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SAINT-AIGNAN

LE CHATEAU

Localisation

Le Château de Saint-Aignan se situe à 320 mètres au Sud de l'église, à l'Est de la départementale 25 menant à Marolles-les-Braults. Sur un terrain plat à 61 mètres d'altitude, l'accès au site se fait par une allée de 250 mètres.

RÉFÉRENCES I.G.N.          n°1718 Est         Année : 1996

Coordonnées Lambert :       AX: 1058,7         AY: 451,8

RÉFÉRENCES CADASTRALES

Année: 1837         Section: A4         Parcelles importantes : 362-364  à 372

VESTIGES

Type : Maison forte avec basse-cour.

Etat cadastral

L'entrée se fait entre des bâtiments réservés au gardien. Le château est situé juste en face, à une centaine de mètres. Pour y accéder, il convient de contourner la cour d'honneur par l'Est, puis de longer les communs. La construction la plus au Nord est orientée comme le château, sur 25 mètres de long. Une autre, un petit peu plus courte, est orientée Nord-sud. Le château est implanté à seulement une vingtaine de mètres au Sud-ouest de la basse-cour. Il est encore en partie entouré par ses anciennes douves. La largeur de celles-ci varie de 8 à 10 mètres. Elles bordent le pignon Est du château, nous indiquant ainsi qu'elles devaient autrefois remonter plus vers le Nord, de façon à entourer le château de part et d'autre. Un autre reste de douve se trouve à moins d'une cinquantaine de mètres au Nord-ouest. Il est appelé canal, et devait rejoindre la douve qui bordait le pignon Ouest du château. Ainsi, le jardin potager était lui aussi très probablement entouré d'eau. En effet, un autre petit canal ferme la partie Sud du jardin. Il part de l'extrémité Ouest de la grande douve, qui borde la façade Nord du château pour rejoindre la route.

Contrôle sur le terrain

Le site n'a subi aucun bouleversement important et le château est identique à la représentation qui fut faite en 1837.

Le grand château de Saint-Aignan est le seul qui subsiste dans la région. De par son importance, il nous semble intéressant d'en donner une description très détaillée. Paul Cordonnier en fit une en 1960, elle concerne autant l'extérieur que l'intérieur (A.D. 72, 18J570 (brouillon ayant servi à l'élaboration des "Château de la Sarthe", Imprimerie de Bobieny, Paris, 1961)).

"Le côté Nord du château est un peu nu, mais il a une certaine allure. Il est constitué par un large pavillon central en légère avancée où s'ouvre une petite porte d'entrée et deux fenêtres basses, tandis qu'à l'étage noble ce sont trois hautes et grandes baies ; à sa droite comme à sa gauche corps de logis avec quatre fenêtres à chaque étage; puis à l'extrémité gauche, en dépassement au Nord comme au Sud sur les façades, un pavillon transversal qui semble plus ancien que les corps de logis précédents et qui abrite à l'étage Nord : la salle à manger et sa grande cheminée ; vers le Sud : le salon d'intimité faisant suite aux deux grands salons du corps de logis oriental; un large passage court le long de la façade méridionale du château. A l'extrémité de la façade Nord, à l'angle Nord-ouest, se dresse une haute tour, assez étroite, au pied de laquelle se trouve un petit escalier remanié; cette tour remonte à une époque qui précéda la destruction du château par les Anglais; selon la tradition locale, le château aurait ensuite été brûlé en 1589, lors de la Ligue, et n'aurait été reconstruit qu'en 1680...
Vers le midi, le grand château présente la même disposition, mais l'aile Sud du grand logis ne possède que trois séries d'ouverture au lieu de quatre; en effet, un ancien pavillon, couvert de jolies tuiles, a été conservé, en fort dépassement et garde un certain charme, à sa gauche, en fort retrait, se dresse et se voit la tour du Nord-ouest. Au-dessus du pavillon central, s'élève un dôme, le dôme classique du XVIIè à quatre pentes courbes, que nous avons connu au château de Courcelles, lui aussi dominé par une petite lanterne. Le seul décor de ces deux grandes, longues façades unies, se trouve, au Nord comme au Sud dans une jolie petite lucarne ouverte au bas du dôme, et encadrée de deux piedroits flanqués de chutes de fruits assez opulentes, tandis qu'elle est couronnée d'un petit fronton courbe mouluré, surmonté de trois petits vases à feu.
Au pied de cette grande façade du midi, s'allongent jardins et pièces d'eaux qui prolongent d'immenses prairies parsemées ici et là de grands et beaux arbres; c'est d'au‑delà de la pièce d'eau qu'il faudrait pouvoir juger le grand château dans tout son encadrement d'opulente verdure, de jardins et d'eaux !...
"

DONNÉES HISTORIQUES

 Nous n'allons pas reparler des seigneurs, qui ont été cité précédemment mais, nous allons nous pencher exclusivement sur le site, qui n'est que très peu documenté.
Vers 1070, Henri III de Dangeau, gendre de Guillaume Gouet IV, livra le château de Montmirail et celui de Saint-Aignan, à Henri II roi d'Angleterre (Tome VI, p. 14, Il n'est cependant pas impossible qu'il s'agisse du château de Saint-Aignan, en Sologne).
En 1416, Henri V, roi d'Angleterre, ayant reçu à capitulation la ville d'Alençon, envoie soumettre les places environnantes, dont le château de Saint-Aignan, où il y place garnison (A.D. 72, G 773 (déclaration censuelle daté du 19 Décembre 1469).).
Ensuite, comme nous l'avons déjà vu plus haut, le château fut pris et pillé lors des troubles civils, en 1589. Il aurait été rebâti en 1680 sur les ruines de l'ancien, qui datait du XIIè siècle, et dont il ne reste qu'une ancienne tour.
Nous trouvons de nombreux actes notariés, des mariages, des disputes aussi, parfois une mention, à partir du XVIè siècle, de seigneurs ou de dames demeurant au château de Saint-Aignan, mais aucun document sur la construction ou les transformations de ce dernier.

La seigneurie de paroisse de Saint-Aignan était annexée au château, chef lieu de la terre et importante châtellenie, tant par sa composition que par l'étendue de sa seigneurie. Elle relevait de la baronnie de Peray. Les seigneurs de Saint-Aignan étaient fondateurs et avaient droit de litre dans les églises de Saint-Aignan, Marolles-les-Braults, Ponthouin, Thoigné, Courcemont, Mézières-sous-Ballon, Congé-sur-Orne, Beaufay. Ils avaient leur sépulture dans la chapelle seigneuriale de Saint-Jean, fondée au château. Ils avaient aussi la présentation de deux chapelles dans la cathédrale du Mans. De plus, cette terre comprenait, dans le ressort de sa juridiction, cinquante quatre paroisses en totalité ou en partie. Tout ceci nous montre que ce site est le plus important du canton et, bien plus. Cependant le manque de documents ne nous permet pas de bien connaître le château primitif.

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