(
Ce texte provient probablement des archives municipales de la mairie de René ,
auteur inconnu )
D’un phénomène
Il parut un phénomène
dans cette année 1726 assez surprenant. Ce fut un samedi 26 du mois
d’octobre, troisième jour de la lune, sur les neuf heures du soir.
Le jour avait été
assez serein, et la nuit étoilée …XXX… L’on vit tout d’un coup paraître
dans le ciel une lumière qui surprit. Le ciel parut tout en feu et l’on
voyait partout comme des bouillons de feu du bout de l’horizon jusqu’au zénith
au centre du ciel avec une impétuosité surprenante, le mouvement était
cependant plus grand depuis l’est jusqu’au sud, et les tourbillons de matières
enflammées se succédaient les unes aux autres avec tant de rapidité qu’on
en était surpris ; des autres côtés les mouvements étaient moindres.
On voyait entre l’ouest et le nord une grande bande rouge qui paraissait sans
mouvement, et s’étendait depuis l’horizon jusqu’au zénith. Ce spectacle
dura pendant une heure et demie et ne finit que entre dix et onze heures.
Quelques personnes semble s’être aperçues que la matière XXXXXXX ainsi
enflammée rendait une odeur désagréable, mais l’air était si agité
quoiqu’il ne fit point de vent, qu’on en sentait aisément l’impression,
et que ceux qui avaient le sentiment des membranes du cerveau XXXXXXXXXX s’y
trouvèrent incommodés.
Pendant que cette merveille dura, on voyait clair presque comme en plein jour,
et tout se passa sans qu’on entendit dans l’air aucun bruit ni qu’il passa
dans le ciel aucune figure que celles des lames de feu qui XXXXX
Sitôt que le phénomène eut disparu le ciel redevint serein, les étoiles
parurent et le tout se trouva dans le même état qu’auparavant.
On avait vu la même chose le matin de ce même jour quelque temps avant que le jour paraisse mais le phénomène n’avait pas duré si longtemps.
(XXX= texte illisible)