L’église saint Rémy fut donnée aux moines de
saint Vincent du Mans par Hugues de Merlai, et la possession confirmée
par Jean de Talvas, Seigneur du Saosnois, en 1191.
Peu après, Mathieu Pallu fonda à 1 km du clocher le prieuré de saint Symphorien, qu’il concéda à l’Abbaye de la Couture. L’église, d’origine romane, a conservé sa nef primitive (hauteur 12m), comme le témoigne de petites ouvertures en meurtrières, aujourd’hui bouchées ; mais elle a subi, à la fin du XVe siècle, d’importants remaniements. Ses transepts datent de cette époque ; la tour accolée à un angle de la façade appartient à la fin du XVI e siècle. A l’intérieur, le fond du chevet est occupé par un grand rétable d’ordre corinthien érigé en 1637 par l’architecte Henri Guillaume. Le tableau central représente le Baptême de Clovis (par Josias Crémiére) ; au bas, est peint, à genoux, le Curé de l’époque, Me François Engoulevent (1606-1641), en surplis, la joue ornée d’une moustache (XVII e).
A droite du Maître Autel est placé
dans une niche un remarquable groupe en terre cuite, qui fut exécuté
par Charles Hoyeau, sculpteur au Mans, avec la statue de St François
du Maître Autel. La niche est encadrée dans un rétable
en pierre d’ordre corinthien de style Louis XIII, à colonnes cannelées
et ornées de feuilles de pierre. Cette architecture, mâle
et ferme, aux profils fins et délicats, abrite une grotte s’ouvrant
par un arc surbaissé, qui contient une "MISE AU TOMBEAU DU CHRIST
".
Ce groupe a été exécuté quelques années
après celui de la Cathédrale du Mans, avec quelques modifications
de détail, qui n’empêchent pas de reconnaître la main
du même artiste (1635) Les rétables de la Ste Vierge et de
St Sébastien, dans les transepts, sont l’œuvre de Josias Crémiére
(1630-1640), qui en passa l’ordre en 1640.
Les fonds baptismaux sont clos par une boiserie de la renaissance.
Le buffet d’orgue fut acheté à la paroisse de Baugé par M.Loriot de la Borde (1759-1785), Doyen du Saosnois, en 1766. L’orgue a été complètement restauré en 1972. Sa valeur est appréciée des connaisseurs. La restauration des bancs de l’église date de 1963.
Le rétable : Une colonne de chaque
côté, richesse des décorations de feuillages et surtout
avec une représentation tout à fait inhabituelle parmi les
rétables Sarthois d’une MISE AU TOMBEAU placée à un
monument funéraire dans une niche profonde, dans une sorte d’en
feu : C’est une œuvre en terre cuite qui représente la même
que l’on peut voir au Mans dans la Cathédrale, Chapelle St Pierre.
Et celle-ci a été commandée par M. le Doyen de Marolles
à un très bon sculpteur manceau. On trouve son nom dans des
ouvrages d’art. Il est très connu ; C’est un très bon sculpteur
du 17e siècle qui s’appelle Charles Hoyau. On a fait
un rapprochement entre la statue de Ste Cécile qui se trouve au
Mans avec la Madeleine qui est agenouillée là, au pied du
Christ, les cheveux dénoués. Cette figure de la Madeleine
est extrêmement réussie. Quant aux autres personnages, vous
les reconnaissez. Mais quand nous parlons de la mise au tombeau, c’est
plus qu’une descente de croix. On voit ici Joseph d’Arimathie, ou Nicodème
tenant Jésus par les aisselles, à sa tête derrière
immédiatement. Donc, c’est la scène qui précède
immédiatement la mise au tombeau. Suivez le regard des personnages.
Les saintes femmes sont représentées,
et Marie soutenue par St Jean, qui est aussi très beau, avec sa
chevelure très fine et sa petite barbe. C’est une œuvre de grande
sensibilité qu’on ne trouve pas sur les rétables faute de
place, et pourtant qui a été un sujet privilégié
du 15e au 17e siècle, non seulement dans le
Maine à l’imitation des fameux saints de Solesmes, mais encore dans
toute la France. Admirons aussi le personnage de Jésus,
non pas dans une rigidité de cadavre, mais abandonné aux
mains des hommes. Et au-dessus nous avons un tableau en léger
relief polychrome qui accompagne cette opération de Croix, puisque
c’est la résurrection du Christ. On voit le Christ jaillissant du
tombeau au-dessus des soldats endormis. Cette résurrection est assez
souvent représentée dans les églises sarthoises, mais
plus volontiers au Maître-Autel, comme nous le voyons à Malicorne.
Au-dessus de la résurrection du Christ, il y a le petit fronton
interrompu avec la guirlande qui réunit les deux volutes du fronton.
C’est peu postérieur aux mises au tombeau de Champagne en Bourgogne,
et qui datent plutôt du 16e siècle, alors que celle-ci
est d’époque Louis XIII. Le rétable date de 1631 ou 1637.
A l’entrée des fonts baptismaux fermés
par une très belle clôture en chêne, de style renaissance,
datant donc de la fin du 16e siècle, date de la construction
du clocher, une clôture très ajourée avec d’élégantes
colonnes cannelées qui présentent un chapiteau double corinthien
et ionique, dont au-dessus de tympans ajourés avec des colonnes
à balustres et tout un décor de fleurs : roses, Marguerittes,
entourées de rinceaux qu’on retrouve sur la croix qui surmonte la
porte.
Remarquez l’ange joufflu au regard malicieux et détendu.
Dans le chœur, deux autres statues de Charles Hoyau : St François
d’assise et St Jacques.
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