1996, les articles
historiques de Patrick Carca parus dans le bulletin municipal
(avec son accord)
HISTOIRE
FÉODALE:
La
seigneurie de la paroisse de Contilly était annexée à la Châtellenie de
Pescoux dont le manoir, simple bordage aujourd'hui, était dans la paroisse de
Louzes. Elle appartenait en 1535 à Christophe Pérot, Sénéchal du Maine et,
lors de la révolution à Monsieur de Saint Simon de Courtomer. Le
siège de la juridiction de Pescoux était dans le bourg de Contilly. Elle se
composait d'un Bailly, d'un procureur fiscal, d'un greffier, d'un sergent et de
quatre avocats ! ! ! ! ! Ses
audiences avaient lieu le premier
mercredi
de chaque mois. L'auditoire se trouvait dans la petite maison, aux vestiges
architecturaux très intéressants, sise près de l'église. Monsieur le Comte
de Courtomer institua un notaire près de cette juridiction, quoiqu'il y eut déjà
à Contilly un notaire royal. Contilly
possédait en outre, trois autres fiefs et peut être quatre ; ceux de « La
Jonchère » « des Noirais », de « Frébourg » et de « La Cottineraie ».
Patrick
CARCA 07/1996
Ces habitants qui nous ont précédés.
Le
SIX MARS 1789 , sur les dix heures du matin , sont comparus dans l'auditoire de
la Chatellenie de Pescoux situé au bourg de Contilly , lieu destiné pour la délibération
des affaires municipales de la dite paroisse :
Les
sieurs Jean Butet sindic municipal , François Marteau, René-Jullien Chapelle ,
Charles Chapelle , Alexandre Gaulard , René Boisramée , Alexandre Chapelle ,
Louis Guimard , Nicolas Foussard , Robert Poupry , Jean Aubry , Marin Barre,
Nicolas Delanoe , Jean Gaulard , René Legendre , Michel Riday , Louis Marie ,
Louis Aubry , François Trouillard, Pierre Clément, Jacques Gaulard . Tous nés
français , de vingt cinq ans compris.
Ces
messieurs composaient le tiers état , et étaient réunis sur ordre du roi ,
pour établir le cahier de doléances de la paroisse de Contilly et désigner
les deux députés qui les représenteraient à l'assemblée des états généraux
du Maine le 16 Mars 1789 au Mans. Furent élus Jean BUTET et Alexandre GAULARD .
Ce même document nous apprend que la paroisse comptait environ 120 feux en
1789.
Évolution de la population de la Révolution à nos jours:
AN 8=566
1832=679
1850=641
1901=324
1931=310
1996=190
Les 120 feux de 1789 sont à rapprocher des 566 habitants de l'AN 8 (1799-1800)
; si l'on ose une moyenne : 4.7 habitants par foyer.
La
désertification rurale est nette dès le milieu du 19è siècle.
Mr
de Semallé , qui était né en 1849 , a analysé les causes de ce dépeuplement
dans les conclusions de son livre paru en 1932 , citons le :
« Les causes de cette exode dans la seconde moitié du 19è siècle sont, outre le service militaire obligatoire qui a souvent détourné les jeunes gens de la vie rurale, la substitution des objets métalliques aux objets en bois et à la boissellerie (seaux, seilles, plats, couverts, bidons, cercles de fûts , etc...), particulièrement après les traites de commerce avec l’Angleterre, le remplacement du bardeau par de la tuile, le sciage mécanique entraînant la suppression des ouvriers scieurs de long et faiseurs de lattes. Les machines agricoles, qui ont non seulement diminué la main d’œuvre d'été, mais supprimé entièrement par la batterie mécanique la main d’œuvre d'hiver. Les ouvriers, ne trouvant plus de travail saisonnier dans les fermes , se sont dirigés vers la ville. La crise traversée à la fin du 19ème siècle par l'agriculture ne permettait d'ailleurs plus aux exploitants de faire face à des dépenses croissantes de salaires, de nourriture et d'entretien du personnel. A Contilly, dans mon voisinage, presque toutes les familles de tisserands possédaient non seulement leur maison, mais quelques terres que de petits cultivateurs se chargeaient, moyennant rétribution, de leur mettre en culture et ils y gagnaient très largement leur vie. Les usines de tissage ont anéanti le tissage à la main et les travaux annexes, enfin l'envahissement par les chanvres étrangers, russes en particulier, a fait renoncer dans nos pays à la culture du chanvre. Les tisserands ont abandonné leurs métiers, vendu leurs lopins de terre, laissé même crouler leur maison et pour beaucoup, quitté le pays. Contilly est tombé de ce fait de 679 habitants en 1932 à 310 habitants en 1931 ».
Comte de Semallé « Le Saosnois 1932 »
Ces
lignes sont d'une actualité étonnante , non ? ? ? ? ? ?
Signalons
l'excellent article sur Contilly de Jacques MORICEAU dans les derniers
«
Cahiers du Saosnois ».
Patrick CARCA Décembre 1996