Sous
- Préfecture de la Sarthe, la visite de Mamers peut aisément débuter Place de
la République où en traversant le Square du Monument aux morts, on découvre
l'ancien COUVENT de la VISITATION et son cloître, construit à partir de 1685.
On remarquera que le projet prévoyait un ensemble fermé, resté inachevé (fenêtre
d'angle, corbeau en attente) .
Après
la Révolution de 1789, devenu bien national, une partie fut affectée aux
administrations (en particulier, Tribunal et Mairie puis Sous-Préfecture),
l'autre servit de prison.
Le
retour, Place de la République permet d'honorer la mémoire du Président
Joseph CAILLAUX (1863-1944) , une grande figure de la IIIème République, Président
du Conseil des Ministres, Ministre des Finances, Président du Conseil Général
de la Sarthe. Une plaque apposée sur la façade de sa maison, 33, Place de la République,
rappelle son souvenir. On notera sur cette même Place, une originalité : sur
la toiture du n° 26, s'élève une réplique au 100ème de la tour Eiffel.
Vos
pas vous conduiront vers la Place Carnot que vous pourrez atteindre en
empruntant un de ces passages étroits pavés grossièrement, appelés « Coulées
».
Sur
cette Place, L'ÉGLISE ST NICOLAS, le plus ancien monument, s'appuie sur l'un
des contreforts du Château, aujourd'hui complètement disparu. Le Portail,
encadré de colonnes mérite une attention particulière (M.H). A l'intérieur,
le retable du grand autel fut sauvé lors de la destruction de la Chapelle de la
Visitation.
A signaler une suite intéressante d’œuvres d'art, une "
Fuite en Égypte" , bas-relief en bois (1768), une toile de Decherche,
peintre manceau (1736) ; « Baptême du Christ » d'après Mignard, «
La Vierge et Ste Anne » (copie de Léonard de Vinci), « Assomption de la Vierge » du 18ème, « Vierge
entourée d'anges » du 18ème.
L'ensemble
des Halles et de l'Eglise St Nicolas offre une image de marque de la ville, bien
que les Halles actuelles ne datent de 1818. De l'autre côté de la rue,
l'ancienne halle aux toiles (1820) donna naissance (1851) à un ensemble parallélépipédique
: Théâtre - Salle des Fêtes qui s'arrondit en 1936.
La
descente derrière ce théâtre vous conduira en direction de l’Eglise
Notre-Dame; auparavant, vous pourrez admirer la façade de l'hôtel d'Espagne,
aussi nommé Hôtel de Lunel des Essarts ; ensuite votre attention sera attirée
par les petites rues adjacentes ; en particulier celle de la Rue de Cinq Ans.
l'Eglise
Notre-Dame, conservant sur sa façade la marque d'une inondation meurtrière en
1904, appartenait jadis à l'ancien prieuré de St Lomer de Blois.
Reconstruction ordonnée en 1500 par Catherine d'Alençon, Baronne du Saosnois,
l'Eglise s'appuya sur des soubassements du 12è siècle, oeuvre des Bénédictins.
La composition de l'Eglise N.D est tout à fait dans la tradition gothique, nef
à deux collatéraux, le chœur est cerné de cinq chapelles. La visite s'impose
en signalant l'intérêt des vitraux et surtout une terre cuite, « La Dormition
de la Vierge », sans oublier le triforium assez curieux. Également, on
remarque à l'inventaire des M.H une chaire à prêcher (XVIIè et XIXè s.), et
deux stalles à dossier (XVIIIè et XIXè s.).
Après
le centre, partie ancienne de la ville, avec les maisons aux pierres sculptées,
il faut aussi faire une place au complexe de loisirs qui à mérité à Mamers
le classement « station verte de vacances ». C'est aussi la cité de la «
Confrérie des Chevaliers des Rillettes Sarthoises ».
Installé
autour du jardin public, l'ensemble a fière allure avec les piscines d'été et
d'hiver, les cinq courts de tennis, deux plans d'eau, un terrain de camping ** ,
un mini - golf, un village de chalets et un club hippique. La proximité de la
forêt de Perseigne, les chemins bordés de haies de cytises sont propices aux
randonnées équestres et pédestres.
Votre
oeil curieux s'arrêtera sur les nombreuses entrées de caves qui donnent
directement sur la rue (encore très nombreuses, rue de Cinq Ans, par exemple).
Il s'agit là de l'évocation des tisserands du chanvre, qui travaillaient dans
les caves , l'humidité empêchant le fil de se casser.
Si
Mamers a perdu le travail des tisserands, la culture du chanvre persiste encore
dans le Saosnois, bien que les fours à chanvre en forme de tour la symbolisait,
ne servent plus.

J.MORICEAU
Extrait
des « Cahiers Percherons » par l'association des Amis du Perche.
Joseph Caillaux
La
carrière politique de Joseph Caillaux s'étend sur une période fort longue,
englobe presque la totalité de l'histoire de la IIIème République, de
l'affaire Dreyfus jusqu'à la débâcle de 1940, de Félix FAURE jusqu'à PÉTAIN.
De
surcroît, des péripéties tumultueuses ne manquent pas d'émailler la vie de
ce représentant de la Sarthe, l'assassinat de Calmette, directeur du Figaro par
sa femme, son arrestation en pleine guerre et son procès en Haute Cour
notamment, eurent du fait de sa personnalité des imbrications politiques à
grand retentissement...
Ajoutons
encore qu'il fut l'auteur de la loi instaurant l'impôt sur le revenu, qu'il prôna
avant 1914 l'entente pacifique avec l'Allemagne escamotant ou méconnaissant la
gravité du problème de l'Alsace Lorraine et que ce bourgeois modéré au tempérament
acariâtre, tête de turc de la réaction la plus vociférante s'offre le luxe
de torpiller en 1937, le Front Populaire, avec véracité, si l'on manque cet
espèce de recul, sereine lucidité, bref toutes les marques de la maîtrise
d'un auteur en pleine possession de ses moyens...
Très
bon négociateur, doté d'une prestigieuse mémoire et d'une ténacité à toute
épreuve, comme grand commis, il eût été parfait.
Extrait
de « Bibliographie J.Caillaux » par Jean-Denis Bredin Émile
HAUSEN.
Les
Cahiers du Saosnois n° 9