LES REVENUS DE LA « FABRIQUE » DE MAROLLES A LA VEILLE
DE
LA RÉVOLUTION
(Extrait de « Un curé de Marolles, M.Laurent Loriot
de la Borde 1759-1785», 1904 par H. Chardon)
Ces revenus étaient nombreux et permettaient l'achat
d'ornements pour l'église. Peu de temps après la mort de M. Loriot, 11
septembre 1785, une somme de 260 livres fut remise à M. Ducastel par les
commissaires de l’œuvre pour payer le prix d'un calice et autres effets nécessaires
à l'église, dont l'achat avait été ordonné par résultat du général des
habitants.
Le
11 octobre 1786, il fut tiré du coffre-fort une somme de douze cents livres à
l'effet d'acheter (les ornements pour l'église, au désir de la délibération
des habitants.
R.
Gaullier, P. Guy Cosnuau, L. Grignon étaient alors membres de l’œuvre.
Pierre Lalande était procureur de la fabrique en 1786, Guy Cosnuau en 1787, et
Louis Saint-Lot à partir du 24 mai 1788.
En
1788, compte est rendu par G. Cosnuau à M. Ducastel, Saint-Lot et Bourgeteau,
René Gaullier, Noël Chardon et Pierre Ermenault, (ces trois nommés
commissaires par le général des habitants) et signé le 10 février 1789,
de leur gestion du 24 mai 1787 au 244 mai 1788.
Tels
étaient les revenus et dépenses de la fabrique :
1/ Le revenu des biens fonds composés de
quatre petits bordages, l'Ormeau, la Cave, la Basillerie, la Tricharderie, et de
champs, s'élevait à 990 livres 9 sols.
2/
Les legs et rentes foncières à 233 livres 6 deniers.
Parmi
ces rentes on remarque celle de 85 livres sur le lieu de Chantelouve pour le
legs de M. Engoulevent, et celle de 6 livres sur les Grands-Monceaux pour legs
du même, destinées à faire prêcher la Passion le Vendredi-Saint .
(La
rente sur Courtaugis devient bien national et appartenant aux Dominicains du
Mans ne fut pas non plus payée. Le sermon n'ayant pas été fait le
Vendredi-Saint de 1791 et 1792, Julien Goutard, des Grands-Monceaux, refusa
aussi de payer sa rente).
3/
Les revenus et profits du fief du Rafeu, 3 livres 10 sols 10 deniers.
Le
revenu des bancs de l'église (on voit les noms de tous les chefs de famille
de Marolles), 367 livres 3 sols.
Il y avait de reliquat du précédent compte 2,455 livres 11 sols.
La
dépense fut de 940 livres 15 sols.
Les sœurs blanchissaient le linge de l'église ; Julien Vayer touchait l'orgue. Douze bancs furent construits dans l'église. Il y avait deux sacristains. Le lieu de la Croix-Gillet et les deux clos de l'Horloge étaient exploités par ces sacristains. La maison et jardin de l'école étaient occupés par le vicaire.
(Voir le testament de M. Michel Aubourg, curé de Marolles et principal du collège du Mans, de 1604, relatif à la maison d'école).
Il
se trouva un reliquat de 3,094 livres 4 sols, d'après l'approbation du compte
du 10 février 1789.
Six
cents livres furent remises au curé pour achat d'un ornement noir et le reste déposé
au coffre, moins 3001 remises au nouveau procureur pour dépenses courante.
Le
30 août 1789, une assemblée générale des habitants où figurent tous les
notables a lieu devant Maître Grignon, notaire, et autorise le procureur
fabricier Saint-Lot à choisir pour organiste d'église n'en avait plus depuis
longtemps le sieur Fauveau de Courcemont et à faire reconstruire le portail de
l'église.
Le
ler mars 1791, le fabricier Saint-Lot rendit compte de deux années de sa
gestion du 24 mai 1788 au 24 mai 1790 « à messieurs composant le
conseil général de la commune, et au sieur Noël Briand, nouveau fabricier
« .
La
recette était de 4440 livres 8 sols 2 deniers.
La
dépense, de 2,453 livres 16 sols 3 deniers.
Les
dépenses pour la construction du portail, fait au printemps 1790, sont à
noter.
72
livres furent payées au sieur Gondouin, architecte, le 7 octobre 1790, pour les
plans et profils du portail et de la porte de l'église de Marolles.
Ces
travaux furent adjugés au rabais; ils avaient été publiés par les tambours.
de Mamers, de Bonnétable et de Marolles qui reçurent 49 sous.
300
pieds cubes de pierre de Villaine furent payés 255 livres.
Le
tailleur de pierres touche 578 livres.
Le
sieur Després, qui reçut le
portail, eut en paiement 6 livres le 17 octobre 1790.
1
bénitier de cuivre est payé 10 livres.
15
livres 6 sols furent payés au collecteur de Marolles en 1 790 pour imposition
de l'église au rôle des privilégiés, pour les six derniers mois de 1789, et
66 livres 13 sols 4 deniers (quittance signée Lalande) pour
le premier terme de la contribution patriotique de la dite église.
24
livres furent données à Jacques Daguenet, maître d'école, pour ouvrages de
plain chant à l'usage de l'église. Figurent encore comme organiste d'abord
Julien Vayer, puis Courbion qui, pour avoir touché l'orgue pendant 6 mois et
l'avoir raccommodé, reçoit 41 livres 10 deniers.
Le
reliquat était de 1586 livres 11 sous.
Ce
compte fut approuvé le 24 mars 1791 par le Conseil général de la commune.
Signent : Gaullien maire ; Ducastel, curé, Briand, procureur; Grignon, Joseph
Jouanneaux, M: Gervais, J. Meret, J. Goutard.
Le
compte des deux années suivantes, 24 mai 1790 à 24 mai 1792 fut présenté par
Noël Briant au Conseil général de la commune, et à Pierre Ermenault,
fabricier .
(Il
avait été nommé procureur le 20 mai 1792 à l'issue des vêpres en l'assemblée
générale des habitants, devant Me Grignon.
Jean Mallard est maire. Le 12 mai 9793, Jacques Mallard est juge de paix
du canton de Marolles. Le citoyen Ermenault rend compte à la ci-devant
municipalité de Marolles de deux années du compte fourni le 24 mai 2794).
La
Révolution commençait à introduire ses bouleversements. Cependant le pasteur
était encore resté au milieu de son troupeau qu'il ne quitta que le 16 mai
1792.
Plusieurs
redevables des rentes du ci-devant fief
dit Rafeu payèrent seuls : le
surplus ne put être recouvré a cause du décret par lequel tous les droits
ci-devant féodaux remboursables furent supprimés et les arrérages échus ne
furent plus exigibles.
La recette fut encore de 3,847 livres 11
sols.
Quant
à la dépense elle s'éleva à 2,844 livres 6 sols 5 deniers.
492
livres furent payées à Lorier, vitrier à Mamers, 6 juillet 1792, pour réparations
des vitrages de l'église, quatre cents
livres deux sols six deniers furent avancés à la commune pour enrôlement de
volontaires nationaux suivant le certificat du citoyen maire des 2 septembre
1792.
133
livres 9 sols furent payés pour les deux derniers termes de la contribution
patriotique de l'église, quittance de Lalande, collecteur, 13 janvier 1793.
300
livres sont données à Vayer pour salaires de deux années d'organiste, dernière
quittance 45 janvier 1793.
229
livres sont payées à Jean Guitton, entrepreneur d'ouvrages, le 31 mars 1791,
pour prix de la reconstruction du portail de l'église. De même que l'année précédente
il y a quelques réparations pour le chemin qui longe l'église et le cimetière.
On continue à entretenir l'église des objets nécessaires au culte. La mention
la plus curieuse est la suivante : Item, cinq cent quinze livres payées aux
sieurs DUCASTEL ET SAULNIER, prêtres, suivant trois quittances des 18 avril
1791, 15 mai et 7 octobre 1792 pour l'acquittement des fondations dont la
fabrique est chargée jusqu'au 7 octobre 1792.
C'est
la seule fois due l'insermenté et l'assermenté se soient probablement ainsi
rencontrés côte à côte !
Le
22 mars 1793, l'an II de la République, le conseil général de la commune, arrête
le reliquat à la somme de 1 003 livres 4 sous remise au citoyen P. Ermenault.
Signent:
Mallard, maire, Grassin, officier, Fouasnon, officier, Ermenault officier,
Grignon, procureur de la commune.
Le
10 brumaire (1er novembre 1795) an IV de la République, nouveau compte
de deux années, du 24 mai 1792 au 24 mai 1794 …
(vieux
style , Le 22 nivôse 1794, J. Goutard est percepteur, Joubert, greffier de la
justice de paix, en nivôse an II. Le 30 thermidor an II, Mallard est maire,
Aveline, agent municipal, Tison, id. le 30 frimaire an 111, et 1, figurent avec
les membres composant conseil général de la commune, Legendre, Deshayes. 1.e
14 vendémiaire an III, on trouve Legendre, officier, Vavasseur, .officier,
Chesnais, officier, Vayer, secrétaire),
…
rendu par le citoyen P. Ermenault, procureur de la ci-devant fabrique, aux
citoyens maire et officiers municipaux de la commune, au nom de la nation.
(On
y lit que l'ancien compte ci-dessus avait été incendié avec d'autres pièces,
dans la maison commune, par un attroupement venu nuitamment dans le courant de
germinal dernier).
Quelques
fermages avaient encore été payés avant la vente des biens faite par le
district et s'élevèrent à 889 livres 9 sous.
La
plupart des rentes, soit 370 francs, ne peuvent être recouvrées « cause
des refus opiniâtres et menaçants des débiteurs qui se disaient dispensés de
tous engagements dans les temps d'anarchie » ; il y avait eu du reste des
rachats et des paiements faits à la nation.
Quant
aux bancs il ne fut rien perçu « parce que l'exercice du culte catholique
ayant été suspendu, les concessionnaires ont cessé d'occuper leurs bancs
» .
On
fit des réparations aux clôturés du cimetière, à l'horloge clé la commune,
au ci-devant presbytère devenu fonds national, aux vitraux de l'église, au
portail. Le citoyen J. Aubry est payé tout à la fois pour avoir raccommodé
des bancs de l'église et avoir supprimé
les fleurs de lys qui étaient au cadran de l'horloge,
5 livres 15 sous. On sème de trèfle le terrain appelé Verger du presbytère,
servant de cimetière à la commune. On voit encore figurer cire, mousseline,
fil à mèche, etc. pour l'église, 227 fr., pour Vayer, organiste, salaires de
sacristains, jusqu'au ler octobre 1793.
Ce
compte est un mélange à la fois triste et curieux : 202 francs sont payés à Hubert,
ministre du culte à Marolles (prêtre
assermenté), pour fondations acquittées à la décharge de la fabrique.
Hubert était le second intrus.
Le
premier, Saulnier, était parti emportant pour tout regret de ses paroissiens
une chanson satirique que quelques personnes se rappellent encore et qui avait
été composée, dit‑on, par M. Vavasseur.
300
francs sont délivrés au citoyen Mathurin Mallard, trésorier des pauvres, par
ordonnance de la municipalité pour être distribués aux indigents, suivant
l'usage. On est tellement habitué aux ci-devant qu'une quittance dit le « ci-devant
cimetière ».
On
eut pu croire que des jours meilleurs allaient arriver en lisant l'avant dernier
article de la dépense : 3120 francs délivrés au citoyen Girotin par ordre de
la municipalité pour réparer les dégâts
commis dans l'église par les anarchistes pendant le règne de la terreur
(Il
avait aussi replacé et réparé les saints , raccommodé les vitres endommagées.
C'est la municipalité qui fait payer cette somme, le 22 germinal an III,
Mallard, maire).
Hélas
! malgré la mort de Robespierre et le 9 thermidor on était encore loin des
jours où l'exercice du culte put recommencer en pleine liberté. Il fallait
encore traverser les persécutions et les hontes du Directoire !
Une
dernière mention de ce compte est curieuse. « Demande le rendant qu'il lui
soit alloué la somme de deux cents francs pour le timbre et la rédaction du présent
» .
Les
comptes étaient chers en temps de République. Il est vrai que les assignats étaient
la monnaie nationale. L'excédant du rôle était de 1,368 francs 11 sous.
La nouvelle administration municipale de
Marolles se borne à dire que ce compte serait, communiqué au receveur du
domaine national à Mamers, le 22 février an IV. Signent : Chardon, agent
municipal, A. Lallouet, L. Courat, Mallard, L. Royer.
M.
Chartier, receveur des domaines nationaux à Mamers, déclare le 2 nivôse an
IV, que c'est aux administrations centrales à recevoir ces comptes, sauf le
visa du département .
(J.
Simon, charpentier, reçut 50 livres pour la construction d'un portail au
nouveau cimetière et d'un pont. Mandat du 22 vendémiaire an III, Mallard,
maire, Chesnais, Legendre.
Voici les reçus du curé assermenté Hubert :
1/ Reçu du citoyen P. Hermenault, procureur de la fabrique la somme de 130 livres pour honoraires des fondations acquittées en cette église depuis le 1er octobre 1792 jusqu’en avril 1793, dont la quittance donnée le 29 du dit mois d’avril 1793. Hubert, curé de Marolles.
Je certifie avoir acquitté les fondations énoncées dans la quittance ci-dessus, le 29 avril 1793. Roquais, prêtre.
2/ Reçu du citoyen P.Ermenault, procureur de la fabrique de l’église de Marolles, la somme de 72 livres à moi allouée pour fournir du vin pour la célébration des messes dans ladite église l’année dernière et jusqu’au 15 février prochain : dont quittance donnée le 30 janvier 1794 (vieux style). Hubert, prêtre.
Ainsi le curé Saulnier n’était guère
resté à Marolles que quatre mois et en janvier 1794, il y avait encore un prêtre
constitutionnel à Marolles)
Parmi
les propriétés de la fabrique il faut mentionner les champs Robinard et
Vaugarny, qui furent vendus alors comme biens nationaux et achetés le 27 février
1793 par Claude-Charles Moutin, se disant cultivateur, (procès verbal
d'adjudication), pour 2,775 livres.
Des
reçus de son prix d'acquisition lui furent délivrés le 7 messidor et le ler
prairial an III par le receveur du district, Triger.
Ces champs contenaient un journal et demi de terre ou environ chacun et étaient fait valoir par André Launay. M. Ducastel racheta plus tard, de Moutin, une forte part de ces champs devant Me Grignon, notaire, le 17 mars 1808, moyennant 2,400 francs. La femme Moutin, Marie-Madeleine Tacheau, était alors séparée de biens d'avec lui et ils avaient de nombreux créanciers .