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L'abbaye cistercienne de Tyronneau, fondée en 1149

Plan cadastral de 1838

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Localisation
A la limite de la commune de Marolles-les-Braults, l'abbaye de Tironneau borde l'Orne Saosnoise, à 2,8 kilomètres au Nord-est de l'église de Saint-Aignan. Nous accédons assez difficilement à cet endroit, en empruntant un chemin de 450 mètres, situé à côté de la ferme : les Harriers, et relié à la départementale 19, allant de Marolles-les-Braults à Bonnétable. Sur un terrain plat ce site est à 62,5 mètres d'altitude.

RÉFÉRENCES I.G.N.          n°1718 Est         Année : 1996

Coordonnées Lambert :       AX: 452,5           AY: 1061,7

RÉFÉRENCES CADASTRALES

Année: 1838   Section: B1   Parcelles importantes : 16 à 27, 29- 30

VESTIGES
Type : Maison forte avec basse-cour et enclos.


État cadastral
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annexe0015.jpg (66672 octets)
Un réseau hydraulique très dense entoure le site de part et d'autre. L'accès au centre de celui-ci se fait ainsi par l'intermédiaire de plusieurs ponts situés vers l'Ouest. L'Orne Saosnoise a servi de base pour l'établissement de nombreuses douves, qui permettent d'avoir de nombreux enclos. Celui de l'Ouest fut fait en utilisant un bras de la rivière. Cela lui donne sa forme triangulaire et, sa création n'a ainsi nécessité la création que d'une seule douve. D'autres enclos furent construits à l'extérieur du site, au sud du Moulin de Tironneau. Cet important site s'étend sur plus de 600 mètres.
Le logis abbatial de Tironneau est le bâtiment le plus à l'Est, orienté Nord-sud. Le moulin est orienté différemment de manière à longer l'Orne Saosnoise. Presque parallèlement, à une soixantaine de mètres au Nord, un long bâtiment d'une cinquantaine de mètres représente la grange. Un autre petit bâtiment appelé le moulin se trouve dans le même axe au long d'une douve, encore plus au Nord il doit s'agir d'une fuie carrée. Une dernière construction est encore présente à l'Ouest en bordure de l'enclos triangulaire.

Dans le paragraphe qu'Henri Chardon a écrit à propos de l'abbaye de Tironneau, dans son livre intitulé Histoire Religieuse de Marolles-les-Braults, nous retrouvons une description du site, faite le 27 novembre 1790. Son auteur est Maître Boulard, expert, qui tente de donner une estimation des biens de vente. Le site est donc décrit de la manière suivante:

1) L'église des religieux, figurant une croix, partie voûtée, et l'autre partie en lambris, dans laquelle il y a cinq autels.

2) La maison des religieux, distribuée de cuisine, salle, salon de compagnie, menuiserie, ancien réfectoire, chambre du prieur, deux caves, bûcher. Par haut, six chambres des religieux et leurs cabinets d'aisance, cinq autres cellules et leurs cabinets, trois autres chambres sans cabinets, greniers sur le tout, un préau entre lesdits bâtiments.

3) La maison abbatiale dont est titulaire M. l'abbé de Saint-Simon d'Archiac tenante à la maison des religieux, distribuée de deux chambres et six cabinets ; par bas, cuisine, cage d'escalier, deux chambres hautes et cabinet.

4) Grande cour, dans laquelle sont les granges, étables, écuries, toits à porcs ; un autre bâtiment sous lequel est le portail d'entrée, dans lequel loge le garde de la communauté, deux jardins, un aux religieux, l'autre à l'abbé.

5) Le moulin à mouture à un des angles de la cour, distribué de chambre à feu, four au pignon, chambre où sont les tournants et virants avec les autres ustensiles; toits à porcs, écurie, petit jardin, le tout clos en partie et séparé de canaux (contenant ensemble quatre à cinq journaux).

6) Les Grands-Bois, dont la contenance est de 99 arpents 64 perches. Un tiers est mal plantés. 71 arpents sont en quart de réserve et en coupe depuis huit ans, duquel quart ne reste plus à exploiter qu'une petite partie; le surplus, en coupe réglée de différents âges. Le tout estimé 20000 livres.

Contrôle sur le terrain

L'important réseau hydraulique, prenant sa source dans la rivière, a disparu. Cependant les traces de ces douves sont encore présentes dans le sol. Celle qui a laissé le plus de marques est celle qui est située le plus au Nord sur l'ancien plan cadastral, avec l'orientation Est-ouest. Les bâtiments qui longeaient l'Orne Saosnoise ont tous été détruits. Les fondations de l'ancien moulin sont encore visibles à même le sol et, la grange qui bordait la parcelle 20 est encore debout. La fuie carrée qui se trouvait au Nord fut elle aussi détruite mais, ses fondations sont encore visibles sur plus d'un mètre de hauteur à certains endroits.  

DONNÉES HISTORIQUES

L'abbaye de Tironneau fut fondée dans la forêt de Tyron entre 1149 et 1151 (à propos de la date exacte, les avis diverges). Tyron était un ancien fief situé à Sables. La forêt de Tyron s'étendait sur les territoires de Courcemont, Sables, Jauzé et Saint-Aignan. C'est le seigneur de ce dernier lieu, Patri de Sourches, qui la fit bâtir, avec l'aide de sa mère : Guimburge. Patri y mit des religieux de l'ordre de Cîteaux, que SAINT-BERNARD lui envoya deux ans avant sa mort. C'est ainsi que nous retrouvons en 1154, le premier abbé de Tironneau, dénommé. Haraud .

Un extrait de l'acte de fondation fut retranscrit par Henri Chardon . Il serait daté de 1151, et se compose ainsi : " In nomine sanctae et individuae Trinitatis, ego Paganus de Carducis et Guiburgis mater ejus, una concessione omnium filiorum meorum, fundamus abbatiam de Tyronnel, in honore sanctae dei genitricis Mariae loco et terra que nostri juris esse creduntur, praecipue pro anima Patricii Fratris Mei, pro salute animarum nostrarum, antecedentium et frequentium nostrorum. Super hoc, damus et concedimus ejusdem abbatiae conventus, quinque mansuras terre, tres in Tyronel, duo in Bella Sylva, decimam de furno et de molendino nostro apud Sanctum Anianum, pasnagium et herbagium in foresta nostra suis animalibus, mortuum nemus ad voluntatem monachorum et vivum de liberatione nostra, duos arpennos prati, iterum apud Tuscam duits boveas terme et herbaguim cum pratis apenditiis. Concedimus eis in helemosina debitum nobis servituim totius adquisitionis, quam in feodo nostro facere poterunt, tiem ejusdem abbatiae fratribus concedimus et heredes nostri, ne praeter eos infra civitatem Cenomanensem ulla religionis domus quicquam in helemosinam ex hereditate nostra accipiet."

Quelques chartes et de nombreux baux ont pu échapper à la Révolution. Ils se trouvent désormais aux archives départementales de la Sarthe . Ces derniers nous permettent de connaître les nombreuses possessions qui appartenaient à cette abbaye, ainsi que les noms des abbés qui y ont résidé. Leur nombre n'a jamais été vraiment considérable. A la veille de la Révolution, leur nombre aurait été de cinq alors que seulement deux y demeurèrent après les confiscations révolutionnaires. Ainsi, le couvent de Tironneau fut compris dans ces confiscations. Tous les bâtiments qui le composaient, l'église, la maison des religieux, la maison abbatiale, la cour, les jardins, le moulin et tout le reste représentant 16 journaux de terre et 26 hommées de pré, furent adjugés à Charles Boulanger et Jacques Hardouin-Desnos, marchand à Mamers, pour 37000 livres , le 2 mars 1791.

Pour en revenir plus particulièrement aux bâtiments, nous apprenons que l'église abbatiale abritait les tombeaux des seigneurs de Sourches. Elles fut démolie dans les premières années du XIXe siècle et, elle ne transparaît donc pas sur le plan cadastral napoléonien. D'après le témoignage de Monsieur Chardon, qui remonte au tout début du siècle, il aurait connu des personnes qui avaient assisté à des messes dans cette dernière . Elle était située dans la partie gauche de la cour, perpendiculairement à la maison abbatiale. Cette dernière n'était plus au début du siècle, que la moitié de ce qu'elle était autrefois. L'autre portion fut abattue sans raison à la fin du XIXè siècle. La conciergerie est la seule partie du XIIIè siècle qui a connu le XXè siècle.

Ainsi, vers 1890, il ne restait plus de Tironneau, qu'une partie de la maison abbatiale, avec son porche gothique du XIIIe siècle, son moulin qui ne fonctionnait plus et, une fuie carrée. Tout ceci fut démoli en février 1946. En effet, la "croyance" locale veut que le fait d'habiter une vieille abbaye, porte malheur. La dernière propriétaire l'ayant habitée a subi une série de malheurs. De plus, après qu'elle l'ait quittée, deux jeunes gens se sont noyés à deux reprises différentes. Le second suicide sonna le glas de l'abbaye. Le jeune homme se jeta dans l'une des douves, n'ayant pas accepté de voir sa mère, veuve, avec un autre homme. Qui aurait pu deviner que ce fait divers amènerait la perte de cette abbaye ?

D'après les dires de certains qui ont encore connu cette abbaye, l'acquéreur fut un banquier qui aurait vendu les pierres et les matériaux à un maçon de Marolles-les-Braults. Il paraîtrait que ce site possédait une porte qui donnait accès à un souterrain qui fut comblé.

F.Chirat

L'ancien chenal du moulin

Le Moulin

 

Vue de la rivière(la Dive), côté moulin

Fragments retrouvés de nos jours

Vente en Mai 1941

 

Vue générale actuelle

Le porche en 1905

Les restes de la Fuie

Fermoirs trouvés à tyronneau

Pendentif

Cachet (cassé) de tyronneau

Burette

Carte-soie-tironneau.jpg (254971 octets)

Bulle du Pape Innocent IV (1243-1254)  recto-verso

1 ère carte sur soie du réseau hydrographique, cliquez dessus pour l'agrandir, retour par votre navigateur.

 

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