrent que les Avennois seraient contraints de se justifier en communiquant leurs titres de propriété ou d'articuler des faits de possession quarantenaire. Malgré ces exigences, le procès n'était peut-être pas perdu. Les membres du conseil général de la commune prirent une décision déraisonnable qui devait avoir une désastreuse influence sur le procès. Il faisait très froid ce matin-là. Il se réunirent dans la maison du citoyen maire. Il y avait une cheminée mais pas de bois. Ils décidèrent alors sur le champ et à l'unanimité d'abattre un arbre du pâtis de la commune". Mais c'était un délit, une atteinte à la propriété d'autrui, une faute dont Monsieur Pelisson de Gennes ne manquerait pas de se servir. Toutefois, les habitants lasses et écœurés convinrent qu'il serait préférable de discuter avec M. Pelisson de Gennes pour mettre un terme à cet interminable et onéreux procès. En 1796, les administrateurs du département de la Sarthe confirmèrent le citoyen Pelisson de Gennes dans la propriété, possession et jouissance d'une portion de terrain connue sous le nom de "la commune d'Avesnes". Monsieur Pelisson de Gennes avait gagné son procès, il restait propriétaire du "pâtis de la commune". à la charge néanmoins de ne pouvoir enclore le terrain et d'en laisser le passage libre à tous les habitants. Dès lors il n'y eut plus de différend. M. Pelisson de Gennes en prit son parti, cette terre ne lui rapportait que des ennuis, il valait mieux l'oublier. Les Avennois par contre, forts de leur droit, l'utilisèrent pleinement. De nombreuses années passèrent et M. Pelisson de Gennes mourut en 1813.

Son fils Julien François Joseph hérita de ses biens et par conséquent d'une place appelée "la commune du bourg d'Avesnes" dont il ne savait que faire et que les habitants considéraient comme leur place publique. On pourrait penser que les histoires du pâtis s'arrêteraient là. Hélas ! Le fermier qui, à cette époque, occupait la ferme dite " la commune ", jouxtant le pâtis, commença à grignoter progressivement ce dernier. Il y déposa des charrues, du bois puis de la paille.

Le "pâtis de la commune" qui était une place publique commençait à devenir une véritable cour de ferme. Excédés, les riverains demandèrent au maire d'intercéder en leur faveur auprès de M. Pelisson de Gennes. Mais celui-ci répondit qu'étant propriétaire de ce terrain dépendant de la ferme "la commune ", son fermier était tout à fait en droit d'y déposer son matériel. C'était en 1835. Alors commença une véritable petite guerre des nerfs.

Les habitants d'Avesnes, aidés de ceux de Nauvay, usaient et abusaient de leur droit de passage. Ils laissèrent leurs bêtes errer sur le pâtis, saccager les jeunes plantations. Ils firent tout pour contrecarrer les diverses entreprises de rentabilité du terrain.

C'est M. Pelisson de Gennes qui fit le premier pas vers la réconciliation en 1845. Il proposa au conseil municipal une sorte d'association. Dans l'intérêt de la commune et des siens, M. Pelisson de Gennes, désirant retirer un produit de ce terrain resté inculte jusqu'à ce jour, proposa d'y faire des plantations à ses frais.

Tous les trois ans, le bois provenant de l'élagage des arbres, fait à ses frais, sera partagé entre eux. Le bois des arbres qui ne seront abattus qu'avec son autorisation, sera partagé pour moitié entre lui et la commune, les frais étant aussi partagés. Le maire devra veiller sur la conservation des arbres et à ce que les bestiaux ne nuisent pas à leur avenir.

Cette proposition, tellement avantageuse, fut acceptée immédiatement Un contrat fut signé en 1849 et fut respecté jusqu'au décès de Julien Pelisson de Germes en 1868.

Ses héritiers, Monsieur Arnaud Julien François Bourgeois, marquis de Boynes et Dame Ernestine Marie Jacquine Pelisson de Gennes son épouse, examinèrent le lourd dossier familial du "pâtis de la commune". La convention signée avec la commune en 1849 n'avait pas été limitée dans le temps. Chacune des parties pouvait en demander la dissolution. Telle était bien leur intention. De même, ils trouvèrent trop favorable à la commune. l'arrêté laissant le passage sur le pâtis libre à tous les habitants.

Avait-on besoin d'un terrain de 1 hectare 6 ares de superficie ? Ils soumirent au conseil municipal un projet : un carré de 12 ares devant l'église ferait office de place publique, un autre de 14 ares serait réservé à la maison d'école. Des allées de 4 mètres de large seraient abandonnées pour desservir chaque maison.

Le reste du terrain serait levé de toute servitude et les propriétaires pourraient en disposer librement, le clore, le cultiver, en tirer profit. Le conseil municipal, jugeant criminel le découpage du pâtis, refusa la proposition.

Et comme le marquis et la marquise de Boynes persévéraient dans leurs prétentions, le conseil municipal décida d'aller en justice. Le jugement de ce nouveau procès fut rendu en 1872 par le tribunal de Mamers. Il fut déclaré que la convention de 1849 était dissoute et qu'il sera procédé au partage des arbres du terrain litigieux.

Quant au reste, les demandeurs mal fondés dans leur demande furent déboutés. Les deux parties succombant respectivement, les frais seront donc partagés. Que de temps et d'argent perdu !

Encore un procès et le problème du pâtis toujours pas résolu. Le marquis et la marquise de Boynes, après ce procès inutile, comprirent que ce terrain était grevé de trop de servitudes, qu'il n'aurait jamais grande valeur et qu'il valait sans doute mieux s'en débarrasser car la commune ne céderait jamais ses droits. En 1872 ils proposèrent au maire d'Avesnes, M. Félix Plady, la vente du terrain avec la moitié des arbres, l'autre moitié appartenant à la commune. Le conseil municipal accepta cette offre alléchante et il est vrai inattendue.

Le prix fixé par les experts fut jugé bon par les parties. Pour permettre à la commune de réunir la somme en vendant tous les arbres, M. et Mme de Boynes acceptèrent de n'être payés qu'en 1874 sans intérêts et s'engagèrent même à payer les frais du précédent procès. Tout est bien qui finit bien.

Le conseil municipal s'empressa de donner à cette place publique une forme géométrique convenable, de combler ses douves malsaines et de la limiter par un bordage officiel.

Après 82 années de lutte et de revendications, d'acharnement surtout, les Avennois eurent, sans plus aucune condition, une place appelée "la commune du bourg d'Avesnes", leur place publique. (Réf : Maurice CANU - Le Maine 1977)


Le Manoir de Verdigné:

Le Manoir de Verdigné, autrefois Verdigny, est situé sur le côté ouest du ruisseau appelé la Gravée, à environ 400 mètres de celui-ci sur un quadrilatère plat de 100 ni par 130, délimité par de grandes douves.

Plusieurs bâtiments ont disparu mais ce qui en reste aujourd'hui permet d'imaginer assez bien ce qu'il était après avoir été remanié vers 1580. Le tout a été inscrit en 1997 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en raison de son architecture influencée directement par Philibert de l'Orme (v. 1510/1515-1570, architecte du roi).

Son origine n'est pas connue, un texte fait l'hypothèse que son nom viendrait de Viridiniaco, à l'époque gallo-romaine, et Robert le Diable passaient sur les terres de Verdigné en prolongement du chemin qui descend des buttes de Peray pour partir ensuite vers le moulin de Gravay puis vers Monhoudou mais nous restons prudents en attendant que d'autres éléments le confirment.

Il existe une liste de propriétaires qui commence vers 1380 parmi lesquels on peut citer les noms suivants : Bonin, Daunay que le lieu aurait déjà été fortifié quand les romains sont arrivés et aussi que les fossés de, de Cleraunay, Tragin, du Boschet, de Mauny de la Tour, Bouju, Clermont, de Gennes, Dodun...

Au XVIème siècle, la famille Bouju en était propriétaire. D'abord Louis Bouju, marié à Françoise de Goevrot fille de Jehan Goevrot, conseiller et médecin de la Duchesse d'Alençon qui fut ensuite médecin de François ler ce qui fit sa fortune.

Puis Thibault Bouju leur fils, marié à Marie Trouillard, il était juge criminel au Mans. En 1562, il fut l'un des principaux chefs calvinistes avec Jean de Vignolles et fut très actif dans la prise du Mans et le pillage de la cathédrale et des couvents et églises de la région.

Une description de 1628 parle d'un corps de logis avec 4 pavillons aux coins, d'une galerie, d'un portail, d'un pont-levis, d'une fuie à pigeons et parle aussi du petit Verdigny qui semble avoir complètement disparu. Il est dit que cela devint une ferme au moment de la révolution.

Les bâtiments se sont beaucoup dégradés au cours des années et il y a maintenant beaucoup à faire pour leur redonner leur splendeur d'antan.

Exemples de recherches effectuées par les membres de l'association Histoire et Patrimoine aux archives (Le Mans, Alençon, Versailles)


AVESNES; Eglise de Sainte-Marie (1040-1106)

Vers 1050, Hernaud, Hersent, sa femme et leurs fils, Hernaud et Gautier, du consentement d'Yves de Bellême, leur seigneur, cèdent à St Pierre de la Couture, pour une période de vingt années, la terre d'Avesnes et ses coutumes, l'église de Sainte-Marie et un moulin sur la Dive.

L'abbaye partage les revenus de ces biens avec le fils du donateur. Ses chevaliers pourront vendre aux moines la moitié de leurs fiefs. Hernaud donne en outre quelques pièces de terre. A l'expiration des vingt ans, il abandonne la moitié de l'église et stipule que, si elle est vendue d'ici là, personne ne pourra surenchérir sur la mise de l'abbé.

Il donne aux colons de St Vincent, dans sa forêt de Gratesac, sur la Dive, le bois nécessaire à leurs maisons, à leur chauffage, et la pâture de leurs porcs. Les vilains seuls paieront une redevance que percevront par moitié les moines et le fils d'Hernaud.

A l'exemple d’Hernaud, Guérin Turmel et Hameline abandonnent la moitié de la maison de Buschart, voisine de l'église, en présence d'Anger de Montmirail. L'acte est fait au château, de Bellême.

Longtemps après, en 1067, Ernaud Gruel, mari d'Halvis et fils du premier Hernaud ratifie et augmente les dons faits par son père. Il assure aux moines de la Couture la moitié de l'église, les maisons voisines, le casuel, des prés et des vignes, la dîme d'un moulin sur la Dive, la mouture de la récolte du desservant, le bois de Gratesac, le pasnage des pores et les aliénations de ses chevaliers jusqu'à moitié de la valeur de son fief.

Vers 1070, ses bienveillantes dispositions ont changé. Il entend retirer au monastère le presbytère et la dîme du moulin. Cependant, il vient à Saint-Mars, accepte 20 sous de deniers et consent à ce que le prêtre d'Avesnes tienne de l'abbaye pendant sa vie la dîme du fermier.

Ces difficultés l'ont aigri contre l'abbaye de la Couture. Dans les dernières années du Même siècle, vingt ans après la donation de son père, il prend l'habit monastique à l'abbaye de St Vincent et lui donne tout ce qu'il possède dans l'église d'Avesnes qui fait partie de la dot de sa femme : le cimetière, la part qu'y détient le prêtre Sigibert, et la dîme qu'il lui a laissée en gage. Lui et sa femme ratifient par la même convention tous les acquêts faits par St Vincent dans leur fief sans renoncer pour autant au service féodal.

Peut-être St Vincent acquit-il alors la moitié de l'église d'Avesnes, cédée par Ernaud à l'abbaye de la Couture ?

Lors de la prise d'habit de son fils Haimeri Guillaume de Gourjoin du consentement de Guillaume Hait, son frère, donne une terre et une dîme dans la paroisse d'Avesnes. Eude Mathua engage pour sept ans une autre terre aux Mortiers-Gerneaux, près du bourg.

Enfin, en 1106, l'évêque Hildebert confirme à l'abbaye l'église d'Avesnes, sous réserve des droits épiscopaux, synodaux et ecclésiastiques qu'il y perçoit.

REF./CARTULAIRE DE SAINT VINCENT DU MANS (ORDRE DE ST BENOIT) PAR L'ABBE R.CHARLES ET LE Vte MENJOT D'ELBENNE 1886/1913

IMP. FLEURY 72 MAMERS / LIBRAIRIE DE SAINT DENIS 72 LE MANS

Le Parc de Talette, bordage en Avesnes et Commerveil est estimé 7 500 Frs par sentence du 7.11.1879 devant Maître Moreau notaire à Marolles. Jean Julien Blondeau propriétaire de ce bordage, le légua à la commune d'Avesnes à la charge de faire célébrer pour le repos de son âme à perpétuité une messe chantée et recommandée tous les vendredis en l'église d'Avesnes, et de distribuer le surplus de revenus aux pauvres de la commune.

(Avesnes le 19 et 25.10.1880-Archives départementales).

Le village d'Avesnes est un patrimoine important du pays Saonois. Il serait intéressant des pouvoir le protéger des dégradations du temps et de la main de l'homme.

Vœu pieu mais important si nous voulons laisser à nos enfants un passé riche de son histoire.


Association Histoire et Patrimoine du pays de Saonois

(En mairie de Marolles le s Braults).1998



L'église Ste Marie

 

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