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Histoire de Saint Hélier
par Jennings Geraint

Saint Hélier est le Saint Patron de l'église de Monhoudou et entr'autre d'une paroisse de l'île de Jersey.

Hélier (en latin : Helerius) est né à Tongres en Belgique, probablement entre 510 et 520 ap J.-C.. Il est probablement arrivé à Jersey autour de 535 - 545 ap J.-C.. Il était martyr en 550-560 ap J.-C.. Les Pères Bollandist ont publié les hagiographies de Hélier et ses associés dans le ' Acta Sanctorum ' publié à Anvers en 1725. La Vie de st. Hélier donne l'information suivante :

Le père d'Hélier était un noble de Tongres, appelé Sigebert (ou Sigebard) qui a épousé une femme Swabian appelée Lusegard (ou Lusigard). Après sept ans de mariage, cependant, ils n'avaient eu aucun enfant. Ils étaient des païens, mais après que toutes les prières aux idoles avaient échoué, ils se sont tournés à un enseignant Chrétien nommé Cunibert. Il a consenti à intercéder, mais les faits promettre qu'ils consacreraient l'enfant à Dieu comme un Chrétien. Les prières de Cunibert étaient couronnées de succès et Sigebert et Lusegard avaient un fils. 
Cependant, ils ont immédiatement retourné à leurs voies païennes et ont oublié leur promesse. Quand le garçon avait sept ans, cependant il est tombé malade et a été paralysé. Dans le désespoir, Sigebert a finalement remis son fils à st. Cunibert et le garçon a été guéri. Cunibert l'a rebaptisé Hélier, l'a pris dans l'église et l'a instruit. Hélier a commencé à exécuter des miracles (parmi eux : la négociation avec les lapins qui ont tourmenté son jardin pour qu'ils puissent partager les légumes avec lui; guérison de cécité; l'enlèvement d'un serpent de la bouche d'un homme). Sigebert était furieux parce qu'il aurait voulu son fils moins en vedette et avait des soupçons graves sur ces miracles qu'il a attribués à la magie et donc il avait tué st. Cunibert . Hélier était affligé et il est parti en courant. Après beaucoup d'errance (ponctué par plus de miracles), il a été dirigé par Dieu pour aller à Nanteuil dans le Cotentin et trouver un homme saint appelé Marculf. Marculf l'a baptisé et l’ a envoyé sur une île appelée Gersut, ou Agna (c'est-à-dire. Jersey). Il y avait seulement environ trente personnes dans l'Île en ce temps-là en raison des attaques régulières par des pirates Vikings. Hélier a vécu sur  un Îlot de rochers dans une baie sur la côte du Sud et a  commencée sa vie en  ermite, suivi par un compagnon appelé Romard. Il a été visité par st. Marculf et tandis que Marculf était là, les Vikings sont arrivés pour un raid. Marculf et Hélier ont prié et ils ont fait le signe de la Croix, Dieu a levé une tempête puissante qui a détruit les Vikings et leurs bateaux. 

 


Marculf, parti Hélier reste seul sur sa roche . Hélier est resté là pendant quinze ans, mangeant seulement une fois par semaine, jusqu'à ce qu'il ait été si affaibli de la faim et les rigueurs de la vie sur sa roche exposée qu'il pouvait à peine se déplacer. Finalement le Christ est apparu à Hélier et lui a dit qu'il devait venir à lui. Hélier a dit ses prières et s'est préparé pour le martyr. Trois jours plus tard, un grand nombre de Vandales est arrivé dans une flotte de bateaux et a commencé à mettre la perte à l'Île. Un des Vandales a trouvé st. Hélier et lui a coupé la tête. Le Saint pris sa tête et a marché vers le rivage. Les Vandales sont partis en courant dans une grande terreur et l'Île a été sauvée.  

 

Selon la Vie de st. Marculf  (probablement écrit avant 640 ap J.-C.), le nom original d'Hélier était Eletus ou Helibertus.

Saint Hélier est fêté le 16 Juillet.

Textes (05/2001) de Jennings Geraint, professeur d'histoire sur l'île de Jersey.

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Les saints qui perdent la tête 

Les saints que l'on représente portant leur tête dans leurs mains sont appelé céphalophores. Dans son livre, "Les reliques et les images légendaires" (Robert Laffont), Pierre Saintyves fournit une longue liste de 120 de ces saints. II y en a d'ailleurs tellement que même les historiens catholiques nient la réalité de ces "miracles". C'est ainsi que selon le père Cahier par exemple "leur nombre a quelque chose d'exorbitant, et conduirait à croire que cette merveille aurait été quasi de fondation". Le simple bon sens suffit d'ailleurs à nier qu'un tel fait soit possible. D'où vient alors cette légende ? Comme c'est souvent le cas, il s'agit d'un rite ancien qui, n'étant plus compris, a fini par recevoir une interprétation miraculeuse. De nombreux tombeaux anciens contiennent des corps dont la tête a été séparée. C'est ainsi qu'en étudiant trois cas de saints céphalophores lorrains, Marcel Hébert s'est aperçu que l'église où reposent les restes de saint Elophe est entouré d'un cimetière mérovingien dont provient vraisemblablement le corps de ce saint. Or, dans de nombreux tombeaux de l'époque mérovingienne, la tête du squelette se trouve déposée tantôt au milieu du corps, tantôt à ses pieds.Quand saint Ambroise fait exhumer les corps des saints Gervais et Protais, dont les têtes n'avaient pas été disposées à leur place habituelle au-dessus des épaules, il les considère immédiatement comme des martyrs. Et finalement, beaucoup de cimetières contenant des corps dont la tête était inhabituellement disposée  deviennent des "champs de martyrs". Mais comment est-on passé de l'idée de martyr par décapitation à celle de miracle céphalophore ? Si l'on accepte l'idée traditionnelle de tripartition Ciel-Homme-Terre correspondant à la triade Esprit-Ame-Corps, la tête de l'homme, ronde, correspond au Ciel et à l'Esprit. Son détachement du reste du corps au moment de la mort est sans doute à mettre en relation avec l'idée d'immortalité accordée traditionnellement à l'Esprit. Bien que saint Jean le Baptiste ne soit pas considéré comme céphalophore, il fut décapité et la batterie des Maçons, dont il le patron, le rappelle par ses trois coups dont le premier est détaché des deux autres. II existe plusieurs textes hagiographiques racontant comment des martyrs décapités ramassent leur tête et montent au Ciel pour la présenter à Dieu. C'est probablement l'idée de ce "voyage" qui a inspiré les biographes des saints céphalophores. De nombreux saints portent d'ailleurs leur tête au sommet d'une montagne, symbole universel de l'ascension vers le divin. Certaines têtes continuent à parler. Mais ce "phénomène" était déjà relaté dans des traditions antérieures au christianisme : celle d'Orphée, jetée dans les flots, continuait à, murmurer un merveilleux chant. Dans la mythologie galloise, celle de Brân continuait à parler et à festoyer avec les siens. En Scandinavie, Odin possédait une tête parlante, celle du sage Mimer, qu'il avait fait enchâsser dans de l'or à la mort du héros. Ces têtes parlent au nom de Dieu car, étant séparées du reste du corps, elles sont devenues de purs Esprits.


Chapelle Saint-Marcoul dans la Cathédrale de Coutances

Chapelle Saint-Marcoul . Lieu de pèlerinage jadis très fréquenté. On demandait à saint Marcoul la guérison des écrouelles (adénites tuberculeuses du cou). Saint Marcoul fut particulièrement honoré ici sous l'épiscopat de Monseigneur de Lesseville, au XVIIe siècle.
Résumé biographique: Issu de la colonie saxonne implantée à Bayeux (comme saint Evroul). Marcoul vivait au VIe siècle. Il fut le contemporain de deux évêques de Coutances : Possesseur et Lô. Le premier l'ordonna prêtre (en 522 ?). Il eut la faveur du roi de Neustrie, Childebert Ier, qui lui concéda le domaine de Nantus, dans le Cotentin, pour y bâtir un monastère. Il fut en relations avec
saint Hélier, l'évangélisateur de Jersey. L'évêque Lô assista à ses derniers moments en 558. Ses restes jurent reconnus à Nantus en 659 par saint Ouen, évêque de Rouen, qui diffusa son culte. Lors des invasions scandinaves, les reliques de Marcoul furent portées à Corbény (Aisne). C'est là que commença sa carrière posthume de saint dynastique. Après son sacre à Reims, le nouveau roi allait en pèlerinage à Corbény, et ce n'était qu'après ce pèlerinage qu'il pratiquait pour la première fois le toucher des écrouelles. Selon la croyance populaire, le septième enfant mâle de mêmes procréateurs, sans interposition d'une fille, a des pouvoirs de guérisseur, notamment contre les écrouelles. On l'appelle un "marcou".
Plusieurs scènes du vitrail ont été refaites à l'époque moderne, Il conserve néanmoins des parties entières du XIIle siècle :

1. - Ordination de Marcoul par saint Possesseur, qui lui confère l'étole (réfection moderne).

2. - Marcoul, en costume d'abbé, prèche à la foule, à l'entrée de son monastère (réfection moderne),

3. - Marcoul guérit un enfant mordu par un chien enragé. L'enfant est tenu par son père.

4. - Le diable, déguisé en femme, tente Marcoul. Celui-ci l'ayant dépisté, le diable se précipite dans la mer.

5. - Déroute des pirates saxons venus attaquer l'île de Jersey. La tempête brise leur flotte. Leurs barques chavirent. L'une d'elles a une tête de dragon en figure de proue.

6. - Marcoul vogue vers Jersey dans une barque sans mât ni voile. La main de Dieu, au-dessus de l'embarcation, protège et guide les navigateurs.

7. - Rencontre de saint Marcoul et de saint Hélier (panneau moderne, en en-tête de ce chapitre).

8. - Marcoul et ses compagnons en prières (moderne).

9. - Marcoul guérit un chasseur blessé en tombant de cheval (scène inspirée de l'histoire du lièvre dans la légende de saint Marcoul).

10. - Il reçoit de Childebert le territoire de Nantus. Le roi lui donne l'accolade. La reine Utrogothe assiste à l'entretien.

11. - Les derniers moments de Marcoul. Saint Lô est près de lui. Son âme est portée au ciel par un ange.

12. - Funérailles de saint Marcoul, présidées par saint Lô.

Plan de la Cathédrale

La Cathédrale

Textes (05/2001) de Jennings Geraint, professeur d'histoire sur l'île de Jersey.

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